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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 20:45
Le 22 avril j'ai été au CITD de Lille.
J'ai une semaine pour prendre une décision.
Mais ce qui est sûr, c'est que je ne veux plus JAMAIS y retourner, j-a-m-a-i-s.
Plus jamais.
J'ai vu des filles qui devaient peser une trantaine de kilos. Avec 10 de plus, je me sentais obèse, et mal. Très mal. Pas à ma place, pas d'elements qui viennent distraire mon regard parcourant leur corp famélique. Je n'ai eu qu'une envie c'était de rebrousser chemin mais l'infirmiére qui m'a accompagnée m'a retenue. C'est peut être mieux. Seule, je me serais barré tout de suite.
L'entretien médical s'est passé. Ni bien ni mal, juste, j'étais ailleurs.
Des réponses évasives, des phrases  sans fin, le regard vide. Comme si tout ça ne me concernait pas. Je suis restée sur ces images morbides qui tiennent pourtant debout sans qu'on sache comment elles font.. Ces images ont tourné encore et encore dans ma tête pendant que l'autre me parlait de mon bilan sanguin -Qui au passage ne m'interesse absolument pas.-
Et aussi de mon BMI. "Ici on soigne surtout les cas catastrophiques, tout ce que je  peux vous proposer est une hospi de 10 jours".
Oui monsieur. C'est vrai que mon BMI est encore à 14.5. Ce n'est pas catastrophique. Je ne rentre pas dans les critères.
Alors je continue à crever la gueule béante?
De toutes maniéres, je ne veux plus aller dans cet endroit. Je prefere de loin l'HP.
En fait, c'est bien mieux comme ça. J'ai pleuré sur le coup, découragée par toutes ces portes qui se ferment au fur et à mesure. Parceque je ne sais plus comment faire, mon entourage non plusi...tout ça prend trop de place.

Mais je n'irai pas.
Et puis je continuerai à maigrir jusqu'à un point de non-retour, tranquillement, sans contrat de poids ou de régime à la con. La balle est dans mon camp...et c'est peut être ça le pire. De devoir décider, faire des choix, me sauver ou non. Me responsabiliser, grandir.
Avoir la rage ou arrêter de croire en la guérison.

Mes yeux se plissent, je m'en vais prendre mes cachets pour me noyer doucement dans les brumes de cette nuit mélancolique.







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commentaires

sand 09/05/2008 16:54

avoir la rage

ficelle 27/04/2008 05:15

Je vois tout à fait ce que tu as ressenti....Au lieu de faire des lois sur la répression des propos incitant à maigrir, il faudrait plutôt se poser des question utiles et se demander si il ne serait pas plus judicieux de mettre en place des moyens de soins & d'hospitalisation pour tous...et pas que les cas extrèmes.Ce n'est pas normal qu'un médecin doive dire à une patiente qu'elle n'est pas un cas grave parce qu'elle n'est pas assez maigre. C'est le comble pour une personne qui souffre d'anorexie.J'ai eu beaucoup de chance, je devais faire parti de ces cas extrèmes, et être dans la bonne tranche d'âge. Parce que j'ai obtenu une place dans un service pour ado en 2 mois, et que j'ai toujours pu être transférée de service en service assez rapidement quand ça n'allait pas. Mais ce n'est vraiment pas normal que ce soit comme ça. Il faut être à moitié morte pour être prise en charge, il y a vraiment un gros problème.Bon courage quand même _ et puis dix jours ça serait peut-être un premier pas? Non? Peut-être qu'ils te proposeraient un suivi plus long à la suite?

SidVicious 26/04/2008 00:35

Et si ces 10 jours étaient le déclic nécessaire à un début de gurison et d'auto-prise en charge ? Une petite main tendue n'est-elle pas quand même une main tendue ? Même si les propos du médecin sont blessants, que tu te compares à ces femmes-squelettes sans t'y retrouver (alors que je suis sûre que tu es comme elles...) Je ne sais pas ce qui est mieux. Peut-être que prendre une initiative de changement peut être positif ? Peut-être que l'environnement au CITD est propice à un REELLE prise de conscience et que tu y trouveras de nouvelles bases...Réflechis bien, je ne sais pas ce qui est le mieux pour toi, mais ne te laisse pas emporter par des pulsions négatives, prends du temps pour poser à plat les arguments en faveur de chacun des routes qui se trouvent face à toi. Allez l'Orchidée, courage, ne perds pas pied, et gonfle-toi de rage, de volonté. C'est peut-être facile de se dire que tu n'es pas comme ces filles, surtout quand le médecin le confirme. Mais pourtant. Pourtant ...Je pense fort à toi. Bon courage pour cette décision. Il faut que ce combat se termine un jour, penser à avancer, AVANCER. Parfois, j'aurai envie de te prendre par la main et de te pousser. J'ai mal pour toi. Je n'aime pas l'impuissance, "je préfère l'HP" est une phrase qui me tue. Ca sonne un peu comme "Je préfère qu'on me prenne pour une folle, rester avec des tarés qui sont différents et qui me rassurent sur mon état. Ils sont pires" Non, je ne veux pas que tu te laisses aller sans combattre. Allez Jolie Fleur. COURAGE COURAGE COURAGE. Je pense fort à toi et te plains dans cette souffrance. Tes choix sont difficiles à faire, je ne me permettrais jamais de les juger. Car il n'y en a pas de bon ou de mauvais. Mais je sais que la maldie est source de pulsions, je ne veux pas que tu aies à regretter. Prends soin de toi autant que tu le peux. J'espère que tu vas passer du bon temps en permission, histoire de te détendre un peu. Sors Bella, vois du monde et joue avec tes couleurs. C'est presque un ordre. Mille pensées et des bécots par milliers pour te couvrir de courage et de force. (J'aimerai souvent avoir de longs bras pour te rassurer. La virtualité me tue parfois.)

Ankylosée 26/04/2008 00:07

Choisir, oui. Choisir. Et le faire seule. Vivre ou mourir. En faire une force ou s'en laisser mourir. Difficile d'avancer seule alors que l'on voudrait des bras, de temps en temps, pour nous serrer faire et nous aider à croire quand on le peut plus. De faire face à sa colère, quand tout tombe à l'eau, des sorties de secours qui n'en sont peut-être pas vraiment. Mais dont la porte sur la rjoue fait mal.  En mal de reconnaissance. Pourtant, si tu fais le bon choix, alors, tu ne devras ta victoire qu'à toi seule.Courage.

Emy 25/04/2008 23:55

Je comprends ta déception par rapport à ta consultation : les paroles du médecin sont blessantes même si ce n'était pas son intention. La souffrance ne se quantifie pas à l'aide d'un BMI. Moi, j'ai un BMI de 16,4 et pourtant, la souffrance est insupportable.10 jours d'hospi pour remettre en question les années détruites par la maladie, c'est si peu mais en même temps, c'est 10 jours peuvent être bénéfiques pour commencer à réapprendre à écouter son corps.Je me pose les mêmes questions que toi : continuer ou pas de se battre. Mais il faut continuer ce combat pour soi avant tout. Continuer de croire en la guérison. Ne lâche pas prise. Je suis de tout coeur avec toi.Bisous,Emy

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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