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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 10:49
La peur au ventre.
Mais surtout la honte qui s'agrippe aux tripes. La honte de ne pas avoir su, d'avoir craqué, d'avoir reconquis les anciens démons, quoi qu'ils n'avaient jamais complètement disparu.
Prise de conscience. Larmes, cris, portes qui claquent, en finissant par les bras en charpie. Du sang, partout.
Chambre fouillée. Lames confisquées, réserves de médicaments découvertes. Plonger sous la couette, dans l'obscurité pleurer de tout son soûl. Etouffer les cris en mordant l'oreiller. Peindre la rage au ventre.
J'attends mon procès, la semaine prochaine. Je me suis tellement fait de mal depuis les analyses, que les infirmiers sont attentifs, prévenants, presque embarassés. Je ne savais pas que tout ça prendrait une telle ampleur. C'est vrai au fond, ce n'est pas si grave. On remet ça dans 6/8 semaines, on me laisse une chance de me rattrapper. Mais ça a foutu le bordel dans ma tête. Il y a plein de choses qui se sont cassé la gueule d'un coup. L'espoir y compris. J'ai eu envie de me foutre une balle, sans trop savoir pourquoi au fond. Tout noir ou tout blanc, pas de juste milieu. Pas d'équilibre, que de l'excès.
"Ca fait partie de la maladie".
C'est pas ce que j'ai envie d'entendre. J'ai l'impression de ne pas être normale, mais j'exècre tellement la normalité que je me perds, voulant coller à un moule que je deteste finalement. Electron libre, mais surtout paumé.

Vendredi j'ai rencontré pour la première fois une psychomotricienne. Chaque fois que je sortais une phrase j'avais droit à un "oui, bien, très bien!"
Genre j'étais la patiente idéale qui collait bien au cliché. "Hmm c'est très interessant..."
"Vous vous rendez compte de votre ambivalence, c'est très fort chez vous...
Vôtre choix des mots en dit long...
Vous voulez guérir pour les autres, vous vous prenez pour un accessoire?"

Ca m'a fait réflechir. Puis ça m'a foutu en vrac aussi, un peu. Mêlé au bordel ambiant, j'ai fait un sac de noeuds, et je ploie sous son poids.
J'ai tellement peur de demain.
Tellement, c'est insupportable.
Et plus j'ai envie de le construire, plus je stresse tellement l'échec m'effraie. Je cherche du boulot, appelle encore et encore, à quel prix, je tremble le téléphone à la main, angoissée à l'idée de devoir m'engager, angoissée à l'idée de ne pas savoir, angoissée à l'idée de ne pas être à la hauteur...
La fragilité m'étouffe, j'aimerais la piétiner, vomir ma vulnerabilité apparente.

Ca fait presque un mois qu'ils ne me pèsent plus, parceque la dernière fois ça s'est tellement mal passé. "Essayez de ne pas regarder le résultat à ce moment là" Ben bien sûr, si c'était aussi facile. Qu'il soit plus ou moins, de toutes manières, dans tous les cas on a droità la crise d'hystérie qui survient à la simple vue du chiffre. LE chiffre. Peur d'avoir perdu, parce que ça devient  dangereux. Peur d'avoir gagné, parceque ça ne me va pas non plus,et que les "ah, c'est bien...et vous avez vu vous avez une meilleure tension c'est très bien", je ne veux pas les entendre, plutot crever. En fait, je ne sais pas ce que je veux qu'ils disent. Tout m'agresse.

Ils me laissent un peu plus de liberté, je peux manger dans ma chambre plus souvent, sachant que manger en public est éprouvant. Je m'engage en contre partie à faire des efforts alimentaires, (ce qui entraîne une fuite démesurée des miroirs et des vêtements qui pourraient ne plus m'aller, dans le genre je vais me manger 15kilos en 3 jours, nimp').

Tout est affaire de négociations, de concessions, d'efforts, de deals. Il y a plus d'échange entre l'équipe et moi. Je verbalise un peu plus, ils me font un peu plus confiance. Je découvre qu'ils me soutiennent, m'encouragent quoi que je fasse, même si je me mords la queue, me casse la gueule ou rejette leur aide. J'ai enfin compris. Hip hip hip lol. Ils sont là. C'est con, j'en ai les larmes aux yeux.


pix: Raphaël Daviet
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commentaires

orphee 04/02/2009 20:05

là, maintenant tout de suite, pas la force te le lire malgré le petit sourire qui nait sur mon visage de voir tout ces post t d'y apercevoir de l'optimisme...Promis, demain, au boulot, promis je te lirai avec toute la passion, l'envie et l'espoir qui m'anime lorsque je te lis.Mais ce soir, après manger et fait goûter à mes parents ce que j'ai appris à ce cours de cuisine, après les idées noires qui trainent, m'enfoncer sous la couette, pleurer, expier et renaitre demain, en pleine forme pour te lire et te laisser un vrai commentaire, un beau et pas une complainte egocentrique...Je suis là, je te lis, je t'apprécie, merci

aurelvelvet 29/01/2009 07:51

Tu sais miss, quand je te lis, je lis les lignes de quelqu'un qui est lucide et c'est hyper important... Parce que, même si tu ne peux pas résoudre tout du jour ou lendemain - car ce n'est pas une histoire de volonté mais d'être en capacité de...-, ce déclic, tu l'auras. Il faut se dire que dans la vie, quoiqu'il arrive, il faut avancer, tu tombes? tu t'en fous, tu te relèves et tu repars. Et même si peut être tu t'en rends pas compte, c'est ce que tu fais...Bizzz

Didier 28/01/2009 13:54

je remets ton lien orchidea je veux continuer a te suivre de nouveau après une terrible chute pour moi kisses didier

viefragile 28/01/2009 11:57

J'ai été absente pour toi comme tu l'as été pour moi...Pardon.Je te lis toujours, des lignes qui font mal, d'autres qui encourage; un lexique qui agresse comme un autre qui apaise.Tout ce temps et ou en es tu? Des petites avancées, des marches arrières, des "je reste là"... et puis quoi? Tu vis? Oui, mais toujours pas à la hauteur de ce que tu mérites. Parceque tu t'entêtes à rester la même.Mais il faut que tu sortes de toi.... sortir de soi pour aller vers soi... tu dois changer pour te retrouver; et tout tes rituels, toutes habitudes... tous ça, tu dois les oublier.Tournes la page en cette nouvelle année.Je sais, je suis bien mignonne à te dire tout ça alors que moi même je n'avance que très doucement. Mais je veux que tu y croies, et moi aussi je veux y croire. En ta guérison, en la mienne, en LA guérison.Prends soin de toi. 

enfumée 28/01/2009 00:09

Que dire, je suis retournée. Tellement de volonté et de mal être. Tellement d'opposés où je me vois. Tellement inutile face à tout cela, alors être là.

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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