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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:31
shockinganorexia6.jpg...A la vue de tous ces blogs prônant l'anorexie. Je ne ferai pas de énième article contre les pro-anas, mais lorsqu'on lit tout ce tissu de conneries on se dit qui'il y a un truc qui tourne pas rond.  Mais surtout, ça sonne faux. Jamais je n'ai lu dans un blog qu'elles allaient jusqu'à l'hospitalisation, où qu'elles se faisaient rééllement gerber. Je veux dire, tant mieux pour elles, parceque je ne le souhaite à personne, mais c'est quend même se foutre de la gueule du monde.
Et puis alors, vive la niaiserie les fautes d'orthographes et toute la mascarade de l'entraide au régime.
J'essaie d'en rire mais ce n'est vraiment, vraiment pas drôle. C'est même de très mauvais goût.



Je me dis que peut-être c'est dû à l'âge, la recherche de soi même, s'identifier à un groupe ou je sais pas quoi mais bordel, Elles ont les yeux aveuglés par la connerie ou quoi? C'est un manque de décence.

En fait je  m'en fous.
Elles font ce qu'ellles veulent.


Je sais pas pourquoi je me monte la tête. Juste quand je lis tout cet amas de connerie, je pense à moi et à la douleur engendrée par la maladie, l'hosto les pesées, les infirmiers qui te suivent jusqu'aux toilettes, les fenêtres qui ne s'ouvrent que de 10 cm (manquerait plus qu'on se defenêstre), le flicage permanent, la torture mentale, le manque. Et Je me dis que quelqu'un qui pense que c'est un mode de vie n'a jamais connu la survie, ce n'est pas possible autrement.
Et puis tout ça me rend folle parceque cela parait tellement futile, tellement dénué de sens, avec des petites étoiles partout et des coeurs à toutes les fins de phrases écrites en phonétique (je ne supporte pas).
Et les souvenirs reviennent et le dégout fait place; c'est encore une confrontation avec le miroir que je m'impose, les jambes qui tremblent sur la balance. Je tâte mes cicatrices et me souviens. J'ai 22 ans, un abonnement illimité aux urgences depuis que j'ai 14 ans, un traitement de dingue tous les jours...et....putain j'ai pas à me justifier. Mais ça me fait mal de lire leurs mots, alors que les maux me bouffent littéralement.
Et puis c'est ma faute aussi, à force de trainer sur le net en recherchant je sais pas quoi dailleurs, peut être une maigre consolation en me disant que je ne suis pas seule. Et qui finalement me fout en l'air parceque non je ne suis pas toute seule et que l'on est bien de trop à crever en silence. Dans l'attente d'un ailleurs meilleur. J'en sais rien. J'attends, la gueule béante, que l'on m'enléve de là.
Je deteste l'endroit dans lequel je vis depuis bientot un an. Je le deteste, je me deteste, je deteste avoir besoin de cette béquille, je deteste être faible. Je deteste ce que je suis, ce que j'ai fait, et ce que je devrais faire.

Ma mére me dit que si je veux venir vivre à la maison dans l'attente d'un logement, il va y avoir de nouvelles règles, du genre manger à table avec eux ET comme eux. Et d'autres trucs aussi. Des conditions qui font de ce retour un truc impossible. De toutes maniéres ma sortie n'est même pas envisagée alors...Je sens bien qu'elle ne sait plus comment faire, qu'elle est fatiguée et désarçonnée. Alors elle met de l'huile d'olive partout où elle peut, dans mon dos. Elle me prépare des trucs à manger sans me dire exactement ce qu'il y  a dedans. Moi qui ai besoin de lire toutes les étiquettes soigneusement et qui ne fais confiance qu'à moi question bouffe, c'est pas gagné. Mais ce qu'elle ne semble pas comprendre, c'est que surtout, je ne SAIS PAS faire autrement. C'est pas un choix, c'est pas un truc qu'on choisit, ça te tombe sur le coin de la gueule, point. Je ne dis pas qu'il ne faut pas essayer, faire des efforts, mais elle ne peut pas me demander l'impossible. Pour que j'échoue? ça sera pire, c'est tout. Impossible de lui expliquer. Puis pas envie de faire mal.Il y a déja eu trop de casse.

J'ai dit à l'équipe soignante que je voulais sortir. Je ne sais pas (en fait si, j'en suis sûre) si c'est le bon moment et s'il n'est pas prématuré de sortir maintenant. (mais c'est évident, si je sortais demain...han).

Mais je péte un câble. Je ne veux plus de cette  semi-liberté, ce flicage permanent, la honte d'être faible, la honte d'être malade. Je ne veux plus de ces 4 murs opressants, je ne veux plus raconter ma vie à 36 personnes différentes. Je ne veux plus avoir à reformuler des phrases évoquant mon passé.
Je ne veux plus de cette situation, mon entourage de nevrosés, les médecins, les infirmiers, les psys et les éducateurs...

Je suis enfermée, je me suis fait prendre alors que j'étais inconsciente, piégée par les "mademoiselle, ça serait de la "non assistance à personne en danger"", piegée par cette maladie qui m'a transormée en locque attendant son traitement comme le messie.

Ce personnage n'est plus moi, je ne l'aime plus et l'ai abandonné il y a bien longtemps.
Je voudrais renaître.




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commentaires

Liza Peninon 29/03/2008 14:49

Ma petite soeur de coeur et d'âme ... Je suis tellement heureuse de te retrouver ... Tu me désarmes et me rassure par la beauté et la sagesse de tes mots . Les mots justes, quand parfois je crois qu'ils m'échappent, toi tu tu les trouves avec une justesse venu d'un coeur si grand, si profond, un coeur qui nous parle d'Humain, de la Vie, la vraie, avec ses heurts, ses coups plus difficiles à encaisser pour les êtres les plus sensibles que nous sommes ... Comment te dire ... tu m'aides aussi, tu sais, tu m'aides à me remettre debout quand je manque de volonté, tu es belle avec ton âme lumineuse, tu es la Vie même, c'est comme ça que je te vois, t es l'Espoir, le courage de chercher l'Essentiel au fond de toi pour y puiser l'Essence de la Vie, si tu savais comme tu me touches, si tu savais comme j'espère en toi et par toi ... un jour, je sais que tout ira bien, un jour pas lointain, un jour je me dirai qu'on a tout encore à vivre, et si la souffrance nous a emprisonnée des années, c'est pour que nous sachions la valeur de la Vie ... Regader la Lumière, aller vers elle et avancer ... Toujours . Je t'aime de tout mon coeur ... Gros gros bisous-tendresse ... Liza

rincoco 22/03/2008 15:19

Beaucoup de courage, malgrès ce que j' endure je n' arrive pas à franchir le cap de l' hospitalisation.Il faut continuer à se battre.Bien à toi.

[AnO]rchiDeA 22/03/2008 19:28


L'hospitalisation n'a pas été un choix pour ma part et je remercie ma psy de m'avoir envoyée aux urgences. C'est peut peut être plus facile quand la question ne se pose pas, me concernant c'était
plutot une évidence. Enfin pour les autres.
En tous les cas je ne regrette rien et suis ravie d'être encore debout.
L'hospi m'a réellement aidée -et m'aide toujours malgré toutes mes plaintes- , il faut du courage pour y aller parcqu'on est persuadé que devoir passer par l'hosto est une marque de faiblesse.
alors que non. C'est se prendre en main  et aller de l'avant.
Je te souhaite beaucoup de courage, et puis si tu veux discuter...tu sais où me trouver.
Je t'embrasse


Inès 22/03/2008 01:44

Tes mots vont et viennent et suscitent de plus en plus de dialogues et de réflexions. Tes âmes soeurs sont là et se retrouvent en toi et se joignent à toi. Tu as cette force de dire ce qui traîne en  chacune de nous.Continue ce travail de fond.Bien à toi

[AnO]rchiDeA 22/03/2008 18:22


Merci Inés :)
Mes âmes soeurs sont ma force.
Je déchante lorsqu'elles sont absentes.


Elodie 20/03/2008 19:23

Je sens que je vais encore être maladroite, surtout sur un blog ecrit avec une sensibilité telle que la tienne...
Pour ta remarque sur les pro-ana, comme Nadia, je pense d'après ce que j'ai pu en voir et en lire, qu'il y a 2 groupes. Les malades, qui ont abandonné l'espoir de guérir mais essaie de survivre, en cherchant le soutien de filles dans le même cas, pour être moins seules dans leur maladie. Et les scarifications, les vomissements, les hôpitaux, elles connaissent. La mort aussi. Et puis il y a les autres. Celles qu'on voit sur TF1 ou M6. Qui trouvent l'anorexie trop "fashion". Qui veulent maigrir pour rentrer dans leur bikini cet été. Qui brandissent la fameuse "Lettre d'Ana" en y voyant une apologie de leur nouveau "mode de vie" (alors que toute anorexique ou TCA-ienne sait lire la douleur décrite par cette lettre qui n'a rien de l'apologie, mais plutôt de la torture physique et morale que fait subir la maladie). Et comme toi, ca me donne envie de hurler de tomber sur ce genre de site ou blog...
De ton côté, sans doute une sortie te ferait le plus grand bien. Tu as déjà assez de ta bulle anorexique, pas besoin de la bulle de l'hôpital pour la renforcer. Surtout que l'hôpital n'a pas l'air de t'avoir beaucoup aidé. C'est pas ca, la vie! Avec l'anorexie, tu fuis, tu te protèges de quelque chose (toi? ton passé? la vie? la réalité? ...???). L'hôpital, c'est encore une protection, une fuite.
Il faut que tu sortes...à condition de te prendre en main et de prendre soin de toi, bien sûr. Ah, plus facile à dire qu'à faire, me diras-tu. Je te crois volontier (j'ai aussi des TCA, bien moins importants que toi, mais à moindre échelle, je sais aussi ce que c'est, que de savoir ce qu'il faudrait faire en théorie, et de faire le contraire dans la pratique...). Et pourtant, il n'y aurait que comme ca... Tu sais, je crois que tes parents ont raison de vouloir que vous mangiez ensemble et la même chose. Si tu t'écoutes, c'est la maladie que tu vas écouter en réalité.
Je suis désolée, je me sens très maladroite. Entre autre car bien impuissante. Aller mieux, c'est déjà retrouver la normalité. Ok, qu'est-ce que la normalité? Et bien, je dirais, c'est cette moyenne dans laquelle se trouve la majorité des être humains. Alimentairement, manger de tout, 3 à 5 fois par jour, env. 1800 calories énergétiquement. Dormir env. 8h par nuit. Avoir une activité (études, travail, etc.). Avoir un chez-soi. Prendre soin de soi et de ceux qu'on aime. Echanger. Après, parce qu'on est des individus, chacun avec sa personnalité et ses besoins, on peut varier autour de cette médiane. Mais c'est une base. Et autour de cette base, si elle est solide, on peut construire davantage. Rester collée/serrée frileusement, ou au contraire réaliser rêves et projets. C'est selon. Selon l'idée que l'on a du bonheur.
Je te souhaite d'y arriver, sincèrement. Te retrouver. Retrouver ta place. Prendre soin de toi. Assurer les bases de cette "normalité" (avec le recul, je ne sais pas si "normalité" est le mot qui convient. peut-être "bases"? "besoins fondamentaux"?). Et vivre, enfin. Tu as l'air gentille et sensible. Je crois bien que tu y a droit. J'espère que tu y crois, toi aussi.
 
 
 
 
 
 

[AnO]rchiDeA 22/03/2008 18:30


Merci pour ce long commentaire. Merci d'avoir pris la peine de lire. Pour les pro-anas je me suis emballée et me rends compte que, comme dit Zinotchka je les ai toute mise dans le même panier;
alors qu'il semble que ce soit plus complexe que ça.
Ce jour là j'avais la rage.Bref.
L'hôpital m'a aidée et j'en ai encore besoin même si je joue les superwomen. Je ne sais que trop ce que signifient les rechutes et je n'ai aucune envie de replonger, suelement là, ça fait un an et
ça devient long, je n'avance plus.
Mes parents font ce qu'ils peuvent et les admire parceque je dois vraiment être insupportable, et surtout décourageante. Avancer d'un pas pour en reculer de 3, tout le temps, ils ont du mal à
suivre. Et je ne leur en veux absolument pas.
Sortir de l'hopital, oui, mais pas pour retourner vivre avec eux...j'ai déja eu mon indépendance et revenir à la maison represente un énorme échec que je n'accepte pas. Enfin, on verra ce qui est
possible ou non ;)

Je t'envoie du courage, beaucoup. Les TCAs nous mettent toutes sur la sellettte, il n'y en a pas une plus malade que l'autre. Même combat...


clara 20/03/2008 11:31

Hello, on voit bien ta souffrance dans tes mots.Moi aussi j' ai des troubles du comportements alimentaires, je n' arrive pas à m' en sortir, je me trouve grosse alors que j' ai un Imc de 15 donc je comprends tout à fait ta douleur.Par contre le truc qui me déplais c' est que tu t' exposes de trop pour quelqu' un qui ne s' aime pas. Les pauses que tu tape laisse à penser que tu te complais dans ta maigreur.Enfin peut être que je me trompe.@+

[AnO]rchiDeA 22/03/2008 18:35


Je prends en photo mon corps tout le temps. Pour me rappeller, laisser une trace. Regarder et me dire que c'est moche. Elles me servent à ça ces photos. Elles representent toutes un moment
particulier, et elles sont importantes, le miroir peut mentir mais pas les photos. Sur les photos je me vois telle que je suis. C'est ma psy qui m'avait conseillé de faire ça. Et ça marche. Pas de
reflet erronné, juste un corps que je ne reconnais pas. Qui est mien et qu'il va falloir apprivoiser un de ces 4.
Tu auras remarqué que mon album s'intitule "tapeuse de poses", autant le dire franchement, j'en suis consciente.


*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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