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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 01:17
J'ai réussi à aller sur Lille pour aller voir mes amis.
Cela ne parait rien mais, j'ai réussi à enchaîner un Auchan le matin
(pour moi, y aller un samedi tient du suicide, dépourvue de patience face aux bouchons en plein milieu des rayons, puis toute cette masse de gens que je ne peux pas contrôler me fout en l'air), et à prendre le métro pour aller jusque Lille. Affronter la foule, me frayer un chemin parmi ces gens qui me paraissent d'une molesse incroyable. C'est insupportable.

Je ne les avais pas vu depuis bien longtemps, trop longtemps.
J'ai eu plaisir à les écouter, prendre de leurs nouvelles, connaitre leurs projets.
Les embrasser. Me sentir bien avec eux.
Je les aime. Beaucoup. Ils sont en moi tout le temps. Je parle des vrais amis, ceux qui ne vous lâchent pas, ceux sur qui l'on peut compter dans n'importe quelle situation, ceux que l'on a eu l'impression de quitter la veille alors que ça fait 3 mois qu'on ne les a pas vu. Ceux qui vous entourent et vous aiment pour ce que vous êtes. Ceux qui ne jugent pas. Je pourrais écrire des lignes et des lignes. Ils sont uniques, je les vois peu mais si je les perdais j'en serais malade, amputée d'une partie de moi même. Ce sont ceux qui ont persisté à me sortir de l'obscurité alors que je ne répondais plus au téléphone. Jamais ils n'ont abandonné.

En terrasse, le soleil frôlant nos épidermes, nous nous sommes racontés.
On s'est organisé des vacances...je pars avec eux :D
Une semaine en montagne, où l'on a déja fait une [super] premiére expérience, puis une autre en camping, dans le sud. J'ai été ravie de leur invitation...puis touchée aussi. C'est con, mais les entendre me dire "on a pensé à toi...si tu voulais nous accompagner ce serait super..." ça m'a foutu un coup. Etincelles dans les yeux. Coeur palpite. Trop vite, mais tant pis.
Maintenant, va falloir trouver des sous. Arrêter mon traitement pour pouvoir prendre le soleil,ce qui n'est pas gagné...Aller mieux pour obtenir une permission de 15 jours, ce qui n'est pas gagné non plus...quant à ma préparation psychologique à me foutre en maillot de bain sur une plage...y a du boulot...et c'est rien de le dire.
Dans ma tête je me suis déja dit ok, "ce sera abdos plus footing tous les jours". Je ne ferai pas de commentaires sur l'absurdité de ces pensées, le pire étant que je ne me suis pas tout de suite rendue compte que ces propos relevaient du pathologique. Et que ce sont les premières pensées qui m'ont traversé l'esprit, avant de me demander comment j'allais faire pour pouvoir y aller financièrement, puis pour obtenir cette permission.

Au post-cure on m'a dirigée vers le service de psychiatrie adulte à l'hopitâl St Vincent de Paul à Lille qui pourrait me prendre en charge pour les TCAs.
Mais je sature, et n'aspire qu'à ma sortie définitive. La balle est dans mon camp...mais je ne sais pas si j'aurais encore la force d'y aller et de me battre contre des démons qui ne disparaitront jamais complètement. Je ne sais pas.
Je ne sais plus, je ne supporte plus de cotoyer des gens malades, je ne supporte plus cette odeur d'hopital, le traitement, les activités thérapeutiques, les entretiens...puis le dernier RDV m'a refroidie. Je me suis remise en question; est-ce que c'est l'équipe médicale du foyer post-cure où je me trouve qui dramatise ou est-ce que le médecin que j'ai vu au centre banalise?
Est-ce que, finalement, mon IMC actuel [13.94] , n'est pas si bas que ça par rapport à ce qu'ils voient à longueur de journées? Je ne me rends pas compte, je n'ai pas d'avis objectif, je n'arrive pas à me situer. Puis quand mon entourage me dit que je suis maigre je n'y crois pas. Alors quand l'autre médecin m'a clairement dit que ce n'était pas alarmant je me suis dit qu'il avait peut être raison. Après tout c'est sa spécialité, lui, il sait.

Je commence une thérapie familiale le 28 mai.
Je suis morte de trouille.
Réunir mes parents.
Je sais que ça les emmerde, de devoir se voir, de devoir débattre à propos de sujets conflictuels. Je ne me sens pas très à l'aise vis à vis d'eux de leur imposer ça.

Il faut que je dorme.
Je n'en peux plus.
700 grammes en moins.


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commentaires

juliette 13/05/2008 16:11

Ce que je suis fière de toi, si tu savais...
Je ne parle pas de ta perte de poids bien entendu, je ne parlerai pas de l'hospitalisation (une autre fois, même si je suis fière de tout cet esprit volontaire dont tu fais preuve ces derniers temps), mais je veu parler de tes amis. Tu les revois, ce que je suis contente et surtout, tu en as c'est encore mieu et c'est tellement rare !!
Avec ou à cause, de l'épilepsie, de la boulimie, de la dépression, un écrémage très sérieu s'est fait, entre ceu qui ne voulaient plus me voir, et ceux que j'éloignais et fuyais. De tous, oh, il ne reste qu'une seule personne, la plus chère. On se voit tous les 6 mois, jeune maman, on s'appelle moins souvent et elle est là, toujours là, toujours la même, toujours reliée et ce que je l'aime !
Je n'ai pas beaucoup d'amis pour ces raisons et une autre que je me dois d'avouer: je n'allais que vers les personnes toxiques pour moi, tout comme pour les mecs, je "choisissais" (à mon insu, c'est que j'apprends avec mon psy) que ceux qui m'humiliaient ou s'en fichait complètement.
Je ne disais rien, presque jamais puis j'osais m'exprimer et je finnissais par m'excuser de ce qu'ils m'avaient fait. Ca ne pouvait être que ma faute !
Aujourd'hui je veux plus ça, je dois avoir à peine 4 amis (des vrais) et je revis, je préfère ça à tout ce passé crasseux.
Les amis, c'est cher, c'est rare !
Je suis contente ma belle, sors, essaie, tu as raison, rentre dans la vie, ne reste pas seule, donne toi la chance de vivre des moments de bonheur et donne leur la chance de pouvoir t'aimer.
Je sais, c'est un peu niais, on pourait croire que j'ai fumé 2 joints, mais pas du tout, après tout, il n'y a que les petits détails qui paraissent tellement bénins et insignifiants pour les autres (en vie) qui nous font nous sentir en vie.
Je t'embrasse très fort,
A très bientôt
Juliette

SidVicious 13/05/2008 10:40

Arf, la remarqe sur l'IMC est révélatrice. 14, c'est plus que juste. Oui, tu es maigre. A force de s'habituer à de chiffres si bas, on en oublie la réalité. 700 grammes, c'est énormes pour toi, mais ce serait bien que tu les reprennes...
De toute façon, pour l'objectif que tu t'es fixé, il va falloir réagir. Et c'est chouette de voir que finalement, la désocialisation ne dépend vraiment "que" de l'humeur, du temps et de la motivation. Heureuse de voir que tu as des projets, des amis vraiment euh. Des amis. C'est beau. C'est hyper hyper encourageant.
(Et on se fout de l'abus de superlatifs laids dans mes commentaires)
Bref, c'est positif.
Et bravo pour la thérapie de famille. Ce n'est pas une décision facile. Et je pense que lorsqu'on ne choisi plus la facilité, c'est qu'il y a un truc. Ca serait plus simple pour toi de ne rien faire et continuer. Mais non. Tu avances. Et ca c'est vraiment "un signe". Ca va peut-être aidé à unir tes parents pour te soutenir, même s'ils le font déjà chacun de leur côté, avec plus ou moins de maladresses. Je pense sincèrement que ça va t'aider. Et aider tes parents à voir la chose ensemble. Ca peut paraître bête, mais bon. Ne culpabilise pas. Parfois, ce genre de choses peut bien aider chacun individuellement parlant.

Voilà, je ne sais pas si j'ai fait le tour et si j'ai tout dit. J'avais plein de choses à dire. Mais bon. Je perds carrément la tête en ce moment. J'ai du avaler mon cerveau. (J'pensais pas que c'était aussi lourd sur la balance de manger une cervelle alors !) Et je craque un peu mon slip donc j'vais me taire et aller à cette putain d'épreuve de stratégie de communication avec la confiance au max et une motivation certaine.
Bon courage belle Fleur, continue à agir ainsi pour te combattre toi-même. Tu as fait un pas en avant et c'est plaisant à voir. Je t'envoie tous mes encouragements, énormes bécots.

Liza Peninon 12/05/2008 03:59

Ma puce chérie, c'est si beau ce que tu as écrit ... la mer ... l'infinie, et se tenir la main, respirer enfin ... Prends bien soin de toi, ma petite soeur Orchidée, fais attention, essaie de ne pas prendre de risque, savoure les moments qui te font du bien, ne flippe pas pour la suite, fais gaffe quand même pour tes médocs, je suis toujours là et je t'aime si fort, tu le sais bien ... Gros gros bisous de ta Liza .

didier 11/05/2008 22:53

je suis heureux que tu ailles un peu mieux je suis toujours la si tu as quoi que ce soit gros bisous a plus take care my girl..        didier

J. 11/05/2008 19:58

Merci pour tes mots.

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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