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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 16:33


Aujourd'hui les côtes sont mises à l'honneur, les os dansent et ondulent au fur et à mesure des clics, et la douleur me monte aux yeux. Elle me parcourt l'échine, me rappelle le temps que j'ai mis pour me dresser ce matin. La balance aurait été inutile, je me suis contentée d'un regard dans le miroir. Quoi que mon visage cache bien son jeu. Souriant. Make up. Se peinturlurer le visage, sauver l'honneur.

Je me suis échappée chez mon père, comme d'habitude lorsque je sens que le mal est à venir. Comme un sursis, je me réfugie là, en attendant l'orage.  Je vois mes frères, qui me manquent bordel, je ne me suispas rendue compte que je les perdais. Pas grave, on rattrappe tout ça, je vais les chercher à l'école, on va faire du vélo ensemble, des bombes dans la Lys (un savant mélange d'acide et d'alu...un truc de mec ;p ), on court aprés les vaches et on chante comme des débiles dans les champs, on arrache du maïs pour faire du pop corn qui saute pas, on fait des gâteaux sans levure, on fait cramer tout ce qu'on cuisine, ils me racontent leurs conneries...tout ça en chopant des vrais fous rires, des trucs qui m'arrachent le peu d'abdos qui me reste. Et c'est bon. J'ai envie de prolonger mon séjour, qu'il dure toujours.

"Tu es malade."


Mon père n'avait jamais prononcé ces mots, en 8 ans. Cela m'a fait autant de bien que de mal. Je me suis sentie considérée, oui mais comme amoindrie.

[Tu sais qu'il faut que ... ça change.]


J'ai appelé le foyer pour leur dire que je rentrais mercredi. Au lieu de dimanche soir. Sans trop donner d'explications.
_ "Oui mais Mme L. aimerait vous voir au plus vite. Et vôtre traitement?"
Questions vite expediées, réponses dont j'ai le secret...on ment comme on respire, histoire de voler encore quelques instants de liberté.
Mme L, c'est LA psychiatre. La chef, celle dont on craint les décisions. Elle rentre de vacances...en grande forme d'après ce que j'ai compris. Madame la chef de service. Je sais ce qui m'attend. Hein, on ne va pas se le cacher.
Reste à savoir si je...
Coopérer.
[Sauver sa peau]


"Arrêtez de jouer avec le feu. Et laissez nous vous aider. Et laissez moi vous dire que vous n'êtes pas toute puissante. Vous semblez croire que vous avez le choix. Vous fuyez. Je sais que vous êtes consciente. Vous mourez. Vous tremblez. Vous êtes pâle. Non mais vous vous êtes vue? Ouvrez les yeux. Appelez nous. Nous sommes là. Avec vous on a l'impression de ne sevir à rien. C'est irreversible. Vous avez du talent. Vous êtes passionnée. Vous n'avez pas de limites. Arrêtez de protéger les autres. Protégez vous.Ouvrez les yeux. Qu'est ce que vous avez pris? Vous êtes sûre que ça va? Vous ne dormez pas? Vous avez perdu. Vous savez ce que ça signifie. Arrêtez de vous cacher. Si vous êtes ici, c'est qu'il y a une raison. Demandez vous pourquoi.  Vous ne savez pas rester seule. Vous n'êtes pas coupable. Pourquoi sans cesse reproduire cette scène? Votre corps est votre. L'âme est indissociable du corps. Il vous appartient. Vous êtes une personne à risques.Vous êtes en danger.Vous avez la clé entre vos mains. Vous êtes MALADE. Et vous n'avez pas l'air de vous en préoccupper. Ou de vous en rendre compte.Vous allez nous rejetter combien de temps encore? Vous n'avez plus de forces, c'est idiot de resister.Vous connaissez le principe de l'HDT?"




"VITAL"



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commentaires

Amii. 28/09/2008 17:23

Les HDT sont parmis les choses les plus effrayantes qui soient pour moi... j'ai déjà été hospitalisée avec mon aval et ce fut réellement insupportable, parfois. Et ça ne m'a rien apporté en ce qui concerne mes TCA.... Je ne pense pas que les HDT soient la bonne solution dans certains cas... mais il est vrai qu'elles peuvent se révèler utiles...  Mais bon... C'est trop inhumain. Lorsque j'étais hospitalisée, j'avais souvent l'impression d'être enfermée dans un camp. On ne m'écoutait pas, on m'espionnait, on essayait de me faire vaciller parfois avec des paroles très blessantes...

orphee 19/09/2008 20:43

Ma douce,Je suis navrée, je suis désolée, troublée, mortifiée, horrifiée, abassourdie...                                  [ un ange passe ]J'ai été absente quelques jours de ton blog, je reviens et j'ai plein de lecture...J'avais raison de m'inquiéter...Arretez de protéger les autres, protégez vous...Doc a raison belle fleur, notre "Take Care" n'a jamais été aussi valable qu'en ce moment...Je suis désolée de ne pas avoir été là, présente, pour te soutenir et te dire que je suis là, je ne t'oublie pas.Dans ton précedent post, tu écris "j'ai une putain d'envie de vivre", voilà les seuls mots que je veux retenir de ces derniers posts, ton envie de vivre.C'est cela qu'il t faut retenir, ne jamais oublier, ton envie de vivre, de voir les fleurs sortir de terre au printemps, les oiseaux te révéiller de leur chant mélodieux, de regarder passer les trains avec les vaches lolJe regrette de ne pas être en mesure de t'apporter davantage que ces quelques mots sur tes maux...

destrez 19/09/2008 20:00

A vous............

Elyse 19/09/2008 00:44

Aujourd'hui peut etre as tu "reussi" à atteindre ton père... à lui dire que tu existes... aujourd'hui, pares tout ce temps passé il te "regarde" et peu etre qu'à travers ces mots aujourd'hui il te dis combien il s'inquiete et qu'il t'aime..."Pas grave, on rattrappe tout ça"... comme tu le dis le passé est le passé... aujourd'hui tu peux changer la donne, si tu prends concsience de ce qui t'as manqué par le passé. C'est donc légitime de "trouver refuge" la bas...Tu sens tellement transpotée quand tu parles d'eux...Au vue de ce que tu nous dis je ne peux m'empecher de penser à quelque chose. Je me demande aujourd'hui qu'elle pourrait etre l'issue? Soit tu décides de oui, etre aidé... accepté une hospitalisation ou toute autre forme d'aide...ou alors etre hospitalisée sous la contrainte... et la on sent bien que de toute facon il y a recours à un tiers mais que cependant la deuxieme solution apparait plus douloureuse... Et par experience crois moi la "cohabitation" durant les soins apportent plus de reponse et de meilleurs resultats. C'est bête mais a travers ce que tu dis je ressens le besoin en toi que quelqu'un te "pousse" à accpeter les soins ou acquiesse tes choix... ton papa? tes amis? comme si au final malgres cette facade agressive, de rebelle tu n'attendais qu'une chose... qu'on te tende la main....

sand 18/09/2008 18:17

ma belle, ma belle, qu'est-ce que tu fais? (question conne entre toutes)j'ai mal de lire çaje me répète avec acharnement que tout ça ce n'est qu'une rechute, qu'au fond l'espoir ne t'a pas quittéeet je veux y croire, de toutes mes forces, je veux y croire pour toimais c'est une rechute qui fait très mal, qui aurait même pu faire plus que çafais attention à toi, oui je sais con à dire, je sais ce ne sont que des mots, mais je sais qu'il y a une part de toi qui n'a jamais cessé de se battre, et j'espère que mes mots font leur chemin jusqu'à elleje pense fort à toi, rien n'est joué, rien n'est perdu, c'est juste long et durje t'envoie tous les petits bouts de force que je peux grapiller en moilove

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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