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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 19:36

Je hurle. Comme une folle. Dans toute la maison. Mon coeur tambourine comme un fou et je n'arrive pas à savoir si c'est à cause de la dose léthale de valium que j'ai avalé ou si c'est à cause de la panique. Après y avoir réfléchi quelques longues minutes, il fallait se rendre à l'évidence; si je ne voulais pas mourir, les minutes m'étaient comptées. Il fallait agir.

 

"Maman...maman euh...je crois que je devrais appeller quelqu'un parce que...merde je ne sais pas qui appeller...jte tiens au courant. Enfin je crois que je serai aux urgences d'accord? Je t'aime maman".

 

"Bonjour, Eugénie S. au téléphone, je vous appelle parce que je ne sais pas à qui téléphoner alors en fait j'ai pris plein de médicaments et euh...je crois que là... ok. J'attends. Merci."

Une ambulance. D'accord.

 

[Je me réveille].

Des gens en blanc. Je ne peux pas bouger. Mes poignets sont attachés. J'ai la gorge horriblement douloureuse. Putain, ils m'ont intubée. Je ne peux pas parler. "Elle se réveille!". Ils ont l'air content. Quant à moi, je ne sais pas trop où je suis. Ah, si, j'arrive à llire  "CHR CALMETTE LILLE" sur mon drap. J'ai froid. Non, je meurs de froid. Hypothermie. Mais j'ai déja de nombreuses couvertures sur moi. Putain c'est quoi ce tuyau...une sonde urinaire...ok, j'y suis allée à fond j'imagine.

Une blonde s'approche de moi pour me dire "Nous sommes dimanche, vous êtes à l'hôpital. Vous êtes arrivée vendredi.  Vous avez fait une overdose de méthadone et un surdosage de benzodiazépines.Vous avez fait un coma. On vous a intubée parce que vous avez fait une dépression respiratoire,et bientôt, si vous restez consciente on pourra vous enlever le tuyau que vous avez dans la gorge. D'abord, mais il faut me promettre que vous n'essairez pas de vous l'arracher toute seule, je pourai vous détacher les poignets. D'accord?"

J'ai une infection pulmonaire, mais je n'ai pas très bien compris ce que ça voulait dire aussi, et si c'était grave, ou pas.

Comme j'étais plutôt docile, ils m'ont détachée assez rapidement. J'avais tentée de le faire toute seule, mais j'ai été reperée et la blonde, qui avait l'air crevée, m'a bien fait comprendre que fallait pas trop jouer avec ses nerfs, c'est elle et elle seule qui déciderait de me détacher -ou non-. Par contre je suis restée intubée un bon bout de temps...Et l'autre qui me dit "mademoiselle, il suffit de se laisser aller, le respirateur fait tout tout seul" ; ben ouais, bien sûr, essaie de t'habituer à un truc qui occuppe toute ta trachée qui en plus a fait un oedème la connasse...

"Coma".

"Coma".

"Coma" , ça veut dire que j'ai failli mourir.

Mais on n'a pas le temps  d'établir les fondations d'un débat philosophique sur le fait de frôler la mort alors qu'on ne voulait absolument pas le faire bien qu'on y aie pensé une centaine de fois et que c'est justement quand tout parait aller mieux qu'elle se pointe la salope".

Non, pas le temps. Parce que là, j'en vois une s'avancer avec une espèce de lingette en me disant que ça va être "la toilette". La toilette! La toilette! Aurais-je oublié que j'avais le cul nu sous ma blouse?

Je me suis débattue. J'ai pleuré...je ne vous raconte pas la douleur -morale-mais surtout physique de pleurer alors qu'on a la gorge intubée.  J'ai serré les jambes aussi fort que j'ai pu.

Et puis la blonde est revenue. Pour moi ça s'apparentait à l'arrivée du messie, à peu de choses près. Un messie crevé, mais tout aussi...esperé. " C'est à cause de la toilette? Ah. Ne vous inquiètez pas, ça va aller...c'est une femme qui va le faire, regardez. On va mettre des paravents d'accord? Séchez ces larmes. Calmez vous."

J'ai fermé les yeux très fort. Je me suis concentrée sur le fait que malgré mon expérience des urgences, jamais, jamais je ne suis tombée sur une équipe aussi attentive et humaine.

On est dimanche. J'ai pris mon coktail vendredi vers midi. On est dimanche. Vendredi/dimanche. Coma. Putain.

Il faut prévenir mes parents.

Je suis transfrerée dans un autre service. On m'anonce qu'il va falloir que je reste la la nuit. Il n'en est absolument pas question. Je veux dire, elle ne se pose même pas putain de merde. J'ai même pas de clopes parce que ces connards d'ambulanciers me les ont piquées. (Un paquet neuf quand même! Deux fois que ça m'arrive bordel).

Donc, je commence à faire du bordel, c'est à dire que j'arrache ma dernière perf, pleure bruyamment en criant des trcus qui n'ont pas de sens (mais surtout que j'ai pas de clopes), notamment le fait qu'il est 15H30 et que ça fait des heures que le psychiatre qui doit valider ma sortie devrait être passé.

Bref, il passe. Et là, sans que je ne dise rien, il me dit quelqu'un peut venir vous chercher?

Bon, dans ces conditions, vous êtes sortante.

Ah...et euh...enfin, c'est bon là? Je peux vraiment sortir?

 

Je voulais sortir de cet hôpital. Mais j'esperais un tout petit peu, au fond de moi...de devoir être transferée au ciac.Qu'on m'enferme quelque part pour ne plus que ça recommence. Pour ne plus que mon "double" s'empare de moi et m'envoie au 7ème ciel. Je n'ai pas envie de mourir moi madame.

Mon angoisse grandissante de voir la porte de mes grand-parents défoncée par les ambulanciers. C'est vrai, imaginons que j'étais déja inconsciente lorsqu'ils sont arrivés chez moi!? Comment ils font? ça m'a occuppé l'esprit une bonne parti de mon séjour hospitalier...Est ce que j'ai eu le temps de leur ouvrir? Pourquoi ont ils pris mon sac avec moi?

Lorsque je suis enfin arrivée à ma porte, j'ai découvert qu'elle était vierge de toute agression. Ouf. Mais à l'intérieur...le carnage...tous ces emballages de cachetons...partout...et..mais c'est quoi ce bordel de bouteilles de méthadones qui trainent partout? J'en ai pas pris à ce que je sache...tout ça? Mais putain mais...mes cachettes! Mes cachettes sont vides. Mais bordel. Alors j'étais inconsciente, et dans mon inconscience j'ai tout pris. TOUT. Des centaines de mg de méthadone.

"Ils m'ont dit qu'ils avaient eu du mal à te ramener. Qu'ils t'ont sauvée, pour cette fois...Viens, on rentre."

 

 

Je ne sais pas trop décrire comment je me sens. Terrifiée serait peut être approprié. J'ai peur. De moi.

Je leur ai écrit une lettre au service. J'espère qu'ils la liront. Parcequ'ils ont été super. Et puis aussi ils m'ont sauvé la vie.

C'est pas rien.

 

"Only absence near me". C'était juste "à ce moment là". Ce moment précis où on sent que "ça" prend le dessus. Au moment ou tout se casse la gueule. Au moment ou on sait que c'est limite mais ou l'on se convainc que ça va passer. Je sais que je ne suis pas seule, au contraire.

 

Je répondrai à vos commentaires...merci à vous.

Vous embrasse.

Demain j'appelle le cmp. Déja, leur anoncer que je suis vivante. Ensuite...je veux reprendre un traitement. Il faut.

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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.villatatin.fr 13/07/2016 04:35

Que tout explose, se casse la gueule. Je vais bien mais vis un peu dans la peur.

Anamnesik 07/08/2010 23:43



Comment ça va? Pensées *



Anianka 05/08/2010 23:18



Larmes aux yeux... Peur au ventre... Et besoin de te dire que j'ai mal avec toi... Si seulement je pouvais avoir mal pour toi... Mais bon, les choses sont parfois mal faites. Bref, inutile de
répondre à ça de toute façon le choc m'empêche de trouver les mots que je voudrais vraiment te dire, et suffisament de plumes si bien encrées sont passées avant moi...


Mais, stp, n'abandonne pas, tu es si précieuse... En clair, je crois que j'essaie de dire que je t'aime très fort. Tu sais, tu me manques déjà avec ces quelques putains de kms qui nous
séparent... ne pars pas plus loin... je t'en prie 



parenthese 05/08/2010 22:43



Je crois que les tentatives de ce genre ne sont finalement que des tentatives de vie. Mourir doit être bien autre chose. Quelque chose peut-être de diamétralement opposé que se faire du mal.


Douces pensées. Tu es vivante, bien vivante, malgré tout "ça". Et reste là. Reste.


 



tibouh 05/08/2010 22:33



Je rentre de vacances et c'est comme toujours que j'ouvre le lien de ton blog avec une certaine appréhension... Ne jamais savoir, prévoir, si tu seras toujours des nôtres...


Pfff merde Eugénie, pourquoi?


Ne fais pas ça, non pas maintenant hors que tout se dénoue hors que les choses se débloque! C'est dur mais le plus dur est derrière toi!


Ne baisse pas les armes maintenant ça serait trop dommage!


On est tous là à te soutenir depuis des jours, des mois, des années pour ma part et crois moi ton évolution est étonnante alors non. Moi je ne veux pas que tu tentes ça à nouveau! non!non!non!


C'est bon là, moi je vais te secouer comme un prunier à la fin, tout le monde t'aime, t'aide, te soutien alors je t'en prie continue sur ton chemin, appuie toi sur nous tous ici présent, sur ta
famille et tes amis. Nous sommes là pour ça!


Tendresse



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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