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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 12:43

Tout mon petit monde s'est donné de la peine pour m'entourer. Comme quand on shoute dans une fourmilière, et que chaque fourmi tente de reconstuire le truc, pour que tout redevienne comme avant. Même si y en a des centaines qui ont voltigé pour de bon, voire se sont retrouvées écrabouillées sous une chaussure. Qui dera des kilomètres avec des cadavres plein la semelle. Des morceaux de coeur en moins et le cerveau pété en deux.

Mais quoi, je suis vivante non? Alors continuons, après tout.

J'ai le nez abîmé, comme une trace visible de mon passage de l'autre côté. Comme pour dire à tout le monde que j'ai pété les plombs comme d'habitude, le respirateur artificiel en plus. Ouais j'ai gravi les échelons moi. Bientôt jserai carrément morte à force de vouloir la frôler comme ça. Un jour, au lieu de me repousser parce que faut croire que c'est décidément pas mon heure, elle s'accrochera à moi avec ses deux bras décharnés pour m'avaler complètement. Et je ne pourrai plus jamais fanfarroner de ma connerie. Je ne pourrai plus me sentir invincible, carrément surpuissante voire inhumaine ou tous ces trucs débiles que ta [non]santé mentale te fait avaler. Comme si fallait toujours se mettre en danger pour vivre, mais putain, on peut vraiment pas faire autrement? Est-ce  qu'on est toujours obligé de se donner en spectacle, ou plutôt de mettre sa souffrance à la con en scène? C'est comme si elle me laissait respirer, parfois, puis sa grosse main dans la gueule le lendemain, comme ça, comme son jouet, sa poupée un peu cassée qu'elle remonterait chaque fois pour la niquer un peu plus quelques jours après. Sauf qu'elle n'est pas une personne, et que sa main, c'est la mienne. Moi, toute seule, qui décide de tout briser, dans un accès pathologique sévère où je me mets à hurler, me griffer partout, foncer dans les murs en beuglant pour finir par me mettre en boule en pleurant bruyamment -si les larmes veulent bien dans le cas contraire c'est frustrant-.  Comprenez que j'ai l'air d'une dégénerée et que je n'ai pas envie mais alors pas du tout de me laisser aller ainsi, ça fait désordre. Gober pour s'anesthésier, il vaut mieux se censurer parfois. Sauf qu'au réveil, on a perdu 48H, on a la bouche pâteuse, et puis...après avoir rangé le bordel qu'on a foutu complètement défoncé aux anxyos (des fois on dort pas, on se bat contre des hallus malveillantes), bref, quand on se retrouve comme une connasse, et que tout, TOUT est toujours là, je parle de ta salope de douleur qui te vrille les tripes...il vaut mieux aller prendre l'air. Oublier ton nombril, un tout petit peu pour te sauver la vie genre.

J'ai essayé de dire à la psy que j'allais mieux, que les urgences, c'était un dérapage mal contrôlé mais bon en gros je vais (j'ai dit "beaucoup") mieux. Elle m'a dit avoir du mal à me croire, mais moi j'ai un dossier à boucler, celui de la non-vie. Et un autre à ouvrir, celui de la Vie. Il m'attend, là, avec son "urgent" en marker rouge sur la tranche. Et si je ne l'ouvre pas, bientôt, je vais me faire virer par tout le monde et comme c'est ma plus grande angoisse, il ne faut pas. Et puis même, la non-vie ça commence à me les briser sévère quoi.

Je lui ai aussi glissé qu'une personne normale avec des armoires pleines de somnifères aurait sûrement preféré en avaler un pour s'assurer une bonne nuit, et si, au pire, elle était toujours de mauvaise humeur au petit matin, appellé une personne quelconque pour lui vomir son mécontentement à l'oreille, ça fait toujours du bien. Alors que moi, depuis que je prends plus de cachets, je veux pratiquer l'abstinence absolue, sans craquer même si je vais passer une sale nuit blanche. Et comme l'angoisse me mange, je n'appelle absolument personne, et la laisse faire.  M'étouffer complètement, et finir par craquer complètement de manière bordélique. JE suis bordelique, une vaste blague à moi toute seule.

Je lui ai donc demandé si j'avais un problème de santé mentale, c'est quand même un comportement un tout petit peu...enfin ça interpelle quoi. Comme elle m'a dit que si elle me mettait dans une case je prendrai soin d'en sortir pour entrer dans une autre, ça ne servait à rien; en gros elle avait peur de l'ouvrir, elle savait bien que ça allait pas me plaire et qu'il fallait pas me froisser -j'étais alors suicidaire, comprenez-.

N'empêche que quoi qu'on en dise, je suis catégorique, je vais mieux. Je mange mieux, et aussi plein d'autres choses du genre assez extraordinaire -pour moi- quand même. Ca faisait un bail que j'avais pas fait une crise. Et aussi, j'ai donné TOUS mes cachets. Ceci dit, bon, il n'y avait plus grand chose d"interessant" (si on veut vraiment se déssecher la tête) puisque j'ai tout pris. Mais bon, quand même une boite de chaussures PLEINE, et je me dis que le jour où j'aurai décidé de tout m'enfiler j'imagine que le coktel doit pas être très glorieux donc bref, j'ai tout renversé sur le bureau du psychiatre, fière comme une gamine qui aurait fait un beau caca. Hop, voilà. Il a grand ouvert ses yeux -du genre putain elle éxagérait pas!- et m'a demandé ce qu'il allait en faire comme si je savais moi quelle question conne quand j'y pense. Depuis qu'il me le demande mon trèsor, voilà que je lui offre et qu'il fait la fine bouche, il s'attendait à quoi, que jlui file une boite d'allumettes? C'est mal me connaître, l'abruti.

Alors, ok, j'ai failli mourir. Ok, c'est pas anodin, je ne m'amuse pas à minimiser les faits, mais alors...fallait m'enfermer si vraiment on avait peur. (En tous les cas le psychiatre des urgences a du avoir son diplôme dans une pochette surprise) Si on m'enferme pas, j'imagine qu'ils pensent que je suis capable de ne pas retenter le diable dans 2 jours. Que je vais me calmer, que je vais prendre sur moi, et que je vais continuer comme une grande sur ma lancée. Et c'est exactement ce que je vais faire. Alors bon dieu, ça sert à rien de me répeter toutes les 7 minutes que j'ai frôlé la mort, que je vais de plus en plus loin, que j'ai franchement failli y rester...Je le SAIS. Je le sais putain, j'arrête pas d'y repenser...On peut passer à autre chose ou bien?

Je démissionne de mon boulot d'esclave jeudi.

Je rejoins me parents dans le sud vendredi.

Je profite de mes vacances pleinement, sans taper des crises au moment de se mettre en maillot de bain.

Je DORS.

J'évite les soirées aux narines pleines, ce qui veut dire que je persiste dans l'abstinence absolue de tous toxiques. (Encore une autre chose extraordinaire)

Je bronze et me trouve vraiment trop bonne.

Je reviens donc en pleine forme pour ma rentrée scolaire.

Ah, et comme j'aurai à nouveau l'esprit clair, je reprends ma thérapie avec brio.

Et j'ai vraiment hâte d'attaquer le "massage/expérience du toucher" avec la psychomotricienne.

Voilà...pas trop de pression, que des choses possibles (profiter des vacances, y a pire)(Sauf le truc de me trouver trop bonne, là, je doute sur mes capacités, mais bon c'est pas vraiment indispensable bien que ça contribue à mon bien-être), et un retour d'enfer.

I'll be back.

 

Excusez le monologue grossier et vulgaire, et aussi salement amer...J'avais besoin de vomir verbalement...Je me sens beaucoup mieux. D'ailleurs, je me suis fait du pop-corn, c'est vraiment bon en fait!

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Published by [AnO]rchiDeA - dans Crise existentielle
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commentaires

http://www.photo-retouche.fr 13/07/2016 04:35

Que tout explose, se casse la gueule. Je vais bien mais vis un peu dans la peur.

Alexandra 09/08/2010 15:05



Ma ptite fleur, je ne garderai que la fin en tête!!! waouw!!! =) ça me fait plaisir =Dprofite ma belle, profite du sud

enfumée 09/08/2010 06:24



Il est déjà important que tu parviennes à exprimer ce quez tu ressens. Ce texte expression, de tes maux est la preuve d'un combat mené contre toi même, pour ne pas subir tu es venue écrire,
évacuer.... c'est un beau pas !



Anamnesik 08/08/2010 23:22



Je suis à Marseille, au cas où. Bisous *



Ludivine 08/08/2010 19:00



Le psy m'avait expliqué que ça sert à rien de nous mettre dans une case car on crée des symptômes et quand on en élimine un, on en trouve un autre. Donc on arrive à être plein de choses à la
fois, névrosée, borderline, bipolaire, voir psychotique. C'est des créations du cerveau. Ce qu'il faut c'est arracher le mal à la source pour éliminer définitivement la réapparition de
symptômes. 


Il est vrai que tu as des instants de folie (quand tu te cognes, griffes etc.) mais dans tes propos tu restes extrêmement lucide, tu arrives à exprimer avec discernement ce qui t'arrive et tu
sais exactement ce que tu fais. Tu n'es pas folle. :)



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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