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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 14:13
Ce blog commence à me satisfaire,  me plaire.
Vous êtes de plus en plus nombreux, et les avis divergent. Tous les commentaires ne sont pas compatissants et il y a certains coups de gueule, de l'opposition, de la compréhension ou non. Bref, c'est vivant.
Je ne supprime rien et suis plutôt contente du résultat. Même si *Anorchidea* en prend un peu dans les dents, je crois que c'est plutot constructif. Alors, exprimez vous. Tant que ce n'est pas de la critique gratuite.

J'ai passé le week end chez mon pére, partie un peu à l'arrache, j'ai eu un peu de mal à m'adapter, surtout que tous mes fréres étaient là,et que mon pére a arrêté de fumer. Je vous raconte pas le bordel.
 Mais, me voila en train de faire du sport, en train de courir aprés l'oxygéne, pure, de la campagne. Je me surprends à écouter le chant des oiseaux le sourire aux lévres, et je m'en fous si ça peut paraitre niais, vraiment j'en ai rien à taper, juste, des fois je me dis que le bonheur est surement fait de petits plaisirs additionnés. Et ça fait du bien.

Les derniéres semaines ont été un peu spéciales parceque j'ai perdu des grammes, je me suis dis que ce n'était pas grave des grammes, mais si , apparemment ça  a de l'importance à mon stade. J'ai eu le droit à la morale, au bilan sanguin cerclé de rouge parcequ'il y a des carences un peu partout, aux permissions supprimées et à une surveillance un peu plus sérieuse lors des "aprés-repas". A table ça fait : "Et E. fera bien un petit effort pour finir l'entrée non? ça serait bien de faire des efforts, hein E. ..., parceque..."
Ils n'osent pas trop détailler devant les autres patients. Je préfere. Même si dans le groupe, tout le monde a pigé que je gruge autant que je peux et on m'aide même à finir mes assiettes quand les infirmiers ont le dos tourné. Solidarité entre patients. Elle est forte et bienveillante, mais le résultat n'est pas toujours le meilleur, enfin on fait ce qu'on peut.
Pour en revenir aux grammes envolés, je promets avoir fait des efforts et ne comprends pas cette perte. Manger me fatigue énormément, je ne sais pas si c'est le résultat de l'angoisse que ces moments suscitent ou le manque d'habitude, mais ça me créve. Le potassium ne remonte pas malgré les cachetons et les "vous savrez c'est dangereux", je ne sais pas comment faire.
Mon corps devient sujet de discorde entre les psys, mon état psychique aussi. Je n'aurais jamais imaginé solliciter autant de monde autour de mon petit nombril. Car, oui, je sais que vous devez penser que je ne me préoccuppe que de moi et que je m'écoute beaucoup. Ben oui. J'en ai conscience, déja pas mal non? Je ne sais pas si il faut que je me culpabilise à mort ou que je fasse semblant d'aller bien.
M'en fous, ça change rien, tout le monde s'agite et moi je reste planté là, les pieds sous terre, j'essaie juste de respirer correctement et de maitriser mes angoisses pour ne pas risquer le trouble panique qui me fait faire nimp'.
J'ai tenu le bras de fer, je n'ai pas fléchi, ou si peu. Dommage que le "si peu" prenne autant d'importance, car je me suis donnée à fond.
J'ai peint jour et nuit, mes insomnies sont devenues créatives, colorées, ma chambre d'hopital est transformée en atelier bordélique, j'ai les mains qui me démangent, les supports sont divers, le graphisme aussi, et je mixe les techniques. Tout ça fait du bien, c'est même mieux que tous les cachets du monde, bien mieux qu'une grosse cuite à la vodka, qu'un coup de poudre ou de veines explosées. Non, la peinture, ça prend aux tripes, il faut que ça sorte, et quand c'est fait la satisfaction est tellement intense...Le résultat ne me convient pas toujours, rien de plus normal, alors je reviens dessus, jusqu'à ce que ça me plaise.  ça peut prendre des heures comme des nuits, des jours comme des semaines, m'en fous, il n'y a plus que ça qui compte. C'est cyclique chez moi, et quand ça arrive ça m'envahit et ça bouillonne. Tant mieux, au moins le vide m'a quittée. Me sentir vivante me fait sacrément du bien. Même si tout ça c'est dans ma tête et que les médecins n'en savent rien puisqu'ils persistent à réduire mon cas à des bilans sanguins et des pesées qui n'enchantent personne.
Sauf moi, emplie de plaisir en alignant mes toiles, et puis, un peu, en regardant mes côtes du coin de l'oeil.
 Aprés ça me perturbe, ça m'affole un peu de les voir onduler sous ma peau mais, j'en ai marre.
Je voudrais que l'on censure le mot ANOREXIE, je voudrais le tuer,
je voudrais qu'il disparaisse à jamais, je voudrais le bannir du dictionnaire. Je voudrais faire taire les psys qui répétent ce mot sans cesse,.je voudrais étrangler les infirmiers avant qu'ils ne puissent me dire quel poids je fais, comme si on voulait me bourrer le crâne avec...à force, ça en devient dénué de sens. La banalisation est là.

Je me fous de leurs beaux discours moralisateurs, je sature, parceque ça fait un an que je suis à l'hopital, que je n'arrive plus à en parler tellement ça me sâoule, que je ne cherche plus à en sortir mais juste de vivre mes journées de maniére un peu moins violente. Je voudrais ne plus jamais l'évoquer, je n'ai rien à raconter, j'emmerde les regards dans la rue, je me noircis les yeux et fonce dans la foule i-pod à fond. Je m'habille avec les premiers trucs qui me viennent, je passe du baggy à la mini jupe et ignore tout le monde, je vais squatter la fnac ou le furet, dépense tout mon fric dans des revues (en ce moment ma lubie c'est le graff) , fume comme 10 pompiers et j'ai arreté de prendre mes médocs parceque l'état de loque me pése. Alors je fais semblant. Je fais des réserves de valium, de tercian, de prozac, de théraléne, d'atarax, d'immovane. Je ne sais pas trop quoi en faire de tous ces médicaments parcequ'il ne faudrait pas qu'ils trainent de trop dans mes mains, soyons lucides.
Bref.
De l'évolution, de la régression.
Du mieux, du moins.
Au moins, ça bouge.
Je ne sais pas faire la part du bien et du mal, ma conscience me trompe.
Et puis je péte les plombs, et je crois que c'est normal.
Peut être même que c'est bien, j'espére seulement que ce ne sera pas excessif.
Parceque je me méfie de moi même.
Parceque je me connais et que j emarche sur des oeufs en permanence...

Mon ordi portable m'a planté et je ne dispose que de l'antiquité qui sert d'ordi à mon père, les photos ce sera pour plus tard...




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commentaires

keira 11/04/2008 21:21

Douce douleurs, pourquoi personne ne nous laisse donc tranquille ? Anorexie, ce mot, je le connais si bien, pouratant je ne l'utilise jamais, car pour moi l'utiliser serais me rendre compte ed ec qui passe ... dans mes assiette vide . L'hosto, je ne connais pas, pas encore... on me menace ... seulement . Je te soutien de tout mon coeur .K

Ankylosée 09/04/2008 15:55

Je ne te jugeais pas, hein. Et je comprends à la fois le désir d'en rire pour ne pas en pleurer. Je sais combien les contradcitions nous tuent à petit feu, ce sentiment d'être sans cesse déchirée dans tous les sens. Tant qu'on en perd son nord.Peut-être qua'au fond c'était une façon de m'excuser de ne pas toujours commenter. Je n'ai pas toujours les mots, et quand je lis entre les lignes que tu te mens, je n'ai pas envie de te faire la morale. Est-ce qu'il faudrait souligner ce comportement ? Ou est-ce que cela te fera plus mal encore, puisqu'au fond, tu sais que tu te mens, t'abîmes. Tu vois, moi non plus je ne sais pas.Essaie de te préserver, à défaut de te faire du bien.Pensées

ficelle 09/04/2008 03:53

Je viens de découvrir ton blog...je ne fais pas souvent attention aux liens, et j'ai dû passer des dizaines de fois devant le tien sans jamais m'arrêter dessus...Là je crois qu'il est encore un peu tôt pour te laisser un commentaire très construit, il va falloir que je remonte le fil de tes posts. Mais j'ai quand même bien compris de quoi il retournait ici, du moins de manière générale.Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a tellement plus de personnes souffrant de tcas que je ne me l'aurais jamais imaginé il y a 7 ans. Je crois qu'il faut vraiment être plongée dedans pour se rendre compte qu'il y a énormément de personnes qui souffrent.Bon courage en tout cas.....

[AnO]rchiDeA 09/04/2008 12:21


J'ai découvert le tien il y a un petit bout de temps, et je passe te lire de temps à autres. Je me fais discréte en admirant ton parcours, parceque tu pars de loin
et que tu es là. Encore. Merci d'être venue apposer ces quelques mots qui m'ont fait plaisir.
Prends soin de toi,

A.


Jef (20six) 08/04/2008 23:05

même si l'ordi de ton paternel est devenu quelque peu ancien, il semble encore bien fonctionner (tant mieux d'ailleurs...)

Ankylosée 08/04/2008 20:57

C'est marrant que tu appelles à l'opposition au début de ton billet, autant que le soutien. On dit que la "provocation" fait partie de l'anorexie.Il est dur parfois, et même pour celles et ceux, pour moi, qui connaissent les contradictions de la maladie de te lire refusant de l'aide et étant fière de t'être mis tel ou tel infirmier dans la poche. Que te dire dans ces cas là ?Concernant ton actuel refus de t'en sortir, au profit d'un désir de vivire mieux, le moins mal possible, malgré ou avec l'anorexie, cela me fait penser au discours d'une jeune femme qui me touche particulièrement. Elle dit que c'est quand elle a arrêté de vouloir guérir à tout prix qu'elle a finalement vraiment pris la chemin de la guérison. Peut-être parce que cela fait partie de l'acceptation de soi. Je te conseille (comme à toutes et tous) son livre : Tu peux sortir de table, un autre regard sur l'anorexie. de Jessica Nelson. Aux éditions Fayard.Prends soin de toi, malgré tout. Et vive les arts ! biz

[AnO]rchiDeA 09/04/2008 12:31


Jef, merci. Oui, l'ordi marche encore mais faut voir à quelle vitesse! :)

Ankylosée, les contradictions sont un peu dures à gérer, pour moi aussi. Tant de paradoxes; je fais la maligne dans ce post, mais il y a des mots qui font mal quand même, faut pas se leurrer. Je
préfere me dire que je joue. Mais je joue avec ma vie et tout au fond je le sais et ça me rend triste. Triste...c'est ça, vraiment. Je n'ai plus beaucoup d'émotions à ma portée mais lorsque je fais
le bilan, je trouve la situation pathétique, le jeu prend trop de place, je mens à *eux*, je mens à *moi*, et je ne maitrise plus grand chose. Je me suis laissée dépasser par les régles trop
floues.
Je sais que ça ne doit pas être évident à suivre, et je sais que lorsque je vais lire d'autres mots, ailleurs,moi çe me tord le ventre. Parceque rien n'est objectif, les maux des autres me
renvoient à une souffrance partagée qui me rend dingue. Je ne peux pas m'empêcher d'aller lire ailleurs mais lire ces mêmes maux me flingue. Parceque je détecte aussi toutes ces oppositions, ces
contradictions, ces trucs qui tournent pas rond. Que répondre alors?...Aller dans le sens de l'auteur, ou dans celui de la Raison et lui mettre une claque par la même occasion...? J'en sais rien.
Je ne sais plus ce qu'il faut ou faudrait faire.

Je t'embrasse


*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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