Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 15:39

Il m'a laissée et il faut bien que je l'accepte. Son silence n'a jamais été aussi pesant. J'y pense tous les jours. En trifouillant mes affaires, les billets de train me retombent toujours les pieds; impossible de les jeter. Les photos que je ne veux plus voir mais qui me narguent. Celleq que j'aimerais déchirer, jusqu'à les regarder brûler vives dans  la poubelle. Mais les flammes s'éteignent avec les larmes et je les remets toujours à leur place. Jusqu'au prochain matin où, pour me faire un peu plus mal, j'irai chercher ma dose de souffrance. 

Plius je nous regarde et plus les questions bataillent en moi. Qui l'a séduit? Mon histoire, ma souffrance ou moi? La maladie, ses stygmates ou moi? A-t-il esperé redonner du plaisir à la pauvre fille qui n'en avait plus? A-t-il voulu sauver la pauvre fille violée, pour se soigner lui même? Que voulait-il en moi? Voulait-il tester son savoir de médecin sur mon mal-être? Ou simplement puiser en moi ses propres réponses? Qui a-t-il aimé? La malade, ou moi? Qui étais-je à ses yeux...un cas clinique, ou Eugénie?

Des questions qui n'auront jamais de réponses. Mais maintenant, je reste avec mes incertitudes, incapable de savoir si on m'aime pour ce que je suis. Ou ce que je suis parfois, sur un fil, éprouvée par les spasmes d'une passion qui m'érafle. Qui voulait-il voir en moi, que projettait il en moi? Etais-je son amoureuse, ou la preuve qu'il était fait pour ça, soigner les êtres en mal de vie? Peut-on alors m'aimer pour moi, est-ce que si j'abandonne la souffrance, me remarquera-t-on encore? 

Avec lui je n'étais pas un monstre. Rien ne l'étonnait, ni ma méthadone, ni mes cicatrices, ni mon refus au plaisir, ni l'histoire de mon corps. Pas de monstre à l'horizon. 

Qui sera à nouveau capable de réagir de cette manière, de ne pas donner d'importance à ce qui m'étouffe en permanence? Qui pourra accepter ces comportements dont je suis l'esclave? Qui pourra survivre à mes changements d'humeur, mes angoisses, et l'envie dévorante de tout vivre à fond, sans concession? Quoi qu'en soit le prix à payer. Il en était capable. Mais lui aussi, a finalement fini par abdiquer. 

Sans explication. Du jour au lendemain. Le silence. Pesant de l'absence. Il a disparu comme il est apparu. Aussi rapidement. Il est parti sans rien laisser. Juste quelques empreintes, des images volées, des souvenirs qui s'effaceront dans quelques temps. Et alors il aura disparu à jamais. 

Moi qui ait appris à apprivoiser le vide toutes ces années, moi qui l'ai rempli de toutes les manières possibles, celui-là, celui du coeur, je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment on remplit une absence. Je ne sais pas comment on rempli la place que l'autre laisse. 

Sans explications. Sans mots. Sans rien. Rien. Juste...les jours qui s'additionnent les uns aux autres, sans sa voix. Sans ses mots. Sans lui. 

Je ne sais toujours pas si je suis aimable. Je suis abandonnable, ça je le sais, à présent.tumblrl4x02kfgib1qb2rp0.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by [AnO]rchiDeA - dans Don't worry life is easy
commenter cet article

commentaires

http://www.unifroid.fr 13/07/2016 04:19

Je sais ce que je vaux, je sais où je vais, et je sais ce que je fais.

M. 11/11/2011 09:14



Je découvre ton blog. ( grâce à Lanterne Bleue, amie commune )


Je m'y reconnais, parfois. Souvent.


Je dévore tes écrits, passe mes nuits à tout lire. Pour te connaître. Suivre le fil.


Je ne sais trop que te dire.


En fait.


Juste que de loin, je suis avec toi, je pense à toi.


Continue d'écrire.


C'est un bon exutoire.


 


 


Amicalement


 


 


M.


 



Ankylosée 05/11/2011 15:42



Pour être abandonnée, délaissée, passée sous silence, il faut avoir été aimé, cajolée, écoutée... Cette histoire est finie, et c'est douloureux, mais elle prouve que tu as été aimé et que tu as
aimé, et que cela se reproduira.


Meliae 05/11/2011 11:08



Magnifique texte, je me suis retrouvée dans ce que tu as écrit, dans cet article précisément. 


Magnifique blog. Je reviendrai. 



ppm 01/11/2011 15:51



Cette situation d'abandon me parle beaucoup. Tu ne devrais pas être plus mal que tu n'étais avant de le connaître. Or, avant de le connaître, tu allais très bien, tu découvrais la vie, et tu
étais à fond, un peu flambi (car tu ne manges pas assez de gras) mais pleine de bonnes énergies.


1) Imaginons qu'il n'ai jamais éxisté


2) Imaginons qu'un bus l'ait écrasé


Tu ne serais pas dans le même état, pourtant la disparition et le silence éternel sont exactement comparables dans ces 3 cas, techniquement parlant.


Donc, ce qui te fait mal, c'est qu'il t'ai abandonné de cette manière.


Peut-être que tu as trop espéré de la relation ou trop investi. La sexualité est souvent injuste avec les femmes, l'orgasme n'est pas une fin en soi, mais il procure un shoot de bonnes hormones
qui change la vie en profondeur, bien plus que le plaisir du contact que l'on peut obtenir par le sport, les petits câlins ou les massages. Beaucoup de femmes n'ont jamais connu cette jouissance,
et cela ajoute à la déception, car le corps sait instinctivement qu'il a droit à ce petit shoot, il est donc très frustré que cela n'arrive jamais. Le sexe est injuste car les mecs arrivent
toujours à faire leur truc


Mais dans l'abandon prématuré - avant le remboursement des espoirs plus ou moins conscients de la relation - il y a également le revécu de l'abandon primal, celui qui détruit en profondeur les
petits humains : l'abandon pour faire ses nuits, la torture du nourrisson qui sait qu'il va mourrir car il pleure et que maman n'arrive pas, qui s'étouffe dans son chagrin et apprend à mourrir
tous les soir, jusqu'au jour béni où il est enfin MORT psychiquement, et qu'il accepte de faire ses nuits.


Aucun animal ne traite ces petits de la sorte. C'est la malédiction humaine, savament entretenue par un inconscient collectif pas toujours si inconscient (les violeurs, les pédophiles, les
dominants et les manipulateurs profitent de cette situation psyschique délabrée de l'humanité).


Ce qui me fait du bien, c'est toujours d'imaginer que j'aurais pu rester "comme avant", et de me dire que la relation qui a existé a été vraiment cool, et que c'est toujours ça de pris. C'est
pour cela qu'il est important de ne jamais considérer une relation comme anodine, et de n'y aller que si on en a vraiment totalement envie. Du coup, ça arrive moins souvent, et ça fait mal moins
souvent aussi



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
  • Contact

Des visites...

Recherche

Au Grenier