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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 19:24
Trop de choses se sont passées, trop de noeuds se sont tissés ces dernières semaines.

J'ai eu ma rentrée lundi dernier. J'ai séché le mardi...mais J'ai rencontré le fameux infirmier que l'on m'a chaudement recommandé, et notre entretien fut...disons que c'était une prise de contact. Ne sachant pas quoi faire par la suite et un peu désorientée -en fait complètement- j'ai sonné au foyer. C'est mon infirmière preferée qui m'a ouvert. J'ai soudainement eu envie de fondre en larmes dans ses bras mais je me suis retenue et me suis contentée de m'assoir lourdement sur une chaise du bureau. J'aurais vraiment voulu pleurer, me vider, me saigner. Mais que dalle. Au lieu de ça, j'ai preferé boire tant bien que mal un verre d'eau tellement je tremblais, et puis m'évanouir dans un coin sans rien dire. On a longuement discuté et sommes arrivées à la conclusion qu'il fallait absolument que j'aille à ce fameux rdv avec la psy du centre d'addictions, qui avait lieu 2 jours après.
Mercredi, sans savoir ce qu'il s'est passé, j'ai fourragé dans mon tiroir et ai gobé à pleines poignées tous les cachetons que j'ai trouvés. Mes grands parents ont du flipper, ils ont appellé ma mère et je me suis pris une claque en pleine gueule. Peut être que j'en avais besoin histoire qu'on me claque enfin un "mais putain, mais qu'est ce que tu fous?!" Je crevais de honte, parce que je n'ai pas su aller en cours comme tout le monde. Pétrifiée par l'angoisse, il n'y  a pas moyen de franchir cette putain de porte de salle de cours.
Après l'épisode de la claque, des larmes et des lames, je me suis décidée à y aller le lendemain. J'ai tenu jusqu'au midi...mais usée par le trop de cachets j'ai passé mon après midi à dormir sur l'herbe, sans rien dire à personne. J'ai enfin réussi à assister à une journée complète de cours le vendredi. Je n'ai pas vu cette psy au centre. J'aurais du mais je n'y suis pas allée.

Faut dire qu'avant de commencer cette semaine cruciale, j'étais crevée d'avance; trop de sorties, trop de nuits blanches, trop de gobages inconscients...et un homme. Rencontre, flash. Une nuit à danser, rire, trinquer, fumer, rire, retrinquer à nimportequoi, danser, rire. Rire encore. Il me porte dans ses bras. Les amis partent, on reste ensemble. Métro. Petit déj dans la seule boulangerie de lille ouverte. Rire encore. Un baiser. Un vrai baiser. Et puis...il faut rentrer.

Je suis rentrée encore ivre, sur mes talons de 12, le mascara coulant sur mes joues, entrainé par des larmes inconsolables. Des larmes parce que tout ça c'est beau, je veux bien, super. Mais je ne sais pas gérer, putain, j'arrive pas à supporter qu'on m'aime, j'arrive pas à supporter ces petits gestes tendres et affectueux [dîtes "AGREABLES" me dit l'infirmière], j'arrive pas à supporter son regard sur moi, et quand il voudra aller plus loin...
Quand les sentiments n'entrent pas en jeu, pas de problèmes, on baise, on se défonce, je m'en tape. Mais quand...quand on s'apprécie mutuellement, quand il y a de l'attirance, ça n'est plus pareil. Je me dégonfle. J'ai peur, j'ai la trouille et les tripes qui se vrillent. Tellement l'impression de ne pas être à la hauteur, d'être si sale. SALE. Comment faire semblant de rien, alors qu'IL est sérieux et que je ne suis qu'une traînée droguée et mal dans sa peau? L'infirmière m'a dit quelque chose de juste, il me semble, c'est qu'en fait c'est pas tellement vis à vis de lui que ça bloque, mais bien vis à vis de moi. C'est moi toute seule qui me bloque. Moi toute seule qui me met la pression, et moi toute seule qui me gerbe le matin parce que je ne peux pas me blairer. Je me deteste tellement que rien que l'idée que l'on puisse me trouver attirante me rend dingue. Pourtant j'ai besoin de séduire...tout ça est confus...en attendant, j'ai tellement peur de ce qui m'attend. "Mais ce n'est que du bonheur mademoiselle S., que du bonheur..."
Et puis toutes ces images que j'ai en tête tournent en boucle. Celles de ce jour où j'ai dû me recoiffer, réajuster ma ceinture, et descendre du train comme s'il ne s'était rien passé. Celles de toutes ces fois où je me suis offerte, absente de moi même. J'ai mal au ventre en écrivant. La nausée. Des fois je me demande si je suis seule à agir ainsi. C'est vrai putain je comprends pas ce comportement. Je comprends pas ce qui m'arrive dans ces moments là...je sais que ça va déraper, je le sens, et je ne fais rien pour arrêter la machine. Rien. Je me laisse faire, m'abandonne complètement. Je meurs au creux de bras virils. Me réveille quand c'est fini. Bois une vodka pour oublier. Je suis lasse. Et triste.



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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.camping-du-colombier.fr 13/07/2016 04:53

Dès que j'ai le temps je mets en ligne mes créas!

# Eve 10/10/2009 23:54


La seule ? Non.
Et le 4 juin dernier, un homme, une séquestration, des coups, un viol.
Tu n'es pas la seule. Me demande pas pourquoi, surtout pas, j'ai pas la réponse, mais ...
Ce n'est pas de ta faute. Et je me maîtrise mieux maintenant, aussi. C'est possible.

Avec humilité.
# Eve.


ppm00 30/09/2009 22:47


Tu cherches l'amour que tu aurais du recevoir de ta mère, de tes parents, de quelqu'un, un échantillon d'amour inconditionnel qui nous fait croire qu'on est bon, qu'on mérite de vivre.
Cette fondation a été empêchée par les méthodes modernes pour élever les enfants.
Cette mutilation d'amour (et des autres besoins) est bonne pour le business, on paye pour tout, même pour aimer, du moins c'est ce qu'on croit.
Il faut retrouver la foi en l'amour, croire que ça existe, faire le deuil de celui qu'on a pas reçu et qui ne viendra plus, et prendre les petits rails d'amour qu'on nous donne, même si c'est un
peu coupé :)
Tu es belle, tu souffres, on a envie de t'aimer, d'un amour qui ressemble à de la pitié, on a envie que tu t'aimes toi-même.
On aime pas une personne pour ses qualités, sa valeur technique, tu pourrais être championne du monde d'escrime que personne ne t'aimerait un gramme de plus. Alors arrête de te juger, de te sentir
sale, c'est pas sale de baiser, pas plus sale que de chier :) C'est juste dommage de te défoncer, car ça te coupe encore plus de ton corps au lieu de t'en rapprocher.
Je te serre fort dans mes bras, et je ne me lave pas les mains après :)


Anamnesik 28/09/2009 00:46


Un jour, à 22 ans, j'ai fait une rencontre, le premier homme que j'ai aimé. Il avait 19 ans de plus que moi, il était violent, mais ça, au début, je ne pouvais pas le savoir, il était si
charmant... 2 ans. Qui ont fini par un viol et la perte du BB que je portais.

Et ensuite, j'ai eu exactement les comportements que tu décris (sauf la drogue), et les mêmes sentiments de haine envers moi-même, avec des crises d'automutilation très violentes.

Je n'oublierai jamais et j'en fais parfois encore des cauchemars, je n'aurai sans doute jamais d'enfant, ça ne passe pas, je te mentirai si je disais ça, mais s'apaise. Depuis 6 ans je suis avec un
homme doux qui a mis du baume sur mes plaies.

Tu n'es pas une merde, tu te hais parce que ce sont les symptômes d'un traumatisme que tu as vécu; ça se soigne, doucement, patiemment, avec des professionnels, des rencontres sûres, de bells
choses qu'il y a aussi dans la vie. On ne répare pas mais on se reconstruit, et même si jamai on n'est plus la même, on peut être quelqu'un d'autre qui a intégré les mauvaises expériences et a
développé un "truc" en plus.

Prends-soin de toi... essaie... tu es trop maigre.

Pensées ***


Pauline 27/09/2009 20:58



Un bout de temps que je ne t'avais pas lu, et je tombe sur ça, qui me frappe en pleine gueule tant j'ai l'impression d'y être aussi. Avec une pointe de découragement à se dire que c'est quand
j'ai l'impression de maitriser un tant soit peu les choses qu'un autre problème apparaît.
Tu n'es pas la seule à agir ainsi, non certainement pas. L'impression en ce qui me concerne d'avoir besoin de ce choc là pour se sentir vivante. Se laisser faire, partir en vrille, arrêter de
penser, offrir son corps comme s'il ne comptait pour rien. Et savoir pourquoi sans que ça n'y change rien. Tourbillon.
Et pourtant je continue à y croire, c'est vacillant parfois et je suis morte de trouille, pétrifiée, incapable ne serait-ce que d'être moi, mais je continue à croire que c'est possible, tant
qu'on ne lache pas tout. Tu continues à te faire suivre, tu ne te défiles pas, et c'est bien, c'est courageux et c'est la bonne voie.
Encore un message embrouillé écrit dans l'émotion de tes mots, prends soin de toi, sincérement.
Pauline.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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