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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 12:36

C'est comme si je me découvrais. Comme si je comprenais la portée de ma personne de ma personnalité, l'envisageais sous un autre angle...un angle éxterieur, objectif, neutre. 

Je me découvre ambivalente, douloureusement coupable, obsessionnelle, combattante, vulnérable. Je ne sais plus la part pathologique, je ne sais plus ce qui est emmêlé entre le trouble et mon Moi. Les noeuds sont tellements vieux, tellement élimés mais solides, si solides. Ma cilpabilité est un poids que je ne comprends même plus, cela tourne au ridicule, je ploie sous le poids de dettes imaginaires que je m'acharne à rembourser, mais le prix à payer est aussi fort que ces dettes sont irréelles...Est ce que je dois payer pour exister? Est ce que la vie se loue, et le prix du loyer soumis aux fluctuations des victoires, échecs, fautes, péchés? Est-ce que, rééllement, ma mère attend de moi que je lui rembourse au prix fort ses insomnies d'inquiètude, ses allers-retours aux urgences, les minutes fatidiques de l'attente d'u pronostic vital engagé ou non, est ce qu'elle m'en voudrait au point d'exiger de moi que je lui dédie ma vie, ou est-elle sincère lorsqu'elle ne veut que mon bonheur, est ce qu'elle le pense rééllement ou attend elle de moi qu'à travers les mots j'entende réparation? Pourquoi je m'emploie à toujours interpréter les désirs, les attentes de l'autre, jusqu'à lui insuffler  mes propres travers? 

Oui, cela tourne au ridicule, à la mascarade risible de la marionnette qui, même sans son maître, continue à jouer le rôle du pantin dénué de volonté propre. Un spectacle ridiculement pathétique. 

Les psys essayent de m'en défaire, mais je m'entête à croire que tout a un prix. Je vois bien que je suis dans le faux, je vois bien que tout cela n'a même pas de fondations, mais pourtant je continue, comme si...je ne sais pas, je ne sais plus. 

je me demande même si me sentir coupable au fond, n'occupperait pas mon esprit afin que  je puisse  justifier le fait de ne prendre aucun plaisir nulle part, par le fait que je n'y ai pas droit.

je vois bien que la psy trépigne, voudrait bien me tarter des fois pour me mettre devant la réalité, m'engueule presque quand je ne relève plus ses remarques ayant attrait à cela, se faire du bien.

On parle des massages, de ce corps qui me répugne, de mon angoisse. Et ça tourne au "On peut essayer, oui vous pouvez me demander si je ne suis pas écoeurée, je veux bien y répondre toutes les 3 minutes si vous voulez. Mais vous allez devoir prendre le relais Eugénie, VOUS. Vous allez me croire, une, deux, 3 minutes? Le temps du massage? mais après? C'est vous. Il y a un moment où il va falloir que vous vous accordiez de l'éstime. Ce ne sont pas aux autres de prendre soin de vous. C'est à vous de le faire. Ce ne sont pas aux autres de vous protéger. Mais à vous. Ce ne sont pas aux autres de vous fixer les limites. Vos limites. Mais...à vous. Oui, vous êtes condamnée à prendre soin de vous pour me restant de vos jours Eugénie. Oui, vous pouvez rire. Je n'ai jamais été plus sérieuse. Alors il va falloir y mettre un peu du vôtre maintenant. Il va falloir m'aider. Il va falloir vous investir. Et si vous voulez Vivre, alors c'est la base. Vous comprenez ce que je vous dis?"

 

Je ne sais pas pourquoi j'ai autant de mal. Ca a l'air tellement évident. Prendre un bain. Se mettre de la crème. se poser. S'accorder un peu d'intimité. Prendre du temps pour soi. Se préeserver. Se trouver pas mal dans le miroir. Ne pas avoir peur d'être appréciée. Ne pas se poser 3 mille questions sur le pourquoi des attitudes positives à son égard. Ne pas douter de la sincérité des compliments. Ne pas se censurer sous pretexte que sinon on ne plaira pas. Être soi même, sans masque. S'assumer. S'aimer (en toute humilité). Ne pas tout donner, mais partager.

Je n'y arrive pas. Même, pas du tout.

C'est comme si tout m'apparaissait clairement. je me vois tellement fragile en ce moment. Comme si je prenais conscience de mes faiblesses, sans chercher à les excuser, ni à les cacher. Elles sont là. Et elles font partie de la faille narcissique du borderline. 

 

Parlons en tiens. J'aimerais tellement qu'on en parle enfin. Parfois, le fait d'être ni complètement anorexique, ni complètement boulimique, nit totalement dépressive, ni totalement toxicomane, est déstabilisant. Être partout et nullepart est fatiguant aussi. Traverser des cycles, piocher dans les addictions car finalement ce sont toutes des addictions pour remplir un vide horriblement douloureux :  SON VIDE. C'est se transformer en animal en manque afin de remplir, remplir, et remplir encore son vide, par tous les moyens possibles. Le vide ça fait peur, ça fout le vertige, ça déstabilise, ça perturbe, c'est déroutant, ça fait gerber, ça dégoûte, le vide c'est la chute, c'est le gouffre, c'est le néant, c'est le manque de matière, de support, le vide c'est le rien, c'est le manque de limites,  de cadres, de frontières; le vide c'est l'enfer. Le vide c'est la mort. Et le vide il faut le remplir pour survivre. Nimporte quoi pourvu que ça remplisse. Pourvu qu'on puisse se sentir à nouveau vivant. Alors on se fait carrément péter la panse dans l'urgence, tellement qu'à la fin c'est douloureux, et il faut se vider. Et puis se re-remplir. Et se vider. Noir ou blanc, trop ou rien. L'épuisement, la fatigue de soi. Et des autres. Incompréhension, peur. Présence maladroite, puis absence.

On se sent comme un monstre de folie. On se sent différent, singulier, et surtout putain de seul. 

Est ce que j'ai envie de changer? Non. La réponse est non, clairement. C'est moi. Et si on m'enlève ça, le vide, sera mortel. Si on m'enlève ma différence, ma singularité, mon essence, mais c'est pire que la mort, c'est pire qu'un lavage de cerveau, c'est pire que de se censurer pour rentrer dans le moule, c'est devenir le mensonge, c'est ÊTRE UN MENSONGE VIVANT. Moi qui me bat pour l'authenticité, la trahison serait effroyable. Je ne veux pas changer. Mais apprendre à en faire une force, oui. On apprend de la différence, c'est la richesse des échanges, c'est en prendre le meilleur et insuffler à d'autres. Et si auparavant, j'étais bousillée, écrasée par les excès, et l'incompréhension des autres...aujourd'hui, je suis persuadée que je peux m'en servir. Je peux en faire un atout. J'ai aujourd'hui assez de recul, assez d'objectivité et d'expérience pour analyser et décortiquer les situations pour en retirer des objectifs. Apprendre à me connaître, m'apprivoiser...m'apprécier à ma juste valeur.

je suis une bonne personne. Je crois. Pourquoi changer? J'aime être hypersensible, j'aime être hyperémotive, j'aime être hyper à l'écoute, disponible, hyper perfectionniste, hyperactive, hyper bipolaire, hyper moi. Ce sont des qualités que je peux mettre à mon service. Apprendre à les maîtriser, et gérer le surplus,reste je pense, jouable. 

Je ne dis pas que ce sera facile. Rapide, ou aisé. Mais pour rien au monde je ne veux me métamorphoser en pantin, produit des désirs des autres. Synthèse fade de ce que j'imagine les autres voudraient que je sois. Erreur qui peut avoir des conséquences définitives, car se renier ne tient pas longtemps. Et pour le coup, c'est LE manque de respect. 

 

J'ai passé quelques jours à l'hôpital, car la solitude au quotidien me fait perdre tout sens commun. 

j'ai signé une décharge, je n'arrivais plus à rester sans rien faire, il fallait que je sorte.Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je me suis rendue compte que ça n'était pas ce que je voulais vraiment; il fallait que je sorte. Seulement on dirait bien que je m'y prends mal pour assurer en solo. 

Et donc, la phrase "je vous laisse une semaine pour redresser la barre, une semaine. Mais après j'interviens. JE décide. Entendu? Vous avez UNE SEMAINE, après...après on verra".

Elle m'a jamais mise en HDT. Je n'ai pas peur d'y aller. Ne suis pas triste non plus...pas trop. Je m'y fais, c'est tout. Bizarrement, je crains plus la réaction de ma mère plutôt que le fait de passer ses congés estivaux en HP. Rien est fait pour le moment. Et puis, me dire que ...pendant 15 jours je n'aurais plus d'activité régulire, en l'occurrence le boulot, ça va faire un sacré vide à remplir...encore faut-il savoir le remplir calmement , posément, et intelligemment. Pas de manière déraisonné, passionné, malade, maladroite, enragée, violente, irrefléchie, impulsive. On verra.

Ça va aller vous savez!?

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Published by [AnO]rchiDeA
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commentaires

http://www.auberge-catalane.fr 13/07/2016 04:22

Pour une fois j'ai pris une décision raisonnable.

athena_ 09/08/2011 23:01



Abandonner la maladie et ce qui va avec ne veut pas dire, être abandonnée ou ne plus être. Biensur que tu es une bonne personne et tu dois continuer à te le dire. Rompre avec la maladie ne
veut pas dire non plus rompre avec ce que tu es au fond de toi. Sensible, à l'écoute, toi... Je ne pense pas (ou du moins je n'espere pas) qu'il y ai un vide apres la guérison...
Parceque vraissemblablement guérir veut dire , se retrouver SOI.


Courage Eugénie, j'espère que tu vas bien.



Alexandra 03/08/2011 07:34



je t'aime ma petite fleur.... Je te suis, de loin, mais je reste toujours là, pour toi et je tremble de peur de te voir ainsi. ça va aller? Stp ma belle, ne
te mens pas. Stp ne te mens pas à toi-même. Parce que je t'aime plus que tout et que tu me manques.....='(


tu es quelqu'un de tellement important pour moi, que te voir te détruire me ronge....


Ne t'inquiète pas pour moi.

Alexandra 03/08/2011 07:28







ja 02/08/2011 20:33



Où es-tu E....? En vacances ? où avec beaucoup moins de chance à l'HP....


Vite de tes nouvelles !!



*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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