Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 10:05

Je suis en activité informatique. Profitons-en.

Je n’ai pas beaucoup d’inspiration ces derniers jours et mes toiles qui restent blanches m’exaspèrent. C’est horrible de ne pas avoir d’imagination, que dalle, rien, néant total.

Hier j’ai revu la psychologue.

Durant tout le long du rdv je lui ai raconté comme j’allais mieux, comme je remettais le nez dehors, j’ai vu plusieurs expos, j’ai revu certains de mes amis…

Et puis blanc.

Plus rien à raconter. Je regarde juste mes mains se tortiller, j’enserre mes poignets pour vérifier que je  peux toujours en faire le tour avec 2 doigts, tout en parlant. De tout, de rien, des banalités pour combler le vide.

Elle stoppe mon discours.

« Ah oui, tout va bien ? Regardez-vous, vous avez le visage émacié. Je ne vous ai pas vue pendant 3 semaines, vous voila encore plus amaigrie et je m’inquiète réellement pour cette anorexie, parce que vous êtes anorexique va falloir l’accepter, et là elle reprend le dessus.

On prend les mêmes et on recommence.

Vous maigrissez, vous retrouvez cette toute puissance, l’hyper contrôle, vindicative et invincible.

Vous allez mieux, demandez vous pourquoi."

[_Il y a 2 semaines je suis allée voir une amie qui était avec moi à l’hôpital, en me voyant, elle m’a dit qu’elle ne me reconnaissait pas, que j’avais grossi et tout. Ça m a fait tout drôle d’entendre ça.. Je ne l’ai pas contredit, je ne voulais pas faire ma victime une fois de plus en lui racontant que ça fait 8 mois que je suis à l’hosto. Je vois ses yeux pétiller, j’ai envie de lui donner espoir.]

Et hier, bam dans la gueule, c’était la pesée ; j’ai perdu 1 kilo 800  en 2 semaines, et depuis ils me lâchent pas avec ça putain.

Je sais que la psy a raison, oui, je le vois, je le  sens, je me sens bien, en accord avec mon corps, mais surtout, je jubile devant les chiffres rouges de la balance.

Hier j’ai fait check up sanguin, j’espère qu’il sera correct. Déjà qu’on me gueule qu’il faut guérir maintenant, que tout le monde en a ras le bol, et « qu’est ce que t’es maigre » et « toute ta vie tu vas manger différemment de nous ? » J’espère qu’il sera bon. Et que je pourrais enfin me barrer d’ici.

Pff, pour aller où hein ?

Retourner chez mes parents ? Hors de question.

Alors je suis une petite marrante, je voudrais sortir tout en sachant que c’est trop tôt, mais surtout en ignorant complètement où j’irai, ni ce que je pourrais faire. Un peu vague tout ça.

Au jour d’aujourd’hui, c’est clair, si je sors d’ici c’est pour me faire transférer, pas pour aller respirer l’air frais dehors.

Et ça, ça me fout les boules.

Je déchante.

Je souris devant les chiffres,

Me regarde dans le miroir tout en tâtant les os pointant sous la peau.

Et puis souvent, là, je me pose et me regarde pendant un bon bout de temps. Et si j’insiste, alors je me vois vraiment. Je vois une silhouette frêle qui m’enchante, satisfaite.

Mais bien souvent, et heureusement, je me rappelle les entretiens médicaux, les dialogues avec les proches, et mes réflexions. La Raison.

Elle me raccroche encore un peu à la vie.

Le jour où elle disparaîtra alors j’aurais sombré dans la folie, et il sera trop tard.

En attendant, je suis là…et là…et là bas…partout et nulle part. Là mais absente. J’acquiesce bien souvent alors que j’ai perdu le fil de la conversation,  de toutes manières j’oublie tout avec cet attirail de cachetons  qu’on me donne. Mais je préfère quand même les prendre.

La douleur morale s’estompe pendant quelques temps.

Je me trompe.

Je me mens.

Et j’entraîne tout le monde dans mon histoire, je les berne, les mène en bateau, je les gruge, et ils me suivent. Je leur donne une image positive. Il n’y a que la psy qui reste lucide.

Et je l’en remercie, parce qu’il n’y a que là où je peux avouer mes faiblesses et mes doutes, les vrais. Il n’y que là où on me stoppe et qu’on m’ouvre les yeux, des fois ça fait mal, mais j’avance, je me bouge, je me bouscule, me remets en question, bref, y a un truc au bout . Au moins elle sait être droite avec moi, les pieds sur terre.

Et ça me fait du bien d’être contrée.

C’est pas comme les autres qui rentrent dans ton jeu et se contentent de compatir.

Je ne leur en veux pas.

Le 20 novembre approche à grands pas.

Pas prête.

Je ne suis pas prête à guérir. Je le sais. Mon anorexie je la chérie et je l’entretiens…

Il n’y a que dans ces moments de jeun que je me sens pleine de vie.

J’ai envie, très envie d’annuler le rdv au centre. Paraît que le médecin qui me reçoit est un bon. J’y vais, parce que c’est raisonnable, et que mes proches seront rassurés. J’y vais pour sacrifier ce corps que j’ai tant voulu dompter, qui m’a coûté des efforts et des privations draconiennes. Grossir.

GrOssir

Guérir.

GroSSir.

Sale

Graisse meurtrière.

L’anorexie est une putain de maladie à la con.

Saloperie de merde.

Le mal du siècle ouais, c’est clair.

Je m’excuse par avance de cers derniers posts dépressifs lOoL, mais faut que ça sorte…lol

Tendres pensées à vous,

Couragemots-et-maux1.gif
Partager cet article
Repost0

commentaires

Diane 20/11/2007 13:18

Nous sommes le 20 novembre. J'ai la gorge sèche, la plume vide, je n'ia plus de cartouche et mon ventre se noue de te savoir prête à aller là bas. Enfin surtout avec l'idée que tu n'es pas prête à le faire pour toi...
Je pense à toi ma belle, à tes mots qui vont me manquer et j'espère, j'espère que tout ira bien...du moins au mieux...
Prends soin de toi, ma porte t'est toujours ouverte
Je t'embrasse fort petite orchidée noirée

[AnO]rchiDeA 21/11/2007 01:05

Merci Diane.Merci d'être là, de suivre les hauts et les bas.Je t'embrasse

Ankylosée 19/11/2007 19:03

Et puis... une des clés aussi pour avancer, c'est de rétablir une chose. Guérir n'est pas grossir. Evidemment, a un certain point de sous-poids, cela passe par une prise de poids. Mais ce n'est pas grossir, pas s'engraisser, seulement reprendre de quoi vivre, des forces.Je ne juge pas. Et pour cause... Je sais que c'est difficile...Courage.

[AnO]rchiDeA 21/11/2007 01:19

J'ai conscience que ce n'est pas forcément grossir...Mais ça reste là, dans ma tête. Je sais qu'il va falloir que j'y mette du mien, que j'augmente les apports nutritionnels, et ça, ça me flippe. Parcequ'il y a des aliments que j'ai banni depuis des années...Mais je comprends tout à fait ce que tu veux dire, dailleurs, au fond je le sais...Raisonnablement, objectivement je le sais.Toujours cette ambivalence qui m'empêche d'avancer.Merci de ton passage, ça me fait plaisir ^^

Ankylosée 19/11/2007 19:00

Je trouve que ta psy est une bonne psy. Parce qu'elle te pousse à regarder les choses en face. J'espère que tu reprendras le dessus grâce à ses interventions et surtout avec tes réflexions et les aveux que tu te fais à toi-même dans ces quelques lignes.Courage.

[AnO]rchiDeA 21/11/2007 01:12

Oui, elle est bonne dans ce qu'elle fait et j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur elle tout de suite. Cela fait 4 ans qu'elle me suit et je me sens libre de parler -ou non-; je lui fais confiance et j'essaie d'être honnête avec elle. Il y a un vrai boulot de fond, et pas de non-dits. Pas de tabou. Pas de mensonges.

mamzell B. 19/11/2007 07:37

Je voudrais te dire : "secoue-toi ! ouvre les yeux ! " mais, je n'en ai pas le droit... comment pourrais-je te dire ça, moi qui ne m'en sort pas... qui suis-je pour juger ou pour ordonner ? Alors je te dirai juste une chose : "Courage !" .Je t'embrasse.

[AnO]rchiDeA 21/11/2007 01:08

Lorsque je vogue sur les blogs affamés j'ai moi aussi envie d'écrire que la vie est devant, et qu'il faut foncer pour en profiter pleinement, ou tout au moins vivre.Le problème c'est que comme tu dis, si on regarde chez soi...c'est pas mieux.Fossé entre la théorie et la pratique.Merci de ton passage:)

SidVicious 17/11/2007 13:20

Courage à toi jolie Nyoulia. Ta lucidité est impressionnante et l'incapacité à réagir est frappante. Je ne te blâme pas, c'est la maladie qui veut ça. Tu jouis de cette vision osseuse de ton corps et se démettre de ce regard est impossible. Pour le moment. Comment se défaire d'un état d'esprit ennivrant, plus que satisfaisant mais terriblement dangeureux. Voir sur le long terme, ce n'est pas ça la vie. Carpe diem oblige et la satisfaction personnelle de maitriser. Hors, sur le long terme, ce n'est pas possible, à moins de mourir jeune. Trash certes, mais cette drogue qu'est l'anorexie amène là où mènent toutes les autres drogues.Le bonheur, c'est de ne plus, ou moins, compter. Les calories, les kilos... Quand le calcul n'est plus automatique ou systématique, sale habitude de merde, alors là, là oui, tu respires. Tu avs à des expos, tu travailles, tu vois des amis. Et tout ça, sans se détruire. M^me si c'ets difficile à concevoir. Ca, tu le sais. Je sais. Mais je ne sais pas. Comment te rassurer ? Comment changer les choses ? Je ne pense pas que les hopitaux soient une solution. Il faut changer toute la conception de la vie même et toutes ces habitudes sournoises. Y aller progressivement. Moui, alors peut-être que l'hopital peut aider. Si on le veut, qu'on est prêt à désapprendre et à ré-apprendre...Ca a l'air compliqué mais c'est si simple. Et si compliqué.Tiens le coup, belle Orchidée. Parfois j'aimerai te boter tes fesses osseuses :) Parce que ça fait mal de lire ces mots. Oui, ej pourrais ne pas les lire. Mais pas la peine d'en rajouter. Tu sais ce que tu fais, tu en es tellement consciente... Je sais que c'est pas facile et ça n'arrangerai rien. Je n'ai pas à aller contre toi. Même si ça pourrait t'être positif. Je comprends, je compatis, comme tous les autres.Allez courage, tu vas t'en sortir. Tu ne peux pas continuer à vivre ainsi, tu mérites mieux. Et de toute façon, il ne te lacheront pas. Oui, pas facile. Mais ils sont tétus et tu ne pourras pas les berner éternellement. T'aider, ils font comme ils peuvent, pour leur conscience, te croire, et ne pas voir : "tout va bien pour elle, nickel". Aussi, exprime-toi. Cet espace ets le tien. Ne t'excuse pas pour tes lecteurs avides de sensations fortes. Tu dis ce que tu veux. Tes posts sont si représentatifs de la pensée anorexique. Parce que oui, faut se le dire, tu l'es. Mais tu le dis bien. C'est clair. Deux personnalités dont une à soigner pour qu'elle ne "dérange" plus. tu mas dit : "deviens ce que tu es". La maladie n'est pas toi. Tu n'as pas à devenir elle meêm si elle t'imprègne.Nyoulia, tu mérites vraiment cette liberté et ce bonheur de ne plus penser à la bouffe tout le temps. Tu mérites de pouvoir vivre LONGTEMPS sans mettre ta vie en danger. Je suis peut-être dure sur ce commentaire, mais si te voir progresser pour tout le reste m'a bien rassurée, l'Anorexie, elle, je la déteste. Désolée d'être un peu je-ne-sais-comment. J'ai pas de leçon à donner, mais fallait que ça sorte. Tiens le coup ! Prends soin de toi autant que tu le peux. A bientôt.Bisous doux, courage.Sid

[AnO]rchiDeA 21/11/2007 01:28

Merci Sid...merci beaucoup. D'avoir pris le temps de lire, de me répondre.Je ne sais pas quoi ajouter à ce commentaire qui résume fort bien la situation...Oui je suis consciente et pourtant...lucidemais dans la pratique tout se casse la gueule.Tu sais On sait, comme tu dis.Alors me reste à m'accrocher aux branches que l'on me tend, même si pour le moment elles me sont hostiles...Et j'essaie. Tant que je peux, tant que les autres sauront tenir, malgré qu'ils soient déja las.:10:Take care

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
  • Contact

Des visites...

Recherche

Au Grenier