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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:59

Tout d'abord, comme toute tradition, bonne année à tous. Année 2013, année de la baise, année balèze, année de braise, année de l'oseille, année des projets qui aboutissent, année amoureuse (qui sait?), année rêveuse, année en(vie).

 

Ici ça bouge pas mal. En bien paraît-il. On m'a mis du Risperdal en injection pour briser la machinerie des angoisses massives. Je dois dire, ça marche pas mal. Quelques scarifs par ci par là, pour voir si ça coupe encore, comme ça, parfois des excès de zèle en appuyant un peu sur le valium, un peu de codéine, juste encore un peu. Mais à part ça, RIEN. Que dalle. Ni en haut ni en bas. Au milieu. J'ai un peu de mal avec cette histoire...M'approprier l'équilibre ça fait bizarre, c'est l'inconnu et l'inconnu ça fait peur. J'ai cette subite impression d'être devenue tellement lisse et fade, insipide. Comme d'habitude me diez-vous, j'ai eu cette habitude d'écrire ces mots/maux. Mais Là, j'ai jamais autant illustré le concept.

Les fêtes de fin d'année se sont passées. J'étais pas à l'hôpital, depuis des années c'était pas arrivé. Cette année j'avais choisi de pas y aller ni l'été ni à Noël, ça a marché, je sais pas par quel miracle. Le défi peut être. Oh, j'ai bien eu quelques passages aux urgences depuis la dernière fois que j'ai écrit. Mais je suis en vie. Miracle ou instinct de survie à toute épreuve, haha, je ne sais pas. Faut croire que j'ai sacrément envie de la vivre cette vie. Pas crever avant de l'avoir goûtée, au moins une putain de fois. J'ai participé à des protocoles de recherches pour trouver un traitement adapté aux borderlines aussi. J'étais contente. Que ça serve à quelque chose je veux dire. Poser une pierre à l'édifice, intéresser les labos, arrêter de tâtonner dans les traitements. C'est cool d'avoir un diagnostic, mais si faut attendre que "le vide émotionnel" se résorbe tout seul comme un grand, on n'est pas sorti de l'auberge. Ils ont établi un lien entre la génétique et la pathologie. J'y crois et j'ai envie d'y croire, ne serait-ce que pour l'espoir de trouver un jour un traitement adapté qui fera mon affaire. Dire Adieu à mes chères benzos, les neuroleptiques en masse, anxyos et somnifères. Ils font mon bonheur, ils font ma perte aussi. De mémoire déjà, d'émotions je n'ai plus, et puis ma créativité est bridée, complètement bridée. J'ai pas peint depuis des lustres putain. Fait chier. Faut que je m'y remette. Tous ces "il faut " dans ma bouche me font gerber. J'ai des "il faut" mais jamais de "j'ai fait". Incapable de prendre mon courage à deux mains pour faire. Que ce soit les démarches, prospecter le client, l'administratif, passer des appels chiant mais qui prendraient deux minutes, bref, m'occuper de ma vie. Je suis bien aisée de m'occuper de celle des autres, mais alors la mienne c'est le vide intersidéral. "Il faut" que ça change. 2013, l'année charnière? Tout le monde dit ça, n'importe quoi, comme si ça changeait quelque chose. Faut bien se rattraper à quelque chose en ces périodes plus ou moins bordéliques. Moi aussi je m'y suis mise. Me remettre à courir. Arrêter la clope (quelle originalité j'avoue!). Me faire plaisir. Manger normalement. Ma délecter. Vivre au présent. Penser à moi. Voir mes potes. Décrocher à leurs appels. Débarquer voir mon meilleur pote en Suisse. Voyager. Bosser. Développer mon entreprise. Trouver des clients. Arrêter l'automédication.

Tout ça j'ai déjà commencé, un peu. Mais le 6 décembre dernier, je me suis rendue compte que malgré tout ça, tous ces stratagèmes que je mets en place pour tenter de prendre soin de moi, y a rien qui marchait. Le mur s'approchait déjà. Je le voyais arriver gros comme une baraque. Énorme. Choc frontal. Alors j'ai tout avalé. Tout. Mon stock. Oh ne vous inquiétez pas, je l'ai ré alimenté, je le finis, et hop, inconsciemment j'en refais un. Les urgences. Dépression respiratoire. "Ne vous endormez pas!" Hospitalisation en psy. "Vous avez tenté de vous suicider non?

_Non. Je voulais arrêter mon cirque. Je voulais que "ça" s'arrête. L'angoisse permanente. La gerbe, la nausée, ces cailloux dans mon ventre. Les questions en boucle, toutes sans réponse. Ne pas avoir arriver à demain. Tout ça, je voulais y mettre fin. Pas mourir...juste...y mettre un terme. J'ai envie de vivre, vous voyez. Mais pas comme ça. "

Alors maintenant on m'a foutu du Risperdal. En injection. C'est fait pour ceux qui savent pas gérer leur médoc. 180€ l'injection. Je coûte cher. C'est ce qu'on fout aux schizos. Parce que mon état limite me fait perdre pied avec la réalité. Comme quand je parle de mon corps en disant "c'est qu'un corps". C'est bien pour ça qu'on l'appelle "limite". Entre la névrose et la psychose. Je commençais à pencher du côté de la psychose. C'était trop important, trop massif, trop oppressant. Alors hop, une seringue dans la fesse et le problème a été réglé. Géré. A leur manière, mais maintenant je me retrouve dans cet espèce de no man's land où rien ne se passe comme avant. J'y arrive pas. A l'apprivoiser la vie. J'y arrive pas. Je dois pas être conçue pour, j'en sais rien. Ça va venir, me dit-on. Je sais. Je sais. Un jour ça ira. De toutes manières, si on tient jusque là, l'état-limite se consume vers 40-50 piges. Le vide émotionnel, le trop, le rien, la peur de l'abandon, la contrainte de devoir plaire à tout le monde, tout devoir "faire bien", être parfait(e), l'instabilité émotionnelle, l'instabilité de l'humeur, les impulsions, tout ça, ça se tasse. Encore faut -il tenir. J'y arriverai. C'est juste...des fois j'en ai marre de partir au front en permanence. Tous les jours, enfiler ma putain d'armure qui pèse trois tonnes, et foncer, l'épée droit devant moi. Des fois j'ai pas envie. Des fois j'ai envie de rester dans mon lit, et dire stop. Arrêter le massacre. Je me combats pas contre les autres. Juste contre moi. Depuis des années je me trompe de cible, j'arrive pas à viser. J'y arrive pas. J'arrive pas à cibler l'ennemi, jsuis dans le noir, à tâtons. Et comme faut trouver un coupable, faut toujours trouver un coupable, c'est plus facile psychologiquement, et que j'ai mon corps sous la main -le pauvre-, c'est facile à torturer. Voir jusqu'où ça peut aller. Jusqu'où le masochisme peut être poussé.

On m'a même obligée à changer d'hôpital psy. Enrayer les habitudes. Enrayer le cercle. Même ça, même en hospi, comme je passe ma vie à jouer des rôles, j'en faisais un mésusage, jusqu'à me retrouver en contention alors que mon état n'était pas si catastrophique en entrant. Du coup je ne vais plus aux unités psy de Tourcoing (nord) mais à Lille, où je ne connais personne, comme ça, je peux pas manipuler. Tout est vain là bas; j'arrive dans un nouveau monde à conquérir. Personne ne me connaît, ni mon passif, ni mon histoire, ni rien. Juste mon traitement. Des fois je me dis que c'est sûrement mieux, plus sain je veux dire. D'autres fois mes anciens services me manquent. Les infirmiers aussi. Et toutes mes cachettes aussi. Toutes les irrégularités que j'avais trouvé dans les murs de l'établissement, dans lesquelles je pouvais cacher portable, lames, canettes, cachetons...Oui, c'est sûrement mieux comme ça. Même si le changement et moi...c'est dur. Je m'adapterai. Comme toujours. J'y arriverai. Ça finit toujours par aller non? Ça finit toujours par aller.

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Published by [AnO]rchiDeA
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http://www.meubles-et-plus.fr 13/07/2016 04:13

Fallait que je me débarasse de tout ça.

Caducee 15/01/2013 09:10


J'ai toujours du mal à trouver quoi écrire, quand je te lis.


Tes passages sont toujours si pleins de vie, d'émotions, de douleur, d'espoir, et aucun mot inutile puisque tu as souhaité le dire.


Alors sache juste, sûrement une fois de plus je l'écris, que même si je suis incapable de savoir quoi dire (un soutien, un réconfort ?) je pense à toi dans mon petit cerveau torturé et je
souhaite toujours que tu trouves "quelque chose" qui te stabilisera, sans le manque qui sera créé par l'absence... d'instabilité, justement.


Ouais, ne plus avoir quelque chose, même terriblement douloureux, qui nous suit depuis des années, ça crée un putain de vide. Alors une fois que la douleur sera passée (physique, psychique), je
souhaite que tu combles le trou avec du bonheur.

[AnO]rchiDeA 27/01/2013 12:42



C'est en train de se passer. "Combler l'absence d'instabilité". C'est foutrement en train de se passer. Et ça fout la trouille je te jure. J'ai l'impression de changer du tout au tout, de ne plus
être la même, ne plus me reconnaître. En même temps c'est flippant, en même temps ça fait du bien. C'est à la fois merdique et génial, mais je crois, et j'ai envie d'y corire, que ça va aller. ça
va aller. Ouais, ça va aller. 


Merci Jolie Caducee. Merci pour tes mots toujours bienveillants. Ta présence. Toi. Merci.



Liviana 14/01/2013 14:10


Bonjour !


Je ne suis encore jamais intervenue sur ton blog. A vrai dire je l'ai découvert il y a deux semaines et depuis j'ai tout lu (non, je n'aime pas lire, pourquoi ?).


Je t'assure que lire en quinze jours des résumés de ta vie sur plusieurs années, ça remue ! Pas forcément en mal, pas forcément en bien.


 


Ce message ne sert pas à grand-chose, juste à te dire que te lire est très touchant, angoissant parfois, apaisant à d'autres instants. Ta façon d'écrire ressemble un peu à la mienne lorsque je
suis en colère (enfin, plutôt l'inverse car tu es plus âgée .. Mais bref), et tu sais bien mettre des mots sur des maux - Ok, c'était facile.


Par ce petit message, j'espère t'insuffler un peu de courage, beaucoup d'amour de la vie et d'autrui, et te rappeler que même des gens virtuels tiennent à toi, te suivent, t'encouragent
silencieusement.


 


A bientôt peut-être,


Liviana.

[AnO]rchiDeA 27/01/2013 12:46



Liviana, merci pour ce passage. Pour ta lecture, quel courage !  Non, mon blog n'est pas forcément bon,
ou mauvais. Il est ce que je ressens, ce que je vis, ce que je suis, au plus profond. Un véritable accouchement. En douleur, mais apaisant. Soulagement. Pleurs. Puis la serenité. 


Oui, des gens me suivent, et même au delà de ce blog. ça fait du bien. Beaucoup même. Que des gens comme toi, encore novices, aient encore l'envie de me lire. ça fait toujours plaisir. Je
t'embrasse Liviana. Et à bientôt (:



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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