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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:34

J'ai plein de trucs à raconter. Mais des trucs qui se passent, et hop mon vide intersidéral les avale pour qu'il ne reste aucune trace d'eux. Disparus. Blop. Je me promène, enfin non, mon corps se balade, comme ça, comme un mirage ambulant, mais moi, je me suis barrée. De toutes manières, vous me direz, je l'aime pas, alors...autant le laisser jouer la comédie et m'offrir quelques vacances. Et puis jdois dire que le monde entier me fait chier, je trouve les gens extrêmement cons, mais vraiment, j'aime pas l'endroit ou j'habite -et en même temps, est-ce que c'est le moment de prendre un appart'?-, je ne pense qu'à ma psy mais j'ai que dalle à lui raconter une fois que j'y suis, aller en cours m'emmerde profondément alors que je surkiffe ce que je fais (va comprendre), je suis crevée alors que j'ai la sale impression de rien branler, mon premier ex revient à la charge et je meurs d'envie de me blottir contre son coeur mais en fait plutôt crever (va comprendre encore), j'ouvre les yeux sur ma mère et ça ne fait pas de bien, jcrois que je préférais encore l'époque où j'en étais fan, je trouve que je dessine comme une sombre merde, et il pleut comme si ce putain de ciel s'était amusé à faire des réserves durant des années.

 

Sinon, je vais bien. Une belle journée pluvieuse s'annonce, aussi. Je commence sérieusement à détester les jours où l'on ne travaille pas, le week end et tous ces jours fériés, parce que je me traîne et ne fais que des trucs pour m'occuper, pour combattre mon vide. Commence sérieusement à m'agacer celui-là. Paraît qu'il faut "me laisser du temps", mais franchement, vous qui commencez à me connaître (et moi aussi), on sait tous que la patience n'est pas mon fort. Et là, je commence sévèrement à m'impatienter. J'en peux plus. C'est simple, je deviens dingue.

J'ai l'impression d'avoir fait une fausse couche. Comme si je chérissais ma névrose, ma mignonne petite anorexie, mon chérubin d'état borderline, mignon mignon mignon -comme l'autre débile- et BAM, après l'avoir cajolé des années, pouf patapouf, plus là. Plus rien. Le VIDE. Fausse couche. Et là, on me fait comprendre que comme j'allais enfanter un monstre hideux et difforme, mon corps (encore lui, le traître!!!) a préfèré l'éliminer. Pour me rendre service?

En plus depuis, ma vie est devenue désespérément NORMALE. BANALE. [Merdique?]Fade? Insipide? Transparente?]

Plutôt oui! Et dire que j'en rêvais, de ce moment, je peux vous dire qu'on a quand même de drôle d'ambitions parfois. Je m'emmerde comme un rat mort dans ma petite vie bien bien tranquille.

Heureusement que j'ai pas encore un physique tout à fait normal et qu'il m'arrive encore de ressembler à une espèce de branche desséchée sans formes. On me remarque encore, ouf, tout n'est pas perdu...Je deviens vraiment pathétique vous savez.

Enfin, ce qui est bien aussi quand on est en train de guérir, c'est qu'on a du recul. Ainsi, quand ma psy m'envoie des boulets, je les reçois pleinement, en plein dans la gueule. Avant je les esquivais plus ou moins, mais là, BAM! Haha, non, sérieusement, je comprends tellement de choses...Suis plus réceptive, ne me barricade plus derrière les mensonges et les mirages mis en place par la maladie. M'enfin, je comprends mieux pourquoi j'y suis restée 11 ans, c'est quand même plus confortable de tout réinterpréter selon nos désirs, parce que putain, la réalité...ça fait de la casse, un peu.

Donc, je ressens un vide horrible, ok, ça me rend folle, ok, mais au moins, je suis dans le vrai. Ma perception est revenue. Mon jugement aussi. Mon propre jugement je veux dire. Pas celui de la pathologie. Je suis revenue à moi même...le seul problème c'est que je ne me connais pas. Je ne sais pas encore si j'ai envie de faire ma connaissance, parce que je suis encore dans ma période de deuil (jdois vous paraître complètement dingue)...mais bon.

Ouais, ok, je n'étais pas simplement gentiment folle, j'allais carrément en crever, je sais. Et que lorsque j'évoque son absence pleine de nostalgie ridicule, je n'évoque que les aspects positifs (pourtant c'est à se demander s'il y en avait, réellement) en oubliant la panoplie des côtés sérieusement négatifs. D'ailleurs, si j'ai tenu à m'en séparer, et pas seulement car c'était un réel combat du genre la guerre, c'est que j'étais pas si heureuse en sa compagnie.

Donc, remettons les choses dans le bon ordre et avançons, hein, parce que les pleurnicheries ça va...J'ai 13 ans mais quand même bordel!

 

blow me away by toucherleciel-d32ltm2

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Crise existentielle
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commentaires

victoria secret uk 13/07/2016 04:31

Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas.

kamae 22/11/2010 01:26



Quelle maturité ..C'est bluffant la manière dont tu retranscris exactemment ce qu'on a sur le coeur- des chaînes? un pieux ?-j'ai 18 ans et je crève aussi en douceur comme toi depuis 3 ans..Le
vide, c'est notre principale angoisse, notre demon, notre pensée qui dérive et qu'on essaye de faire taire en déconnant juste pour ne pas y  PENSER..Au fait qu'on est la pire tache qui soit
etc..Tu l'as déjà compris à ton âge, je t'admire, à 18 ans, je refais des rechutes vertigineuses, mais malgrès tout, il faut y croire , à quoi je ne sais pas mais seulement laisser la vie nous
porter, et faire ce qu'on veut du momment que ça contribue à notre bonheur..


DSL de ce monologue..J'espère que ça t'emmerderas pas; j'avais juste besoin de parler..A quelqu'un qui comprend.


Courrage, tout ça vaut le coup, c'est tellement précieux la vie..


Dommage que je ne m'en soit rendu compte si tard..


N'hésite pas si tu veux parler sur msn



[AnO]rchiDeA 22/11/2010 11:36



Bonjour Kamae,


 


Je ne sais pas pourquoi, mais l'envie me démange de faire ta connaissance parès ces quelques mots. Et ce "monologue" sensé me paraître emmerdant comme tu dis m'a semblé bien intéressant, au
contraire. Tu as 18 ans, oui, et une maturité certaine. Tu te plains de ne pas avoir compris certaines choses ( et pas des moindres) avant, mais je ne sais même pas si à 18 ans j'en avais compris
le quart, moi.


Ah, quand je dis que j'ai 13 ans, c'est une image, il faut avoir lu les précédents posts pour comprendre, une sorte de private joke pour les initiés haha. Non, c'est que la maladie a
débuté vers mes 13 ans...J'en ai 24 aujourd'hui, mais durant ces 11 années, elle m'a tout prit, et je ne me suis consacrée qu'à elle. C'est pour cela qu'aujourd'hui, avec le vide qu'elle m'a
laissé, j'ai l'impression de me retrouver à 13 ans...sauf qu'à 13 ans, on est en jachère, la personalité pas vraiment aboutie...et moi je suis là, avec mon corps vieilli par les carences, mon âge
véritable, 24 ans, et mon âme, qui se retrouve à ses 13 ans. Je ne suis pas schizo (quoi que, ça me déplairait pas), juste, extrêmement paumée. Et VIDE, aussi, comme tu l'auras compris ;).


 


Enfin bref. Je n'aime pas beacoup msn, mais si tu voulais m'écrire par mail, je serais ravie. De tout, de rien, de ce que tu veux. Pourquoi toi, je ne sais pas, tes mots, et même ton prénom
(pseudo?) me plaisent.


Je t'embrasse, et comme tu le dis toi même, la vie est précieuse, so, take care.


anorchidea@hotmail.fr



Ludivine 20/11/2010 09:53



Tu vois des ami(e)s? Je veux dire des gens qui te sont chers? Ou au moins, communique-tu avec eux par quelque moyen que ce soit (courrier, internet, tel...)?


As-tu des passions? L'art et l'écriture, non?


Creuse un peu, tu verras qu'en dehors de l'autodestruction, il y a des choses excitantes à faire.


Regarde-toi des bons films à sensation - ou mélodramatiques, histoire d'assouvir sans danger ton côté no future.


Tu verrais le nombre de trucs trippants qu'on peut faire sans se faire mal! Creuse bien te dis-je!


Bises



m 14/11/2010 04:58



Eh bien voilà, en une insomnie, j'ai dévoré ton blog et aimé tes mots, tes cris, tes dessins, Artaud pas loin. juste pour te dire que le grand vide, l'immense gouffre, vu de l'extérieur n'a plus
rien de concave. Une sur-vivante. Juste pour te dire combien tu es touch-ante. A 24 ans, c'est vrai, ça peut faire minable de se trainer de doc en doc, de rdv en rdv, mais tu es grande, et
admirable. Je ne suis qu'une simple fille qui s'invente des drames, qui est jalouse de ceux des autres. Mais devant tes mots, je ne suis plus envieuse, juste pleine de respect. Continue, guéris
ou ne guéris pas, mais vis. et crée, écris, dessine.



[AnO]rchiDeA 16/11/2010 11:33



Wahouw.


Touchée.


Coulée.


Juste, merci. Heureuse d'avoir rendu ton insomnie un peu plus distrayante...Par expériences je sais qu'elles peuvent être insoutenables, interminables, et horriblement douloureuses. Mais aussi
excitantes, survoltées, curieuses, instructives, généreuses, puissantes, risquées... J'aime la nuit. J'aime ce qu'elle m'offre. Dans la douleur ou dans la joie, mais c'est toujours spécial,
étrange, extra-ordinaire. C'est sans doute son atmosphère, savoir que le monde dort...sauf nous. L'impression d'avoir le privilège de pouvoir profiter pleinement de ce temps de "pause", alors que
les autres dorment, nous profitons de son spectacle...un peu désarmant...beau. Bref.


A propos de moi...ne me couvre pas trop de toutes ces qualités, j'ai les chevilles qui gonflent vite tu sais ;)


Pourquoi t'inventes tu des drames? Aurais -tu besoin d'attention? Il n'y pas de fumée sans feu chère demoiselle...et je ne sais pas si ces drames sont le furit de ton invention ou le résultat
d'un manque...et j'ai envie de te dire que si tu voulais des conseil de psychologie de bas étage, je suis là lol. Mais bon, sérieux, ça vaudrait peut être le coup de t'interroger?


J'ai particulièrement aimé cette phrase "guéris ou ne guéris pas, mais vis". Putain, je l'adore même. Guérir. Je ne pense pas que ce soit une obligation. Tout dépend de ce que l'on désire
vraiment au fond non? Moi j'en ai l'envie. Parce que ma maladie m'empêche pas mal de chose. Mais elle ne m'empêche pas de vivre, au contraire, lorsqu'elle est en moi, je me sens...en pleine
possession de la vie, je suis SURpuissante, SUR vivante,dans le sens de la SURvie, plutôt pleine de vie que dans la perte de vie, je n'ai juste pas trouvé d'autre mot et celui ci est doté d'un
double sens absolument contraire, c'est drôle. Et paradoxal, comme moi ;) Bref, je pense donc que si parfois c'est une nécessité [ça l'a été lorsque j'étais très/trop faible pour vivre. Avec un
IMC à , rien qu'en respirant je risquais de claquer. Mais j'étais là aussi, diablement vivante...(dans ma tête ;)) ], ce n'est pas une obligation. on peut trouver en la maladie un
certain réconfort, une certaine aide, et un certain aboutissement dans le sens où ce que renvoie le corps est le résultat d'un labeur acharné, et la finalité d'un désir ardent; celui de le
contrôler et de le façonner à notre envie. De le posséder, entièrement.


Pour ma part...j'en ai l'envie du guérir...et j'y parviendrai, si ce n'est déjà fait. C'est juste que j'assume pas. Et ce qui est en plus étrange, c'est qu'il m'a fallu une certaine force pour me
séparer de mon amoureuse l'anorexie, de mon amant mon état borderline (que je continue à revoir régulièrement...c'est un amant amoureux)...et je me sens faible et lâche.


Parce que la maladie me rendait puissante, attractive et tout ce que tu veux. Aujourd'hui je suis horriblement ce qu'il y a de plus banale, je n'ai rien de "spécial", tu vois ce que je veux dire?
Enfin bref, it's just a matter of time, parait-il.


 


De chaleureuses pensées, très chère M.



orphee 12/11/2010 12:25



Comme je te comprends, j'aurais pu ecrire ces mots, avec moins de talent bien sûr...


La métaphore de la fausse couche, la nostalgie, le vide qu'on en sait comment remplir...


il parait qu'il faut du temps pour réapprendre la "normalité", tu manques de patience? Caducee et moi nous t'en envoyons plein, avec des bisous et du réconfort car on sait que tu y arriveras...


[AnO]rchiDeA 16/11/2010 15:46



Merci ma douce

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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