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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 09:51

J'attendais d'être sure de ce que je ressentais pour venir l'écrire ici, blanc sur noir. Quelque chose d'assez étrange se passe ces derniers temps. Je ne sais pas si j'ai déja écrit que je me remettais au sport. Bref, il se trouve que je me suis remise à courir. Peut être normalement, peut être beaucoup, je ne sais pas et au fond je m'en contrefous, 5h par semaine. Avant je ne courrais qu'un jour sur deux, à cause des courbatures, mais depuis que s'opère la magie des étirements, je peux courir quelques jours de suite sans éprouver une douleur horrible à chaque pas. Et depuis...je ne sais pas. Je me suis aperçue que Corps était bien plus capable que ce que je pensais. Qu'il pouvait me suivre, qu'il avait des capacités insoupçonnées...et...que je suis plus que satisfaite de lui. Il m'offre des sensations que je ne connaissais pas; j'ai l'impression de ne faire qu'un avec lui, comme si enfin on entrait en communion, c'est étrange pour moi d'écrire ça après des années de guerre, de maltraitance et de dénigrement extrême. C'est comme si aujourd'hui je me rendais compte qu'il pouvait m'offrir, et qu'il est bien loin de la sous-merde débile que je me suis dépeinte. Il y a même un matin où j'ai arboré ce sourire débile que donne la sensation du bonheur, le sourire niais qui apparaît pour RIEN, juste parce qu'on est content de se lever. Comme une énergie qui parcourt le corps, un élan qui ne vient d'on ne sait où, une étincelle qui nous donne cette nouvelle impulsion méconnue. Je me suis déjà sentie "bien", évidemment. Mais pas comme ça. Pas à cette intensité là. Pas jusqu'à sentir la réunification Corps/Esprit que je ne pensais plus possible. J'avais même fait une croix dessus.

J'ai fait chialer la psychomotricienne d'émotion. J'en ai pleuré aussi. Je ne sais plus si c'était de la joie, du soulagement ou les deux, et peu importe. C'était juste...se sentir bien. Je ne me suis pas remise au sport pour éprouver tout ça. C'est arrivé comme ça, sans prévenir. D'ailleurs...c'était bien loin de mon objectif de départ, qui consistait juste à...maigrir encore? M'épuiser? Sûrement. Mais ça a changé petit à petit. Je me suis mise à apprécier la course, ce que ça me donnait. J'ai donc mis un certain soin à alimenter mon corps pour qu'il puisse me donner plus de possibilités. Avant, j'aurais continué à sous alimenter mon corps et à le pousser jusqu'aux limites, et certainement au delà. Je l'aurais trouvé nul, et bien en dessous de ce que j'esperais de lui. Et l'aurais poussé encore plus loin en y prenant beaucoup de plaisir. Mais aujourd'hui, aussi incroyable que cela puisse être, c'est l'équilibre entre lui et moi que je savoure. Je n'ai pas de mots pour expliquer cette sensation qui me dépasse encore pour l'instant. D'autant plus que...pour beaucoup ça relève tellement de l'évidence que la question ne s'est jamais posée. Sauf que pour moi, la scission Corps/esprit était tellement importante, tellement présente et aussi tellement ancienne que...ça fait bien longtemps que j'ai mis mon corps de côté, comme s'il était étranger.

Tout n'est pas résolu et je reste lucide; il y aura encore des chutes et le goût du macadam sur mes lèvres, peut être. Mais peu importe puisque je sais que c'est possible de ressentir à nouveau. Et c'est un putain d'atoût. La psychologue m'a dit que ça devait être dû aux endorphines que sécrète l'organisme dans l'effort. Que cela s'était démontré à plusieurs reprises sur d'autres patients. Et que, en consèquences, il fallait que je garde à tout prix ce cadeau que me fait mon corps (j'y crois pas!), mais aussi que je trouve d'autres moyens d'éprouver ça. Car si je venais à arrêter pour x ou y raison, cela pourrait entraîner  une dépression proportionnelle au plaisir éprouvé. Ca m'effraie un peu, car étant déjà fort surprise de ce nouvel élan, que je ne recherchais pas du tout, je ne vois pas comment trouver autre chose. Et puis...je ne vois pas comment éprouver tout cela autrement que dans l'effort, étant donné que ma seule jouissance étant soit celle de maigrir, soit celle de mettre mon corps à l'épreucve alors...Mais, peut être que ça va arriver. Sûrement, même, puisque je suis maintenant apte à "recevoir", chose que je m'interdisais jusqu'à maintenant. Et puis ça a des incidences sur pas mal de trucs; je me sens plus confiante, je défonce tout au boulot : j'ose et mon pâtron n'a pas l'air de s'en plaindre, je vois d'autres personnes et n'ai plus le besoin de me défoncer à outrance en jouant un autre rôle que le mien, j'arrive à être moi (!), je n'ai plus non plus la peur de demain, puisque j'ai l'impression d'avoir ce nouvel atoût dans ma poche, et autant dire que c'est LA carte qu'il me manquait au jeu...Alors certes, je ne crie pas victoire trop vite. Mais quand même...C'est moi qui susurre du bout des lèvres les mots "plaisir", "équilibre", "je n'ai plus peur","vivante". Juste ça..

Elle a dit aussi que si mes objectifs au début ne sont plus ceux d'aujourd'hui (quoi que, avouons le quand même hein), ça restait du contrôle sur mon corps, soyons lucide quand même. (Elle regrette ce rôle de rabat-joie, mais j'y ai pensé aussi donc aucune déception à l'horizon). Mais que ça pourrait me servir après tout si je mettais debout un projet du genre m'inscrire à des courses, rentrer dans un club, bref, établir un projet. Ne pas s'entraîner dans le seul but de tester corps, mais d'aller plus loin. La démarche est différente. Et elle pourrait même être bien stimulante. M'enfin, il est évident que j'y avais déjà pensé puisque je me suis inscrite pour un semi-marathon en septembre et une course en juillet...c'aurait été mal me connaître de supposer le contraire...Alors...Serait-ce une nouvelle ère qui se profile?

Quand je pense que c'est un cadeau de mon corps...moi qui me suis appliquée à le martyriser...peut être est-ce aussi sa manière de survivre; il n'y avait que de cette manière qu'il pouvait marquer des points et m'intéresser au point que je parle de lui au positif. Et que j'arrête de le tuer. Ou pas au point de l'achever, en tous les cas. Instinct de survie? Ce que je sais, aujourd'hui, c'est que...Il, Je...on forme une bonne équipe. Et le risque de Vivre enfin, me fait moins peur. Parce qu'on fait les malignes à risquer sa vie tout le temps et à faire nos grandes gueules, mais s'il y a bien un risque qu'on ne prend pas, c'est bien celui de la Vie. Je pense que c'est le plus gros, et qu'il faut bien plus de couilles pour le tenter que de se murger la gueule jusqu'au coma en attendant de crever sur le bord de la route. J'admire bien plus ceux qui SONT dans la Vie, que ceux qui l'évite de mille façons. Et je vais le prendre, moi.

 

Ps: Aurais-je oublié de noter que je suis allée voir une nutritionniste? Ormis le fait que je fais de l'osthéoporose (ouais, bon, trop tard pour s'apitoyer), je mange aussi TROP de sucres (à cause de mes 12 pommes par jour), ce qui m'empêche de maigrir, mais qui m'expose aussi à d'autres troubles bien plus chiants que celui-ci. Comme diabète, cholèstérol etc etc. J'ai aussi appris que le gras n'était surtout pas à bannir pour le bien être de notre cervelle mesdemoiselles. Alors à vous qui privilégiez votre esprit, prenez note. Vous avez tout de même le droit et raison d'exclure les graisses animales, mais le reste ne vous fera pas de mal ;). Légumes à profusion, mais les fruits, deux/jour suffiront. (Bien loin du nombre de pommes que je gobe) Prenez aussi garde à votre taux de sérotonine; moi qui suis en manque suis sujette à bon nombre de fringales que je pourrais éviter si je bouffais normalement. A, et les sautes d'humeur, et le sommeil en berne, l'agacement rapide, tout ça...Bref, autant dire que cette petite chose facile à rétablir peut faire des dégâts. Ce serait con hein?

*Penser à arrêter de se monter le bourrichon avec des idées même pas fondées qui donnent des résultats bien loin des éspérances.

*Intégrer la phrase:Se priver ne fait pas maigrir.

*Et aussi...: Les carences peuvent être irréversibles. Mais peuvent aussi s'éliminer rapidement.

 

 

Anorchidéa ou la voix de la Raison MouhHAHAHahahA!!!

 

 


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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.jumpeo.fr 13/07/2016 04:23

Pour une fois j'ai pris une décision raisonnable.

athena_ 25/05/2011 07:38



Contente de lire un post comme celui la...


Moi non plus le sport n'a jamais été mon truc mais je reste convaincu d'une chose... pour sortir de nos maux il nou faut "autre chose" (de positif bien sur). Pour certains ca sera des amis, un
travail, un demenagement, l'art, l'ecriture... enfin quelque chose dans lequel on se retrouve et ou on peut petit a petit lacher prise... Pour toi si c'est le sport tant mieux! En plus en courant
tu prends l'air ! Tu cours seule? Peut etre peux tu aussi faire ca accompagnée c'est agreable aussi de fournir des efforts ensemble.


Pour les pommes... je pensais etre une extraterrestre avec mes dizaine de pommes par jour // Ouf! je ne suis pas la seule. J'ai conscience que c'est mauvais pour moi, mais... je n'y resiste pas!


Bonne journée BiZzZZZzzz



ppm00 24/05/2011 23:52



Je suis content de lire ça. Moi aussi je me fais du bien en ce moment, je mange des tonnes d'épinards, de blettes, de salade, et de cerises. Et de temps en temps de la bonne baguette d'en face,
avec du beurre et du fromage de chèvre avec un coup de rouge. J'ai presque perdu 10 kg.


Il faut dire que je bosse aussi dans le jardin, ça pousse pas tout seul, et j'aime ça, c'est plus cool que de trépider dans le métro à respirer de l'air pété 3 fois :)



[AnO]rchiDeA 29/05/2011 10:18



Pour le métro, je reviens de Paris, jpeux te dire que question d'air pété 3 fois j'ai été pas mal servie...WHOUAh! Je ne savais pas que c'était possible d'atteindre de tels niveaux d'odeurs, moi
qiu ai l'odorat sous-développé à cause de la clope, ben putain, j'ai tout de même pu constater qu'il était pas totalement parti haha.


Pour le reste, c'est assez magnifique de parvenir à "recevoir", à ressentir, à écouter e que l'on sent à travers son corps. Parler de plaisir pour moi relevait de l'utopie tu vois. J'en pleure
encore parfois quand je me surprends à me sentir bien. Combien de fois je cours en souriant niaisement, en chantant à tue-tête! C'est bon...



Ludivine 22/05/2011 20:17



J'ai toujours detesté le sport. Et puis je m'en fichais car ne mangeant pas beaucoup j'étais maigre. Pas besoin de brûler de calories! 


J'ai fait du sport en salle pendant quelques mois il y a plusieurs années sans trop savoir pourquoi, "parce que c'est bon pour la santé", "parce que ça te fera du bien au moral". J'ai jamais eu
ces putains d'endorphines en faisant du sport. Je suis contente que tu les sécrètes. Mais moi, le sport ce n'était que souffrance physique.


Maintenant que je mange bien, je m'y remettrai peut-être. Pour l'instant je marche, seulement, mais pas mal et régulièrement. Parce que mon corps a besoin de ça, moi aussi je l'ai trop longtemps
laissé de côté. Et dis, que j'ai été con de pas m'apercevoir plus vite que d'avoir tous les nutriments nécessaires, ça rend quand même nettement moins dépressif.


Les pommes c'est bien mais pense aussi au chocolat, antidépressif. Poissons gras, riches en omégas 3. Bananes, bonnes pour le moral. Et plein de bons trucs qui font que Corps va bien, mais Esprit
aussi!


Bises



[AnO]rchiDeA 29/05/2011 10:25



Ah, pour les endorphines, j'imagine que chaque personne les sécrète différement et pas dans la même activité peut être je ne sais pas. Ma psy m'a dit qu'ils avaient testés ça sur des dépressifs
de plus de 3 ans, c'est à dire des personnes bien "installées" et qu'ils avaient pu noter de nettes avancées alors...Mais tu sais, du sport, j'en ai fait. J'en ai fait longtemps, il y a des
années, mais déjà "malade"...et je peux te dire que je n'ai jamais rien ressenti de tel. Mais je ais pourquoi, parce que mon corps était déjà absant de moi, j'étais dans une telle scission que
j'étais incapable de l'écouter, de recevoir ce qu'il avait à m'offrir, alors peut être que je sécrètais ces trucs, mais pas capable d'en profiter, plutôt crever que d'écouter mon corps!
Aujourd'hui, peut être que c'est différent et que j'étais dans l'attente d'un signal comme celui-ci. Un signal pour me dire "c'est bon, la vie est aussi pour toi, ça vaut le coup continue".
Aujourd'hui j'étais prête à lui offrir une place, pas avant. Et je pense que ça change tout. Quand tu le nies complètement, il n'a pas de place. Et quoiqu'il fasse, tu ne le verras pas puisqu'il
n'existe plus. Quand je pense à tous les signaux qu'ils me lançaient, les dents en moins, la fatigue musculaire, la douleur des crampes, la mauvaise circulation, la perte des cheveux, et moi qui
en riait. Qui en jouissait même. J'étais tellement heureuse de le voir se décrépir, mourir...


Tout ça me paraît tellement hallucinant aujourd'hui. Moi qui ne pensais pas être malade. Mon Dieu.



Caducee 22/05/2011 11:33



ça fait carrément plaisir de lire un post comme ça ! Déjà ça "lit" le bien-être et l'espoir, et en plus constater que ton corps peut faire bien plus que tu ne le pensais, et en bien, c'est juste
génial !


Je suis d'accord sur le fait que si un jour tu dois t'arrêter de courir (même genre pour une tendinite ou une connerie de ce genre), tu peux faire une petite depression de manque de sérotonine.
ça se voit surtout sur les grands marathoniens, les fondeurs ou simplement les "accros à l'heure de course quotidienne". Mais je suis ébahie par le fait que malgré la faiblesse de ton corps, je
veux dire qu'il a souffert et a été privé donc n'est pas au meilleur de sa forme, il tient la route des 5h de course hebdo et ça me met sur le cul !


Quant aux carences et autres troubles liés à l'alimentation, tu peux redresser la barre, déjà rien qu'en ayant pris conscience des erreurs. Et toutes tes phrases à retenir et à se répéter, c'est
bien ;)


Je suis vraiment contente pour toi, garde en mémoire ce genre de moments pour les petits downs potentiels, c'est de l'or en barre ! :D



[AnO]rchiDeA 10/06/2011 20:40



Coucou Caducee, he bien tu vois ce qu'on disait s'est averé être vrai puisque grâce à ma cheville je ne peux plus courir et ça me rend complètement dingue...je n'ai plus qu'à aller me faire
masser par un kiné, ce qui est vraiment trop top puisque ne supportant absolument pas le toucher, ça va être vraiment vraiment sympa. BREF.


Concernant les carences, j'ai été étonnée moi aussi par mon corps, car l'ayant maltraité à l'extrême, je prends ça comme un véritable cadeau. C'est con à dire je sais mais, je t'assure, c'est un
cadeau.


Dis Caducee, je ne laissais pas forcément de commentaires, mais j'étais une lectrice assidue de ton blog...j'espère que tu vas bien. Je ne sais même pas si tu vas lire cette réponse, même si je
l'espère. Si tu le fais, tu veux bien me laisser une adresse mail où correspondre avec toi? Comme tu voulais aussi éliminer ton adresse hotmail, je ne sais pas où t'écrire. Je t'espère simplement
en forme, que tu vas bien, moralement, physiquement.


Je t'embrasse bien fort.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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