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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 22:09

C'est la cruauté qui m'excitait.

La cruauté qui m'animait. Le désir de tuer. D'écraser.

Quand on m'a enfermée dans les couloirs de la maladie mentale, il fallait à tout prix que je biaise, pour ne pas qu'ils m'enlèvent mon trésor, celui que j'ai caché dans mes viscères, celui qui fait battre mon coeur. J'arrivais avec un poids normal. Pour qu'ils aient l'air de vrais cons. Qu'ils ne comprennent pas. Et je souriais comme une conne, et la nuit, j'hurlais dans mon oreiller le sacrifice de cette graisse qui avait à nouveau tout fait rater. La petite mort encore et toujours retardée. Mon plan foutu en l'air, celui que j'avais réflèchi des nuits durant.

Ma rage sans égal.

Me faire péter les cordes vocales, me lacérer les veines, mordre les mains qui se pressaient autour de moi, les coups de pieds, les poings, les injures, les cris, ne pas pleurer, parce que je ne suis pas faible, moi.

 

Ma folie a bercé mon enfer, et lors de mes 17 ans, on a fait comprendre à mes parents que, certes il était possible que j'en revienne, mais il faudrait aussi envisager que cela puisse prendre des années, et que les rechutes seraient nombreuses. Qu'on allait tout faire pour me protéger de moi même. Parce que j'étais trop dangereuse. Que je risquais de.

Ne pas me laisser seule.

J'ai l'impression d'avoir 5 ans et que ma mère en a 200.

J'ai juste envie de crever, mais j'ai pas le droit. Je vois ça comme un acte égoïste et lâche, mais me demande si je le vois comme ça parce que j'ai pas le courage d'y passer. Il y a aussi le fait que je trouve ça un peu trop facile, de se barrer comme ça. Mais, gardons ça sous le coude, c'est tout de même une porte de sortie.

Mes insomnies se transforment en "plans", en scénario. J'écris des centaines de lettres d'adieu, avant de décider que si je mourrais, ce serait de faim. Je veux faire 29 kilos, mais j'en fais encore 36 et si je commence à le clamer sur les toits, on va encore me mettre à l'hosto et je devrais tout foutre en l'air à nouveau.

Le truc c'est que plus mon poids baisse et plus les doses de drogues augmentent, et les malaises sont fréquents.

J'adore la sensation que je ressens quand je valse dans le coton. Les picotements, l'inconscience/conscience de ce qui se passe autour, avec cet écrasement, cette chute. Je saisis enfin l'impression de la scission corps/esprit. Quand je tombe, je  jubile, je sens cet épuisement dans mes muscles, la traduction de ma tyrannie, de mon contrôle...je l'ai bien niqué, quand même, quand j'y pense. Je ris. Et finis à l'hôpital.

 

Ils avaient raison, ça a duré des années. Mais je pense m'en être sortie.

Je comprends la peur que j'avais quand j'étais sur le brancard, entr ain de me demander ce qu'allait être mon contrat, cette fois ci...J'avais peur de perdre la maladie, mais au delà de ça, j'avais surtout peur de me perdre moi, la maladie c'était moi, j'étais devenue la maladie.

J'avais raison d'avoir peur, aujourd'hui sans elle je me sens si banale que ça m'en fout la gerbe.

 

Il parait que je ne suis pas banale. Pas par mon vécu, par ma personnalité. C'est ma psychomotricienne qui m'a dit ça. C'est la plus belle chose qu'elle pouvait me dire. Si vous saviez comme je me sens fade. Je fais des choses. Des choses m'arrivent. Ni bien, ni mauvaises. Ca m'arrive. Je n'ai plus de sensations. PLus d'émotion. Que dalle.

J'ai l'impression d'être horriblement chiante pour mes amis. J'ai cette place de la fille qui n'a pas de limites, qui n'a pas de peur, juste le gout de l'aventure...et aujourd'hui...Aujourd'hui, le problème c'est toujours ces putains de limites. Depuis que je les ai mises, j'ai l'impression d'être encore plus casse-couille qu'une vieille qui serait devenue moche et aigrie. (un peu comme ma pharmacienne). PIRE, c'est vous dire. J'avais toujours des tonnes de trucs à raconter; la gueule de l'infirmière quand je l'ai mordue, le résultat de mes tests de toxicologie et/ou carences, mes échappées belles en blouse d'hopital le cul à l'air en pleine rue, les imitations des autres patients, les deals hospitaliers, les fugues, les coups de tête, on était mort de rire, et tout était beaucoup plus facile.  J'étais peut être malheureuse, mais j'avais au moins l'impression d'avoir un peu d'interêt, d'être un peu atypique. Aujourd'hui, à part rentrer dans le moule...

Que je me rassure, il me reste quelques gros dossiers à travailler, like my big body. My big big big big big pig body.

Parce qu'il y a ce premier amoureux qui me...drague? Le seul que j'ai jamais aimé? Le seul contre qui je n'ai aucune défense...? L'amour ça fait devenir con. Ultra con. Enfin bref, si je veux arrêter de me faire chier dans ma vie de merde (oui oh j'exagère, c'est juste que j'aime cette phrase, ça fait un peu dramatique vulgaire), peut être que ce serait cool d'envisager la vie à deux, pas dans des toilettes, je veux dire, dans la vie quoi. Avec des trucs comme des sentiments. Ces trucs inconnus qui font très très peur. Ca, par exemple, est un énorme dossier. Ouf que j'ai encore un pied dans la maladie ;)

 

Bref, vous l'aurez compris, encore une fois, rien de palpitant. Mais ça va venir...

J'ai décidé de me pencher sur le vide ce week end. Trouver des activités pour le combler. Du genre, peindre, écrire, mais aussi la chute libre, parapente, saut à l'élastique, escalade, et autres. On verra bien. Mais ça m'est fortement conseillé, parait qu'il ne faut pas que je baillonne cette partie là de moi car elle pourrait reprendre le dessus et baillonner toutes les autres cette fois ci. Faire sa loi et tout niquer et ensuite...si je suis nostalgique de la "bonne époque", je risquerais fort d'en être écoeurée. Quand on re-tombe...on ne sait pas quand ça s'arrête, tout le monde le sait. J'en ai pas vraiment envie. Je serais tentée de retrouver un peu de ce qui m'animait avant. Mais ce ne sera plus jamais comme avant. Je n'ai plus cette inconscience, j'ai compris trop de choses, analysé, décortiqué, avancé. J'ai grandi.

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Crise existentielle
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commentaires

http://www.detartreur-electronique.fr 13/07/2016 04:31

Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas.

Dobiki 07/12/2010 20:48



J'avais déjà sévi. Il était alors question de rage (la mienne) et de choses imbéciles qui portent le salut. J'avais été... censurée ? Cela avait alors, à peu près autant d'importance
qu'aujourd'hui. Aucune.


Je continue de lire. Je continue d'aimer les mots, et ici, ils sont plutôt bien traités. Je vous observe... En dilettante, soyons honnêtes... Et j'ose à peine y croire. Un petit quelque chose
aurait changé de place ? Effarée par la banalité ? Asphixiée par la normalité ? Toujours à se demander si c'est bien par là qu'il faut aller ?


C'est formidablement con tout ça mais oui !!! Le quotidien vous boufffe aussi sûrement que toutes les toxines imaginables, c'est long, c'est usant, et ça n'a pas d'autre fin que la votre. Chose
encore plus incroyable, c'est dans ce fatras que se cachent les plus parfaites autant qu'incertaines pépites de bonheur !!!


BREF.... bref... ne vous inquiétez pas, il y a là-dedans, tout à prendre, rien à laisser. La perfection ? Elle n'est là pour personne. Croire que l'on s'y frotte est une pure illusion, et il
n'est d'existence que dans l'incertitude. C'est d'un chiant infini et on ne s'ennuie jamais.


Vous souhaitant toujours de ces choses imbéciles qui tiennent éveillées les consciences les plus sombres...


avec toute ma curiosité...


Dobiki.


 



[AnO]rchiDeA 08/12/2010 09:59



Bonjour Dobiki.


Tout d'abord, je n'ai pas pour habitude de censurer qui que ce soit...Et si je ne le fais pas moi même, personne d'autre ne peux le faire. La majorité des commentaires qui sont laissés ici sont
parfois encourageants, parfois remuants, parfois constructifs, parfois les 3. Il y en a qui m'ont blessée (2 ils me semblent) mais qui étaient justifiés -je trouve- car ils m'ont permis de me
remettre en question...et de me bouger le derch' quand il le fallait (plus que les autres fois haha). Plus sérieusement, j'ai mis depuis 2006 2 commentaires dans ma corbeille. (Parcequ'ils
étaient en double). J'estime qu'à partir du moment où l'on met sa vie sur le net, il faut assumer. Comme dans la vraie vie, on ne peut pas plaire à tout le monde...et donc se préparer à recevoir
des remarques plus ou moins plaisantes. J'avoue que jusqu'ici, j'ai eu de la chance...


Pour le reste...Je crois que j'ai un peu trop idéalisé le quotidien...celui que j'aurai quand je serai guérie. Quand on idéalise, on est rarement satisfait de toutes manières. Il faut j'apprenne
à y mettre des pépites. Non, plutôt ouvrir les yeux et les voir. Je crois que la décepetion m'empêche de les voir, aussi simple que ça. MAIS, (parce qu'ici il y a toujours un "mais") si je n'ai
pass écrit ces derniers jours...c'est aussi parce que viennent à moi des projets, plein de projets (qui me plaisent). Ca valait bien le coup de se faire chier un peu!Et puis au fond, j'imagine
que la vie est faite des cette alternance de périodes creuses, et d'autres survoltées. En fait, je crois que ça va me plaire. Dobiki, dilettante ou non, je suis contente de vous compter parmi mes
lecteurs. Les choses imbéciles, je crois que je commence à les aimer. La vie est peut être à prendre à la légère, avec l'air niais que l'on a quand on sourit.


Merci. Sincèrement.



Elisabeth 05/12/2010 15:49



Si je ne l'étais pas déja, ça me déprimerait tout ça !



[AnO]rchiDeA 08/12/2010 10:10



Betty...


Tu ne peux pas savoir comme ton mail m'a chamboulée. Je t'avoue que je ne m'y attendais pas. Pas que je te prenne pour une insensible. Mais je te vois tellement comme une personne super forte,
qui jamais ne perdrait sont temps sur un blog du genre mur-des-lamentations-je suis-la-plus-malheureuse-du-monde-aidez-moi...Hahaha, mais quelle groupie putain je me fais honte; mais tu vois ce
que je veux dire, je rêve d'avoir ton détachement, ta lucidité, enfin merde, t'es assez emmerdante comme fille en fait, tu te plains jamais ou quoi? T'as toujours de l'esprit comme dans tes
articles? Manquerait plus que tu ressembles à une bombasse et je te hais! Tu vas sûrement lever les yeux ux ciel...mais je m'en fous. J'ai jamais été aussi sincère ;) Mais plus sérieusement, si
tu as réussi...ouais, t'as raison, on ne sait jamais ce qu'il y a au bout du chemin. Et si Elisabeth avait une soeur...wouah, ce serait orgasmique.


La bise betty.



orphee 03/12/2010 12:29



Ma fleur,


oui cette fois je t'approprie... je ne suis pas sûre que se soit français mais je ne trouve pas le bon terme, je veux seulement dire que je te considère un peu à moi pour cette fois...


Envie égoïste de ne te partager avec personne, de me retrouver seule avec toi (donc plus seule, être seule à deux c'est tout de même plus sympa, moin sflippant) et discuter, t'écouter me raconter
ton combat pour la vie, savoir ce que tu as découvert en te penchant sur le vide, apprendre, apprendre à te connaitre, apprendre ce que tu as à partager, car tu as plein de choses à partager, tes
expériences, ta sagesse grandissante de part des expériences de VIE...


Oui ton discours est plein de maturité comme le dise tout ces commentaires, tu te sens peut être comme une fille de 13 ans, mais tu gardes tes acquis...


Tu entres dans une période que de nombreuses personnes aimeraient connaitre, tu sais le "retomber en enfance en gardant les acquis de l'expérience"...


Profites, joues, amuses toi, aimes, AIMES, la vie, la peinture, le dessin, l'art, les gens AIMES...


Ta logorrhée n'a rien d'insignifiante, vraiment rien. Tu ignores le bien qu'elle me fait... Est-ce un bien (mal)sain? Je ne sais. Je sais simplement que te lire est une drogue et un beaume tout à
la fois...


Grâce à tes mots ce midi, mes meaux se font moins hurlants ce midi, et je trouve la force de ne pas sortir cette lame, là dans ma poche... je craquerais seulement pour ce ènième croissant plein
de graisse, je ne suis plus à x kilos de plus, passer de pachiderme à bibundum...


Ma logorrhée (jaime bien ce mot ^^) n'a aucun sens, n'est qu'égoïste et n'a rien à faire sur le blog de ma fleur... mais j'avais besoin de te dire merci d'être là, toujours présente...



[AnO]rchiDeA 23/12/2010 11:59



Ta logorrhée à toi,a plus que sa place par ici. Elle me fait du bien, et me conforte dans l'idée que je dois continuer ce blog, contonuer à écrire la vie après la mort, parce que des personnes
n'y croient plus, ont abandonné et sont prêtes à dégainer le drapeau blanc, mais je dois leur montrer qu'elles se trompent, qu'on a le choix, que tout n'est pas brisé, qu'il reste toujours une
infime braise qui finit par s'enflammer et distribuer assez de chaleur pour que le feu reprenne. Je suis tellement heureuse d'avoir cette "mission". Je l'ai tellement eu cette peur, celle
d'échouer, de perdre. Sauf que je ne perdrais pas à un jeu, je perdrais la vie. A 36 kilos, on pense qu'on règne en reine, mais le trône s'est transformé en fauteuil roulant, et la couronne en
perfusion. Je ne savais plus me lever le matin comme je n'avais plus la force d'y croire. J'ai eu la chance d'avoir des personnes autour de moi qui y ont cru à ma place, si fort...Aujourd'hui,
tout "ça" me semble si loin. J'ai changé. Grandi, compris...je ne sais aps si on peut guérir. Mais vivre, ça, oui. C'est ça que je veux montrer. A tout le monde.


Je suis sure que tu as autant de choses à partager que moi.


Je t'embrasse super fort, jusqu'à ce que tes joues n'en puissent plus.


joyeuses fêtes Jolie Orphée



roulio 29/11/2010 14:26



... ^^.


T'es la plus belle.



[AnO]rchiDeA 08/12/2010 10:13



Hahahaha, saligaud, présent! Putain comme je  me suis roulée dans ton mail...t'as pas peur que je puisse plus mettre mes souliers des fois? Mes chevilles sont prêtes à exploser jte signale!
J'ai quand même réussi à deviner que t'étais une dbutante du babyliss, et si avec ça jsuis pas une bête putain, je frise l'extralucidité!


En attendant ma réponse, je t'envoie plein de becs, pirtout pirtout. Toi t'es genre mon coach de bonne humeur. La vie de ma reum.



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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