Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 21:39

31070_1437300698078_1399811011_1177173_1351685_n.jpg

J'aurais aimé entamer ce "travail" plus tôt.

J'ai l'impression de démêler des noeuds vieux de 10 ans. En même temps, ce n'est pas qu'une impression. C'est ce qui est en train de se produire. C'est tellement...fou.

Je m'en prends plein la gueule. Et en même temps, je sais que ça ne durera qu'un temps. Que c'est la chapitre fin qui est en train de s'écrire. Alors ça vaut bien le coup.

Il fallait que je récupère mon corps. Que j'en reprenne possession. Ce n'est pas encore fait, mais ça commence. Bientôt, d'après ce que j'ai compris, on attaque le "massage". Je ne vous raconte pas comme ça m'angoisse, mais j'aimerais tellement prendre mes proches dans mes bras. Rien que ça. Cela fait 10 ans que je m'interdis tout contact physique. Il paraît que je vis ça comme une intrusion, alors j'ai tout éliminé. Je sais que tous les contacts ne sont pas à caractère sexuel, mais visiblement, pour en être bien certaine, j'ai tout éliminé, comme ça, peinarde quoi. Pourtant, j'aimerais tellement...je sais pas putain, prendre dans mes bras maman. Arrêter de faire des bonds chaque fois qu'on me frôle.

C'est paradoxal de ne pas supporter une simple caresse, et de pouvoir se faire sauter par le premier venu hein? Je sais. Paraît que j'arrive à me dédoubler complètement de mon corps dans ces moments là. C'est dingue ce qu'on arrive à monter comme schéma d'autodéfense. Surtout au point de pouvoir regarder la scène comme si on épiait la scène. Je me suis toujours demandée ce que le type pouvait ressentir en train de s'agiter sur un corps complètement mort. Surtout quand la fille, enfin la poupée de chiffon pleure. En même temps, faut dire que souvent, ils sont aussi raide que moi.

Bref. Vous savez, jamais, jamais je ne me suis jamais sentie aussi proche de la sortie. La sortie de l'enfer. Bientôt je vais claquer la porte. Je l'espère profondément.

J'ai encore une question. Est-ce qu'il suffit de régler le problème de base pour guérir? Et, s'il nétait jamais arrivé ce...enfin cet évènement, est-ce que je ferai 40 kilos nourris aux opiacés, aujourd'hui? Est-ce que j'aurai développé un état borderline sans ce passage? Est ce que si je règle ce problème, la pathologie disparaîtra?

Ca me hante. Est-ce qu'un viol peut conditionner toute une vie? (j'ai failli dire "simple viol", je crois que je ne réalise pas encore la portée d'un tel acte)[Et d'autre part, je dis "viol" pour évoquer l'acte dans sa généralité. Je n'attribue toujours pas ce qui m'est arrivé à...un viol, bien que ça y ressemble]. Je me suis tellement répetée que ce n'était pas grave...tellement.  Je voulais être forte. J'avais 15 ans et je me suis dit qu'il fallait que je garde "ça" pour moi, va savoir pourquoi. J'avais honte, peut être. Sûrement. Finalement j'ognore ce qui s'est passé dans ma tête à ce moment précis où, avant que les portes ne s'ouvrent et où mes grand-parents allaient m'accueillir, je me suis recoiffée, en tirant un peu sur mon T-shirt. Se répèter qu'il fallait que personne ne sache. Que je n'étais ni la première ni la dernière. Que ces choses là arrivaient, simplement. Et qu'il fallait faire avec. J'ai cru vraiment, de tout mon être, qu'il s'agirait de l'oublier pour continuer à vivre simplement. J'ai oublié.

Et pourtant, pendant toutes ces années, tout mon comportement, tous mes actes, mes gestes, traduisaient cet acte. C'était tellement prévisible. Tout ça.

Je me tue à penser que si j'avais parlé plus tôt...tout serait différent. Jamais je n'ai pensé qu'un tel chamboulement pourrait avoir lieu à cause d'une malheureuse trentaine de minutes. Une petite demi-heure. Et 10 ans de massacre. Ceci dit, ça aurait pu être 40, 50 ans. Toute une vie. Et peut être que je dis 10, mais que ça ne s'arrêtera pas là. Ca me file la gerbe, bordel. [Est ce que je commencerais à Le détester?]

J'aimerais tellement pouvoir transférer ma haine de mon être au sien. Me dire, "ce n'est pas ma faute". Mais on balaie pas 10 ans de propagande avec une belle petite phrase. Ca arrivera, ceci dit. Un jour prochain.

Un jour où j'arriverai à m'appliquer de la crème, un jour où j'arriverai à me maquiller sans agressivité, doucement, avec soin. Un jour où j'arriverai à ne pas me lacérer la peau dans l'espoir d'exorciser Sa présence de mon corps comme s'il était marqué au fer rouge. Un jour ou Corps sera le mien, plus le sien.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

http://www.sosirradies31.fr 13/07/2016 04:39

En même temps, faut dire que souvent, ils sont aussi raide que moi.

Ludivine 01/08/2010 13:19



On réagit tous différemment à cette agression, personnellement si j'étais violée sans doute me suiciderais-je, d'autant que j'y perdrais ma virginité. Avec un salaud d'inconnu pervers.
Je préfèrerais me faire tuer que violer. A ce point. Donc j'imagine que toi aussi ça t'a affectée. Je ne sais comment tu l'as gardé pour toi. Mais à quel prix...Non, un viol ce n'est
pas un petit incident. C'est un vrai malheur dans une vie. Et il est tant de te reconstruire. Courage.



[AnO]rchiDeA 05/08/2010 01:13



Merci Ludivine. J'apprécie vivement ta présence ici tu sais. Le commentaire que je t'avais laissé et qui n'a pas été publié concernait la personne qui t'avais dit que tu te roulais dans une
souffrance qui était carrément injustifiée histoire de pimenter une vie bien fade, en l'occurrence la tienne, et ça m'avait retournée. Je retournerai apposer quelques mots, car tu semblais douter
de toi, ce qui m'avait encore plus excedée.


Pour le reste, le "à quel prix"...rebondit dans ma tête comme une balle magique qu'on aurait lancé très très fort dans mon cerveau, ou ce qu'il en reste. Oui, cela affecte, je suis forcée de
l'avouer. Même si je ne voulais pas. Même si mon plan a foiré, celui qui consistait à l'oublier, à le ranger dans ma tête, et tourner la page tout de suite, sans faire de vagues. Parce que je
venais d'avoir 15 ans, et à 15 ans, être "grand", c'est être responsable, et à gérer les choses qui nous arrive avec maturité. Je ne me suis pas rendue compte que cet acte dépassait tout ça "être
grand" ou mature, ou je ne sais quoi d'autre, puisque c'est juste un acte carrément illégal. Seulement...au fil des années ce mot "responsable" a pris un double sens horrible dont je
n'arrive pas à me défaire. Je sais qu'objectivement, le point de vue est différent mais...c'est confus,tellement. je l'ai tellement enterré toutes ces années, que le fait d'avoir ressorti le
dossier, là, c'est comme si ça s'était passé hier et qu'enfin je ressens ce qui s'est vraiment passé, le traumatisme et tout ce qui s'ensuit.


Tu sais, j'ai frôlé de très près la mort ce week end. Quand j'ai dit à ma mère que ça me faisait tout drôle, de me dire qu'il y a quelques heures j'étais dans le coma et que là, j'étais chez moi
en train de cuisiner...je veux dire, savoir que j'ai failli mourir putain, et que je suis là, à faire des trucs anodins la bouche en coeur...tu sais ce qu'elle m' a dit? Elle m'a dit, "oh mais on
va pas dramatiser non plus hein". Alors tu sais, un viol...je te dis ça pour te dire que moi même j'ai réussi à me convaincre que ce n'état pas grave, mais que ma propre mère ne me contredit pas.
Alors quand j'en parle aux psys et qu'ils me disent que c'est GRAVE, que c'est illégal, que c'est puni, que ça a de lourdes conséquences...j'ai du mal à adhérer.


Merci à toi Ludivine. J'aime te savoir entre mes lignes. Nous n'avons pas les mêmes obsessions, mais beaucoup de points communs dans nos maux lorsque je te lis. et tu décris mieux que personne
cette attirance que j'ai eu pour mes profs, mes soignants, bref, ces femmes mûres qui m'ont encadrée à un moment donné de ma vie. C'était la première fois que je lisais "ça". et enfin, enfin, je
me suis sentie moins..."spéciale", puisqu'il y a avit au moins une autre personne qui fonctionnait de cette manière. Notre attirance est semblable, mais tout de même différente, puisque pour ma
part ce n'est pas de l'amour, juste un besoin irrépressible de faire partie de leur vie, d'être à leur côté, de partager des moments avec. J'ai du mal à trouver des mots correspondant exactement
à ce que j'ai en tête, mais...bref, tout ça pour dire, que je t'apprécie beaucoup. Et que tu as des facettes surprenantes et décalées que j'aime beaucoup.


je te retourne ton "courage", très sincérement, en sachant que tu as fait de sacrées avancées!



Caducee 28/07/2010 19:18



Tu avances, j'en suis toujours aussi sincèrement contente pour toi.


Tu changes radicalement, même.


Tu verras, un jour t'achèteras un lait hydratant, et tu sentiras cette drôle de sensation que fait la peau quand elle se regonfle d'eau. ça fait du bien.


Chaque chose en son temps. Tu le sais maintenant :)



claire 28/07/2010 18:06



tu devrais pas mettre ton email comme ça, tu vas te retrouver avec 15t de spam.


sinon, j'écrit un petit mot pour te dire que je suis contente que tu reprenne le dessus.
Je est un autre. Faut que t'aprenne à lui clouer le bec pour profiter de ta vie.


J'aime bien te lire parce que tu m'aprends des trucs sur Je, justement. Moi aussi, les contacts physiques me tétanisent. Je n'ai pas subi de viol, pourtant. Tu te pose la question de savoir ce
que tu serais devenue si l'autre sous-merde du train n'avait pas été là. T'auras jamais la réponse. Tu aurais pu passer sous le train parce qu'un autre déséquilibré t'aurais poussé par exemple.
En tous cas, il est clair qu'un viol ravage plus la tête que le corps. Mais tu est loin d'être "finie", tu es pleine de ressources.


 



Alexandra 28/07/2010 14:50



je suis "heureuse" de lire ça.
Tu sais, c'est pas si paradoxal que ça que tu refuses les contacts physiques avec ceu que tu aimes et que tu aceptent ceux d'inconnus. ça me paraît
logique.
Allez belle ptite fleur t'es sur la bonne voie. Continue. Ce corps c'est le TIEN A TOI.
Jtadore jtaime fort.

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
  • Contact

Des visites...

Recherche

Au Grenier