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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:12

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Elle* me chante à l'oreille "j'ai un passé, mais j'm'en sers pas...le futur sera mieux, tellement mieux que ça...

J'avais pensé m'en échapper en sautillant gaiement dans un espace verdoyant. Où personne, personne pourrait venir m'en sortir. J'ai fermé toutes mes portes, verrouillé les volets méticuleusement. Parce que l'enfer c'est les autres, et que je ne tiens pas à perdre ce que j'ai constuit de mes doigts tremblants. Je ne sors plus et ne voit plus personne. J'ai construit mon bonheur et égoïstement, l'ai enfermé dans une petite boite cachée sous mon matelas. Pas d'intrusion. Mais je ne suis pas faite pour être seule. Je dois me nourrir, et je suis de ces personnes qui se nourrissent d'échanges. Je m'amenuise, et mon jardin fâne. J'aimerais aller dehors. J'aimerais oui...Il y a cette part de moi toujours épuisée et qui m'engourdit les membres; j'ai toujours ces semblants de muscles qui ne reprennent pas forme, et peut être que depuis que j'écoute mon corps, je fais un peu plus attention à ne pas trop le violenter. Mais ce n'est pas la raison de mon autarcie. Pas la principale je veux dire. Celle-ci est minime, lorsque je dis que j'écoute mon corps, j'arbore un rictus...il faut avoir conscience que je pars de loin. La raison principale est la peur. Une peur panique. De tout recommencer...De me faire avoir, que la tentation soit trop grande. Qu'aveuglée par l'euphorie je me laisse avoir par les plaisirs ethylliques...et ce qui suit. Ce qui suit, c'est à dire les parties de baise sans aucun sentiment, ni conscience, celle là je ne sais pas où elle se trouve en ces moments là, mais elle est bien loin, la garce. Elle pourrait au moins me rappeller à l'ordre...ou alors je suis trop soûle et l'envoie se faire mettre, je ne sais pas. L'alcool fait faire tellement de choses. Tellement, si ous saviez. J'aime trop m'abandonner, j'aime trop m'évader de moi pour faire preuve d'un semblant de raison. Et je ne le sais que trop. Je ne sais même pas si un jour je saurai dire non...si un jour je m'aimerais assez pour ne pas vouloir m'évader de moi même. C'est tellement bon...je n'ai jamais eu l'alcool violent, ni triste d'ailleurs. Oh, peut être une fois, mais à cause de ces médicaments à la con (j'avais omis qu'il ne fallait pas faire de mélange). J'ai toujours eu l'alcool gai, et je vais vous dire, j'aime me mettre des cuites. J'aime cet état d'extase débile où tout paraît tellement facile, tellement beau, tellement simple. Plus de barrière, plus de gêne, les contacts faciles, le rire facile, les émotions, ah les émotions. Les émotions qu'on laisse ENFIN sortir. Oui, je dois dire que j'aime. Le problème, c'est que ça ne me suffit pas, et qu'au lieu de m'arrêter là je continue à remplir mes verres et je perds l'euphorie pour franchir le seuil du glauque et du sordide, et ce pas, c'est celui qu'on regrette le lendemain. Celui qu'on aurait dû vomir; on peut le faire le lendemain sauf que c'est trop tard et que ça n'arrange rien à cet état lamentable. Le pire...Le pire c'est que je SAIS lorsque j'y suis, j'en reconnais les signes avant-coureurs...et je ne fais rien. Peut être que le fatalisme me gagne et que j me dis qu'il est déjà trop tard, alors...Alors autant se la mettre carrément. Autant plus savoir comment je m'appelle, ni Lui non plus, et puis il est trop tard...Trop tard. Fallait dire Non avant ma vieille. Maintenant que t'es là, seule avec lui, c'es trop tard, tu comprends? Ferme les yeux, et puis s'il te plait essaie de pleurer en silence, c'est de ta faute après tout ,ce qui t'arrive là. Avant d'en arriver là, souvent, bien souvent, comme je reste lucide, jem'assomme en conséquences pour ne rien ressentir, sinon ça me tue. Je n'énumererai pas ce qu'il m'arrive de prendre, je n'en ai pas l'envie et n'est pas mon but que d'expliquer comment faire pour parvenir à la déchéance.

En ces quelques lignes un bref condensé de ce que je veux éviter. La soirée en elle-même, voilà tout, ce n'est pas vraiment le problème. Ou le pire plutôt, ça n'est pas le pire, puisque durant tout ce temps je suis anesthésiée; le pire, c'est le réveil, la redescente, le petit matin, appellez-ça comme vous voulez, le résultat est le même: l'envie de se tirer une balle. Déja, le fameux petit coup de bile qui nous gagne. L'explosion qui s'ensuit de près.Ou devrais-je dire les explosions. En général cela est proportionnel au dégoût. Il ya eu des lendemains où je n'ai fait que vomir et pleurer, je ne vous dirai pas à quoi je ressemblais avec ces paupières boursouflées et le nez coulant en permanence, des effluves de vomi dans l'haleine encore alcoolisée, d'ailleurs c'est à se demander comment on a pu séduire, je vous le dis. Je n'ai pas les mots assez puissant pour vous décrire la déchéance dont j'ai u faire preuve, ce n'est qu'un aperçu. Et puis faut pas se mentir, la honte est grande et même à vous que je ne verrai sans doute jamais, je n'oserais tout écrire. Et pourtant, Dieu sait si ce que j'écris n'est déjà pas fameux.

Vous comprendrez aisément que j'ai la trouille de revivre pareilles situations, la trouille...c'est étrange de l'écrire, moi qui m'emploie à masquer toutes mes faiblesses, mais oui, j'ai peur. Pas la peur de sortir, plutôt la peur de ne pas être capable de dire non. De manquer à mes principes. De me manquer, simplement d'ailleurs. De m'abandonner (mon corps, oui n'oublions pas que je scindée en deux, mon corps et moi) comme une sous merde pour aller voir ailleurs.

J'ai l'impression d'aller tellement mieux...et d'etre la pauvre petite esclave de mon passé. Qu'il règnera toujours en Roi dans mon existence, et le handicap n'est pas minime. Dans ma relation à moi, aux hommes, à ma mère, mes amis, le toucher, ce putain de sens qui me fait pleurer bordel de dieu...Tiens, en parlant de ça, j'ai demandé à la psychomotricienne de m'attaquer à "ça".  Et voilà que dans l'attente, j'idéalise la chose, me racontant de grosses conneries du genre une fois que j'aurai réglé la chose, je pourrais enfin avoir un amoureux, ne pas être persuadée que lorsque quelqu'un me touche il a envie de gerber tellement je l'écoeure, que mon corps paraitra moins sale, je ne sais pourquoi je me raconte tout ça...Mais je transforme cette séance en quelque chose d'irrationnel, quelque chose qui me permettrait d'écrire le mot fin de la faim ici, qui me permettrait de virer mon mal être définitivement....et par conséquent, elle m'angoisse horriblement. J'ai tellement peur de ma réaction lorsqu'elle va me masser, je ne sais pas comment je vais réagir. Je l'aime trop pour risquer de la dégouter. (J'imagine que mon estime pour Elle dépasse un peu la relation psy/patient et que ce n'est pas très bien, d'autre part mon discours part un peu dans mes délires pathologiques et je vous prierai donc de ne pas en prendre compte merci) Mais c'est une autre histoire.

Je disais donc, après cette parenthèse malvenue, que ce putain de passé....Je vais bien vous savez. Vraiment bien. Mais je ne suis que son esclave, son jouet. Une petite marionnette. Il me laisse un peu de liberté, errer ça et là... et puis hop, m'enlève de là et me fait tremper dans l'enfer. Le petit enfer qu'il m'a bâti et que j'ai pris un malin plaisir à conrétiser.

C'est un peu plus perfide qu'avant. Maintenant, il vient me chercher dans la nuit pour essayer de m'engrainer. Cette nuit j'étais à l'hôpital psychiatrique. Je faisais un spectacle grandiose avec tous les profs de mon lycée (période où tout a commencé gaiement à se déteriorer). On s'en tape de ce que je faisais dans ce fout rêve. N'empêche qu'au réveil je passe en revue toutes mes hospitalisations, les patitents, les consignes, les poids que j'ai pu atteindre, le règlement, les consignes, les sorties interdites, mes fugues, mes bras, les bandages, les canettes soigneusement découpées pour me lacérer les chairs, mon goûter que je vendais aux diabétiques contre des clopes, les médocs recrachés....Vous savez c'était pas si horrible que ça, l'HP. C'était plutôt marrant d'être traitée comme une dégénerée, d'écouter les délires des autres, de se foutre éperdument des consignes, de toujours tout contourner. J'avais l'impression d'être à l'école, quand on fait tout pour emmerder la maitresse et rire la gallerie. Je m'enfuyais de l'hôpital souvent, j'avais soigneusement reperé les différents codes des portes, je me baissais devant l'espèce d'aquarium où grouillaent les infirmiers, j'allais me pinter la gueule et attendais qu'on me retrouve le sourire aux lèvres. Entre patients on s'engrainait et tout devenait drôle. On aurait dit un grand jeu...Evidemment, je passe les chambres d'isolement et les hommes en blanc qui débarquaient avec LA fameuse piqure quand on était allé trop loin. Les cris les coups le réveil hagard en service fermé, être suivie jusqu'aux chiottes, horrible. Mais...j'ai jamais été malheureuse là bas. Vraiment. Evidemment que j'ai fait des crises et que j'y allais pas par plaisir, mais c'est loin de l'enfer qu'on dépeint. En tout cas pour moi. Et puis, j'y vais en terrain connu, maintenant. Je connais toutes les têtes, les failles du système, les règles, les blouses blanches. On est entre potes maintenant. Eux et leur pathologie. Je pourrais les écouter des heures...ça me passionne les désordres névrotiques. Je m'arrête là. Ce n'est pas ça que je voulais vous exposer. Mais j'ai quand même un passé un peu atypique. Et dans al vie de tous les jours, je ne epux pas faire comme si ça n'avais jamais existé. Certains diront que je suis courageuse et que c'est impressionnant que je sois encore vivante. Mais ça fait peur. JE fais peur. Et j'ai peur de moi même, moi aussi.

On  n'est pas sorti de l'auberge,je vous le dis. (Mais j'y ai déjà mis des jardinières sur le balcon, c'est un début tout de même!)

 

Merci, un GRAND merci à vous de me suivre, de me lire, de m'encourager. Je vous ferai une spéciale cacedédi un peu plus tard, mais sachez que ce qui m'arrive aujourd'hui, ce début de guérison, c'est un peu votre récompense...Je sais que certains ont arrêté de me lire, tellement ça virer aux murs des lamentations. J'en suis honteuse car là n'était pas le but du blog. Mais dans la réalité je me suis toujours evertuée à garder le sourire et l'oeil vivant, alors pas étonnant qu'ici je me lâche. D'autres viennent butiner de temps en temps, et d'autres encore sont là depuis le début...vous ne parviendrez pas à me faire chialer mes lecteurs adorés, mais je vous aime. Jamais je n'ai cru que vous seriez autant. Ouais je m'envoie des fleurs, un peu ça fait pas de mal il paraît.

LoveXXX

 

* Elle, c'est Lhasa, jm'en lasse pas.

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Crise existentielle
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commentaires

victoria secret uk 13/07/2016 04:32

Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas.

Osa 22/11/2010 16:09



Tu dis :


" Il ya eu des lendemains où je n'ai fait que vomir et pleurer, je ne vous dirai pas à quoi je ressemblais avec ces paupières boursouflées et
le nez coulant en permanence, des effluves de vomi dans l'haleine encore alcoolisée"



Est ce que tu ne vis pas tous ces moments pour vivre des émotions ? Moi le lendemain de moment comme ça, j'ai honte de le dire, mais je me faisais du bien, je crois, à pleurer sur moi. Ca me
faisait du bien de me "victimiser" (sans jugement aucun, c'est juste une constatation). Depuis j'accepte d'aller dans ses emotions là avec ma psy. C'est comme si me moucher dans ma "merde" ça me
calmait...


Est ce que tu as déjà ressenti cela ??



Loona 18/10/2010 22:38



Lhasa, oui, je ne m'en lasse pas non plus. Ecoutons-la toujours.


Tu sais, je rêvais de la voir en concert, tant je l'écoutais, & j'ai appris qu'elle était décédée. 


 


...


Ne lâche rien, 


je te lis depuis toujours, dans mon silence.



[AnO]rchiDeA 20/10/2010 19:39



J'aurais adoré la voir...adoré, vraiment.


Je crois que c'est la première fois que je ressens une émotion aussi forte en l'écoutant, tellement forte que je ne trouve même pas de mots. On se sent tellement con...il suffit que je la regarde
chanter sa "confession", ou "la celestina", ou encore "de cara à la pared" et je pleure comme une gamine, je ne peux absolument pas m'en empêcher.


Oh et puis alors en plus ma psy lui ressemble, avec la même voix...rah, c'est tellement étrange tout ce que je ressens en l'écoutant.


Et puis oui, lorsque j'ai su qu'elle était morte, j'ai commencé à m'intéresser à sa vie, à lire tout ce que je trouvais sur elle, et plus j'en lis plus elle m'émeut.


Et me sens de plus en plus conne lol. Elle était si petite et en même temps tellement grande.


Je t'embrasse Loona. Merci pour tes mots. Me sens moins seule :)



°Lya° 13/10/2010 09:43



J'avais écrit un long commentaire qui s'est effacé.


Je disais que ton passé reignera peut-être sur ton futur,mais il est ton histoire,ce qui te fais,toi,si drôle et tragique à la foi,si intéressante,si
profonde,si douée d'introspection. ;)


 


La vie nous change,les choses peuvent changer.Pas au fond,dans ce que l'on est,mais elles peuvent...S'apaiser.Je suis apaisée depuis que je suis mère,je
ne peux plus dériver trop loin,et c'est bien.


 


Je suis heureuse de te lire,si capable de t'autocritiquer,de savoir QUI TU ES,sans complaisance,mais aussi,avec un brin de douceur,car tu peux être douce
avec toi,je crois que tu le mérites amplement,ne crois-tu pas?


Biz Biz,  °Lya°



ppm00 12/10/2010 00:16



Avec l'âge on arrive à s'exprimer sans alcool, sans rien. On redevient sensible, fragile, vivant quoi, comme on était enfant, avant d'être bousillé par la maltraitance primale puis l'éducation.
Moi je suis redevenu enfant en phase avec l'arrivée de mes enfants, chance. J'ai mis autant de temps pour déconstruire ... que pour être pétri.


Mais toi tu as speedé, ça va venir avant que tu sois très vieille, c'est sûr . Tu n'auras plus besoin de t'enfuir de
toi-même. Bon, moi je dis ça, ça m'arrive encore de prendre des murges, mais pas dévoré, juste un peu bourré, et je bois beaucoup d'eau à la fin pour ne pas me déshydrater, je calcule pour être
pas trop loque humaine le lendemain (ben oui, car avec l'âge, on met 3 jours pour s'en remettre).


En tout cas, ça fait plaisir de lire ton bonheur, tu es moins dans la représentation, je trouve que c'est plus toi qui écris, c'est cool, on sent bien que t'en à rien à foutre de faire des belles
phrases comme autrefois dans la grosse misère. Cela me faisait ça aussi, quand je souffrais je faisais l'effort d'écrire mieux, avec plus de soin, comme pour compenser le préjudice de faire lire
du vomi. Et puis quand on va bien on se lâche avec des grands prouts. Bon, peut-être je projette, j'écris plus chez moi, alors je pollue chez les autres :)



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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