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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:47

Je relis mes derniers mots. C'est vrai qu'àce moment là, la vie m'avait fait réagir. Il était temps de Vivre. D'être Heureuse.

Peu après, j'ai trouvé un appart, et j'ai déménagé. J'y suis bien.

Pourquoi j'ai déménagé...si vite? Peut être qu'en fait, c'est là que ça a commencé à merder.

Il faut savoir que l'on ma bourrée de médocs, notamment de Risperdal puis de Xéplion (Pour vaincre les psychoses + troubles importants de l'humeur.)...et que j'ai commencé à enfler. Vraiment enfler je veux dire, pas la petite prise de poids qu'on s'invente. 12 kilos. Si on regarde mon poids, même le plus haut, je sais que j'étais pas "grosse". HAHAHA, sur le site de l'IMC ils mettaient poids NORMAL. Ouais, genre. Masi aussi, sur el site de l'IMC, que je fasse 53 ou 72, j'ai un poids dit normal, alors que faut pas se leurrer, on se sent pas la même à presque 20 kilos de différence.  Je suis pas montée jusque ce "plafond" de la normalité, n'empêche que mon poids, ou plutôt, le poids de mon corps, était devenu INSUPPORTABLE.

J'ai rien dit. A personne. J'ai fermé ma trappe, parce que j'ai eu tellement peur que l'on se dise "ça y est elle prend 3 kilos et du coup elle va tout arrêter! lamentable, si elle veut pas se soigner, qu'elle le dise". J'ai eu tellement peur d'entendre ça.

J'ai pris sur moi. Avec la frustration de ne pas, pourtant, manger "plus" que d'habitude. Juste cette foutue rétention d'eau, un bordel hormonal pas possible, bref, mon corps en a profité allégrement. Une petite année est passée, comme ça. A ne pas me supporter, à me cacher, à ne plus voir mes amis...Mais le reste, ça allait plus ou moins, c'est vrai. Disons que comme quoi que je fasse, je ne pouvais pas maigrir...j'ai arrêté d'être une obsedée de la bouffe. Et j'avoue, m'en affranchir ça a été très bénéfique. Simplement, on ne règle pas les TCA juste en prenant (ou en perdant) du poids. Parce que l'on ne se résume pas au poids. Et ce chiffre ne mesure rien d'autre que la masse du corps. En aucun cas, avoir un poids normal pendant un an a réglé les problèmes de confiance en soi, mon estime, ou la vision que j'ai de mon corps...

J'ai commencé, en Janvier, à me rebeller contre la psychiatrie. Contre l'hôpital, les médocs, les soignants....j'en pouvais plus. J'en pouvais plus que tout soit décortiqué, analysé, digéré...J'ai tout stoppé. Mon traitement. J'ai même arrêté les scarifs, l'héro, les achats compulsifs, l'alcool, les coucheries....je voulais une vie saine.

Le problème....c'est que bon, là, j'ai repris mon suivi et tout et ça se passe super bien, je continue sur ma lancée de l'abstinence concernant la came, l'alcool , la défonce aux cachetons...

Mais en arrêtant mon traitement, j'ai aussi - semble-t-il- pratiquement retrouvé mon poids "normal". Mon poids "de forme" plutôt.  En fait...j'ai perdu 13 kilos. Et une chose en entraînant une autre...l'obsession d'un mode de vie sain, et la perte de poids...ça fait que je veux toujours aller vers "le plus sain" (euh, plutôt dans la manière dont je le vois hein, parce que pas sûr qu'en pratique ce soit vraiment "sain"), et je me mets à virer des classes entières d'aliments.

A me scruter dans le miroir, en me désespérant de ne voir AUCUNE DIFFERENCE, alors que pour une fois, les preuves sont là; le chiffre sur lécran de la balance, mes jeans que je peux remettre...

Faut dire, j'avais tout conservé. Je les ai passés des centaines de fois, pour vérifier, comme ça, où j'en étais. Jusqu'au jour où j'ai pu glisser AUSSI mes cuisses dedans. Donc, je SAIS que j'ai maigri, et je le VOIS PAS.

J'ai aussi repris le sport. Me fous de la crème amincissante sur tout le corps, et même les seins, parce que j'aime pas les seins. Tout doit disparaître?!

C'est terrible, cette sensation que l'on va tomber, et s'exploser la tête. Mais que l'on n'arrive pas à contrer la chose. Je sais pertinament ce que je suis en train de faire, je connais par coeur, tout est réglé comme du papier à musique, tout est calculé, pesé, analysé. Calories, composition, MG, lipides, glucides, saturés, insaturés...Des mots que je me passe en boucle dans la tête à chaque repas, j'ai faim, oui mais est ce que c'est si bon que ça, (et pas "bon" au sens du gout, non, "bon", au sens : ça fait grossir?), et est ce que je ferais pas mieux d'avoir VRAIMENT FAIM, oui mais si j'ai VRAIMENT FAIM, est ce que je saurai me contrôler....et bla bla bla...mais merde alors, pourquoi même en sachant parfaitement ce qui se passe, pourquoi je n'arrive pas à réagir?! Pourquoi je repasse un temps incalculable sur le net, à la recherche de témoignages, de mots qui ressemblent aux miens, de photos, de poids, de chiffres, de repas, de bouffe...

Et pourquoi tout en me disant "putain mais elle est vraiment trop conne elle, elle veut aussi le mode d'emploi pour se foutre en l'air?!", je me dis aussi "ce que j'aimerais avoir ses jambes". Je me foutrais des tartes.

Mais il y a aussi la réaction des gens.

Depuis que j'ai maigri, chaque soignant que j'ai vu m'en a fait la remarque. Je souris. Mais ne dis rien. Si je ne dis rien c'est un peu malsain; c'est que je veux que ce soit eux qui m'en parlent, car ce serait alors le signe que "ça se VOIT". Et si ça se VOIT, c'est que c'est vraiment VRAI alors...Depuis toujours, victime de dysmorphophobie concernant mon corps, les autres sont le "témoin". Ce sont eux qui me donnent "le signal". C'est sur eux que je m'appuie pour savoir à quoi je ressemble.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ils s'inquiètent.

La question, c'est pourquoi, quand je prends 12 putain de kilos, et que je suis au fond du gouffre concernant mon image et mon estime de soi, PERSONNE NE REAGIT, sauf pour me conseiller "d'arrêter les sucreries et le gras" quand je me plaignais de mon "nouveau corps" (comme si en quelques semaines on pouvait guérir de l'anorexie, et puis s'engouffrer des tonnes de gras sans culpabiliser de rien. On aurait dit que personne en voulait comprendre que c'était mon PUTAIN de traitement)....

Alors que bordel de merde, j'avais rien changé à mon alimentation. En fait, quand on est "gros", c'est forcément synonyme d'être sans aucune volonté, et de s'empiffrer comme une grosse vache? c'est ça?

Mais alors dès que je maigris, là, ça y est mon dieu qu'est ce que j'ai pas fait...alors que sensiblement, mon image n'est pas "pire". Elle est la même. J'étais dans la même détresse. Juste que là, ça commence à se voir. Bande de cons. Je les hais.

On n'est pas obligé(e) d'être cachexique pour pouvoir se permettre d'appeler à l'aide si? Après, on s'étonne que nombre d'anorexiques soient dans le déni, parce que c'est vrai, elles ne pèsent pas encore 30 kilos. Alors donc on doit attendre d'en arriver là pour qu'on s'inquiète? Tout ça me rend dingue. Et après, on dit "plus c'est pris tôt, mieux ça se soigne". En théorie, oui. En pratique, on en est loin.  Quand j'étais hospitalisée en TCAs, y a une paire de filles qui étaient peut être à un poids supérieur au mien, n'empêche qu'à cause des comissements, je peux vous certifier que leurs analyses étaient bien plus mauvaises que les miennes. Non, le poids veut rien dire. RIEN. Arrêtons de s'en référer à lui.

 

A chaque fois qu'on me disait "d'arrêter les sucreries si je voulais perdre un peu de poids" je me disais dans la tête," tu verras connasse, tu verras. Le jour où je vais seulement commencer à maigrir, tu vas me demander d'arrêter."

Inconsciemment, c'est ce que j'ai fait. MAIS.

J'ai peur d'être allée trop loin. Au début, trop heureuse de ressentir à nouveau mon corps, sans qu'il soit maigre hein, juste, voilà, je le retrouvais...c'était bon. Je pouvais enfin revoir mes amis, sortir, tout ça. Trop occupée à savourer la victoire, j'ai pas capté le sens de ce que j'étais en train de mettre en place.

Et si j'ai déménagé, c'est que ma grand mère, après son infarctus, ne pouvait manger ni légumes verts, ni tomates; ça veut dire pas de salade, pas de concombre, pas de courgettes...en fait RIEN de ce que j'aurais du manger pour garder à peut près la ligne. J'ai pas supporté. C'était le moment pour moi de partir. Evidemment, ça n'est pas la seule raison; mais disons que ça a sensiblement acceleré les choses.  En gros, j'ai déménagé pour pouvoir maigrir peinard.

Et déjà à ce moment là j'aurais dû réagir.

Parce que lorsqu'on est passé par là, on sait très bien comment ça commence. Jamais le temps que ça prendra pour en revenir.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 23:19

La crise passe. 

Les RDV s'enchaînent.

Je crois, que je me relève. Et puis, ça finit toujours par aller.  Je finis toujours par dire "ça va". Et puis à recommencer à marcher, automate impertubable, avaler mes tonnes de cours à ratrapper, ruminer toutes mes questions sans réponses, essayer de voler des moments pour dessiner, écrire, tout écrire, sans cesse, et, maladivement, conserver des souvenirs de ces journées qui passent. Tikets de métro, de caisse, pages arrachées, cartes de visites, plans, en fait, nimporte quoi. Pour ne plus oublier. Ne plus jamais oublier. 

"Ils" me disent que j'oublie, parce que je ne supporte pas. Paraît il même que je devrais remercier mon inconscient, et de lui pardonner de ne pas supporter l'insupportable.  Et d'ailleurs, je n'oublie pas. Juste, je le range. Le ressors, le replonge dans l'obscurité, jusqu'à ce que je cauchemarde, et puis que je me rende compte que je ne suis toujours pas capable d'en parler, j'use de tous ces hypnotiques anxyiolitiques antipsychotiques  et autres produits chimiques qui s'occuperont à nouveau de cacher les souvenirs, et ainsi de suite.

Des pans entiers de ma vie se sont effondrés, comme ça. Pan. Vagues sensations, bruits etouffés, flashs incongrus. Jusqu'à ce que ça revienne d'un coup, sans prévenir.

Par exemple, comme mon viol. Comme mon viol qui me fait putain de chier en ce moment. Il semblerait que cet amour perdu dernièrement ait fait remonter pas mal de merdier en moi en réalité. Tellement que je m'explique presque mon pétage de plombs estival. Malgré moi j'ai voulu qu'il me soigne. Malgré moi j'aurais voulu qu'il me rende ma féminité, enfin, et pouvoir m'aimer dans ses yeux à lui. Qu'il me rende mon Moi, que je me reconstruise grâce à lui, et que dans ses caresses mon corps m'apparaisse enfin propre. Beau? Qu'il me rende aimable. 

Mais dans cette histoire je n'ai été qu'abandonnable, et tout s'est effondré. Et puis j'ai fini par admettre que l'Autre ne peut pas me soigner. Ni me rendre vivante, ni aimable, ni rien. Moi seule ait ce pouvoir. Peut être que j'ai eu envie de prendre un raccourci, cette seule idée me projettant dans un échec latent. J'y crois encore, et je reste là, à picorer tous les bons moments qui se présentent à moi, pressée de les dessiner dans mes carnets. Les garder dans ma poche et m'en souvenir quand ça merde. Seulement, me dire que moi seule possède ce pouvoir, me "guérir", me panser, me rendre belle et aimable, c'est comme me foutre une énorme baffe doublée d'un retour. 

J'ai quand même un sacré problème dans l'histoire; moi même. Moi et Moi. Moi et Elle. Elle qui n'attend qu'une petite faille, un petit coup de barre, LA petite faiblesse pour s'y engouffrer, et me prendre en otage dans sa furie.Je me se suis rendue à l'évidence, nous sommes deux. Oui je sais que le concept est complètement barré, et vous allez me sortir qu'on a tous un petit diable en nous qui nous fiat faire beaucoup de conneries, genre dans les dessins animés, y a toujours ce diable rouge fumant et ce brave petit ange bien naïf. Mais moi...moi je sais que c'est plus que ça. 

A l'hopital, quand j'étais défoncée, je me forçais à écrire, pour voir. Un jour j'écrirai peut être un passage de ce que j'ai pu lire. En gros, ça s'apparente à...une déclaration de guerre? OU peut être un meurtre prémédité. Ce sera à qui tuera l'autre la première. Verra qui vivra.

"Je" dis, en gros, que le suicide ne m'interesse pas. Que "la mort, je ne la mérite pas. La torture, lente, douloureuse, appliquée, soignée, en revanche oui. Je vais te crever jusqu'au bout. Tu t'en redras même pas compte. Tu auras mal. Et ça ne s'arrêtera jamais. On meurt de douleur tu sais? La douleur, on ne s'y habitue jamais. La douleur sera ton quotidien et j'y veillerai. Tu es trop faible. Tu es trop fragile pour gagner et tu le sais. Tu vas bien vouloir m'éliminer et je le sais, mais je me demande bien comment tu vas t'y prendre. Ou alors il faudrait que tu décides de reprendre des forces en bouffant, de reprendre de l'épaisseur en bouffant encore, de passer des nuits correctes, de ne plus faire de crises d'angoisse, de ne plus t'enfiler toutes tes boites de médocs, de ne plus te faire sauter par le premier con venu, ne plus tomber amoureuse non plus, bref, tu connais bien toute ces situations ou tu perds tous tes moyens, ces situations où ta consicence te tiraille, ou JE te tiraille...Tout ça pour te souhaiter bonne chance ma belle. Mais tu ne gagneras pas. Pas contre moi. Rappelle toi bien que c'est toi qui m'a forgée. En te censurant en permanence. Je ne suis que le produit de la haine, de la rage, de la colère que tu as du contenir en permanence pour ne pas faire mal à ceux que tu aimes. Toutes ces nuits où tu as tout gardé pour toi, alors que tu n'avais qu'une envie, c'était d'exploser. Toutes ces années ou tu l'as fermée. C'est moi ton secret. C'est moi ta création. Et aujourd'hui, c'est moi qui décide. Tu ne fais pas le poids."

 

J'ai peur. Tellement peur. De moi. 

Et, la question étant...Ai-je réellement, vraiment envie de la foutre en l'air? C'était pas comme ça avant. Je ne comprends plus. Je ne sais pas. Plus les psys me disent que j'avance, et plus j'ai la sensation de m'enfoncer. Je ne suis pas un monstre. Je ne suis pas folle. C'est juste....peut être que si j'acceptais enfin d'avoir mal, si j'acceptais enfin ma souffrance, si j'arrêtais enfin de proférer des trucs du style "t'es pas la première t'es pas la dernière passe à autre chose et bouge toi le cul", "arrête de t'inventer des problèmes et lève la tête connasse" et enfin "ton corps est brisé, c'est fait et dommage pour toi, c'est irreversible, tourne la page".  Peut être si une bonne fois pour toutes, je me donnais le droit d'avoir mal et d'être triste.......d'être faible? Si je m'accordais le droit de m'écouter, juste un peu...et de prendre soin de mes émotions, de ce que je ressens....Peut être que la plaie se résorberait. C'est drôle, comme écrit ça semble tellement simple. Tellement facile. Mais je sais comment je suis, au fond. Je suis un monstre de moralité, de conformisme, de culpabilité, de jugement implacable avec ce putain de rêve de perfection à la con et ça rend les choses un tantinet plus compliquées tout de suite. 

Mais bon. J'aime les défis, pour le coup, ça tombe bien.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 11:12

La crise, je vous dis, la crise. ce qui suit est un peu l'accouchement d'un long cheminement (tu parles, onze putain d'années) qui m'a un peu bouleversée ces derniers temps. A tel point que tout le monde pense que je fais une rechute. Que je m'en sors pas. Que je suis folle. Ça suscite beaucoup d'incompréhension, ça c'est clair. Et au boulot, j'ai tellement l'air d'un zombie tout droit sorti du clip de Michael qu'ils se demandent si ils me vireraient pas, comme ça. (ce dernier élément, si je l'évoque comme ça, c'est que je préfère, parce qu'autant vous dire que quand je l'ai appris, c'est comme si j'avais reçu l'épée de l'autre là, dans le dos. Comme ça, une grosse tarte dans ma gueule émaciée)

 Je le trouvais beau mon quinquennat. Beau comme un bourgeon de printemps qui allait s'épanouir, enfin. Mais le bourgeon que j'ai laissé mûrir, pour le printemps, c'est l'anorexie. Je l'ai vue naître en moi, et au lieu de prendre mon sécateur pour laisser mûrir les autres bourgeons, je l'ai observé grandir, grandir encore, puis éclore. Il est un peu précoce cette année, et un peu en trop, aussi. Mais il est là maintenant, ou plutôt, "elle" est là. Aussi belle qu'insolente, aussi laide qu'épineuse.

Je ne sais pas ce qui se passe. Ne contrôle plus grand chose. Ma mère non plus, d'ailleurs, à son grand désespoir. Je l'ai adorée, haïe, puis la laisse revenir, parce que j'ai besoin de ses bras, j'ai besoin de laisser ma tête choir sur son coeur, sur sa poitrine. Celle qui dit m'aimer si fort et qui m'oublie le reste du temps; déstabilisant pour une enfant. Mais aujourd'hui je suis comme elle, instable, inégale, entière aussi. Quand on est adulte c'est plus facile de décortiquer et d'analyser. Mais le résultat est déjà là; je suis le fruit d'une passion avortée, le fruit de l'erreur, le fruit de nombreuses disputes, d'un père bipolaire et d'une mère qui a sûrement ses propres démons. Alors je me suis construite à ma manière. C'est aujourd'hui seulement que je porte un regard nouveau, grand du recul nécessaire à la maturation; mais j'ai mal. J'ai mal d'avoir aimé, adulé, adoré...des parents qui m'ont portée avec douleur et déchirement, maladroitement parce que trop jeunes, parce que trop...je ne sais pas. Je ne sais plus. Le problème c'est que c'est leur histoire et pas la mienne, sauf que moi, j'y ai laissé un peu de ma peau. Et il ne reste que les os pour témoigner de mon enfance aujourd'hui.

Puis ce viol, ce viol qu'on enjolive, ce viol qui tombe à pic pour tout expliquer, ce viol qu'on voudrait voir tout porter, coupable. Source. Mais non, et j'en suis moi même désolée mes très chers parents. J'aurais voulu moi aussi ne pas vous jeter la pierre de mon mal-être, j'aurais voulu encore vous voir comme des stars infaillibles, des êtres si parfaits que vous en étiez inabordables, mais la perfection, ça n'existe pas, même si j'y crois encore très très fort. La perfection c'est mortel, c'est éphémère, c'est l'instant, que l'on voudrait capter pour l'éternité et qui s'échappe entre nos doigts griffus. La perfection...non, décidément. J'ai tout fait pour vous rassembler, j'ai tout fait pour être la fille parfaite de parents modèles, mais ça n'a pas marché. Car aveuglés par vos propres égos, vous n'avez pas vu que j'essayais moi aussi d'exister. D'exister dans vos yeux, dans votre regard, dans vos gestes. 

Pendant des années je me suis battue contre les psys qui disaient que du mal de vous. Je ne voulais pas voir, et pire encore, vous enlever du joli piédestal sur lequel je vous avais installés, comme le couple en cire de la pièce montée. Je me suis mis des oeillères, vous ai protégés comme jamais, comme vous ne l'avez jamais fait pour moi d'ailleurs. Alors pardon, pardon aujourd'hui de donner raison à ceux qui m'ont peut être plus portée que vous, ou qui du moins, m'ont écoutée, mais oui, vous avez fait des erreurs. Beaucoup. Tellement que j'en arrive à vous détester. Cette semaine j'ai voulu couper les ponts avec vous, pour ma propre santé mentale. Parce que je deviens folle. Je deviens folle parce que vous m'aliénez, à m'enfermer dans ce rôle de la fille paumée, qui si elle s'en sort, ce sera un miracle. Des fois vous dites aussi que je suis bizarre, que j'ai des "drôles de réactions", mais vous remettez-vous en question parfois? Vous me reprochez de trop le faire, moi. Mais vous...Enfin, je n'ai pas envie de peser. Je n'aurais pas envie de vous blesser, non plus. Je n'ai pas envie, encore, de me sentir lourde. Pour personne. Pourquoi ai-je toujours eu un faible pour la légèreté, le comprenez-vous au moins? J'ai 25 ans maintenant. Et je n'arrive toujours pas à avoir le corps de femme que je devrais avoir. Parce qu'à 25 ans, j'ai toujours cette peur immonde d'être lourde, pour vous. Ne vous inquiétez pas en plus, vous avez assez à faire, je vais bien. Je vais bien.

Au pire mam', fais comme d'hab, appelle la psy, si vraiment je pétais les plombs. Tu sais comment faire maintenant. M'emmener à l'hosto, venir me voir 3 fois pour faire genre, et t'en aller, en me laissant crever de douleur comme une sombre merde. Au pays de la maladie. Au pays des fous. Dans les murs de la folie humaine. Comme j'ai crié là bas si tu savais. Mais non tu ne sais pas. J'ai hurlé à la mort. De remords, de cauchemars, d'amour que je ne peux pas donner. Ils m'ont attachée aussi. Pour que je cesse de me mutiler. Pour que mon corps ne soit plus couvert d'ecchymoses. Pour que j'arrête de me jeter contre les murs en hurlant comme une damnée. Pour que je cesse de m'échapper. Pour que je dorme. Pour que je m'aime, un peu. Ils ont fait comme ils ont pu, avec leurs moyens à eux. On peut critiquer, on peut juger. Mais ILS ont essayé. De me rendre un peu de moi même, et surtout, de me remettre debout. Maman, c'est une infirmière qui est venue avec moi au commissariat porter plainte pour mon propre viol, j'aurais tant aimé que ce soit toi. Mais ça, tu ne le sais pas non plus. Je t'aime tellement. Tellement que je te déteste autant que j'ai besoin de toi, aujourd'hui.

Peut être a-t-on besoin d'un peu de poison dans son bonheur, comme pour équilibrer. Tu es si forte dans l'ambivalence. Tu as aussi ce besoin d'être aimée. Mais ce besoin viscéral aussi d'être détestée. D'impressionner. D'exister. Je le comprends aujourd'hui maman. Mais j'ai 25 ans. Mes petites soeurs n'ont pas mon âge. Et je n'ai pas envie qu'elles le comprennent quand il sera trop tard pour leur propre vie de femme. J'espère...qu'elles seront plus forte que moi. Je suis contente qu'elles n'aient pas eu cette place d'aînée. Si ça pouvait les sauver.

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 22:09

C'est la cruauté qui m'excitait.

La cruauté qui m'animait. Le désir de tuer. D'écraser.

Quand on m'a enfermée dans les couloirs de la maladie mentale, il fallait à tout prix que je biaise, pour ne pas qu'ils m'enlèvent mon trésor, celui que j'ai caché dans mes viscères, celui qui fait battre mon coeur. J'arrivais avec un poids normal. Pour qu'ils aient l'air de vrais cons. Qu'ils ne comprennent pas. Et je souriais comme une conne, et la nuit, j'hurlais dans mon oreiller le sacrifice de cette graisse qui avait à nouveau tout fait rater. La petite mort encore et toujours retardée. Mon plan foutu en l'air, celui que j'avais réflèchi des nuits durant.

Ma rage sans égal.

Me faire péter les cordes vocales, me lacérer les veines, mordre les mains qui se pressaient autour de moi, les coups de pieds, les poings, les injures, les cris, ne pas pleurer, parce que je ne suis pas faible, moi.

 

Ma folie a bercé mon enfer, et lors de mes 17 ans, on a fait comprendre à mes parents que, certes il était possible que j'en revienne, mais il faudrait aussi envisager que cela puisse prendre des années, et que les rechutes seraient nombreuses. Qu'on allait tout faire pour me protéger de moi même. Parce que j'étais trop dangereuse. Que je risquais de.

Ne pas me laisser seule.

J'ai l'impression d'avoir 5 ans et que ma mère en a 200.

J'ai juste envie de crever, mais j'ai pas le droit. Je vois ça comme un acte égoïste et lâche, mais me demande si je le vois comme ça parce que j'ai pas le courage d'y passer. Il y a aussi le fait que je trouve ça un peu trop facile, de se barrer comme ça. Mais, gardons ça sous le coude, c'est tout de même une porte de sortie.

Mes insomnies se transforment en "plans", en scénario. J'écris des centaines de lettres d'adieu, avant de décider que si je mourrais, ce serait de faim. Je veux faire 29 kilos, mais j'en fais encore 36 et si je commence à le clamer sur les toits, on va encore me mettre à l'hosto et je devrais tout foutre en l'air à nouveau.

Le truc c'est que plus mon poids baisse et plus les doses de drogues augmentent, et les malaises sont fréquents.

J'adore la sensation que je ressens quand je valse dans le coton. Les picotements, l'inconscience/conscience de ce qui se passe autour, avec cet écrasement, cette chute. Je saisis enfin l'impression de la scission corps/esprit. Quand je tombe, je  jubile, je sens cet épuisement dans mes muscles, la traduction de ma tyrannie, de mon contrôle...je l'ai bien niqué, quand même, quand j'y pense. Je ris. Et finis à l'hôpital.

 

Ils avaient raison, ça a duré des années. Mais je pense m'en être sortie.

Je comprends la peur que j'avais quand j'étais sur le brancard, entr ain de me demander ce qu'allait être mon contrat, cette fois ci...J'avais peur de perdre la maladie, mais au delà de ça, j'avais surtout peur de me perdre moi, la maladie c'était moi, j'étais devenue la maladie.

J'avais raison d'avoir peur, aujourd'hui sans elle je me sens si banale que ça m'en fout la gerbe.

 

Il parait que je ne suis pas banale. Pas par mon vécu, par ma personnalité. C'est ma psychomotricienne qui m'a dit ça. C'est la plus belle chose qu'elle pouvait me dire. Si vous saviez comme je me sens fade. Je fais des choses. Des choses m'arrivent. Ni bien, ni mauvaises. Ca m'arrive. Je n'ai plus de sensations. PLus d'émotion. Que dalle.

J'ai l'impression d'être horriblement chiante pour mes amis. J'ai cette place de la fille qui n'a pas de limites, qui n'a pas de peur, juste le gout de l'aventure...et aujourd'hui...Aujourd'hui, le problème c'est toujours ces putains de limites. Depuis que je les ai mises, j'ai l'impression d'être encore plus casse-couille qu'une vieille qui serait devenue moche et aigrie. (un peu comme ma pharmacienne). PIRE, c'est vous dire. J'avais toujours des tonnes de trucs à raconter; la gueule de l'infirmière quand je l'ai mordue, le résultat de mes tests de toxicologie et/ou carences, mes échappées belles en blouse d'hopital le cul à l'air en pleine rue, les imitations des autres patients, les deals hospitaliers, les fugues, les coups de tête, on était mort de rire, et tout était beaucoup plus facile.  J'étais peut être malheureuse, mais j'avais au moins l'impression d'avoir un peu d'interêt, d'être un peu atypique. Aujourd'hui, à part rentrer dans le moule...

Que je me rassure, il me reste quelques gros dossiers à travailler, like my big body. My big big big big big pig body.

Parce qu'il y a ce premier amoureux qui me...drague? Le seul que j'ai jamais aimé? Le seul contre qui je n'ai aucune défense...? L'amour ça fait devenir con. Ultra con. Enfin bref, si je veux arrêter de me faire chier dans ma vie de merde (oui oh j'exagère, c'est juste que j'aime cette phrase, ça fait un peu dramatique vulgaire), peut être que ce serait cool d'envisager la vie à deux, pas dans des toilettes, je veux dire, dans la vie quoi. Avec des trucs comme des sentiments. Ces trucs inconnus qui font très très peur. Ca, par exemple, est un énorme dossier. Ouf que j'ai encore un pied dans la maladie ;)

 

Bref, vous l'aurez compris, encore une fois, rien de palpitant. Mais ça va venir...

J'ai décidé de me pencher sur le vide ce week end. Trouver des activités pour le combler. Du genre, peindre, écrire, mais aussi la chute libre, parapente, saut à l'élastique, escalade, et autres. On verra bien. Mais ça m'est fortement conseillé, parait qu'il ne faut pas que je baillonne cette partie là de moi car elle pourrait reprendre le dessus et baillonner toutes les autres cette fois ci. Faire sa loi et tout niquer et ensuite...si je suis nostalgique de la "bonne époque", je risquerais fort d'en être écoeurée. Quand on re-tombe...on ne sait pas quand ça s'arrête, tout le monde le sait. J'en ai pas vraiment envie. Je serais tentée de retrouver un peu de ce qui m'animait avant. Mais ce ne sera plus jamais comme avant. Je n'ai plus cette inconscience, j'ai compris trop de choses, analysé, décortiqué, avancé. J'ai grandi.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:34

J'ai plein de trucs à raconter. Mais des trucs qui se passent, et hop mon vide intersidéral les avale pour qu'il ne reste aucune trace d'eux. Disparus. Blop. Je me promène, enfin non, mon corps se balade, comme ça, comme un mirage ambulant, mais moi, je me suis barrée. De toutes manières, vous me direz, je l'aime pas, alors...autant le laisser jouer la comédie et m'offrir quelques vacances. Et puis jdois dire que le monde entier me fait chier, je trouve les gens extrêmement cons, mais vraiment, j'aime pas l'endroit ou j'habite -et en même temps, est-ce que c'est le moment de prendre un appart'?-, je ne pense qu'à ma psy mais j'ai que dalle à lui raconter une fois que j'y suis, aller en cours m'emmerde profondément alors que je surkiffe ce que je fais (va comprendre), je suis crevée alors que j'ai la sale impression de rien branler, mon premier ex revient à la charge et je meurs d'envie de me blottir contre son coeur mais en fait plutôt crever (va comprendre encore), j'ouvre les yeux sur ma mère et ça ne fait pas de bien, jcrois que je préférais encore l'époque où j'en étais fan, je trouve que je dessine comme une sombre merde, et il pleut comme si ce putain de ciel s'était amusé à faire des réserves durant des années.

 

Sinon, je vais bien. Une belle journée pluvieuse s'annonce, aussi. Je commence sérieusement à détester les jours où l'on ne travaille pas, le week end et tous ces jours fériés, parce que je me traîne et ne fais que des trucs pour m'occuper, pour combattre mon vide. Commence sérieusement à m'agacer celui-là. Paraît qu'il faut "me laisser du temps", mais franchement, vous qui commencez à me connaître (et moi aussi), on sait tous que la patience n'est pas mon fort. Et là, je commence sévèrement à m'impatienter. J'en peux plus. C'est simple, je deviens dingue.

J'ai l'impression d'avoir fait une fausse couche. Comme si je chérissais ma névrose, ma mignonne petite anorexie, mon chérubin d'état borderline, mignon mignon mignon -comme l'autre débile- et BAM, après l'avoir cajolé des années, pouf patapouf, plus là. Plus rien. Le VIDE. Fausse couche. Et là, on me fait comprendre que comme j'allais enfanter un monstre hideux et difforme, mon corps (encore lui, le traître!!!) a préfèré l'éliminer. Pour me rendre service?

En plus depuis, ma vie est devenue désespérément NORMALE. BANALE. [Merdique?]Fade? Insipide? Transparente?]

Plutôt oui! Et dire que j'en rêvais, de ce moment, je peux vous dire qu'on a quand même de drôle d'ambitions parfois. Je m'emmerde comme un rat mort dans ma petite vie bien bien tranquille.

Heureusement que j'ai pas encore un physique tout à fait normal et qu'il m'arrive encore de ressembler à une espèce de branche desséchée sans formes. On me remarque encore, ouf, tout n'est pas perdu...Je deviens vraiment pathétique vous savez.

Enfin, ce qui est bien aussi quand on est en train de guérir, c'est qu'on a du recul. Ainsi, quand ma psy m'envoie des boulets, je les reçois pleinement, en plein dans la gueule. Avant je les esquivais plus ou moins, mais là, BAM! Haha, non, sérieusement, je comprends tellement de choses...Suis plus réceptive, ne me barricade plus derrière les mensonges et les mirages mis en place par la maladie. M'enfin, je comprends mieux pourquoi j'y suis restée 11 ans, c'est quand même plus confortable de tout réinterpréter selon nos désirs, parce que putain, la réalité...ça fait de la casse, un peu.

Donc, je ressens un vide horrible, ok, ça me rend folle, ok, mais au moins, je suis dans le vrai. Ma perception est revenue. Mon jugement aussi. Mon propre jugement je veux dire. Pas celui de la pathologie. Je suis revenue à moi même...le seul problème c'est que je ne me connais pas. Je ne sais pas encore si j'ai envie de faire ma connaissance, parce que je suis encore dans ma période de deuil (jdois vous paraître complètement dingue)...mais bon.

Ouais, ok, je n'étais pas simplement gentiment folle, j'allais carrément en crever, je sais. Et que lorsque j'évoque son absence pleine de nostalgie ridicule, je n'évoque que les aspects positifs (pourtant c'est à se demander s'il y en avait, réellement) en oubliant la panoplie des côtés sérieusement négatifs. D'ailleurs, si j'ai tenu à m'en séparer, et pas seulement car c'était un réel combat du genre la guerre, c'est que j'étais pas si heureuse en sa compagnie.

Donc, remettons les choses dans le bon ordre et avançons, hein, parce que les pleurnicheries ça va...J'ai 13 ans mais quand même bordel!

 

blow me away by toucherleciel-d32ltm2

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:12

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Elle* me chante à l'oreille "j'ai un passé, mais j'm'en sers pas...le futur sera mieux, tellement mieux que ça...

J'avais pensé m'en échapper en sautillant gaiement dans un espace verdoyant. Où personne, personne pourrait venir m'en sortir. J'ai fermé toutes mes portes, verrouillé les volets méticuleusement. Parce que l'enfer c'est les autres, et que je ne tiens pas à perdre ce que j'ai constuit de mes doigts tremblants. Je ne sors plus et ne voit plus personne. J'ai construit mon bonheur et égoïstement, l'ai enfermé dans une petite boite cachée sous mon matelas. Pas d'intrusion. Mais je ne suis pas faite pour être seule. Je dois me nourrir, et je suis de ces personnes qui se nourrissent d'échanges. Je m'amenuise, et mon jardin fâne. J'aimerais aller dehors. J'aimerais oui...Il y a cette part de moi toujours épuisée et qui m'engourdit les membres; j'ai toujours ces semblants de muscles qui ne reprennent pas forme, et peut être que depuis que j'écoute mon corps, je fais un peu plus attention à ne pas trop le violenter. Mais ce n'est pas la raison de mon autarcie. Pas la principale je veux dire. Celle-ci est minime, lorsque je dis que j'écoute mon corps, j'arbore un rictus...il faut avoir conscience que je pars de loin. La raison principale est la peur. Une peur panique. De tout recommencer...De me faire avoir, que la tentation soit trop grande. Qu'aveuglée par l'euphorie je me laisse avoir par les plaisirs ethylliques...et ce qui suit. Ce qui suit, c'est à dire les parties de baise sans aucun sentiment, ni conscience, celle là je ne sais pas où elle se trouve en ces moments là, mais elle est bien loin, la garce. Elle pourrait au moins me rappeller à l'ordre...ou alors je suis trop soûle et l'envoie se faire mettre, je ne sais pas. L'alcool fait faire tellement de choses. Tellement, si ous saviez. J'aime trop m'abandonner, j'aime trop m'évader de moi pour faire preuve d'un semblant de raison. Et je ne le sais que trop. Je ne sais même pas si un jour je saurai dire non...si un jour je m'aimerais assez pour ne pas vouloir m'évader de moi même. C'est tellement bon...je n'ai jamais eu l'alcool violent, ni triste d'ailleurs. Oh, peut être une fois, mais à cause de ces médicaments à la con (j'avais omis qu'il ne fallait pas faire de mélange). J'ai toujours eu l'alcool gai, et je vais vous dire, j'aime me mettre des cuites. J'aime cet état d'extase débile où tout paraît tellement facile, tellement beau, tellement simple. Plus de barrière, plus de gêne, les contacts faciles, le rire facile, les émotions, ah les émotions. Les émotions qu'on laisse ENFIN sortir. Oui, je dois dire que j'aime. Le problème, c'est que ça ne me suffit pas, et qu'au lieu de m'arrêter là je continue à remplir mes verres et je perds l'euphorie pour franchir le seuil du glauque et du sordide, et ce pas, c'est celui qu'on regrette le lendemain. Celui qu'on aurait dû vomir; on peut le faire le lendemain sauf que c'est trop tard et que ça n'arrange rien à cet état lamentable. Le pire...Le pire c'est que je SAIS lorsque j'y suis, j'en reconnais les signes avant-coureurs...et je ne fais rien. Peut être que le fatalisme me gagne et que j me dis qu'il est déjà trop tard, alors...Alors autant se la mettre carrément. Autant plus savoir comment je m'appelle, ni Lui non plus, et puis il est trop tard...Trop tard. Fallait dire Non avant ma vieille. Maintenant que t'es là, seule avec lui, c'es trop tard, tu comprends? Ferme les yeux, et puis s'il te plait essaie de pleurer en silence, c'est de ta faute après tout ,ce qui t'arrive là. Avant d'en arriver là, souvent, bien souvent, comme je reste lucide, jem'assomme en conséquences pour ne rien ressentir, sinon ça me tue. Je n'énumererai pas ce qu'il m'arrive de prendre, je n'en ai pas l'envie et n'est pas mon but que d'expliquer comment faire pour parvenir à la déchéance.

En ces quelques lignes un bref condensé de ce que je veux éviter. La soirée en elle-même, voilà tout, ce n'est pas vraiment le problème. Ou le pire plutôt, ça n'est pas le pire, puisque durant tout ce temps je suis anesthésiée; le pire, c'est le réveil, la redescente, le petit matin, appellez-ça comme vous voulez, le résultat est le même: l'envie de se tirer une balle. Déja, le fameux petit coup de bile qui nous gagne. L'explosion qui s'ensuit de près.Ou devrais-je dire les explosions. En général cela est proportionnel au dégoût. Il ya eu des lendemains où je n'ai fait que vomir et pleurer, je ne vous dirai pas à quoi je ressemblais avec ces paupières boursouflées et le nez coulant en permanence, des effluves de vomi dans l'haleine encore alcoolisée, d'ailleurs c'est à se demander comment on a pu séduire, je vous le dis. Je n'ai pas les mots assez puissant pour vous décrire la déchéance dont j'ai u faire preuve, ce n'est qu'un aperçu. Et puis faut pas se mentir, la honte est grande et même à vous que je ne verrai sans doute jamais, je n'oserais tout écrire. Et pourtant, Dieu sait si ce que j'écris n'est déjà pas fameux.

Vous comprendrez aisément que j'ai la trouille de revivre pareilles situations, la trouille...c'est étrange de l'écrire, moi qui m'emploie à masquer toutes mes faiblesses, mais oui, j'ai peur. Pas la peur de sortir, plutôt la peur de ne pas être capable de dire non. De manquer à mes principes. De me manquer, simplement d'ailleurs. De m'abandonner (mon corps, oui n'oublions pas que je scindée en deux, mon corps et moi) comme une sous merde pour aller voir ailleurs.

J'ai l'impression d'aller tellement mieux...et d'etre la pauvre petite esclave de mon passé. Qu'il règnera toujours en Roi dans mon existence, et le handicap n'est pas minime. Dans ma relation à moi, aux hommes, à ma mère, mes amis, le toucher, ce putain de sens qui me fait pleurer bordel de dieu...Tiens, en parlant de ça, j'ai demandé à la psychomotricienne de m'attaquer à "ça".  Et voilà que dans l'attente, j'idéalise la chose, me racontant de grosses conneries du genre une fois que j'aurai réglé la chose, je pourrais enfin avoir un amoureux, ne pas être persuadée que lorsque quelqu'un me touche il a envie de gerber tellement je l'écoeure, que mon corps paraitra moins sale, je ne sais pourquoi je me raconte tout ça...Mais je transforme cette séance en quelque chose d'irrationnel, quelque chose qui me permettrait d'écrire le mot fin de la faim ici, qui me permettrait de virer mon mal être définitivement....et par conséquent, elle m'angoisse horriblement. J'ai tellement peur de ma réaction lorsqu'elle va me masser, je ne sais pas comment je vais réagir. Je l'aime trop pour risquer de la dégouter. (J'imagine que mon estime pour Elle dépasse un peu la relation psy/patient et que ce n'est pas très bien, d'autre part mon discours part un peu dans mes délires pathologiques et je vous prierai donc de ne pas en prendre compte merci) Mais c'est une autre histoire.

Je disais donc, après cette parenthèse malvenue, que ce putain de passé....Je vais bien vous savez. Vraiment bien. Mais je ne suis que son esclave, son jouet. Une petite marionnette. Il me laisse un peu de liberté, errer ça et là... et puis hop, m'enlève de là et me fait tremper dans l'enfer. Le petit enfer qu'il m'a bâti et que j'ai pris un malin plaisir à conrétiser.

C'est un peu plus perfide qu'avant. Maintenant, il vient me chercher dans la nuit pour essayer de m'engrainer. Cette nuit j'étais à l'hôpital psychiatrique. Je faisais un spectacle grandiose avec tous les profs de mon lycée (période où tout a commencé gaiement à se déteriorer). On s'en tape de ce que je faisais dans ce fout rêve. N'empêche qu'au réveil je passe en revue toutes mes hospitalisations, les patitents, les consignes, les poids que j'ai pu atteindre, le règlement, les consignes, les sorties interdites, mes fugues, mes bras, les bandages, les canettes soigneusement découpées pour me lacérer les chairs, mon goûter que je vendais aux diabétiques contre des clopes, les médocs recrachés....Vous savez c'était pas si horrible que ça, l'HP. C'était plutôt marrant d'être traitée comme une dégénerée, d'écouter les délires des autres, de se foutre éperdument des consignes, de toujours tout contourner. J'avais l'impression d'être à l'école, quand on fait tout pour emmerder la maitresse et rire la gallerie. Je m'enfuyais de l'hôpital souvent, j'avais soigneusement reperé les différents codes des portes, je me baissais devant l'espèce d'aquarium où grouillaent les infirmiers, j'allais me pinter la gueule et attendais qu'on me retrouve le sourire aux lèvres. Entre patients on s'engrainait et tout devenait drôle. On aurait dit un grand jeu...Evidemment, je passe les chambres d'isolement et les hommes en blanc qui débarquaient avec LA fameuse piqure quand on était allé trop loin. Les cris les coups le réveil hagard en service fermé, être suivie jusqu'aux chiottes, horrible. Mais...j'ai jamais été malheureuse là bas. Vraiment. Evidemment que j'ai fait des crises et que j'y allais pas par plaisir, mais c'est loin de l'enfer qu'on dépeint. En tout cas pour moi. Et puis, j'y vais en terrain connu, maintenant. Je connais toutes les têtes, les failles du système, les règles, les blouses blanches. On est entre potes maintenant. Eux et leur pathologie. Je pourrais les écouter des heures...ça me passionne les désordres névrotiques. Je m'arrête là. Ce n'est pas ça que je voulais vous exposer. Mais j'ai quand même un passé un peu atypique. Et dans al vie de tous les jours, je ne epux pas faire comme si ça n'avais jamais existé. Certains diront que je suis courageuse et que c'est impressionnant que je sois encore vivante. Mais ça fait peur. JE fais peur. Et j'ai peur de moi même, moi aussi.

On  n'est pas sorti de l'auberge,je vous le dis. (Mais j'y ai déjà mis des jardinières sur le balcon, c'est un début tout de même!)

 

Merci, un GRAND merci à vous de me suivre, de me lire, de m'encourager. Je vous ferai une spéciale cacedédi un peu plus tard, mais sachez que ce qui m'arrive aujourd'hui, ce début de guérison, c'est un peu votre récompense...Je sais que certains ont arrêté de me lire, tellement ça virer aux murs des lamentations. J'en suis honteuse car là n'était pas le but du blog. Mais dans la réalité je me suis toujours evertuée à garder le sourire et l'oeil vivant, alors pas étonnant qu'ici je me lâche. D'autres viennent butiner de temps en temps, et d'autres encore sont là depuis le début...vous ne parviendrez pas à me faire chialer mes lecteurs adorés, mais je vous aime. Jamais je n'ai cru que vous seriez autant. Ouais je m'envoie des fleurs, un peu ça fait pas de mal il paraît.

LoveXXX

 

* Elle, c'est Lhasa, jm'en lasse pas.

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 12:43

Tout mon petit monde s'est donné de la peine pour m'entourer. Comme quand on shoute dans une fourmilière, et que chaque fourmi tente de reconstuire le truc, pour que tout redevienne comme avant. Même si y en a des centaines qui ont voltigé pour de bon, voire se sont retrouvées écrabouillées sous une chaussure. Qui dera des kilomètres avec des cadavres plein la semelle. Des morceaux de coeur en moins et le cerveau pété en deux.

Mais quoi, je suis vivante non? Alors continuons, après tout.

J'ai le nez abîmé, comme une trace visible de mon passage de l'autre côté. Comme pour dire à tout le monde que j'ai pété les plombs comme d'habitude, le respirateur artificiel en plus. Ouais j'ai gravi les échelons moi. Bientôt jserai carrément morte à force de vouloir la frôler comme ça. Un jour, au lieu de me repousser parce que faut croire que c'est décidément pas mon heure, elle s'accrochera à moi avec ses deux bras décharnés pour m'avaler complètement. Et je ne pourrai plus jamais fanfarroner de ma connerie. Je ne pourrai plus me sentir invincible, carrément surpuissante voire inhumaine ou tous ces trucs débiles que ta [non]santé mentale te fait avaler. Comme si fallait toujours se mettre en danger pour vivre, mais putain, on peut vraiment pas faire autrement? Est-ce  qu'on est toujours obligé de se donner en spectacle, ou plutôt de mettre sa souffrance à la con en scène? C'est comme si elle me laissait respirer, parfois, puis sa grosse main dans la gueule le lendemain, comme ça, comme son jouet, sa poupée un peu cassée qu'elle remonterait chaque fois pour la niquer un peu plus quelques jours après. Sauf qu'elle n'est pas une personne, et que sa main, c'est la mienne. Moi, toute seule, qui décide de tout briser, dans un accès pathologique sévère où je me mets à hurler, me griffer partout, foncer dans les murs en beuglant pour finir par me mettre en boule en pleurant bruyamment -si les larmes veulent bien dans le cas contraire c'est frustrant-.  Comprenez que j'ai l'air d'une dégénerée et que je n'ai pas envie mais alors pas du tout de me laisser aller ainsi, ça fait désordre. Gober pour s'anesthésier, il vaut mieux se censurer parfois. Sauf qu'au réveil, on a perdu 48H, on a la bouche pâteuse, et puis...après avoir rangé le bordel qu'on a foutu complètement défoncé aux anxyos (des fois on dort pas, on se bat contre des hallus malveillantes), bref, quand on se retrouve comme une connasse, et que tout, TOUT est toujours là, je parle de ta salope de douleur qui te vrille les tripes...il vaut mieux aller prendre l'air. Oublier ton nombril, un tout petit peu pour te sauver la vie genre.

J'ai essayé de dire à la psy que j'allais mieux, que les urgences, c'était un dérapage mal contrôlé mais bon en gros je vais (j'ai dit "beaucoup") mieux. Elle m'a dit avoir du mal à me croire, mais moi j'ai un dossier à boucler, celui de la non-vie. Et un autre à ouvrir, celui de la Vie. Il m'attend, là, avec son "urgent" en marker rouge sur la tranche. Et si je ne l'ouvre pas, bientôt, je vais me faire virer par tout le monde et comme c'est ma plus grande angoisse, il ne faut pas. Et puis même, la non-vie ça commence à me les briser sévère quoi.

Je lui ai aussi glissé qu'une personne normale avec des armoires pleines de somnifères aurait sûrement preféré en avaler un pour s'assurer une bonne nuit, et si, au pire, elle était toujours de mauvaise humeur au petit matin, appellé une personne quelconque pour lui vomir son mécontentement à l'oreille, ça fait toujours du bien. Alors que moi, depuis que je prends plus de cachets, je veux pratiquer l'abstinence absolue, sans craquer même si je vais passer une sale nuit blanche. Et comme l'angoisse me mange, je n'appelle absolument personne, et la laisse faire.  M'étouffer complètement, et finir par craquer complètement de manière bordélique. JE suis bordelique, une vaste blague à moi toute seule.

Je lui ai donc demandé si j'avais un problème de santé mentale, c'est quand même un comportement un tout petit peu...enfin ça interpelle quoi. Comme elle m'a dit que si elle me mettait dans une case je prendrai soin d'en sortir pour entrer dans une autre, ça ne servait à rien; en gros elle avait peur de l'ouvrir, elle savait bien que ça allait pas me plaire et qu'il fallait pas me froisser -j'étais alors suicidaire, comprenez-.

N'empêche que quoi qu'on en dise, je suis catégorique, je vais mieux. Je mange mieux, et aussi plein d'autres choses du genre assez extraordinaire -pour moi- quand même. Ca faisait un bail que j'avais pas fait une crise. Et aussi, j'ai donné TOUS mes cachets. Ceci dit, bon, il n'y avait plus grand chose d"interessant" (si on veut vraiment se déssecher la tête) puisque j'ai tout pris. Mais bon, quand même une boite de chaussures PLEINE, et je me dis que le jour où j'aurai décidé de tout m'enfiler j'imagine que le coktel doit pas être très glorieux donc bref, j'ai tout renversé sur le bureau du psychiatre, fière comme une gamine qui aurait fait un beau caca. Hop, voilà. Il a grand ouvert ses yeux -du genre putain elle éxagérait pas!- et m'a demandé ce qu'il allait en faire comme si je savais moi quelle question conne quand j'y pense. Depuis qu'il me le demande mon trèsor, voilà que je lui offre et qu'il fait la fine bouche, il s'attendait à quoi, que jlui file une boite d'allumettes? C'est mal me connaître, l'abruti.

Alors, ok, j'ai failli mourir. Ok, c'est pas anodin, je ne m'amuse pas à minimiser les faits, mais alors...fallait m'enfermer si vraiment on avait peur. (En tous les cas le psychiatre des urgences a du avoir son diplôme dans une pochette surprise) Si on m'enferme pas, j'imagine qu'ils pensent que je suis capable de ne pas retenter le diable dans 2 jours. Que je vais me calmer, que je vais prendre sur moi, et que je vais continuer comme une grande sur ma lancée. Et c'est exactement ce que je vais faire. Alors bon dieu, ça sert à rien de me répeter toutes les 7 minutes que j'ai frôlé la mort, que je vais de plus en plus loin, que j'ai franchement failli y rester...Je le SAIS. Je le sais putain, j'arrête pas d'y repenser...On peut passer à autre chose ou bien?

Je démissionne de mon boulot d'esclave jeudi.

Je rejoins me parents dans le sud vendredi.

Je profite de mes vacances pleinement, sans taper des crises au moment de se mettre en maillot de bain.

Je DORS.

J'évite les soirées aux narines pleines, ce qui veut dire que je persiste dans l'abstinence absolue de tous toxiques. (Encore une autre chose extraordinaire)

Je bronze et me trouve vraiment trop bonne.

Je reviens donc en pleine forme pour ma rentrée scolaire.

Ah, et comme j'aurai à nouveau l'esprit clair, je reprends ma thérapie avec brio.

Et j'ai vraiment hâte d'attaquer le "massage/expérience du toucher" avec la psychomotricienne.

Voilà...pas trop de pression, que des choses possibles (profiter des vacances, y a pire)(Sauf le truc de me trouver trop bonne, là, je doute sur mes capacités, mais bon c'est pas vraiment indispensable bien que ça contribue à mon bien-être), et un retour d'enfer.

I'll be back.

 

Excusez le monologue grossier et vulgaire, et aussi salement amer...J'avais besoin de vomir verbalement...Je me sens beaucoup mieux. D'ailleurs, je me suis fait du pop-corn, c'est vraiment bon en fait!

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 01:36

D'abord, merci. En grand. Je ne vous répondrai pas individuellement car globalement vous m'écrivez tous la même chose. La culpabilité, décevoir/ vouloir faire plaisir, vivre en fonction et pour les autres...en s'oubliant. C'est peut être débile de craindre la réaction d'internautes. Mais ce blog est important pour moi, bien plus que je ne l'avais cru en le commençant. Le blog oui, mais vous encore plus. Pas pour faire la lèche cul et ramener des visiteurs, pas dans mes habitudes de jouer les hypocrites. Même si je ne veux pas décevoir, j'ai beaucoup de mal à faire semblant d'apprécier les gens. En fait je suis assez tranchante...pas beaucoup de vrais amis, d'où leur valeur. Ça me fait penser à ma soirée de samedi soir (petite parenthèse)...j'ai du rester 4 minutes 30 tellement les gens m'ont fait chier à mon arrivée. Je n'ai rien dit, j'ai allumé une clope, pris mes affaires et ai claqué la porte. Enfin bref, tout ça pour vous dire, c'est sincère. Au fur et à mesure, j'ai pu faire de belles "rencontres" si on peut dire ça comme ça, et j'éprouve un profond respect pour vous qui passez ici. Alors non, je n'ai pas envie de vous décevoir. Même si ma mère me rabache tout le temps que ce n'est pas parce que je vais si mal que je fais de la merde qu'elle m'aime moins. Et si j'avais une copine comme moi j'imagine que j'essaierais de la soutenir en fait.

Depuis quelques temps je vois une psychomotricienne, et ça me fait vraiment du bien. Du bien je ne sais pas mais...il y a des réactions, des interrogations, elle me bouscule. J'ai l'impression de me prendre tout dans la gueule c'est un peu dur mais il me semble que c'est nécessaiRe à mon avancée. Vous savez le titre que j'ai mis, c'est elle qui me l'a dit. Ça parait complètement con, ça coule de source, la tête a besoin du corps. Mais je suis à un tel point de déni qu'elle doit me le rappeler pour me dire ah oui...Elle me dit qu'elle a l'impression de faire une thérapie de couple entre lui et moi. Je parle de mon corps à la troisième personne, comme s'il était bien assis à côté de moi. Je dis qu'il se porte bien, qu'il a arrêté de crier, qu'il ne gargouille plus, qu'il s'est enfin habitué à mon rythme, comme je le voulais. " Vous me faites penser à une maman qui ramène son enfant couvert de bleus, sale, la morve au nez chez le médecin en lui affirmant que si si, il va bien, il a arrêté de pleurer". Ça me fait rire. Puis pleurer. Je ne sais plus. "Oui mais ça n'engage que moi, je ne fais de mal à personne. Et puis, ce n'est qu'une enveloppe, rien de plus. Non...rien de plus". Il paraît que c'est assez étonnant une telle...comment ils disent déja? Je ne sais plus le mot. (intéressant hein?) On va dire, "séparation" entre le corps et l'esprit. Que ça en devient même bizarre. Je me dis que je ne suis pas normale. Je déteste mon corps. A un point inimaginable, douloureux. Je crois qu'il me dérange tellement, que je finis par l'enlever de mon entité. Souvent je vire ce qui m'emmerde, je crois que j'ai fait pareil avec lui. Sauf qu'apparemment on est soudé à vie. Et qu'il va bien falloir que je me fasse une raison. Parce que...peut être que s'il a arrêté de crier, de pleurer, d'agoniser, c'est qu'il s'éteint. Tout doucement, sans rien dire, il crève. Et moi je m'en réjouis. Le truc que j'ai dû oublier en route, c'est que s'il crève, je crève avec. Et j'en n'ai pas très envie. A part des fois, mais pas tout le temps, comme tout le monde non? ( Je sais il paraît que je fais des généralités pour me rassurer. Mais bon, tout le monde a eu envie de disparaitre définitivement au moins une fois dans sa vie, enfin je crois. Non?). J'ai l'impression que tant qu'il n'y a pas de problème vital je veux dire, je ne réagirai pas. C'est vrai on n'a pas peur quand il n'y a pas de problème. Mon poids chute, c'est vrai. Mais je vais bien, je marche, je cours, je travaille. Ça c'est ce que je me rabâche pour éviter de penser à la réalité. En vrai, quand j'y pense, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas physiologiquement parlant. Mais je me mens pour ne pas m'inquiéter, pour ne pas m'effrayer, pour ne pas penser. Je fais semblant de ne pas remarquer. Je ne veux pas voir qu'il me lâche. Qu'il m'abandonne petit à petit. Trahison impardonnable. Cercle vicieux de punition, de reproche.Toujours ce truc de lui faire payer sans savoir ce qu'il a pu bien faire pour le mériter au fond. Mais la haine s'alimente de tout et n'importe quoi. La haine, c'est quelque chose de viscéral, pas vraiment fondé.

Je ne comprends pas qu'ils s'inquiètent de mon état. Ça finit par m'emmerder, alors je fais sauter les rdv. Le médecin surtout, mais ce qui est quand même chiant c'est que je suis obligée de la voir pour mes ordonnances de méthadone, mais au fond qu'importe, je la prends tellement mal. Je me hais. J'avais réussi à tout arrêter. Même le cannabis, et même mes cachetons. Je ne prends plus aucun traitement (moi qui avait tellement peur de ne plus en prendre!). Ensuite, ça s'est compliqué. Pendant un temps, je me suis préservée, forte de nouvelles ambitions en sortant de l'hôpital. Notamment me protéger. Alors j'ai plongé dans les cours, j'ai travaillé comme une damnée, en même temps je devais rattraper un mois et demi d'absence, c'était facile de se noyer dans le taff. Une fois tout ça rattrapé (très encourageant et prometteur d'après le directeur), je me suis mise à re-sortir. De plus belle. Comme je sais bien faire. Avec tout ce qui va avec. Au début, je me suis dit, "dérapage, accident de parcours". Une fois, deux fois. Et comme je me suis engueulée avec la pharmacienne qui me délivre la méthadone quotidiennement, j'y vais le moins possible. Autant dire que ça ne sert plus à rien. Alors je me donne à fond. Connasse. Je ne sais pas si je suis dépendante ou si je suis trop faible. Je n'ai pas vraiment l'impression d'être une junkie, c'est ça le pire.

Je ne sais pas ce qu'il me faut pour me rendre compte de tout ça. J'ai une telle force de persuasion envers moi même, c'est assez dingue je dois dire. Tellement que moi même je ne sais plus ce que je fais. Si c'est bien, si c'est mal, j'en sais rien. J'enjolive la réalité et fini par y croire malgré moi. Je raconte des trucs aux psys et quand je vois leur tête je suis effarée (autant qu'eux apparemment). Il y a un tél décalage putain c'est pas croyable je vous jure. Ça doit être énervant pour les autres, peut être qu'ils se disent que je n'ai pas de volonté, ou que c'est un jeu, ou je ne sais quoi d'autre. Mais mon esprit se tord de plus en plus... je finis par avoir peur, ma conscience s'étiole et je perds pied. Je ne veux pas devenir psychotique vous comprenez, je ne veux pas perdre pied avec la réalité ni partir dans des délires, ça, ça me fait vraiment vraiment peur. Je ne suis pas folle. Je ne veux pas de ça. Je sais que je déforme tout, mais je veux m'arrêter à temps.

Ecrire tout ça me fait un bien fou. Mettre tout ça à plat. Relire. Et me dire, merde. Demain, je vois la psychiatre. La dernière fois, elle m'a clairement dit qu'à un IMC inférieur à 14.5 c'était l'hospi assurée, et qu'elle était TRES "souple" de m'accorder cette faveur, puisque normalement sa limite est le 16. Je ne crois pas être anorexique dans le sens ou je ne veux pas maigrir jusqu'à la mort, enfin si mais...je ne veux pas vraiment "maigrir". Je ne me gave pas de mannequins porte-manteaux, ne compte pas mes calories, ne me pèse pas 17 fois par jour, ne descends et remonte pas les escaliers 47 fois non plus. C'est autre chose. Cette haine de moi je crois. Ce n'est pas qu'une question de chiffre. Les chiffres sont vides de sens. Elle me parle IMC, ça veut dire que dalle. Ca ne signifie rien. Je ne suis pas un morceau de viande que l'on évalue grâce au pèse-personne. Enfin bref, moi jsuis à 14. Mais je ne peux pas aller à l'hôpital maintenant, parce que je suis en stage professionnel, celui là même qui doit valider mon année. Et il n'est pas question de m'en aller comme ça, en plein milieu, parce que madame n'est pas pas mentalement saine.

Cependant...Je crois que je vais lui demander une hospitalisation à la fin de mon stage. Pour travailler. Avancer pour de bon, j 'en sais rien je sais pas le faire toute seule. J'ai besoin qu'on me montre, qu'on m'ordonne, qu'on me cadre. J'ai follement besoin de limites. D'encouragements. Qu'on me dise que ça va aller, que je ne suis pas folle. Qu'on m'explique pourquoi je fais tout ça, pourquoi je suis comme ça, qu'on rationnalise les choses. Que je fasse des bilans sanguins, que je me rende compte. Qu'on me dise s'il y a de réels risques liés à l'aménhorrée. Qu'on me répète encore une fois que les drogues niquent le foie. Peut être qu'au fond j'éspère qu'on me balance que j'ai des trucs graves pour que je réagisse enfin. C'est dommage et assez pathétique d'en arriver là, je sais. C'est même dérangeant de souhaiter ça et peut être que ça peut choquer, je ne sais pas. C'est ce manque de peur lié au risque qui est angoissant. Je suis lasse de jouer, de m'éviter, de me mentir, de me faire mal avec ferveur. De me haïr. Je voudrais m'aimer, un peu. Me sentir, être vivante. Être capable d'aimer. De tomber amoureuse. De supporter que l'on puisse m'aimer pour ce que je suis, pas pour ce que je voudrais être. De pas être obligée d'être complètement raide mort pour accepter que l'on me tripote. De m'accorder un peu d'importance.

J'ai été au vernissage de l'expo vous savez. Mais j'étais tellement mal à l'aise que j'ai dû y rester 1/4 d'heure. J'aime pas trop parler de ce que je fais. En plus, je me considère comme un peintre du dimanche, pas comme une artiste. Et c'est vraiment gênant de se mesurer à des gens qui ont un véritable travail derrière. Enfin c'est particulier, c'était gratifiant et gênant à la fois. Et puis s'ils savaient que mes toiles sont des draps hospitaliers haha. Que j'ai fait mes peintures en une nuit dans un foyer psychiatrique. Mais ils n'ont pas besoin de le savoir. Peut être que si je continue dans cette voie, plus tard je le dirai, ça serait drôle. Un jour où j'aurai assez de recul pour en parler librement. Pas pour faire genre artiste-torturée (bien dit Miren, j'approuve totalement ton commentaire au passage sur la notion d'Artiste), juste pour l'anecdote.

Voici quelques liens où vous pourrez trouver les articles (attention mon identité est dévoilée...!lol):

Article dans la voix du nord pour l'expo actuelle.

Article dans la voix du nord pour la dernière expo

Article dans le blog de l'asso des artistes indépendants lillois

ça me fait rire quand même. Ca fait drôle. Enfin voilà. Sur ce, 3h34 est une bonne heure pour aller se coucher je crois. Et être en forme pour mon rdv et pour le taf qui m'attend après. Ou alors je regarde virgin 17 qui nous passe gossip en concert, pas mal ;)

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Edit: finalement je n'ai pas dormi. Du tout. Je suis arrivée au rdv exactement comme je ne voulais pas arriver, les cernes affriolants et le teint cadavérique. Enfin, au moins, dès le début... on était dans le vif du sujet. Pas moyen de faire semblant. Malgré les deux leggings superposés en dessous de mon jean. Et ma putain de gestuelle d'hyperactive névrosée qui trahit tout. Bref, j'écrirai ce qui s'est dit un peu plus tard... quand j'aurai le cerveau moins compressé contre les parois de mon crâne.Là, j'ai un peu mal. Dans les tripes. En moi. Tout au fond. Je crois que je vais finir par vomir.

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 22:08

Un point. Insignifiant.

Au loin.

Vue brouillée. Trop blancs ces murs. Ces lumières trop agressives. Rendez moi mon obscurité. Mon silence. Ecartez moi de ces cris. Déchirez ces liens.

Je vous en prie.

Ecoutez moi, croyez moi.

Je suis peut être trop humaine. Ou non. Je ne sais plus. Ne veux plus savoir.

Ne veux plus l'écouter lui, ce corps. Je veux qu'il se taise à jamais, qu'il se consumme, qu'il s'éteigne, peu importe, qu'il aille au diable. Je veux le voir crever, lui et toutes ses failles, ses douleurs futiles et ses appels à l'aide de lâche. Je me fous de ses désirs, et d'ailleurs, depuis quand se prend-il au sérieux? A-t-il seulement demander l'autorisation de s'exprimer? Le droit d'exister? Si seulement il s'était défendu. Mais non.


Il y a moi. Et puis l'autre. Deux Moi. Un corps. Pauvre de lui. Où je suis? On m'emmène, m'enferme, telle une folle aux pays des merveilles, comme l'autre, les couleurs en moins. La folie douce dans mes veines. Les pilules colorées dans le gosier, de force. Et puis je ressors, l'urgence passée. Sans rien dire à personne. Je signe cette maudite décharge, toujours. Et la liberté s'offre à moi, de nouveau. Liberté chérie. Celle qui me fait si peur. Celle qui me balance dans le vide.

Je ne sais pas pourquoi je caresse les enfers avec autant de ferveur vous savez. Je ne sais pas. On me dit que je suis en colère. Mais je n'en veux à personne. Il parait pourtant que je devrais. Pourquoi? Non, je n'en veux à personne. Personne ne mérite de porter ma croix. Surtout pas eux.

"Ils m'aiment vous savez"

_Vous ne cessez de vous auto-rassurer. Comme vous le faîtes pour moi, mais moi je n'ai pas besoin que vous me rassuriez.

Et si je ne le faisais pas, hein? Et si j'envoyais l'optimisme se faire foutre, je me tire une balle? Connasse. Comme si j'avais le choix. En colère. Oui, exactement. Contre moi. Moi seule. Et ils m'aiment. Je le sais...Ils m'aiment, ils m'aiment, ils m'aiment, ils m'aiment?... Je... Putain mais vous m'emmerdez avec vos questions à la con!

Seule. Seule dans la foule. Seule parmi ceux que j'aime. Seule dans mon lit, seule dans le métro, seule dans la nuit, seule dans les abîmes. Pourquoi tant de personnes dans ma tête? Qu'elles foutent le camp, elles m'épuisent...Elles me fatiguent, me sucent l'énergie..."Mon Dieu comme vous êtes pâle"...Insufflez-moi la vie et dîtes leur de me laisser tranquille...s'il vous plaît...Faîtes les taire! Morcelée entre toutes. Je ne sais plus qui est qui, je de duppes. Elles sont toutes là, à mener leur vie, s'écrasant les unes et les autres, en moi. En m'écrasant, moi. Moi qui part en croisade pour la pureté. Muhahaha. Quelle blague quand j'y pense.

Comment l'anorexie pourrait elle laver tous mes pêchés? De chair, d'abus en tous genres. Belle illusion chérie. Et de surcroît, vous allez rire, j'ai bien cru que j'allais être plus forte qu'elle. Oui oui. Comme si. J'ai cru que j'allais la berner!

Alors, j'ai fait comme si je ne voyais pas. J'ai perdu, perdu, perdu...j'ai dansé, encore et encore, virevolté, légère, aérienne...c'était si bon cette nouvelle energie, cette nouvelle force...

Je n'ai plus écouté personne. Personne. Surtout pas les mises en garde! Ben non, après tout, je connais bien le problème, mes limites, et tout ce qui s'ensuit non? Haha. L'anorexie, elle vous baise en grand. Elle finit toujours par vous rattrapper. Toujours. Là, tapie dans l'ombre.

Et un matin, je n'ai pas pu me lever. Bouger le pouce. Mal. Partout. J'ai pleuré. Parce que je savais que c'était la fin. La fin de l'euphorie insouciante. Que maintenant, c'était les problèmes. Les vrais. Se taire, surtout. Se taire. Echapper à tous ces tests qui mettent les bras en charpie et qui donnent largement raison aux médecins. Et ça, il n'en n'est pas question. D'autres priorités que l'hopital.

De beaux projets. Une exposition à Lille, avec d'autres artistes. Un stage professionnel. Une embauche prochaine.

Et même si ça se fait avec le nez plein de coke, la gorge piquée par la méthadone, les yeux rougis par le cannabis, les doigts tremblants par manque d'alcool, les tripes appellant au viol, l'estomac hurlant à la famine, les jambes flageollantes, la pâleur de l'anémie, les cernes creusés, même.

Je le ferai. Parce que c'est ce que je veux.  Je veux créer. Vivre de ce que j'aime faire le plus au monde. Et je pourrai enfin dire que j'ai réussi à faire quelque chose de bien. Le reste... ça n'est que le reste.


"Comment allez vous mademoiselle S.?

_Bien. Je vais bien."

 

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Mon Dieu vos mots en mon absence. Je ne voulais pas venir écrire en noir. Je ne voulais pas. J'avais peur. J'avais peur d'ouvrir les yeux et de me dire...d'accepter la verité. Je ne voulais pas venir ici et vous décevoir. Je ne voulais pas lire tous ces mots d'encouragements, de soutien et de tendresse...et tout gâcher, encore.

Je ne lâche pas la rampe, soyez en sûrs. Je ne suis pas vaincue. Juste "malade". Il paraît que vers 30 ans...les borderline s'apaisent. Je le veux. Et je rêve d'arriver jusque là, surtout.

Merci. Merci, merci merci à vous. Ne me lâchez pas, s'il vous plaît.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 19:45



Dans les murs. Dans le noir, dans le froid, je patauge dans la mélasse et continue à sourire comme si c'était encore la peine. Personne n'est duppe, personne n'y croit plus, tout le monde est avec moi, dans le trou. Et ça me fait encore plus de mal que tout le monde se rende disponible, gentil, réconfortant. Et quand je me retrouve à sniffer tout mon subutex d'un coup, je me dis que je les poignarde dans le dos. Comme ça, sans prévenir. D'un coup je fous en l'air leur tendresse et leurs mots doux. Je les quitte dans un malheureux "ça va aller", je ferme la porte de ma chambre et l'enfer commence. C'est comme ça tous les jours. Et je pleure encore, encore, et encore. Sur mon pauvre petit sort. Je me hais. Je me hais de ne pas savoir faire autrement qu de me foutre en l'air dès que j'en ai l'occasion. Vous me direz que j'ai qu'à me foutre en l'air une bonne fois pour toutes et tout ça serait réglé, mais il y a toujours un truc qui me retient et c'est un truc qui s'appelle la famille et les amis. L'affectif. J'ai pas le droit de le faire vous comprenez? Je les aime trop pour ça.
Alors je vais prendre ma méthadone tous les jours au centre, avec tous les autres. Le fermer et prendre sur moi.
Quand j'ai dit que j'avais tout sniffé d'un coup, le psychiatre m'a dit, "ne me refaîtes plus jamais ça. Si on limite les doses, c'est pas pour vous punir, juste pour vous maintenir en vie ok? Et vous voudriez que je vous en re-prescrive? Vous commencez à me mettre dans une situation difficile, j'espère que vous comprenez. Je n'ai pas envie que vous froliez le danger; je veux dire, danger mortel. Et vous savez".
Je sais. C'est bien ça le pire. Et je continue. Connasse. Pourquoi ce dédoublement perpetuel? Pourquoi ça dure aussi longtemps?
"Il faut que vous preniez conscience que vous faites ce que vous pouvez. Vous essayez, vous vous battez. Mais vous êtes trop exigente envers vous même".
Ce que je peux. Ce que je peux. C'est ça que je peux?

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*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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