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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 19:17

Ce blog a plus de 5 ans maintenant.

Ceci est le 335° article. Des émotions, des sourires, de la surprise, des crises, de l'incompréhension, de la rage, de la colère, de la frustration, des absents, des abandons, des rencontres, de l'amitié, des larmes, de la joie. Et puis aujourd'hui j'ai grandi. Je regarde les premiers articles où je me cherchais, où je bombardais mes articles de ponctuation, d'images, de couleurs, de phrases superficielles. Dans le sens où je ne comprenais pas grand chose de ce qui arrivait dans ma vie peut être. Ou que je ne voulais pas voir; comprendre ou entendre. Des années pendant lesquelles je me suis cachée une réalité un peu emmerdante, un peu moins jolie que celle que je voulais. Mais pas moche non plus au fond. Maladie est un mot que j'aime pas beaucoup. Tellement péjoratif. C'est pas moi. Je ne me vois pas dans ce mot. Quand on parle de trouble chronique, je trouve ça encore plus laid. Des choses arrivent. Repartent. La vie fluctue et c'est comme ça.

Ce qui est beau, et ce qui fait ma chance, c'est que...un autre avenir que celui qu'on se dépeint dans le blanc de la céramique des chiottes est possible. Quand je pense au nombre de nuits proches de l'enfer que j'ai insomniées, au nombre de nuits qui ont ruminé toutes ces choses horribles, et dont le lendemain n'arrivait jamais.

Je me dis qu'après tout, c'était pas si compliqué. D'accord, j'ai mis 10 ans. Mais...je n'ai pas vraiment de regrets. J'ai tellement appris. Sur moi. Mais tellement sur les autres, aussi. Sur l'Homme. Des expériences. Et les échanges. Les échanges...avec des personnes hors normes. Hors réalité. Hors...tout d'ailleurs. Je les garde précieusement. C'est mon trésor. Quand je revasse mollement. Des fois j'aimerais être comme eux. Savoir embellir tout ce qui m'entoure, rendre les choses divines. Je les trouve beaux. Pas fous. D'une richesse étonnante. Sensibles. Je suis allée dans des endroits où personnes ne voudrait séjourner. Mais pourtant, peut être que j'y ai vécu les moments les plus importants de ma vie. Dans ma mémoire l'hospitalisation de Noël. Qui fut la plus décisive. La plus consciente, aussi. J'étais en marche, déjà. Vaillante, un peu plus. Au moins dans l'esprit. Le corps suivra.Les préccèdentes aussi. La première surtout. La découverte. Les yeux que j'ai  grands ouverts, et les oreilles que j'ai cachées la nuit pour ne plus entendre les cris. Et la vitesse à laquelle j'ai compris que cet endroit pourrait être autre chose qu'un mourroir. Je n'ai pas de mots pour l'hôpital psychiatrique. Mais ce n'est pas quelque chose que j'ai en horreur. Je ne sais pas expliquer. C'est...particulier. Intime. A vivre.

Le reste...ce n'est pas important. C'est fini. Je veux dire...c'est bon maintenant. On a fait le tour de la question...enfin je crois. Des rechutes, il y en aura encore, peut être. Et peut être que certain(e)s ne seront pas d'accord pour que j'affirme être guérie. Et au fond, où est le problème? Peut être que je ne suis pas encore tout à fait saine d'esprit ou je ne sais pas quelle autre terme, bref, dans la "norme" (encore un autre mot pas très beau) mais je me sens bien. En vrai. Mon corps m'offre des sensations que je pensais mortes! Définitivement mortes. Mais il est vivant. Aussi vivant que j'ai voulu le tuer. Et j'en suis contente. Je ne le "vois" pas encore, c'est vrai. Mais je me sens bien dedans.

Là, ça crie..."mais alors quel interêt de vouloir maigrir encore si tu t'y sens aussi bien?" Oui je sais, ok c'est un équilibre encore fragile. Maigrir est un vieux réflexe, c'est tout. Plus parce que je hais mon corps, juste parce que c'est ce que je sais faire le mieux, c'est tout.  Je le ferai sûrement jusqu'à ce que je trouve autre chose. La course à pieds est d'ailleurs en ce moment en passe de le devenir. Dès que ma connasse de cheville aura cessé de me faire souffrir. Obligée d'apprendre à prendre soin de moi...et de ne pas y aller en force. Pour me donner les moyens d'y arriver à nouveau. J'apprends. Paraît-il que je suis bonne élève.

En bref...je ne peux pas abandonner ce blog. C'est au dessus de mes forces. Mais j'aimerais vraiment, vraiment...je ne sais pas, un virage? Des photos peut être. Un news culturel. Du ciné, de la musique. Autre moi. Je ne sais pas. Peut être aussi que cela pourrait me motiver à dessiner un peu plus pour gribouiller ici. J'y réfléchis. Mais je crois qu'il est temps...que j'y ouvre d'autres horizons. J'ai envie. Moi, j'ai des en[vie]s...J'y crois à peine. Je ris. Je vis.

 

Merci. De m'avoir lue grandir. Esquisser des pas, un, deux, tomber. Me relever, trébucher, un, deux, trois, reculer. M'écrouler. Me relever. Faire quelques pas. Encore d'autres. Me manger le bitume. M'agenouiller. Me relever encore. Et foncer.

Merci.

 

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commentaires

http://www.pinel-immobilier.fr 13/07/2016 04:23

Pour une fois j'ai pris une décision raisonnable.

Antigone 04/07/2011 21:16



Ton blog est fantastique, au sens véritable du terme : un univers fantastique, de chimères, de noirceurs, de force.. j'aime la façon dont tu le décrit, cruement et si douloureusement. Je sais que
ça peut être paradoxal, mais je trouve le tourment d'une beauté incomparable..c'est peut être pour ça que je m'y complais depuis un certain temps. Alors puisse tu guérir, évidemment, te sentir
éclore, renaître, sentir les mille particules oubliées de ton coprs..mais ne pas perdre cette part de lucidité, de lyrisme et de cynisme. Prends soin de toi.



orphee 17/06/2011 07:55



Qu'il est bon de te lire ainsi fleur!


Une guérison fragile, des rechutes possibles, mais aussi et surtout, une putain d'avancée vers le bonheur (pardon pour la vulgarité mais je la trouve bien illustratrice ^^)


Tu le dis toi même, tu ris, tu vis et tu composes avec ton corps, tu veux partager ton arts, tes passions, ces petites choses qui font que le truc au dedans de toi qui fait boum boum tu veux nous
les faire partager, merci à toi!


Quelque soit la tournure de ton blog, qu'il parte vers la peinture, le cinéma, qu'il continue un peu sur le toi, tes joies, tes peines, peu importe, je continuerai à te lire avec assiduité.


Merci ma belle!



[AnO]rchiDeA 19/06/2011 18:27



Merci Orphée. Merci à toi...d'être là. S'il te plaît. Ne la laisse pas tout briser. Ne al laisse pas t'acraser...t'exterminer. Oui, c'est une bouée...un joker que l'on sort quand tout est
merdique.  Mais...tu connais le tarif. Tarif que tu payes de ta propre vie P. ...Et elle a de la valeur, même si tu sembles penser le contraire. Elle a de la valeur P. Quoi que tu sois, quoi
que tu aies fait ou pas fait, tout le monde a droit à son morceau d'existence. 


 


Je pense à toi. Pense à toi aussi ma belle. J'y crois pour toi.



athena_ 16/06/2011 21:59



Tu n'es assurément plus la meme. Tu as grandi, évolué, muri... Tu as parcouru du chemin ca n'est pas un mystere. Bravo pour tout ça, pour ton courage et ta détermination également. Et surtout...
les jours où ca te semble plus dur que d'autre souviens toi de tout ça, de tout ce que tu as laissé derriere toi.
Bizz



Elle 15/06/2011 20:57



tu sais, ... j'ai envie de tempérer un peu tout ça. c'est impossible de guérir aussi vite. mais tu es en train de guérir. et c'est long. et tu y arrives tellement bien, c'est magnifique à voir.
mais ce n'est pas fini.


il y a encore des rechutes. et tu en as déjà vécu, mais, rappelle toi bien que ça ne signifie pas retomber en arrière, mais juste un vieux souvenir qui revient et qui va vite repartir car tu es
bcp plus forte qu'avant.


je ne veux pas être pessimiste, ni te casser le moral. juste, te prévenir. je crois qu'il y a des états de bonheur que tu ne connais pas encore. quand tu les connaitras, tu sauras que tu es
guérie. pour de bon.


et même si tu rechute dans l'anorexie ou autre, ce ne sera jamais un retour en arrière. parce que tu auras bcp changé, ce ne sera plus du tout la même situation.


d'ailleurs, ton blog, c'est un signe. quand tu seras guérie, tu ne viendras plus ici, tes articles s'espaceront de plus en plus jusqu'à ce que tu décides d'arêter.



[AnO]rchiDeA 19/06/2011 12:03



Merci Elle. Ne t'inquiète pas, tu ne casses rien, et n'es pas pessimiste non plus. Réaliste, oui. J'y ai pensé moi aussi et en ai. Je continue mon travail avec toute l'équipe soignante de mes
débuts et fais encore de "belles" découvertes...bien lourdes à accepter. Pour mon esprit autant que mon corps. Je suis sur le chemin, oui, mais je sais que je n'ai pas encore déchiré la banderole
de l'arrivée même si j'en crève d'envie. J'ai encore de gros dossiers devant moi, notamment virer mon angoisse de perfection qui pourrit encore beaucoup, beaucoup de choses, écraser l'angoisse
d'abandon et...toucher. Accepter d'être aimée aussi sans tester tous le temps les liens affectifs. Bref, il me reste encore de la route. Je sais que je en suis pas guérie. Et je ne sais même pas
si je le serai complètement un jour d'ailleurs. Mais ça en me fait plus peur. Je n'ai plus peur de demain, n'ai plus peur de faire des projets. Je me laisse le temps, c'est tout. J'accepte.
Seulement...je n'ai plus envie de me laisser démolir par les rechutes, même s'il y en a encore, et même si sur le coup je sais qu'on ne décide pas vraiment de l'ampleur que ça va prendre! Mais
j'ai envie d'y croire, de protéger mes arrières et d'être peut être plus dans la prévention que dans la surprise et donc dans la chute brutale qui fait bien mal. J'ai acquis cette lucidité, ou
cette conscience de mes troubles et si c'est insupportable de vivre "avec" (et peut être même impossible?), j'essaie d'éméliorer le présent pour qu'il soit vivable. Et il le devient de plus en
plus.


J'aurai encore besoin de venir m'épancher ici sur du noir (j'en crève d'envie, là, tout de suite, parce que c'est pas si rose que je veux bien le dire), mais...j'espère, que ça prendra moins de
place, et qu'il y aura d'autres choses qui viendront s'y mêler. D'autres choses...comme la vie par exemple.


Merci à toi pour ce rappel. Car il est, je pense, important. Me demande si je ne vais aps écrire là dessus d'ailleurs. J'ai très envie que ce blog apporte et soit dans la réalité...faire croire à
une guérison express n'est pas tellement...authentique, il est vrai. Pas obligée de le gerber, peux aussi le dire "simplement". J'ai cette tendance à voir tout blanc ou tout noir sans savoir
nuancer alors...hahaha. Tu vois, encore un truc à nuancer.


t'embrasse, au plaisir Elle.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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