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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 13:28
undefinedJe ravale ma rage, ferme mon visage.
Le silence fait place.
 Mutisme persistant.
Je n'ai rien à dire. Ni même à écrire.
Tout est flou dans ma tête, les fils sont emmêlés et forment une grosse polotte pleine de noeuds. Comme
dans mon ventre.
Mes larmes sont séches, aussi sèches que ce coeur sans émotion qui bat dans ma poitrine.
 Un coeur froid et métallique.
Je voudrais m'envoler vers d'autres horizons, recommencer un ailleurs.
Mais, déplacer le probléme n'est pas une solution me direz vous. Je sais. mais j'ai  besoin de m'évader MAINTENANT. Là, tout de suite. Je crie sur tous les toits que je veux sortir.
Hé hé, comme si j'étais prête...
Je me mens comme je mens à tous les autres. Je sais bien que sortir maintenant serait  signer mon arrêt de mort.
Je le sais. Et pourtant.
Besoin de liberté, d'oxygéne, de gens aimants, rêveurs, vivants.
Pas de ces êtres désabusés qui n'attendent plus rien de la vie.
Je veux sortir, pour aller où?
J'ai l'impression d'avoir tout perdu, y compris  moi. Je me suis abandonnée sur le bord d'une route
sinueuse.
Je ferme les yeux et essaie d'oublier  mon corps et son image, je renie mon passé, je le vomis, je tire la chasse et me promets d'arrêter. De regarder droit devant. Cesser de me retourner en permanence.
Je ne veux plus de regrets qui me prennent en otage.
Je ne veux plus de ces souvenirs qui me rayent les bras rouges sang.
Je ne veux plus faire mal à *je*. Ni à *eux*.
La situation est cruellement froide, tellement réelle. On ne peut pas s'en échapper. Elle me rattrappe toujours, me retiens tandis que je me débats avant d'abdiquer. Céder. Me dire tant pis.

Tant pis, c'est ça.

Tant pis pour tout.
Pour eux, pour moi.

"Ne baisse pas les bras".Non, promis. Mais j'ai plus de forces, est-ce que vous l'entendez ça?
Je voudrais que l'on me prenne dans des bras chauds et que l'on me susurre que tout ça n'est pas grave.
Que tout ça n'a pas d'importance. Demain sera meilleur.

Je me vautre dans mes lamentations et j'en ai honte, si vous saviez. Mais suis obligée de le faire.
Sinon ça me fait du mal. Beaucoup. Aprés on doit recoudre, mettre des bandes.
Et puis la bande blanche finit toujours par dépasser du pull et tout le monde te demande ce que t'as foutu:" Ah, et de l'autre coté aussi?!"

Et puis je refuse de manger à table avec les autres (je ne peux plus les blairer, encore moins manger avec eux), et j'ai droit aux "ben c'est pas comme ça que tu vas grossir!".

Des fois je rumine tout haut sans m'en rendre compte aprés la pesée hebdomadaire qui me fout toujours en l'air, (quelque soit le poids) et là, c'est "Ah ouais t'as raison t'es carrément obése, fais gaffe, ha ha, et tu te trouves grosse? Ben putain y a rien à bouffer sur toi, c'est que de l'os!"

 Je trouve qu'il n'y a rien de pire que de se confronter à l'incompréhension des autres.
Solitude soudaine qui s'installe.
Je ne parle plus parceque je suis vide.
VIDE.
De l'air, du vent, que dalle.
Ma respiration s'accelére.
J'ai si honte.
Humiliée.
Gênée de n'être que moi même.
Je ne suis qu'humaine.
Pardon.
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Sinon je passe le week end chez mon pére, on revient de 2h de marches en pleine campagne...ça fait un bien fou :]
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commentaires

Inès 18/03/2008 16:17

Juliette, cet échange avec Anorchidéa me touche au plus haut point.Bien à toi

juliette 17/03/2008 17:01

Bonjour,
Déjà un grand merci pour tes messages et surtout pour ton honnêté, tu sais ma belle, tu connaissais déjà mon blog, tu m'avais déjà laissé un message et à vrai dire je suis flattée car je passe très souvent sur le tien en silence aussi.
Je ne trouve pas les mots et je ne sais pas bien quoi dire pour te réconforter alors que je pourrais écrire ce que tu écris, je me retrouve face à moi et égoïstement je suis soulagée de ne pas être seule et à la fois dépitée de voir encore une personne malheureuse.
En fait je lis souvent ton blog car même si je me reconnais dans d'autres blogs, il y a quelque chose chez toi de plus proche de ma situation et justement c'est assez violent.
Des personnes anorexiques, boulimiques sur des blogs qui se mutilent, il y en a, mais je reconnais que j'avoue peu ce que je fais avec l'alcool et les cachetons et en toi, je vois une personne, comme moi, bien on peut le dire: multi-dépendante. Il n'y a pas que le TCA.
Tu sais, tu me disais être morte de honte car tu avais couché, pour de la came, bien je vais t'avouer que je suis bien déréglée pour ce qui est de la sexualité aussi (rien qu'écrire le mot me donne envie de de me faire du mal), il y a un gros bug.
Je n'ai pas vendu "mon" corps pour de la thune, mais après tout, c'est tout comme, je l'ai vendu pour ne pas être abandonnée, pour me hair un peu plus, parce que je ne savais pas qu'on avait le droit de dire non.
Je me débrouillais pour faire ça sous substance, pour réaliser le moins possibvle, pour moins le vivre, pour ne pas me rendre compte, bien que ce soit impossible. J'ai fait des choses qui me dégoûtent pour éviter et retarder le plus possible, un mot que je n'arrive pas à écrire, mais tu le comprendra, il commence par un p et c'est pour moi la fin, c'est se laisser posséder.
Pourquoi je laissais faire ça, je sais pas, pourquoi je me suis toujours haïe, pourquoi j'ai toujours eu très mal, tant dans ma tête que dans mon corps et que je ne disais pas non, je ne le comprends pas encore.
Ou si, j'ai bien identifié, mais je veux pas m'en rendre compte, pas envie de réaliser qu'un con m'a dit que ce n'était pas grave, que c'était normal quand j'avais 8 ans et que depuis mon corps est devenu mon ennemi et que j'aspire à ce qu'il n'ai plus de formes, à ce qu'ril soit aséxué.
J'ai fait beaucoup de choses dont je ne suis pas fière, à vrai dire j'assimile ça à la boulimie, une espèce de vio; du corps programmé et subit en même temps, c'est comme si en faisant une crise je me donnais une bonne raison d'en faire une autre pour me punir pour oublier et avec les sexe, bien je ne sais pas, je donne raison en me traîtant de pûte...
Pourquoi tant de vomissements et de jeûne ? Pour me faire mal, me punir, je donne raison à tous ces cons et je t'assure qu'après chaque crise vient l'expression bien devant le miroir "sale pûte". J'emploi ce mot à mon égard, je dirais bien une bonne cinquantaine de fois par jour, sans compter "salope" ou "conasse", un vrai poète quoi !
C'est gore, mais à vrai dire, ça me soulage de partager ça avec quelqu'un qui comprend, quelqu'un qui sait.
C'est noir, mais c'est la maladie et ça fait du bien (enfin, façon de parler) de lâcher tout ce qu'il y a sous cette maladie de merde, cette maladie de la haine, parce que si seulement l'anorexie-boulimie était seulement pour maigrir un peu...
Si seulement la conso n'était là que pour rire et s'échapper un peu. C'est de la destruction et si seulement on entendait nos appels et le sens de ces actes ! En même temps, ça m'angoisse au plus haut point d'être découverte réellement...
Je n'écris plus beaucoup ces derniers temps, parce que j'en ai marre de moi, j'en ai marre de mentir de ne parler que de crises, de jeûnes, de perte de poids, je sais que je m'en sert pour le déni, c'est pas ça le point de départ de tout ça.
Les crises d'angoisses se multiplient et je suis perdue, je refuse le risperdal, on double la dose de prozac, et si seulement il n'y avait que ça...
Je commence à me rendre compte de la gravité de la situation, à réaliser à quel point je suis malade et ça me fait peur, j'ai qu'une envie: faire l'autruche.
Autre chose qui me faisait me sentir proche: moi aussi je voulais tout recommencer et je voulais faire psycho cette année, et bien, ce sera une année à remettre... En espérant que ces phobies s'élougnent et que je puisse enfin !!
Je te rajoute aussi dans mes liens si ça ne te dérange pas, bien entendu, je ne le ferai pas si tu ne veux pas.
Je t'embrasse et que dire de plus que je comprends tant tes maux que tes mots...
Absente et impuissante, je reste à côté à te lire et j'espère pour toi...
Juliette

Inès 17/03/2008 08:29

Je reviens vers tes mots parce qu'ils me rassurent. Je suis agitée par mes propres secousses. Le vent tourne. Et tes mots me soufflent tes souffrances aux oreilles. Je pense à toi.Je suis trop heureuse de la présence d'Anne dans tes commentaires.Bien à toi

Diane 17/03/2008 00:20

Pas encore eu le temps, la force de te répondre...mais juste celle de te dire que je pense fort à toi, que je t'aime ma petite perle noire...bats toi

Anne 16/03/2008 13:07

Ca fait quelques temps que je suis une assidue de ton blog, mais je n'osais me manifeste. Contente que tu m'aies "trouvée" et d'écrire des choses qui te touchent.Quant à cet article, je ne le comprends que trop. Plus la force de se battre, quoi que le monde entier puisse dire. Et juste une envie de fuir...Bref, je te souhaite beaucoup de courage.Au plaisir de te lire...

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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