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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 11:44

Par pitié, le jour où vous trouvez une espèce de forme humaine tremblante qui ressemble étrangement à un toxico en manque, ne rameutez pas tout le quartier. Du genre vous êtes en cours, une envie pressante, et vous sentez une présence légèrement haletante dans les chiottes d'à côté; ne retournez pas en cours en gueulant à travers tout qu'une personne a un problème.

Si le toxico s'isole, c'est qu'il n'a pas forcément l'envie ni de se donner en spectacle, ni que tout le monde prenne connaissance de sa dépendance à la con. Donc, si on rameute tout le quartier, il est évident qu'il deviendra un peu agacé, et vexé de sa vulnérabilité qu'il se donnait tant de mal à dissimuler. Et que vous, malheureux, aurez piétiné lourdement. Certes, vouloir, bien faire, c'est une bonne chose. Mais sachez que vous n'êtes pas tous délicats. Et que les personnes qui vous avez averties ne manqueront pas de faire des remarques humiliantes, blessantes, rageantes, et qui soulèveront certainement une envie de vengeance violente.

 

J'ai donc pu entendre "elle veut du subutex? Ah non attends j'ai un peu de vodka! Mdr, dis lui qu'à Roubaix y a plein de dealers putain elle est conne ou quoi! Hey, jcrois que dans le métro j'en ai même croisé un merde j'ai pas pris son numéro! Elle a pas pris sa dose au ptit déj? ...[...]."

Je n'en dirai pas plus. C'est peut être pas la peine. D'écrire...ça...Qu'est ce que je pouvais faire devant cette classe remplie de connards? L'ignorance, c'est sûrement le truc qui génère le plus la connerie. Ce qui me rend folle et qui me brûle les yeux, c'est tout le mal que je me donne pour que personne ne sache. Pour qu'au moins dans ma vie d'étudiante, au moins une fois, une année, je n'ai pas cette étiquette de la pauvre petite anorexique droguée. Juste une fois. J'ai tenu 3 mois et demi. Génial.

Il a juste fallu que j'oublie de prendre ma méthadone, et que je fasse une pause la nausée dans le ventre, dans ces putains de chiottes à la con de bordel de merde. UN jour. J'ai cette envie de débarquer, flingue au poing, et de tous les buter, un par un. Je leur expliquerai que j'avais juste envie de m'en sortir, mais apparemment, même pendant le sevrage, même quand on essaye de se relever, même quand on essaye de reprendre un peu sa dignité en main, on reste un toxico. Un déchet dont on devrait se débarrasser. Après tout, c'est vrai, c'est quand même cette bande de branleurs qui m'offrent cette méthadone. Je ris. Parce que perso, moi, jla paye pas. Et ouais, le trou de la sécu, j'en profite bien. Mais quand je vois ça...j'ai ce certain plaisir à le faire.

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J'ai cette envie de chialer qui me prend dans le ventre. Et ça m'énerve, tellement. Tellement que c'est indicible.

J'ai cette tête, de celle qui s'en est sortie, glorieuse. Des dents en moins et l'ostéoporose en plus, mais c'est tellement pas grave. Mais il y a ce truc qui reste. Une période se termine, et une autre doit commencer en temps normal. Mais j'ai le cul entre les deux voyez-vous, ce qui fait que je ne suis absolument nulle part. Vous savez pourquoi, il y a tous ces trucs qui sont toujours...là, bien planqués. "Tous", non. C'est juste...le dégoût. Quand on se dégoûte soi-même à ce point, je vous jure, que c'est putain de difficile d'avancer. Non, en fait...c'est plus que je ne me connais plus. Si je me suis connue un jour. Alors j'essaye des trucs, des nouvelles réactions, d'être présente. Mais tout ce cirque finit par m'emmerder au plus haut point, je deviens désagréable et finalement...finalement j'ai envie d'aller fêter noël en HP, parce que là bas, personne n'est dans la réalité, on a tous déclaré forfait, et que tout est tellement plus facile. Mais non.  J'ai dit que j'irai jusqu'au bout.

*elle m'a dit, c'est drôle comme vous avez l'air marginale, sans foi ni loi. Comme vous avez l'air je-m'en-foutiste. Et puis en fait...vous êtes une femmes de devoirs. Comme j'en ai rarement vu.e Tous ces "il faut" dans votre bouche. Non mais ça m'étonne pas que vous commenciez à péter les plombs."

Ça m'a fait sourire. C'est vrai que je ressemble à cette espèce de pseudo-rockeuse qui dit que des fucks et emmerde le monde parce qu'elle a besoin de personne, et qui se fout surtout éperdument de l'avis des autres. Avec mes mini-shorts par -10° (mais c'est seulement parce que j'ai l'air si grosse en jeans) et mes t-shirts noirs qui parlent que de flingues et de filles qui fument avec leurs yeux tellement maquillés qu'on en voit plus les pupilles. Ou ces motifs un peu psyché qui font un peu trainspotting. Et mon écharpe en tartan. Mon odeur de clope froide mélangée au parfum de mon père. Et mes bottes de motardes cloutées. Ouais. Mais c'est juste que j'ai l'air d'une sombre conne si je m'habille autrement. Je ne sais pas de quoi j'ai l'air. Il paraît que j'ai l'air froide et hautaine. Parce que je suis excessivement timide. Que je fais peur. Haha, mais si je fronce les sourcils...c'est juste que je suis tellement myope que je vois que dalle, il faut toujours que je force sur mes yeux. Que j'ai une trop grande gueule, avec de la répartie qui fait peur. Quand on est timide, si on se dépasse pas, on reste dans un coin. Que j'ai l'air d'avoir besoin de personne. Si vous saviez comme je suis dépendante des autres. De ce qu'ils pensent de moi. De leur réaction. De leur présence. Ptêtre que je me nourris moins que vous. Mais ma nourriture...ce sont les êtres qui m'entourent. Et sans eux, je meurs. Ma faiblesse. Je vous le dis, je suis une bonne blague à moi toute seule. Un mirage. Et si on enlève le physique, l'intérieur est tellement vulnérable qu'on devinerait jamais que les deux vont ensemble.

Je sais juste qu'hier, j'avais l'air d'une pauvre petite chose tremblante. Comme un toxico en manque. Je n'étais plus femme. Ni Homme. Juste une toxico. C'est dégueulasse. Vraiment dégueulasse selon moi. On a tous le droit à plusieurs chances bordel de merde. Mais peut être que tout ça leur fait peur. Que la peur fait parfois devenir con et méchant, un peu comme les choses qu'on ne connaît pas. Mais j'en ai juste rien à foutre. Ça n'excuse rien.

 

Trash_II_by_VooRda.jpg

 

 

*By Voorda @  DA. 

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Dark babyDoll
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commentaires

http://www.teozmeyersmanx-france.fr 13/07/2016 04:31

Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas.

Helena 25/01/2011 11:08



"Qu'est ce que je pouvais faire devant cette classe remplie de connards?"



Ne t'inquiète pas, quand tu auras avancé dans ta thérapie, ce genre de choses glissera sur toi car ta peau deviendra hermétique à ces situations.
Et puis peu à peu tu auras envie de mettre ton énergie ailleurs que dans la colère. Je te le dis pour que tu gardes bien au chaud tes lueurs d'espoirs et de patience.
Mais là peut être tu as besoin de la colère pour avancer. Donc c'est pas évident pour toi.



N'oublie pas que les gens qui te jugent souffrent terriblement en eux et sont malheureux. Moi quand j'étais malheureuse j'aurais pu te juger.



Je crois aussi que c'est un véritable travail de quitter cette image de "rebelle" qui nous apaise (ça fait si peur d'être comme tout le monde) mais que c'est juste un passage pour se trouver. Car
non, tu n'es pas non plus "la dépendante", tu es aussi plein d'autres choses que tu ne peux pas encore voir (c'est pour ça que c'est si dur d'avancer car il faut aller vers l'inconnu !).



Et n'oublie pas que tu ne sauras jamais comment les autres te voient. Que tu ne peux pas savoir ce qu'ils pensent dans leur tête. Faire confiance.



C'est un peu décousu ce que j'écris, je te laisse prendre ce que tu veux. En tout cas je pense fort et souvent à toi. Douceur et perséverance pour toi. Tu m'apportes beaucoup et j'aime te lire.
Helena



tesconeo 21/01/2011 13:57



Salut j'ai découvert ton blog hier et je l'ai lut en entier, tellement je me retouve dans tes écrits et j'ai 28ans, en plus je suis un mec qui ne pèse que 50 kilos, j'ai aussi un traitement
méthadone sauf que contrairement à toi je n'ai jamais eu le courage d'aller dans un centre pour me la faire délivrer c'est un ami qui me dépanne toutes les semaines depuis 5 aans maintenant, je
fume encore du shit, je suis accroc aux xanax et somnifère, car par contre moi j'aodre dormir, pour ne plus avoir à penser; car mon cerveau me fatique d'ètre toujours autant en ébullition.


Comme allez voir un psy, j'ai jamais eu le courage, comme toi j'ai souvent eu l"envie de mourir, mais j'aime pourtant tellement la vie au fond de moi que je le ferais pas, d'ailleurs ça serais
déjà fait, mais je supporte pas mon corps ma gueule enfin j'aime rien chez moi, mais la je commence en avoir vraiment marre de cette lutte de tout les jours.


 


Je voudrais tellement pouvoir vivre normalment, enfin sans aucune dépendance, avoir enfin un emploi stable pour pouvoir enfin faire de vrais projets et avoir une femme avec moi, mais ça je n'y
crois plus qui voudrait d'un mec aussi maigre que moi et qui est en plus un tox.


 


Enfin bref, je te souhaite vraiment de t'en sortir car tu es belle si je te promets tu l'es et tu serais encore plus jolie avec quelques kilos en plus, tout comme moi lol.


En tout cas je viens de te découvrir et je vais te suivre dans ton cheminement vers le bonheur.


 


Gros bisou


 


 



Caducee 01/01/2011 18:24



shanti 26/12/2010 11:35



Comme je n'avais pas fini hier soir (because ma p'tite louloutte venue réclamée sa dose d'amour), j'suis obligée de revenir sur ton message.


Ce que je voulais rajouter c'est que bien que je comprenne que ça t'éclate quelque part de faire des gros fuck à la société et tout et tout. Et bien tu vas peut-être être déçue mais tu n'y es
pour rien dans le trou de la sécu comme tu dis. Non d'ailleurs la sécu n'est déficitaire que parce que les chiffres sont truqués. Il faut bien ça tu comprend truquer les chiffres pour faire
culpabiliser le peuple que les plus riche peuvent continuer d'enculer tranquilement.


Les gestionnaires de notre société ne sont pas vraiment des modèles d'amour et de générosité. Il faut être conscient de ça mais continuer à vivre quand même et aimer malgré tout. 


Tu sais si la sécurité sociale jouait vraiment son rôle, si les hopitaux d'état jouaient vraiment leur rôle Eugénie, ça ferait longtemps que tu serais guérit. Tu sais les malades ça rapporte à
l'état, ça fait consommer de l'industrie pharmaceutique, ça remplit des chambres, bref ça rapporte. Cette société préfére les esclaves aux êtres libres, les esclaves ça rapporte à l'état.


Je sais Eugénie que tu es jeune et que la politique c'est chiant, mais c'est pourtant une réalité. Moi ça me fait chier de voir qu'une société laisse sa jeunesse se détruire parce que je pense
que tu es loin d'être un cas isolé dans ce pays est ailleurs sur Terre. Tu n'es pas seule Eugénie ni à subir ton état, ni à vouloir que les choses soit différentes. Mais là, je crois que la seule
arme dont tu es besoin c'est de la patience, de la patience pour toi même, pour guérir, pour ne plus te juger aussi sévérement et de la patience pour regarder les autres autrement. DE LA
PATIENCE...


 



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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