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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:05
J'ai enterré une de mes grand- tantes hier matin. [je ne la connaissais qu'à peine].
J'ai obtenu une permission jusqu'à demain. Contente qu'ils se soient montrés compréhensifs. J'ai un peu menti en leur disant que c'était dans la famille proche pour avoir le droit à plusieurs jours... culotté et plutot petit, mais n'empeche, j'ai réussi. Tout est bon pour respirer un peu l'air au dehors.

J'essaie de bosser mes cours et je galére gravement, [Blandine je te remercie pour ta proposition, j'avoue que j'aurai peut être besoin de toi...]

Je n'ai pas pris mes médicaments depuis deux jours, pour voir si j'aurai plus de facilités à bosser mes cours, mais résultat je ne dors pas et j'ai l'air d'une pile électrique hystérique. Je suis chez mon pére et je le retrouve, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé un peu de temps avec lui, et même si la journée il s'en va bosser et que je me retrouve toute seule, je me sens bien dans sa barraque, je n'ai pas fait de crise sauf une mini hier, et me sens plutot bien.

Je me surprends à me dire que je pourrais venir habiter là au lieu de vivre à l'hôpital. Des fois j'y pense, à dehors, à la liberté, la vie qui avance sans moi. A mes amis qui évoluent vers des horizons qui ne me sont pas accessibles. Parceque je suis bloquée dans mon trip, toute seule à rechercher mon chemin dans le noir.
Sans faire la victime, faut pas exagérer. Mais ...
J'en peux plus.
Rêve d'Ailleurs.
Une autre vie.

Je commence à aimer mes formes, ou plutot leurs absences. Je redessine les lignes de mon corps comme au gré de mes humeurs, et de mes vagues à l'âme.
J'ai lu une tonne de blogs en deux jours et n'arrive pas à me décrocher de là putain c'est pitoyable. Et je recherche, plus c'est trash et plus je lis, friande de détails famineux. Je recherche, en priant pour que je ne me sente pas seule dans la merde. Egoïste, oui, peut-être. Mais ça rassure de se dire qu'on est plusieurs barjes. Je lis et me rassure, tout en essuyant d'un revers les larmes amères qui coulent sur mes joues.

Me voila dans un drôle d'état maintenant.
Se nourrir de rien et apprivoiser le vide.

Hier lors de la céremonie, j'ai senti les regards braqués sur mes jambes [j'ai eu la bonne idée de me foutre en leggings noirs, bien moulants] et si auparavant j'en étais contente hier j'avais la honte, plus qu'autre chose.
Je suis contente du résultat, de ces courbes taillées à la hache, toute seule je jubile.
Mais devant les autres. Devant eux que j'aime et qui me supportent depuis toujours. Putain je me sens mal face à *eux*.

Ambivalence qui me fait mal; entre le plaisir que j'éprouve à la vue de mon corps non-vivant et ma gêne à le montrer aux autres.

Toute seule, personne pour me raisonner. Si, les infirmiers, quand ils me pèsent. Mais en ce moment je m'en fous. J'ai la vague impression que je ne guérirai pas, et que tant pis pour ce petit corps. Il est malade mais je suis debout et j'arrive pas à faire autrement. Dix mois que je suis à l'hosto et rien n'a bougé, excusez moi mais c'est un rien décourageant. Alors plus rien à foutre.
Sauf au dehors, dans ma famille, et devant mes amis. Parcequ'ils continuent à croire en moi et éspèrent. alors que je suis sur le point d'abandonner.
Je vais refuser une énième fois l'hospi en centre spécialisé dans les TCA, même si le psychiatre chef de service m'a bien fait comprendre que me faire suivre là bas était une close de mon contrat et que si je ne le respectais pas je serai mise dehors, soignée ou non. 757707563.jpg

Oui, j'ai peur qu'on me lâche. Mais laissez moi encore fermer les yeux sur la maladie, laissez moi croire que je n'aurai plus mal, laissez moi croire que ce n'est pas grave, laissez moi croire que tout ce qu'on dit est faux, que je pourrai avoir des enfants et que mon coeur va tenir, laissez moi croire que je vais bien...
Bercez moi de tendres paroles que je puisse fermer les yeux doucement et m'éteindre apaisée.

Prends moi dans tes bras Maman et arrête de gueuler, tu vois pas qu'on s'abîme toutes les deux, prends moi dans tes bras et rassure moi, parle moi, calme moi...

Spasmes me secouent le corps. Les soubresauts m'accelérent le poul. Le coeur explose dans ma poitrine, il bat à tout trompre et moi je m'essouffle, asphyxie me guette, j'ai simplement envie d'hurler jusqu'à me faire péter les cordes vocales, j'ai simplement envie de pleurer pour me noyer.

Je ne sais plus.

Cet article est nul.

Je me vautre dans le pathos. Horreur de ça . Pardon.







[Un grand merci pour votre soutien]













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commentaires

ptitgrain 11/05/2009 21:01

De passage par hasard, j'ai été très touchée par tes mots. Je les ai entendus et  compris. La vie est encore plus belle que ce que tu peux imaginer, elle ne te décevra pas si tu la choisit. Et tu en as envie, c'est sûr. Ne baisse pas les bras, tu vas y arriver et retrouver, le nez au vent, toutes les sensations de ton enfance perdues depuis longtemps. Et ce sera encore meilleure que si tu ne les avais jamais perdues.

orphee 01/02/2008 16:30

salut,la fin de cet article...Déjà que ton blog me boulverse par la beauté des mots qui souvent m'empeche de les commenter, mais là...Cette dernière partie me ressemble tant, ça fait peur et ça fait mal, ça rassure aussi, bah oui tu n'es pas la seule, il y en pleins d'autres des comme toi, ça rassure mais ne soulage pas pour autant... Etrange paradoxeJe ne peux m'empecher de venir voir ton blog quasi quotidiennement, je ne peux m'empecher de me dire.....Merci de tes passages sur mon blog da moi, tes mots sont apaisants........

Inès 31/01/2008 08:35

Je te lis, je sais que tu es là, je suis là à mon tour, j'ai juste envie de te dire...ta souffrance, je la voudrai douce!Tu m'a profondé touché et c'est peu dire. Tes écrits entrent dans mon coeur meurtri et me retourne.Courage. L'issue est au bout des mots que tu extirpes de ton corps affligé.Bien à toi

Alex 31/01/2008 03:37

C'est paradoxale à quel point j'aime tes mots et à quel point je déteste tes maux: un fond si horrible et une forme magnifique...Sérieusement ton physique ne m'intrigue et ne m'interesse pas, je n'ai pas envi de parler de ton poids ou de tes jambes; sur les photos que j'ai pu voir tu as l'air tout à fait charmante mais quand je te lis, c'est ton âme que j'ai l'impression de voir et c'est ca que je trouve particulièrement attractif.J'aimerais pouvoir dire que je comprend ce que tu ressens mais ce n'est pas le cas; à la limite je pourrais essayer de rapprocher le plus possible ce que tu decris à des sentiments que j'ai moi-même vécu et te sortir un conseil à la con mais ca serait vraiment ridicule... nan j'ai pas envi de faire ça.Je ne sais pas ce qui me pousse à t'écrire, je ne sais pas si c'est toi qui m'appelle ou si c'est juste mon altruisme qui s'exprime mais je ne peux pas m'empecher de le faire. J'ai envi de te proposer mon plus profond soutien, même si j'ai conscience, qu'étant étranger, celui-ci peut paraitre malsain.La vérité c'est que j'admire ton courage et ta force et que je serais flatté de pouvoir,un jour, parler de toi en disant "j'ai une amie qui..."Désolé si ce commentaire est un peu déplacé et hors contexte.Je te souhaite une bonne fin de semaine.

Liza Peninon 30/01/2008 23:44

Moi ausi mes larmes ont coulé et coulent encore en te lisant . !dis-moi "tu", je t'en supplie . Je t'envoie un trop rapide petit mot parce que je suis trop bouleversée . Accroche-toi à mes mots autant que tu le veux, autant que tu le peux, accroche-toi à ce que tu as ressenti en me lisant . Alors, tu ne seras plus seule dans cet enfer que je connais trop bien . Je ne veux pas que tu ailles aussi loin que je suis allée . Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit . Ce dont tu as pris conscience, fais-le grandir en toi, je t'en supplie, petit papillon bleu qui me touche tant . Vis, aussi dur que ça soit . Mène ce combat, tu mérites d'avoir de moins en moins mal . Mon blog existe en bouquin en auto-édition mais tu ne dois pas avoir de tune ... et moi non plus sinon je te jure que je te l'aurais offert . Mais si tu veux savoir le site où on peut le télécharger en pdf ... dis-le moi . Je serai là pour toi, jolie petite orchidée . Je continue à me battre, tu sais . Pour toi, et toutes mes petites soeurs de combat . J'ai écrit tout ça pour vous, pour elles, pour nous ... pas pour moi . Vis, accroche-toi, fais reculer le mal qui te fait tant souffrir . Tu écris d'une manière si poignante, Mon blog, si tu veux le lire en entier ... est inversé ... mais tu t'y retrouveras . Gros bisous et plein de courage .Liza

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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