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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 09:28

Ça fait un bail que j'ai pas écrit. Mais je voulais avoir les fournitures nécessaires pour le faire. Ne pas brasser du vent, sinon on reste sur sa faim. Ce qu'il y a c'est que je ne sais pas vous mais les fêtes de fin d'année me gavent déjà avant même d'avoir commencé donc, restons légers voulez-vous?

En effet, ouais, bon, je vous cache pas que si j'ai mis du temps à vouloir bloguer...c'est que je me suis fait chier. Bien bien bien chier. Mais vraiment, quoi. Du genre avec toute la lourdeur de l'ennui. Je déteste m'ennuyer. C'est quelque chose d'inconnu pour moi, et si j'essaie de replonger dans mon enfance...j'ai pas le souvenir de m'être ennuyée un jour. C'est ça qui est génial quand on a un cerveau de 4 ans; tout est source d'intérêt, de curiosité, d'enthousiasme. Une sauterelle -voire une coccinelle, fourmi hors saison estivale- et ma journée était overbookée. Tout est tellement différent quand on grandit. Toutes ces questions ridicules. Et les réponses qui ne viennent pas, le truc c'est qu'on pense sans cesse...et au fond, avoir les réponses, ça changerait quoi, sérieux? J'en trouverais d'autres. On développe tous ces trucs aussi, l'ambition, l'hypocrisie, l'individualisme...et les complexes. Ces putains de complexes à la con. Franchement c'est quoi cette lubie de vouloir plaire à tout le monde, non mais encore merci qu'on aie chacun nos propres goûts, c'est évident qu'on ne puisse pas plaire à tout le monde. Ça me ferait bien chier perso de n'avoir personne à critiquer (faites pas les malins, on sait tous que ça fait du bien de dire du mal...-pas tout le temps, j'entends bien- Et pas cruellement non plus, cela va de soi).

Une fois que l'on pense à tout ça, -c'est quand même sérieusement con de pas l'avoir fait plutôt-, on relativise, je vous le dis. Ça paraît affreusement naïf n'est ce pas? Et puis un peu léger aussi. On dirait vous savez le psy de bas étages qui débarque dans les émissions (de bas étages) genre Confessions intimes qui débarque, et hop, en 2/3 phrases, les querelles qui durent depuis des dizaines et des dizaines d'années disparaissent, les conflits prennent fin et tout le monde se prend dans les bras en disant les mots magiques "je t'aime tu sais", et puis happy end et générique. Bah, pensez ce que vous voulez, moi, toute seule sans la psy de la télé (c'est que ça doit pas être bien sorcier après tout, mais je me demande si c'en est vraiment une, vous pensez pas, éclairez-moi merci ça fera toujours une rumination en moins), après avoir retourné tout ça, j'ai commencé à passer des bonnes journées. Sereine quoi.

Alors ok, à mon avis, j'aurais sorti des phrases comme ça il y a un an ou 2 ou 3 ou 6 (ou...on peut aller jusqu'à 11), je me serais ris au nez. C'est évidemment après beaucoup de chemin que ça fait de l'effet.

C'est drôle, en ce moment , pas mal de personnes me sortent "waw, ça faisait longtemps que je ne vous avais pas vue...vous êtes métamorphosée, physiquement et moralement c'est impressionnant" phrase à laquelle ma réponse claque comme une gifle "Ouais, ben ça doit être parce que je suis devenue énorme, évidement, ça, ça vous change, essayez c'est radical". Après la gêne mutuelle, et les justifications (dont je ne crois pas un seul de ces traîtres mots) du genre; "alors ça, rassurez vous vous êtes encore très mince, de toutes manières vous ne serez jamais grosse", ou, "non, c'est la souffrance sur votre visage qui est beaucoup moins présente et nia nia nia" ( ce qu'on peut broder quand on se sent seul et honteux). J'ai envie d'y croire vous savez, j'aimerais beaucoup. Mais on a inventé les maths, et on a prouvé que lorsqu'on rajoute de la masse à une personne, il prend du poids, mais aussi du volume. Ouais, c'est chiant la science, surtout qu'il paraît que ce sont des vérités absolues...Bref, qu'on n'arrête de se fatiguer.

N'empêche, ça me fait un peu plaisir. D'avoir changé, d'avoir évolué, tout ça. Mais quand jes entends j'ai l'impression que lorsqu'on me croisait je leur donnais envie d'aller se pendre direct! Je crois que j'étais du genre "le squelette de mercredi se balade en ville", "le squelette de mercredi va chez le psy", ou "le squelette de mercredi chez les toxicos" mdr. Évidemment que je reste la même, disons que c'est plutôt ce que je dégage qui a changé. J'ai revu mon ancienne psychiatre (elle m'avait abandonnée parce qu'elle disait avoir en face d'elle non plus Eugénie, mais la drogue, et tant que ce serait comme ça, elle pouvait rien n'y faire, pas son domaine, bim bam boum, putain que ce fût difficile de l'entendre) et elle ma dit;" Vous allez mieux, ça se voit. Et les gens qui vont bien, on ne s'en lasse pas...on en a besoin, pour notre propre moral". J'ai adoré entendre ça. Quand la mort était ma meilleure pote, j'avais tellement peur que les gens se lassent...et ils le font, inconsciemment, même si ils ne veulent pas, c'est comme ça. Parce qu'il y a un jour où on n'a plus la force de supporter la souffrance d'autrui. Parce qu'on n'a la notre, aussi. Et qu'on n'a pas envie de tirer la gueule alors qu'on est heureux. C'est même pas égoïste, c'est de la survie.  Bref, reprenons.

D'avoir changé, oui, j'en suis contente/fière. Parce que ouais, n'ayons pas peur des mots, peut être qu'il fallait un peu de courage pour se sortir les doigts du cul et arrêter de se rouler dans le malheur, c'est vrai, c'est confortable, mais c'est un peu facile vous trouvez pas?

[Très honnêtement, et je me trompe peut être hein, mais je pense avoir toujours fais attention à ne pas tomber dans la complaisance. C'est mon avis perso, et ce que je ressens, après, peut être en avez vous un différent. Mais je pense avoir mené un combat loyal, et c'est l'une de mes seules vraies victoires.]

 Et en même temps...j'ai tellement peur de ne plus être la même. Que mes amis ne s'y retrouvent pas, qu'ils ne m'attendent plus autant. Que je ne les fasse plus rire, tout ça. Aujourd'hui, aujourd'hui...je travaille bien, je fais partie des premiers de la classe. Ok, sans les boutons. (J'ai les lunettes). Je ne sèche plus jamais. Je ne fume plus dans les chiottes. J'ai presque arrêté de voler dans les magasins. (oui bon, je me suis juste un peu calmée mais pas tellement c'est vrai). Je fais un peu moins de scandales contre le monde entier. J'ai arrêté de m'insurger contre tout et n'importe quoi. Je ne débarquerai plus à 3H du matin en expliquant que j'ai fugué de l'hôpital, et que j'ai envie qu'on aille faire les bars. En oubliant que je suis nue sous ma blouse de malade. Je ne finis plus les soirées à 11H du matin, les pupilles de la taille de l'iris, le sourire un peu crispé et les mains bougeant sans cesse. Je n'enchaîne plus (ok, moins) les vodkas glace. (Ce qui consiste à verser de la vodka dans un verre, et l'agrémenter de quelques glaçons. Les boissons trop sucrées me rendent malade). Je ne cache plus ma poudre dans les tiroirs de la salle de bain, ce qui, bizarrement, fait que je vais beaucoup moins aux toilettes durant les soirées. Je ne suis plus non plus la fille qui enchaîne les paris de beuverie et écrase largement ces pauvres mecs blessés dans leur petite virilité. (Et ma féminité en prend un coup par la même occasion). En fait, je suis devenue raisonnable. Je suis devenue mon pire cauchemar quoi. En changeant, j'ai pris le risque...que leur regard sur moi change, aussi. Et ça, je ne sais pas si j'en avais très envie. La folie, ça me dérange pas tant que ça. Je crois même que j'aime bien.

Mais ce que je voulais dire surtout, après j'arrête promis, c'est que ça valait bien le coup de s'emmerder un peu, parce que depuis j'ai plein de projets. Qui sont venus à moi, tout seul. On m'a appelée, écrit. Pour que j'assiste à des vernissages, pour que je prête mes toiles lors d'inaugurations de bâtiments (médicaux haha, c'est un comble!), que j'expose....

Ben putain, si j'avais su....je me serais fait chier en souriant. Parce que ce qui se passe actuellement, est sûrement la plus belle période de ma vie.

 

Je vous embrasse très fort. Ai remarqué que plus je vais mieux, plus j'ai de lecteurs. Et je le redis, comme la merde attire la merde,  le bonheur appelle le bonheur.(----->je ne devrais pas écrire à Evene, le site des citations? Sérieux, bon, faut que je la peaufine celle-là mais je m'y vois bien tiens!) Et le bonheur, ça attire bien plus que la merde, c'est ainsi, et tant mieux parce que c'est tout de même bien plus agréable de partager ça! Et puis, aussi, être heureuse toute seule ne m'intéresse pas vraiment...si on peut pas le partager, franchement, j'en vois mal l'intérêt. Donc, venez, venez picorer haha! untitled.jpg

 

Je vous embrasse toutes et tous très très fort.

 

Ah, et puis aussi, j'ai quelques nouveaux piercings. Pulsions. Mais jsuis super contente. Et puis de toutes manières, si jveux l'aimer, ce débile de corps, il faut qu'il me plaise non? Alors, je le décore à mon image. Comme une toile qui serait vierge, et que je dois agrémenter. Sur ce, bonne fin de semaine....et si quelques uns d'entre vous ont pris la peine de TOUT lire, respect, et aussi, merci :)

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Published by [AnO]rchiDeA - dans [AnO]rcHideA's life
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commentaires

http://www.bluejazz.fr 13/07/2016 04:31

Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas.

Mutuelle assurance 18/09/2012 17:51


J'adore le look de ton blog


Lisa de http://www.mutuelles.org

Antigone 07/07/2011 17:51



Etre raisonnable sonne comme une grosse marade utopique dans ta bouche..de la même façon qu'on te dit "rassure toi,tu ne sera jamais grosse" j'ai envie de te dire "rassure toi, tu ne seras jamais
raisonnable. Tu ne sera jamais ordinaire, banale, terne. C'est trop tard, et tant mieux. En accélérant jusqu'à la démence, tu t'es ménagé une plage de vie, de vraie vie consciente, celle qu'on
atteint à 80 ans. Tu as bourlingué sur des routes dégueulasses. J'aime à croire que c'est par "curiosité". Voir où. Voir jusqu'où. L'expérience extrême du corps. Celle des émotions. L'expérience
de l'exacerbé. Cette route elle même te ramèrera sur un chemin plus fréquentable. Les petit(e)s aigri(e)s comme moi qui crèvent sur la jolie route goudronnée prétendent rêver du chemin de
traverse pourri que tu as pris. Mythos. Pourtant le tourment factice est si bien ancré qu'il est palpable, on est persuadé de cette douleur existencielle intrinsèque. Mais c'est juste du
narcissisme hein? Alors tu es une déesse pour toutes ces petites paumées qui croient souffrir. Ton récit, tes mots, tout est exactement cette douleur idolâtrée. C'est un soulagement de la
trouver, et puis on se rend compte qu'on est des novices. Merci de nous donner tout ça. Mais rassure toi : tu ne vas jamais t'affadir, tu vas t'assagir. La sagesse, ça n'a rien de banal.. alors
bonne route. A bientôt "



Elly 23/02/2011 17:14



Je suis heureuse que tu le prennes ainsi, heureuse d'avoir pu rendre ta journée plus belle, comme tu l'as fait pour moi.


Heureuse de te lire, et de savoir que tu me lis, heureuse de pouvoir partager le livre de ma tête.


Je t'embrasse.



Elly 07/02/2011 13:28



Parce que j'ai lu, et que j'ai ressenti des ondes de chocs dans mon ventre. Parce que j'ai envie de crier à l'injustice. Parce qu'avec tes petits mots, tu me fais devenir grande, et me donne la
volonté de réussir. Parce que tu as changé ma journée...


 


Je te remercie. 



[AnO]rchiDeA 23/02/2011 09:49



Je pense que j'ai atteints l'orgasme, là, ce matin, à 9H45. Merci Elly.


Tout ton commentaire, ,ni plus ni moins de mots m'ont fait sourire comme une hystéro pupilles éclatées, dentition moyenne. Putain.Merci. Putain, j'ai ce pouvoir là. Communiquer. Partager. Parce
que des fois j'ai l'impression d'écrire sans écho. Et toi, tu t'amènes, tranquille, et tu me dis ça. Tu pouvais pas faire mieux Elly, ni tomber moins bien. Je te jure. Tes mots sont doux,
doux...je regarde mes scarifs et me dis que si mes mots ont ce pouvoir là, ça vaudrait bien le coup de tenter de m'y investir un peu plus au lieu de me dépenser à trancher les chairs.


Je t'embrasse très très fort. Voudrais te serrer dans mes bras des fois.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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