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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 17:06
Non je ne suis pas comme elles, non, tout ça est faux, ce n'est pas vrai.
Moi j'ai encore de la graisse qui m'enrobe de toute sa laideur, pas elles.
Elles, elles semblent voler lorsqu'elles marchent, complétements évaporées dans ces pyjamas trop grand.
C'est une sensation étrange qui m'a envahie, entre admiration de cette parfait maîtrise qu'elles symbolisent et la peur, la mort.

Moi je suis encore lourde, encore loin de ça. Même lorsque l'on me dit, "et le coeur et l'oseophage et la tension et bla bla bla le poids limite faut faire gaffe bla bla bla. et ma mère "comment ça se fait que t'as encore maigri? Pourquoi t'as pas mangé cette semaine? Putain je te jure t'as décollé là...arrête!"
C'est drôle parcequ'après le week end chez mon pére (où on se contente des plats tout prêts avec plein de glucides et de lipides, [tout ce que j'aime lol] de la vraie bouffe de mec célibataire quoi, j'étais persuadée d'avoir enflé comme une baudruche.
"Rendez vous compte de votre maigreur"
Ben j'aimerais bien, vraiment...J'imagine que si je pouvais envisager toute la laideur de ce corps mort j'arrêterai le massacre. Or, là ce n'est pas le cas.
Alors je mets des tas de crémes minceur, raffermissantes et tout, et puis gobe des pilules, pour être toujours moins...en secret. Et puis ça leur fait du blé à Auchan. et puis je continue à non-manger tout en esperant guérir.
Je crois que ces deux derniers elements sont incompatibles. Je suis paumée.
Perdue, carrément.
C'est la loose.



Des fois je suscite des débats; la psy me dit anorexique, la psychiatre me sort que j'ai des troubles anxieux massifs (qui engendreraient donc une anorexie) quant à l'autre psychiatre, il me parle d'état borderline.
Je crois que je suis tout ça en même temps. Pas la peine de se gratter la tête 3 heures. C'est vrai, tout s'emboîte avec logique.
Et je m'en cale de savoir ce que j'ai. Ce que je voudrais c'est savoir vivre avec.
Enfin je ne m'en cale pas complétement non plus parceque c'est plus facile d'expliquer aux autres (et à soi-même) la maladie. Elle porte un nom, voila tout. Sinon on est toujours dans le vague et on se sent perdu, parcequ'il n'y a pas de repères et que les limites entre la "norme" et le pathologique sont tellement fragiles.
Lorsque des mots sont apposés sur les troubles, on se sent presque rassuré; cela sous entend que l'on est pas seul, que le médecin reconnait qu'il y a un truc qui passe pas, que ça peut arriver à tout le monde, que ce n'est pas une tare ni une preuve de faiblesse, et on repart sereinement parceque quelqu'un a pris le temps d'écouter et de comprendre, ou du moins imaginer.
Bon, on les paye pour ça aussi hein...mais sérieusement, la première fois que l'on m'a dit vous êtes "anorexique", je me suis dit, ah, enfin quelqu'un qui va droit au but, au bout d'un seul coup d'oeil. Je me suis sentie considerée.

Je ne joue pas les anorexiques rebelles qui mettent en avant leur squelette, mais il ya une provocation certaine; on s'affiche presque par défi...pour que l'on nous voit.
Paradoxalement, enfin pour moi, je voulais m'effacer. Disparaitre doucement tandis que mes contours devenaient plus agressifs. Et je m'habillais comme une grunge, du large pour que l'on ne voit pas. Et puis un jour je me suis mise en T-Shirt.
Comme pour leur dire, ben ouais vous avez rien vu venir, regardez le résultat.
J'ai senti le souffle suspendu dans la classe. Les remarques qui fusaient. J'ai gardé la têt haute, hermétique à toutes ces ondes mêlées entre curiosité genre bête de foire ou de pitié insupportable.


je continue à peindre.
J'ai montré ce que je faisais à ma mère. Timidement. Un peu toute rouge...mes peintures, c'est une partie de moi et je n'ose rien montrer. C'est comme si c'était intime.
Et puis elle m'a fait un grand sourire avant de me serrer dans ses bras. Elle touche toujours ma colonne vertébrale quand elle fait ça. Je crois qu'elle cherche une présence physique à caliner mais je crois que je fais pas l'afffaire ;) N'empêche c'était bon. chaud, doux et parfumé. Elle m'a félicitée. Et pour qu'elle le fasse, c'est qu'elle aime vraiment. Je tremblais comme si j'allais passer mon bac, c'est ridicule mais...enfin je ne sais pas c'est comme si je lui donnais mes tripes. Lorsqu'elle a tout vu elle m'a dit, "non c'est pas possible là faut qu'on fasse un truc, je sais pas une boutique de déco ou...j'en sais rien mais faut qu'on trouve...moi je restaurerai des meubles,j' irai peindre chez les clients tandis que toi tu peindras, on peut pas laisser passer ça, ce que tu fais es canon!"
Je crois que c'est la premiére fois que l'on constate mon travail, qu'on le considère.
Et puis à mon beau-père, j'avais envie de lui dire que contrairement à ce qu'il croit je ne reste pas affalée sur mon lit en attenadant le soir. Je peins, j'écris, j'apprends. M'occuppe un peu des autres patients.
Mais il ne m'écouterait pas. Et puis je m'en fous.

*



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commentaires

sand 09/05/2008 16:58

cultive ton artj'ai récemment réalisé qu'au fond, on peut faire ce que l'on veutj'ai déjà du te donner ce credo mais: "tu ne peux pas échouer si tu n'abandonnes pas"je me le répète tous les jours ces derniers tempsalors n'abandonne pas, et tu n'échoueras pastu en verras le bout, je lis ta force entre chacune de tes lignes

jessica 29/04/2008 23:37

Je t'écrirais un mail, promis.J'AI DU SUPRIMER TON COM POUR NE PAS ME FAIRE CRAMER MAIS MERCI INFINIMENT. Je sais où tues là, les infirmiers de nuit sont arrivés depuis longtemps et les transmissions sont terminée.Je t'embrasseMAD

[AnO]rchiDeA 30/04/2008 22:26


Pas de problème, avec plaisir


J. 29/04/2008 13:56


Nononon, pas moi, moi je n'ai pas vu cette main virile. Nononon, ce n'est pas ce que je voulais dire par "Elle, ce n'est PAS moi...". Je voulais juste dire que cette fille qui a le vertige du haut de ses talons, ce n'est pas moi, vraiment pas. C'est fictif, inventé. Je ne mets pas de talons, pas de minijupes, et je sors à peine de la boulimie, je n'ai que les mollets dans l'anorexie, même si ça va vite... Alors les vertiges enivrants, je ne les ais pas encore, alors le poids "trop bas", il est bien loin de moi... Même si bientôt j'ai peur d'y être jusqu'au cou...Mais putain, comme ton com m'a retournée... Complètement. Depuis une dizaine de minutes j'ai les pieds au dessus de la tête...Sans parler de tes merveilles. C'que c'est beau... Olala. Vraiment, je ne dis pas ça pour te remonter le moral/te faire plaisir/être gentille, mais c'est sublime, ce que tu fais. Magnifique...Je suis tombée sous le charme de tes couleurs... Tu es affreusement douée. 

J. 29/04/2008 13:54

Nononon, pas moi, moi je n'ai pas vu cette main virile. Nononon, ce n'est pas ce que je voulais dire par "Elle, ce n'est PAS moi...". Je voulais juste dire que cette fille qui a le vertige du haut de ses talons, ce n'est pas moi, vraiment pas. C'est fictif, inventé. Je ne mets pas de talons, pas de minijupes, et je sors à peine de la boulimie, je n'ai que les mollets dans l'anorexie, même si ça va vite... Alors les vertiges enivrants, je ne les ais pas encore, alors le poids "trop bas", il est bien loin de moi... Même si bientôt j'ai peur d'y être jusqu'au cou...Mais putain, comme ton com m'a retournée... Sans parler de tes peintures. C'que c'est beau... Olala. Vraiment, je ne dis pas ça pour te remonter le moral/te faire plaisir/être gentille, mais c'est sublime, ce que tu fais. Je suis tombée sous le charme de tes couleurs... Tu es affreusement douée. 

J. 29/04/2008 13:54

Nononon, pas moi, moi je n'ai pas vu cette main virile. Nononon, ce n'est pas ce que je voulais dire par "Elle, ce n'est PAS moi...". Je voulais juste dire que cette fille qui a le vertige du haut de ses talons, ce n'est pas moi, vraiment pas. C'est fictif, inventé. Je ne mets pas de talons, pas de minijupes, et je sors à peine de la boulimie, je n'ai que les mollets dans l'anorexie, même si ça va vite... Alors les vertiges enivrants, je ne les ais pas encore, alors le poids "trop bas", il est bien loin de moi... Même si bientôt j'ai peur d'y être jusqu'au cou...Mais putain, comme ton com m'a retournée... Sans parler de tes peintures. C'que c'est beau... Olala. Vraiment, je ne dis pas ça pour te remonter le moral/te faire plaisir/être gentille, mais c'est sublime, ce que tu fais. Je suis tombée sous le charme de tes couleurs... Tu es affreusement douée. 

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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