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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:11

Je ne vous ai pas conté ces derniers jours, ces dernières semaines toutes plus délicieuses les unes que les autres. Ce bien être oublié, cette sereinité...

Rire, se trouver plutôt pas mal, ne pas être opressée d'être avec les autres, éprouver du plaisir, faire des trucs qui nous plaisent, faire plaisir aux autres, rire encore, aimer, se sentir aimée sans l'interdir, partager les repas. DEGUSTER les repas, et ne pas les caler en 7 minutes. Non, s'asseoir et les partager. Retrouver les saveurs. Ne plus avoir peur. Peur de tout. Ne pas dépasser les limites par défi, parce qu'en fait on sait bien qu'il y a toujours de la merde au delà des limites, donc on évite, spontanément. Ne plus oublier les soirées parce qu'on était comlpètement raide. Non, être présente du début à la fin. PRESENTE. Pas dans les paradis artificiels. C'était si bon. Je vous jure. C'était simple, putain, mais tellement simple.

Je me suis aperçue que c'était agréable de se sentir bien et d'oublier. Pas oublier en faisant l'autruche, mais passer à autre chose, juste. Avancer. Aller au boulot, s'investir à fond, être soi-même et sourire à demain. Avoir des projets. Reprendre confiance en soi, parce qu'enfin on découvre qu'on vaut quelque chose.

Entendre des "Je ferai tout ce que je peux pour bosser avec toi. Quand je vois ce que tu fais...je veux." C'était bon.

Et puis au fur et à mesure...on ne sait pas ce qu'il passe. On sent que ça s'étiole. Que les parasites reviennent. Et les "Je t'aime." "Je te l'ai pas dit l'autre fois, mais vraiment je suis fière de toi." "J'ai envie de te voir' "On aime te voir comme ça" "Quand on te voit comme ça ça nous rend heureux" "Vous êtes vraiment courageuse". Tout d'un coup, tout d'un coup, on a envie de se boucher les oreilles. De ne pas entendre. On ne voudrait pas compter autant parce que tout ce qu'on veut c'est se foutre en l'air, sans que ça se remarque de trop. Sans faire mal.

Je ne sais pas pourquoi. Juste, tout d'un coup, tout se casse la gueule, comme ça, pour rien. La fatigue arrive, triomphante. Se remet en travers du chemin. Et hurle que voilà, c'est bien beau d'être forte, mais non, c'est pas vrai. Je ne sais pas si c'est la pression que je me suis mise pendant le stage qui se relâche. Si c'est le revers de la médaille, l'envers du décor qui s'affiche grand écran dans mon cerveau. Je pleure dès que je suis seule. Je veux pa s qu'on me laisse seule. Mais je ne demande que ça en fait. Je veux pas parce que j'ai peur, à nouveau. Peur de ce que je pourrais...il le faut mais il ne le faut pas. Cette idée s'impose à moi vous comprenez? Ca fait un truc du genre "Tu sais bien qu'il va falloir disparaître, tu ne tiendras pas. Tu n'y arriveras pas et tu le sais. Tu fais semblant comme toujours. Ce serait tellement plus simple que tu t'éteignes. Enfin libre, t'imagines? LI-BE-REE" Et ça se cogne, à "Ils vont penser que tu es une sale égoïste, ils ne comprendront pas, tu penses vraiment qu'à ta gueule, t'as pas le roit, pense à ta famille putain ils ne comptent donc pas?" Et si vous saviez comme j'en ai marre de penser aux autres. Mais je sais qu'une fois au fond de mon trou, personne ne dira que je me suis battue. Personne ne comprendra et essaira de le faire. Ils seront juste aveuglés par leur douleur et ne verront pas la mienne. Personne ne sera content pour moi. Pourtant je voudrais qu'ils le soient. Je voudrais qu'ils soient soulagés pour moi. Qu'ils se disent que je me suis battue, que j'en ai voulu, que je me suis donnée, mais que j'ai perdu la partie. Que j'étais pas heureuse, et qu'il n' y avait que cette solution pour être enfin libre.

Je n'ai pas peur de la mort. Je l'ai toujours envisagée comme une issue de secours, une porte de sortie quand on en voit pas d'autre. Et aujourd'hui j'en vois pas d'autre. Elle clignote. Comme quand on est dans le noir et qu'on aperçoit ce petit panneau "issue de secours". Alors on est rassuré et on sait que pas loin, il y a un interrupteur. J'ai peur pour eux. Je ne veux pas leur manquer. Mais je ne sais pas comment on fait. J'aimerais leur dire, les préparer. Et je crois que c'est ce que je vais faire. Vraiment.


Enfin j'ai quand même un peu peur. De l'irreversibilité de l'acte. Imaginons que ce ne soit qu'un passage, que ce ne soit que la "maladie" qui reprenne le dessus et qu'en fin de compte...dans 2 mois je repasse par la période de bonheur que je viens de traverser. Je sais plus. Putain. Perdue. Je ne sais pas à qui en parler. Moi la mort, j'en parle sur le même ton que lorsque je dois aller acheter du pain. Les autres, ils s'affolent. Quand je m'était ouvert les veines, à l'hôpital et qu'on m'avait retrouvée, au réveil j'avais souri à l'infirmière, en susurrant, avec la force qu'il me restait, "c'est pas grave"...

C'est pas grave.

 

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Dark babyDoll
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commentaires

http://www.bybloscitadelle.fr 13/07/2016 04:39

En même temps, faut dire que souvent, ils sont aussi raide que moi.

ppm00 10/06/2010 19:59



Après la montée il y a souvent une descente, des oscillations, des effets de balancier, et l'amplitude diminue avec le temps, ça se stabilise.


Tu as eu un take-off génial, et là c'est le creux de la vague, patience, ne fais pas comme "Pierrot Le Fou" de Jean-Luc Godard



aurelvelvet 31/05/2010 16:31



Ben ouais ma belle... Mais je crois qu'il faut que tu comprennes que c'est la même pour tout le monde, qu'on y est tous au fond du trou, que la vie, elle est pas facile, que la vie ça
fait mal mais que c'est beau aussi, malgré tout... Certains sont plus sensibles que d'autres, certains sont à fleur de peau et tout les touche, tout leur fait mal et alors là, c'est la
dégringolade. Est-ce un défaut ? Je sais pas. Je crois pas. Je crois que je préfère être comme ça plutôt que indifférente aux autres (je sais pas comment ils font, ceux qui avancent comme si la
vie était une ligne toute droite, sans encombres et sans cailloux sur le chemin. Ils doivent se faire chier non quand même un peu ?). Il faut toujours garder en tête que oui, des jolis moments,
tu en auras encore plein. Mais juste si tu veux bien les voir et les vivre.



tibouh 31/05/2010 09:52



C'est irréversible et tu ne sais jamais prévoir de quoi demain sera fait! Je te le dis putain, les mêmes questions s'étaient bousculées dans ma tête et puis je me suis retrouvée enceinte et là
tout a changé comme si une vane s'était ouverte et que la pression qui montait en moi depuis une dizaine d'années s'était d'un coup d'un seul libèrée! Alors non, ne fais pas ça, imagine que d'ici
peu tout changeait et que tu trouvais enfin ton équilibre? Moi je pense qu'il n'y a plus rien du tout après la mort. Alors quoi tu veux ça? Le rien? Un peu bidon non? Même dans la souffrance il y
a tout de même des moments magnifique alors laisse toi une chance de guérir et de vivre heureuse!



Milie 30/05/2010 17:35



Si tu le prémédites, tu devrais en parler à quelqu'un de confiance dans ton entourage. Ne garde pas cette envie de mourir pour toi, parles-en, exprime le mal avec des mots au lieu de le faire en
franchissant les limites comme on sait si bien le faire.


Je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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