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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:38

Je les regarde tous, en train d'attendre leurs putains de barquettes en plastiques, les uns derrière les autres.

Et puis je me dis que je les connais tous. Il y a ceux de toujours. Ceux qui resteront à vie. Ceux qui viennent ponctuellement. Ceux dont ce n'est pas la place. Ceux qui sont en transition. Ceux qui ne passent pas par la case départ et qui passent directement aux soins intensifs. Je leur passe la weed dans le petit écart de la porte. Mais je les connais tous.

Et on est tous là, à attendre. A attendre que le futur soit mieux que "ça". Que maintenant. Parcequ'on a qu'une envie c'est de crever, rien que de penser que la vie c'est  "ça". Parce que si c'est le cas, ouais, vaut mieux aller se pendre avec son drap tranquillou dans sa chambre.

Mais surtout, le fin mot de l'histoire, c'est...que je les connais tous, et que si je les connais tous, c'est qu'on y revient tous, tôt ou tard. L'hopital psychiatrique. T'y rentres, tu sais pas quand tu sors. Et quand t'en sors enfin, bordel de merde, il t'agrippe à nouveau. Encore. Encore. Encore.

Depuis mes 17 ans. Je me souviens de la première infirmière. "Mais, qui vous envoie ici...enfin....vous savez ou vous êtes?Vous avez 17 ans c'est bien ça?"

Et mon sourire de connasse. Mon sourire victorieux. Celui qui veut dire "ouais, et je viens faire mes preuves".

L'hopital psychiatrique, c'est ma deuxième maison. Mais j'en veux plus. Bientôt jvais devoir payer l'ISF pour une bicoque qui me fait gerber, et ça c'est juste pas possible.

Le truc c'est que je ne vois pas pourquoi MOI je serais plus forte qu'eux tous. Pourquoi moi j'arrêterais d'y revenir et pas eux. C'est ça le truc.

Je fume. Refume. Me déchire les neurones ou ce qui m'en reste. Quand tu ne peux pas aller chercher la drogue, elle vient à toi. La conclusion c'est que je ne sais pas encore dire non. Mais rien à foutre, parce que au moins, ça m'empêche de penser. Ce que personne ne comprend c'est que les reviviscences de mon viol  sont juste insupportables. Les coups de pompe dans le ventre, encore, encore, encore.  Son souffle haletant, bestial.

J'ai été un vrai tyran avec mon corps. Pendant 10 ans, je lui ai interdi de ressentir quoi que ce soit. Pas d'émotions. Pas de sensations. Je te donne en pâture, mais tu fermes ta gueule. Je me défonce la race, mais t'as pas interêt à me lâcher. Je me fais gerber à vide, mais ne tombe pas dans les pommes. tu fais monnaie d'échange, mais t''es qu'un corps. Tu vaux rien. RIEN.

Personne ne peut se rendre compte à quel point mes mécanismes sont vieux, ancrés, et tellement destructeurs qu'il faut que je m'en sépare, je suis d'accord, mais c'est si long. Si long. Est-ce possible, d'agir autrement? Je ne sais pas comment les gens font. Je ne sais pas.

Ce que je sais moi, c'est que j'éventre les canettes pour me les enfoncer dans la chair.

Ce que je sais, c'est que je rachète le traitement des autres pour me défoncer avec.

ce que je sais...c'est que je ne sais pas ce que c'est la vie. Je ne sais pas. J'ai tellement peur de ne pas savoir...tellement peur. J'ai mal au ventre. Je voudrais des bras. Tendres. Qu'on me caresse les cheveux.

J'ai pris des ciseaux tout à l'heure. Coupé à tout va. Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas ça. Je ne suis pas vraiment folle. Pas vraiment saine non plus.

 

J'ai juste la trouille.

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Don't worry life is easy
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commentaires

http://www.nettoyage-toulouse-31.fr 13/07/2016 04:27

On ne peut pas être plus forte que l'anorexie.

ANOREXORCIST 20/06/2011 07:58



ISF,ISF...TU VEUX DIRE ISC OUAI ,L IMPOT SUR LA CONNERIE PARCE QUE VIVE LA CONNERIE HUMAINE



[AnO]rchiDeA 20/06/2011 14:29



MA connerie?



Helena 17/02/2011 12:44



Je voulais juste te dire que quand on rechute, ça ne veut pas dire qu'on recule. Donc tout ce que tu as avancé avec tes 'tites jambes n'est pas perdu. N'oublie pas que tu as déjà fait un long
chemin.


Je t'encourage à fermer la porte sur ta rechute sans te juger (oui, facile à dire...), bien te reposer de toutes les émotions qui doivent te traverser l'esprit en regardant une bonne série débile
à la téloche et puis quand ça ira mieux de reprendre ton sac à dos et tes bonnes chaussures de marche pour continuer le chemin avec ta psy. J'espère que je croiserais sur la route (oui moi aussi
si tu savais comme je trouve que c'est long ! mais ça fait du bien que tu sois là) Bonne route et plein de courage pour toi.


 



[AnO]rchiDeA 23/02/2011 09:31



Merci Helena. Tu sais, lors de ton premier commentaire...auquel je n'ai toujours pas répondu je crois, conne que je suis, je me suis dit que tu étais de passage, et je regrettais ça parce que
j'aime ta reflexion, tes questions, tes encouragements, bref, tes mots.  Je suis a peu près sure de moi en pensant que tu dois être une de ces belles personnes que j'aime avoir sur mon
chemin. Les fidèles d'ici le sont, pour de multiples raisons. Et toi, toi, ...continue à user tes godillots de rando sur le chemin de la vie, qui est bien moins dégueu que ce qu'on a déjà connu,
il me semble. Le plus beau nous attend. Alors allons y, et cessons de douter...quelle perte de temps quand j'y pense. Courage and take care



Claire 16/02/2011 09:09



... Ton blog me touche, je n'ai jamais laissé de commentaires, je ne suis pas venue souvent c'est vrai. Mais cet article.. Je n'ai pas vécu ce que tu as vécu, mais cette espèce de sensation que
tu décris, la folie, l'incompréhension, je ne saurais pas donner de nom. Mais ça me touche, et ça me rappelle cette espèce de "deuxième personne" qui est en moi. Et je trouve que, vraiment, tu es
forte.


En tout cas, je te souhaite bonne chance avec la vie, avec toi même?


 


Peut être à bientôt dans un autre commentaire.



[AnO]rchiDeA 23/02/2011 09:26



Claire, toi c'est on commentaire qui me touche. Si mes mots parivennent à percuter les gens, alors ma mission est accomplie...car ces mot, mes mots, s'ils pouvaient servir, montrer, je sais pas,
aider, putain mais ça serait juste trop beau. Et là, à ce moment là, je me dirai que ça valait le coup, "tout ça", de merder jusqu'ua bout pour me relever ensuite. Bien droite sur mes deux
petites jambes. La tête haute, surtout.


T'embrasse. Au plaisir. Bises à vous 2, toi et l'autre qui sommeille en toi. Et n'oublie pas de lui dire d'aller se faire foutre, des fois.



ludivine 09/02/2011 22:30



Juste un petit mot pour te dire que je pense à toi. 






[AnO]rchiDeA 23/02/2011 09:26



Merci Ludi. D'être là, toujours, toujours, toujours.


Muchos besos



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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