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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:38

J'ai l'impression d'être partie un bail. Le sable, les vagues, le vent. Le soleil. Le soleil...

J'étais bien dans mon corps. Sérieux.  Légère. Le problème c'est qu'on sait jamais si...c'est dû à la légèreté du chiffre ou si c'est parce qu'on va réellement "mieux". Si c'est l'euphorie du manque de calories ou si c'est du plaisir franc. Si c'est encore une illusion ou si enfin on est dans le vrai.

Après des années de débâcle, on a le droit de douter. Sauf qu'à force de douter, à force de penser, de retourner le truc dans tous les sens toutes les nuits, on y retourne, ça coule de source. Parce qu'à forces de se monter le bourrichon, on n'y croit plus vraiment. Et le doute...ça ronge. Ça pourrit tout. Tout devient source de remise en question, on cherche le vrai du faux pour finalement ne plus rien savourer.

Mais si c'était l'anorexie qui me faisait planer, est ce que je devrais y sauter à pieds joint? Est-ce que je devrais encore y croire pour me casser la gueule sur le macadam? C'est une vraie salope celle-là.

Et moi je suis une vraie conne. Mais alors une conne dans le genre assez extraordinaire je dois dire. A chaque fois que j'y retourne....elle me baise. J'y crois dur comme fer, je crois vraiment que je vais la biaiser, mais non. Elle me revient direct en pleine gueule en fanfaronnant comme un farfadet de bas étage.

Alors pourquoi j'ai besoin d'elle? Pourquoi je la fais revenir sans cesse? C'est moi qui décide. Après onze années, ça, je le décide. Je la connais par coeur. Je la sens. Je sens son odeur putride en moi. Et pourtant...je sais que c'est moi qui la désire. Qui la désire tellement qu'elle me brûle. On sait tous que la passion détruit tout sur son passage. Je ne pourrai jamais divorcer d'avec elle. On ne peut pas être plus forte que l'anorexie. On peut juste...négocier. Faire des compromis. Et s'abaisser comme une merde. Comme une sous-merde qui a peur de crever. Alors on sauve sa petite peau. Lâchement. Petitement. Et on cohabite. En se taisant.

Ca m'arrache la gueule d'écrire ces conneries. Mais c'est vrai. C'est ce que je crois en tous les cas. Je ne crois plus en la guérison. Ou si peu que c'est écrasé et que je ne vois plus. Mais il paraît qu'on peut cohabiter. Qu'on peut...on peut faire comme si? Comme si elle n'était plus là? Comme si elle avait jamais pointé le bout de son nez? Putain d'hypocrisie à la con, j'ai horreur de ça. J'ai horreur de "faire comme si". Comme si, ça veut dire quoi? Abdiquer? Ça me ressemble pas. J'aime plus que tout les défis et guérir en était un. Peut être le plus grand. Mais voilà...on dirait bien qu'elle m'a tellement bouffée, qu'elle a mangé mon identité avec. Peut être même que je suis devenue "elle"? Peut être que j'ai perdu ma volonté sur le petit pèse-personne de la salle de bain? Combien de fois j'ai dit qu'on ne disait pas une "anorexique" mais une personne qui souffrait d'anorexie. Mais peut être qu'après un certain nombre d'années, les données changent. J'en sais que dalle. Pourtant jsuis pas mal placée. Mais c'est pas pour rien si même les médecins sont paumés. Si même eux ne savent pas grand chose de la garce. Elle est trop sournoise. Trop pute. Trop têtue. Trop déterminée. Trop tout. Tout et son contraire. Alors au bout du compte elle nous égare et on se mord la queue. Pour finalement baisser la garde et s'affamer en la laissant tout manger sur son passage. Et puis comme on sait qu'au fond...Au fond elle nous donne toute cette satisfaction malsaine, mais qui reste de la satisfaction,  seul plaisir au milieu du néant, on la serre dans nos bras de mante religieuse à moitié décédée. En attendant. Quoi? Je me le demande encore.

Alors...je suis là, à me tâter les côtes dans la nuit. A savourer le froid pénétrant dans les os alors que tout le monde crève de chaud. Je jubile et tout s'éteint quand je me fous devant le miroir, elle me jette de la poudre dans les yeux et j'y vois plus rien, plus de côtes, plus d'épine dorsale, plus de hanches dressées comme deux petites hâches, plus rien. Pourquoi? Pourquoi je peux même pas "voir"? Pourquoi je peux même pas contempler ma destruction?Je vous dis, c'est une garce. Elle vous bute à coup de dysmorphophobie, ce qui vous oblige à continuer à vous buter toute seule comme une grande. C'est purement dégueulasse. Purement et simplement diabolique. On ne gagne pas contre le diable. J'abdique. Echec et mat. OK pour la cohabitation alors...je la hais.

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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.dvtechniques.fr 13/07/2016 04:26

On ne peut pas être plus forte que l'anorexie.

orphee 13/05/2011 14:34



Hey ma fleur, ma jolie fleur, regardes, lis, imprègnes toi de ces commentaires si fort, si beaux, si humains, aimants...


J'ai beaucoup de tendresse pour toi fleur, sincéremment, on ne se connait que par l'intermédiaire de nos blogs, mais se sont des choses qui ne se controlent pas... Je me préoccupe de toi et je
suis toujours ravie de te lire, de voir qu'au moins l'une de nous y arrive, se bats pour une "vie meilleure" Je regarde le soleil dehors, il brille, il réchauffe et les pitits oiseaux chantent la
mélodie du bonheur. Mon coeur est sombre, mais le soleil au dehors et ton aura qui rayonne met sa part de beaume... Merci ma belle


On est là, tous et toutes derrière toi, à te suivre, à t'aimer, à te lire, te soutenir...


On est là, on lit ton avancée, car oui tu avances, oui tu progresses, oui tu guéris d'une certaine façon... Tu as l'impression de faire des rechutes? SI tu fais des rechutes c'est que tu grimpes
et tu ne retombes jamais aussi bas que ton point de départ, alors ne t'en fais pas ma belle, tu avances, tu progresses, tu la maltraites cette garce, tu lui montres que c'est toi la patronne, que
tu as décidé de reprendre les rennes et que tu vas y arriver.


Bats toi, luttes encore et toujours. Oui c'est fatiguant, oui c'est parfois décourageant, mais ça donne aux jours de mieux un goût de victoire, de meilleurs, un goût de "reviens-y"; on ne guérit
peut être pas de cette liaison dangereuse (ça je ne sais pas) mais le bonheur, les petites joies du quotidien sotn elles aussi une drogue puissante, c'est la cryptonite de cette garce...


Aimes, souris, peint, pleure, dessines, ris, gribouille, hurle, vis, non VIS passsionnément, intensement, vis de toute tes forces et dis lui d'aller se faire voir ailleurs, ici c'est toi la boss,
c'est toi et pas elle, tu sais que tu as cette force en toi, tu sais que tu es capable, et les jours de doute, dis toi que nous on sait ce dont tu es capable, on sait que tu es plus forte
qu'elle!


 


 



Julia 13/05/2011 12:14



je pense fort fort fort à toi ma belle, gros gros bisous!!





 



[AnO]rchiDeA 10/06/2011 20:41



ME TOO BABY DE MY HEART :)))))))))))))  






destrez 05/05/2011 23:38



"Je suis vivante", ça au moins c'est écrit..!!!! Après un long moment de silence..Juste pour vous dire bonjour, juste pour vous savoir encore vivante....Juste pour vous lire une fois
encore..Juste pour vous savoir aussi belle puisque c'est "la vie"...VOUS ETES BELLE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



Ludivine 01/05/2011 16:37



Elle est un symptôme, pas ton mal profond, une béquille (mais une béquille sournoise qui te fait tomber quand tu t'appuies dessus), et, quelque part, elle est là parce que tu en sens le besoin.
Elle t'apporte quelque chose, de même que ma dépression, mon angoisse, mes obsessions, si douloureuses qu'elles fussent, m'apportaient quelque chose. Compassion? Originalité morbide? Créativité?
Jouissance de la vie par le risque de mort? Je ne sais pas. Mais quand tu sauras pourquoi tu gardes cette chose en toi et que tu intégreras dans ton esprit qu'elle te dessert complètement au lieu
de t'aider, elle partira.



[AnO]rchiDeA 04/05/2011 18:20



Je ne sais pas non plus ce qu'elle m'apporte. C'est drôle que tu poses la question, car la psychomotricienne me l'a posée elle aussi: que recherchez-vous?Pourquoi? Et je me suis trouvée conne.
Mais vraiment; je ne me suis jamais posée cette question. Jamais je n'ai réfléchi à ce qu'elle m'apportait, ni ce que j'en attendais réellement. Même si je pense au fond, qu'elle me permet de
ressentir mon corps. Quand il tire, quand il s'épuise, quand il est tremblant: je suis vivante. Je pense que c'est ça que je recherche. Ressentir.


Tu sais j'ai relu ta carte l'autre jour. Elle m'avait vraiment touchée tu sais. Je t'embrasse très fort. Merci pour tes mots.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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