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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 22:06

J'ai fini par abdiquer. Me dire qu'il fallait que je continue ce traitement, quoi qu'il en soit. Même si j'ai l'impression d'avoir la bride autour du coup, j'admets que les angoisses se font moins oppressantes, bien qu'il en subsistent uelques unes ; le devoir de plaire à tout le monde, le regard de l'autre, la peur de l'échec, celle du changement aussi...

Ceci dit, les insomnies reviennent, et qquelques crises aussi, ce ui n'est bizarrement, pas pour me déplaire. J'ai enfin la sensation de me retrouver telle que j'étais avant, avant de me retrouver comme un légume sans pouvoir rien y faire. Je sais aussi que je suis en pleine adaptation, au point de vue thérapeutique et que ce n'est pas le moment de me fixer des objectifs intenables. Donc je fais mon possible, sans pour autant m'angoisser comme une tarée parce que je trouve que ça ne va pas assez vite. Enfin j'essaie. 

J'écris moins, dessine moins,vois moins mes amis, et c'est sûrement ce que je regrette le plus. J'ai l'impression de m'enfermer, d'hiberner dans ma petite vie sans fenêtre, mais heureusement, quelques uns d'entre vous sont là hors blog, pour m'écrire et me raconter. J'aime beaucoup et ça fait plaisir de dépasser la maladie de temps en temps. La vie à côté est d'ailleurs bien plus importante, même si mon trouble borderline prend beaucoup de place. N'hésitez pas, pour toute question ou l'envie de parler, à m'envoyer un mail, je ne réponds pas toujours tout de suite, mais je lis et ça me fait plaisir. 

Je continue à me faire suivre par psychiatres, psychologue et psychomotricienne; ça fait du monde, je monopolise beaucoup de services mais c'est une belle équipe et je ne me suis jamais sentie aussi bien encadrée, s'il vous plaît, ne croyez pas vous en sortir seul(e)...Quand on merde, quand c'est le bordel, il y a des CMP dans toutes les villes ou presque, n'hésitez pas. C'est gratuit et on n'y prend aucun risque sinon celui d'avoir de l'aide. Je ne dis pas que ça résout tout, mais ça peut guider quelques fois, expliquer, relativiser les choses.

Moi j'essaie de participer un peu plus aux RDVs, tente d'appliquer ce qu'on me dit, de prendre tout ce que je peux, ça fait peut être 10 ans que je les vois, mais quand je regarde dans le rétroviseur dans les coups de déprime colossaux, je ne peux qu'admettre que j'ai bien avancé. Et ça fait du bien de se retourner quelques fois non pas pour ruminer le passé (ce que je fais déjà suffisamment), mais bien pour se dire de ne pas regretter mes 36 kilos, parce que je crois bien que j'étais pas tellement heureuse, bien que j'ai toujours un petit penchant pour ce poids, aussi catastrophique était il. 36 putains de kilos bordel, quand j'y pense je sais même pas comment j'en suis arrivée là, moi et mes os. 

Je me revois en HP, m'échappant pour aller courir dans le parc, ramassant canettes sur canettes, pour, à la fin de ma course, me lacérer les chairs. Je rentrais à la limite de l'évanouissement, en pissant le sang de partout. Charpie. Ma vie était en charpie. J'y suis restée des mois et des mois. Refusant tout contrat, sonde ou transfert dans un service approprié. Quand j'y repense, je suis heureuse que ma mère ne m'y ait pas mise de force, j'étais mineure et je crois que ça aurait été un désastre. Ils le savaient aussi bien que moi. Je n'étais pas prête à me soigner. je n'étais pas anorexique, pour rien au monde j'aurais prononcé ce mot, il est tellement laid...je me sentais enfin en phase avec mon corps, avec moi, jouissant de la moindre courbature, du moindre vertige, c'était ma seule occupation. Penser au vide de mon estomac. Aujourd'hui je soigne mon ostéoporose, mes règles ne reviennent qu'épisodiquement, mes dents se déchaussent. Et pourtant...et pourtant, cette époque me reste nostalgiue. Je sais que je n'étais pas heureuse, souhaiter sa mort à petit feu,s'y appliquer chaque jour n'est pas vraiment un signe de bonheur. J'ai l'impression -fausse- que j'étais en paix avec moi même, mais c'est faux. L'anorexique n'est jamais en paix avec elle-même, bien loin de là. L'anorexie est une putain sournoise. 

J'ai accepté le risperdal, parce qu'au bout de tant d'années, il faut faire un choix; guérir, ou continuer à se détruire. Vivre ou se crever. Mon choix est fait.soko-zine-16-600x382.png

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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.serrurerie-vsm-91.fr 13/07/2016 04:10

Fallait que je me débarasse de tout ça.

Liviana 14/03/2013 17:24


Bonjour =)


 


Je suis heureuse de lire ces lignes, et continue de penser à ton blog chaque jour - ou presque - particulièrement quand je vais mal.


 


Courage, et à bientôt !


 


Liviana.

Angélique 16/02/2013 17:47


Bonjour Anorchidea. Bon pour une fois je me lance, parce que j'ai lu que ça te faisait plaisir de lire les coms et mails. J'ai ce blog dans mes favoris et je te suis, dans l'ombre, depuis
longtemps... J'ai serré les dents à chaque chute, croisé les doigts à chaque lueur d'espoir, souri parfois, été triste souvent, espéré si fort. Pour d'autres raisons, j'ai eu la même évidence de
choix devant les yeux il y a 20 ans : "maintenant, c'est vivre ou crever". Crever lentement, en pourrissant sur place, en détruisant ses proches au passage, dans l'illusion fugace du bonheur des
paradis artificiels, ou vivre, avec tous les dangers de l'inconnu, tout l'inconnu d'un éventuel bonheur que je ne croyais pas mériter et qui me faisait peur. Je m'éclipse comme je suis venue,
j'aimerais que la force, la volonté et l'amour de tous ces êtres autour de toi, réels ou virtuels, rentrent un peu en toi, te portent, te relèvent définitivement. Mais seule toi peux avoir le
déclic, cette envie de vivre, ce respect et cet amour de soi qui peuvent nous sauver de nous-mêmes. Avec tout mon respect et mon admiration pour toi.

Anji 14/02/2013 08:35


désolée , mon comm s'est mis deux fois =(


@Lulu:sans me meler de ce qui ne me regarde pas c'est juste une remarque qui me viens là, je ne pense pas que nous soyons apte à juger les uns et les autres en faisant des comparaisons de "cas",
chaque personnne vit son trouble à sa façon, il existe autant de borderline que de gens qui sont atteints de  ce trouble autant de depressions que de gens depressifs etc.et nous ne sommes
pas qu'une maladie mais bien plus il ne faut pas toujours se fixer la dessus.


@Eugénie@je t'envoie toutes mes étoiles pour la voie que tu as choisie .


a bientot par mail peut etre ou ici.


 

anji 13/02/2013 12:43


Coucou eugénie


as tu reçu mes mails?

*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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