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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 17:14
Je viens de passer la moitié de la journée à mater des blogs d'anorexiques en tout genres, de la plus puérile à la  plus paniquée en passant par la désabusée qui n'attend plus rien de la vie, et  celles qui tentent de garder le sourire à toute épreuve.
J'ai perdu mon temps.
J'ai lu et relu tous ces mots qui sont les mêmes d'une fille à une autre. Des cas différents qui parlent de la même souffrance.
Des images violentes, des propos qui le sont parfois plus, et moi je pleure, devant toute cette quantité de témoignages, de blog, de vidéos, de photos, de messages, de forums, je suis agressée par ces courbes acerées, je pleure de rage d'être tombée dans le panneau moi aussi, en connaissance de cause en plus. Je le savais, ça me pendait au nez. Je sentais bien que je partais en vrille, je ne savais pas exactement pourquoi, je me suis juste laissée allée. Puis ça marchait bien, l'euphorie m'a vite gagnée et je savais, au fond, qu'il fallait que je cache toujt "ça". Je savais au fond que cela allait être mal perçu et qu'on m'empecherait de continuer. Mais j'ai décidé de continuer. 
Jusqu'à ce que ma Mère me surprenne.
Elle a crié.
Les larmes l'ont submergée sans que je comprenne vraiment pourquoi...
Elle m'a dit, "Tu as beaucoup maigri...mais qu'est ce qu'il t'arrive fautr arrêter maintenant hein, aller c'est  tout..."
J'ai vu ses lévres trembler, son regard s'aventurant sur tout mon corps, les clavicules, la colonne vertebrale, les côtes, les bras noueux. J'ai lu la panique dans ses yeux, comme si elle ne me reconnaissait pas, comme si elle voulait se réveiller d'un mauvais rêve, et elle restait, muette, à me dévisager comme si elle me voyait pour la premiére fois...
Je n'ai pas compris tout de suite.
En fait si, au fond je savais bien que j'étais en train de merder complet.
Mais je me sentais tellement mieux dans ce nouveau corps.
Tellement plus vivante, courbaturée, affamée et glacée...
Je ne voulais voir que les avantages de cette nouvelle vie qu'allait m'offrir cette famine, mon oeuvre.
Je ne voulais pas aller chez le médecin, moi, j'étais bien comme ça. A 42 kilos. J'ai perdu 9 kilos en 1 mois, autant dire que c'était jouissif pour moi, novice dans cette quête de pureté maladive.

6ans que ça dure, bientot 7...oui, 7 ans. Cela me parait tellement loin que j'ai arreté le compteur.
Parceque le changement escompté n'a jamais eu lieu. Le déclic n'est jamais arrivé.
Alors, quand je regarde ces milliers de photos, j'ai mal. Mal pour elles, mal pour moi.
Je me compare, plus grosse, plus maigre?
Je me deteste de penser à ça. Futile. Connasse.

Je redoute tellement ce centre, je pense à toutes les anorexiques que je ne verrais plus sur le net, mais bien en chair et en os [sans mauvais jeux de mots]. Moi qui deteste les confrontations entre malades je vais être servie. Je deteste croiser d'autres anorexiques ça me fait trop mal. Puis y a ce regard malsain, à la fois compatissant [ouaip, moi aussi tu vois, même combat] et à la fois ce regard qui estime le poids en un  coup d'oeil, juste pour savoir si on est "plus" ou "moins" que l'autre.
Putain de vice.

Je pleure comme une gamine, j'ai la trouille et je me sens tellement...seule...tout le monde est content de mon admission dans cet hopital, et personne ne comprend que ça me fout en l'air de devoir y aller pour me faire gaver. Ouaip, on doit pas avoir le même point de vue.
Bref, sur ces bonnes paroles...

 


Et au moment où j'écris, je tombe -encore- sur un reportage sur les pro-anas dans 7 à 8 sur TF1. Je sais pas où tout ça va nous emmener, mais à force de dire que c'est mal on créve d'envie de braver les interdits...Mais faut-il pour autant fermer les yeux sur ces corps décharnés?
J'enrage.
Je voudrais hurler qu'une anorexique sur 3 va en crever.

Que c'est pas des conneries.
Que ça fairt de veritables ravages.

et pourtant, on continue...fuck.
C'est comme "fumer tue", on le sait pertinament , et ça suffit pas à nous freiner.
Va faire la morale aux autres avec tes 40 kilos. Comme si c'était crédible.
Aller je m'arrête là pour ce soir.
Epuisée.



Pub anorexie Dontdieforadiet Scarytale
envoyé par Hisaux




nti_bug_fck
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commentaires

Laure 10/10/2007 20:59

Ne baisse pas les bras, tu as fait des grand progrès alors continue sur cette voie !! bientot la fin tant espérée!je t'embrasse

Diane 09/10/2007 23:25

Il m'arrive de faire ce genre de choses, d'occuper mon temps bouffé par l'absence de forces en errant sur le net, sur ces blogs de filles comme nous...Il m'arrive de me sentir différente ou de me retrouver en elle mais il y a toujours cette rage qui revient, cette haine de cette maladie à la con, qui se pousse sur notre chemin comme un panneau immense qu'on aurait pas vu...et puis boum, en pleine face...et on reste assomée, plus ou moins de temps selon les "cas"...presque 9 ans pour moi, 7 déjà pour toi et ce sont des années de trop, des années que l'on perd à se détruire, à se faire du mal sans trop savoir pourquoi ou du moins sans trouver le fameux bouton "stop", ce putain de déclic dont on parle dans les reportages TV...J'en veux aux autres de poser sur nous tantôt un regard de pitié tantôt un regard de mépris. J'en veux à ceux qui nous mettent dans des cases, comme s'il n'y avait qu'une trajectoire pour tomber dedans et qu'une seule pour s'en sortir. Je m'en veux d'avoir lu dans les premières larmes de ma mère "je disparais" et de faire tant de mal aux personnes qui m'aime. Je m'en veux à moi de ne pas avoir vu ce putain de panneau...et de ne pas avoir la force de me relever.
Adolescence foutue en l'air, ma vie de femme dans le même panier, si mes mains restent liées...Oui une sur trois meurent, et encore les chiffres sont les mêmes depuis 8 ans, c'est étonnant...Il y a la mort physique mais il y aussi la mort dans l'âme, la mort dans le corps...On ne parle pas des séquelles, de la difficulté de vivre avec elle au quotidien...On ne parle pas de cette douleur lancinante qui pulvérise le coeur et anéantit toute présence réelle d'un "nous". Eh oui chers amis, nous jouons la comédie...

Je pense à toi ma belle. Désolé de m'être défoulé sur ta planète mais je crois que les mots avaient besoin de sortir de leur étau et de venir s'échouer là où sans risque ils ne seraient pas juger...
Prends soin de toi, je t'embrasse...courage

[AnO]rchiDeA 12/10/2007 14:10

Diane, comme je me retrouve dans tes mots qui rejoignent les miens. La mort dans l'âme est insupportable, c'est un supplice de se sentir diminuer de jour en jour, disparaître doucement sous le regard impuissant de ces êtres qui nous aiment.Culpabilité paralysante, le cercle se referme doucement pour devenir opressant, jusqu'à ce l'on s'étouffe...Nous qui avons soif de liberté,et de legereté...Nous qui désirons disparaitre et protéger les autres de ce "mal", voila qu'on les plonge au creux de la vague, que les verités font mal, que les âmes sont meurtries, que les claques arrivent sans prévenir. On tombe, et puis la maladie, comme la gangréne, entame aussi les proches.Tant de coeurs écorchés pour un putain de chiffre sur une balance; merde, des fois je me demande où tout ça va mener..ou non...

cerise53 08/10/2007 07:37

anorchidea koi dire dernieres tes ecrits qui font mal et qui te font malje ne pense pas que c'est bon de continuer a voir des blogs ou autres d'anorexiques cela te replonges ds le passé et freine ds ta guerisonpourkoi se nourrir d'images ou d'ecrits remplit de souffrances pkoi se faire maltu as qq chose a faire de ta vie , reussir tes etudes , prende des kilos sortir de cette maladies'en sortir aussi c'est tiré un trait sur l'anorexie , sur les ecris ou les images , je ne te dis pas d'oublier mais de penser a toi seule pour le moment c'est cela le plus importantbiz

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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