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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 12:07
Mais merde putain, qu'est ce que tu fous? Tu crois qu'on va te regarder crever sans rien faire, c'est ça, tu voudrais qu'on ferme les yeux et qu'on ne dise rien?
Au début ça me faisait rire, mais là, franchement Eugénie, c'est plus drôle. Du tout. Regarde toi...t'as maigri, t'es défoncée en permanence, et tu voudrais qu'on croit que ça va? Dis moi que c'est seulement pour t'amuser et je te lâche, mais je sais que c'est faux. Tu te mens à toi même, on est tes amis oui ou merde, putain mais dis moi ce qui cloche! Dis moi que ça va pas, dis moi pourquoi, donne nous les moyens de t'aider, on sert à quoi nous à rien? Tu nous fais pas confiance? T'attends quoi, de te retrouver aux urgences une fois de plus?

Han.J'ai ri. En disant "mais enfin, ça va je te dis, ça va je t'assure. Tu te fais des films! Et puis j'ai pas maigri, enfin si mais rien de grave, sérieux. Et je ne suis pas défoncée en permanence, c'est faux. Attends mais t'es en train de me faire la morale ou je rêve? Je comprends pas pourquoi tout d'un coup ça t'affole, c'est depuis toujours, qu'est ce qui t'arrive, tu sais que je suis comme ça...enfin je sais pas, tu me connais, c'est vrai que des fois je devrais calmer le jeu, mais là ça va franchement, regarde, j'arrive à te parler normalement non? Aller, arrête de te prendre la tête. Arrête de t'inquièter aussi, parce que ça va."

Et puis je suis allée aux toilettes vomir, fondre en larmes, finir mon verre. Me remaquiller. Dignement, sortir, et formuler un vaseux "je suis fatiguée, je rentre". Marcher en titubant dans la nuit. Pleurer de tout son soûl. M'asseoir à même le sol, fumer une cigarette. Vomir encore, en esperant que ça ira mieux après, putain de conneries. Il fait noir et je me sens si petite, si pitoyable. "ça a pas l'air d'aller mademoiselle...essuie tes larmes, t'es charmante!Viens avec nous si tu veux". Les suivre. Tellement paumée de toutes manières, rien à perdre. Fumer des joints avec des inconnus, rire faussement et s'éloigner de la réalité parce que c'est plus facile. Mes talons me font mal. Mais bientôt je ne les sens plus. Et puis je m'en fous. Il est 4h du matin et je ne crois plus en rien. Rien ne me retient. J'ai envie d'une paire de bras pour me dire  que tout va bien. Un peu de chaleur pour m'enrouler dedans. Rentrer chez soi. Et puis quoi? Attendre un sommeil sans rêves? Mais rentrer quand même, parce qu'il ne faut pas inquièter. "T'as passé une bonne soirée hier?_Franchement oui tout le monde était en forme, bonne ambiance c'était cool".
Est ce que le mensonge finit par tuer un jour? Il me ronge et m'étouffe, c'est comme sur les paquets de clope "mort lente et douloureuse". Je ne suis plus vraie avec personne, la solitude s'aggrippe à moi et je ne suis plus. J'ai la trouille. J'ai peur. J'ai peur de moi. Peur du no-limit, peur de ce sentiment d'euphorie qui m'habite lorsque je sais que je prends des risques. Pourquoi je n'ai plus peur de rien, pourquoi je souris quand je dérape? Je défie la mort avec les yeux qui pétillent et le coeur qui bat la chamade. Quelqu'un d'autre m'habite sans que je contrôle quoi que ce soit. Un peu facile de dire ça. Mais c'est vrai. Ya plus rien, plus de barrières, plus de principes, plus aucune règle. Blackout. Chaos. Et le lendemain, je sais que j'aurai pu y laisser ma vie. Comme il y a quelques jours, où complètement bourrée j'étais sur le chemin du retour [dans la direction complètement opposée] et que je suis montée en voiture avec 5 gars aussi arrachés que moi mais bien conscients que j'étais une fille. 5 contre 1, tout était joué. Mais je suis montée sans me poser de questions. Ils m'ont emmenée chez eux, je me suis dit que tout était fini. En fin de compte, je m'en suis plutôt bien tirée. Peut être que j'arrive à supporter beaucoup aussi, je ne sais pas.
Mais j'attends quoi, que ça tourne mal? Je sais même pas.
Je ne vais pas bien. Je ne comprends plus, ne sais plus et me sens horriblement vide, et tellement dégueulasse, au plus profond de moi même. Je suis triste. Et j'ai bien envie de me foutre en l'air. Mais je ne le ferai pas, rassurez vous. Au lieu de ça j'irai choper la psychiatre du foyer pour lui parler après les cours, demain. Je voudrais juste comprendre. Je voudrais qu'on m'aide à comprendre. Essayer de rationnaliser et d'y trouver une certaine logique, que je puisse au moins trouver une explication pour pouvoir me dire que c'est une réaction "normale". Enfin j'en sais rien, juste histoire de me rassurer.
Je ne sais pas comment on fonctionne autrement. Je ne sais pas comment enrayer le système. Déja, faudrait que j'arrête de me défoncer et de faire la pute. Ca déja, ça changerait beaucoup. Mais même ça, ça me parait...Je suis perdue. Et j'ai plus de forces. Tiens, j'ai perdu une dent. Il me manquait plus que ça.



Aidez moi je vous en supplie


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commentaires

http://www.csb77.fr 13/07/2016 04:52

Dès que j'ai le temps je mets en ligne mes créas!

# Eve 10/10/2009 23:47


Comme on se ressemble.
J'aurais pas trouvé tes mots, mais mon message aurait été le même.
Si j'avais osé. La défonce, faire la pute, foncer vers le trou noir en freinant.
Je n'ai aucune réponse. Juste ... un truc fade qui voudrait s'appeler "soutien virtuel".

Avec humilité.
# Eve.


ppm00 03/10/2009 10:34


"pourquoi je souris quand je dérape?"

Cela me rappelle mes début à la Savate, je rigolais quand je prennais un coup, un réflexe acquis pendant l'enfance où on te frappe pour ton bien, pour t'apprendre la vie (
http://ppm00.canalblog.com/archives/2008/11/29/11555264.html ).

Mais c'est pas normal de se marrer en se faisant mal, et ça peut se réparer. Je l'ai fait en reproduisant consciemment les coups. Tu sembles les reproduire aussi, mais pas avec assez de conscience
pour que ce soit thérapeutique (trop foncedée ?).

La défonce c'est justement refuser de revivre consciemment la merde qui nous a servi de lit depuis la naissance. Alors c'est facile à dire, je te parle un peu comme un vieux con, mais je ne peux
pas grand chose de plus.

Essaie de vivre tout ça en étant présente, en mastiquant bien chaque bouchée, et en avalant à la fin, comme avec la bouffe, tu vois le truc ? la merde je crois qu'il faut la bouffer, et la chier,
ya pas d'autre manière de s'en débarrasser proprement


Alexandra 02/10/2009 21:16


Ma belle fleur, pourquoi te faire fâner volontairement? Pourquoi te tuer à petit feu?

Pardonne-moi, j'ai été absente un moment, problèmes d'ordi... Problème intérieur.... Bref, mais je suis là et je l'ai toujours été. Accroche-toi à moi, à nous. Te laisse pas resombrer encore plus
bas.
JE SUIS LA.

Bisous

Inès 02/10/2009 16:10



Mes écrits prennent l'eau.
Je suis atteinte de débilité littéraire.

Bien à toi



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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