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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 11:07

Le temps me manque, il me consume sans que je puisse le prendre en main. Il tourne et me donne le vertige, tout va trop vite, je virevolte au gré des secondes qui passent. J'ai l'impression que l'on joue avec moi sans que j'aie le choix, sans que je puisse donner mon avis, sans que je puisse agir de moi même. "Ils" trouvent que je ne suis pas assez rapide sans doute. Ils ne cessent de me rappeler combien je suis abîmée, combien je me suis cramée les ailes. On me bourre le crâne de données censées mesurer le taux de destruction et c'est une horreur. Peut être parce que j'ouvre les yeux aujourd'hui et je me demande comment on peut aller aussi loin, pour s'anéantir à ce point en étant fière de rester debout. Combien de fois j'ai souris sournoisement en admirant ce chiffre qui ne cessait de descendre, combien de fois j'ai affronté le regard des infirmiers des étoiles dans les yeux lors de la pesée, combien de fois j'ai murmuré "ouf" en contemplant ma chute, tout en toisant le corps médical. Comme si il fallait que je démontre que même à ce poids ridicule, j'étais encore vivante, debout et pleine de puissance. Je me souviens de mes rires lors de mes entretiens sans doute destinés à me faire peur, ces rires qui voulaient dire, mais vous ne voyez pas que ce n'est pas grave, regardez moi dans les yeux et dîtes moi que je risque ma vie, alors que je suis encore capable d'aller courir à toute heure du jour et de la nuit, alors que j'arrive à peindre sans m'arrêter, alors que je peux rester éveillée toute la nuit si je veux, alors que mes pulsations dépassent l'entendement...dîtes le moi encore...Et je riais pour leur signifier que je n'entendais rien à leur paroles effrayantes, que je n'étais pas concernée, qu'ils faisaient fausse route et qu'ils ne faisaient que perdre leur temps en m'enfermant dans les murs de la folie. Parce que MOI je n'étais pas malade. En tous cas, pas comme ils semblaient le croire. Pas à ce point là. Admettre que je n'étais pas grosse, d'accord, quoi que, mais me dire que la mort pouvait m'emporter d'ici peu, franchement, non. Ça me passait à des kilomètres, même en détaillant les photos avec ma psy. Même lors de mes allers et venues en ambulance.

Aujourd'hui, c'est un peu différent...un peu. Peut être que je suis un peu plus consciente. Mais j'avoue rester sceptique quant à toutes ces mises en garde, même si l'épuisement fait place. Je sais que l'on peut guérir, pas complètement certes, mais c'est possible. J'ignorais que ce serait aussi hard. Et puis il ne s'agit pas seulement de se ré-alimenter, il faut aussi que je supporte toutes ces fouilles dans ma chambre pour en extirper tous les cachets que j'y cache en prévision de crises d'angoisse, toutes les lames que j'ai dispersé un peu partout, et puis aussi les bilans sanguins pour savoir si je me bourre encore de substances psycho actives comme ils disent. J'ai un peu de mal à jongler avec tout ça, et tout arrêter d'un coup...c'est super dur...Et la thérapie familiale est un cauchemar même si ça se dénoue au fur et à mesure, les larmes, les paroles du genre "merde elle s'est ratée", les cris. Les non-dits qui se lisent dans le reguard. Les giffles silencieuses.

"_Pourquoi vous ne réagissez pas, pourquoi vous ne répondez pas?

_Je crois que ça glisse sur moi, ça me fait rien. Franchement je crois que j'en ai rien à battre. Peut être parce qu'à force je me suis blindée j'en sais rien.

_Eh bien va falloir briser ce blindage, il va falloir redevenir humaine, sinon vous allez couler pour de bon. On ne peut pas encaisser tout ça, il faut comprendre que ce n'est pas possible, que si ça marche aujourd'hui vous allez  vous briser plus tard, c'est une bombe à retardement. Et honnêtement je crois que vous n'avez pas besoin de ça. Ça risque d'être fatal et vous le savez".

Franchement je ne sais plus faire la part des choses entre les "il faudrait que", " il n'y a qu'à", "ça ne tient qu'à vous"...La liste me semble interminable, je n'en vois plus le bout. Tout ça me dépasse.Tout ne dépend que de moi et de personne d'autre, je ne dois plus faire comme ils voudraient que je fasse. Normalement j'agis en fonction de leur volonté, leurs désirs, sans me soucier de ce que je veux. Mais de toutes manières je ne sais pas ce que je veux. Je me mets la pression pour faire plaisir et je me perds parce que que tout est brouillé, je fais de fausses interprétations, j'imagine des choses qui ne sont pas fondées. Je pense à la place des autres, peut être pour que l'on m'aime, pour plaire et me racheter, devenir la fille qu'on aimerait tous avoir. Je me plie à leur volonté sans faire de vagues, mais je me suis perdue. Et aujourd'hui on me demande de faire comme bon me semble, comme je voudrais le faire, et je ne sais plus quelles sont mes envies, mes rêves, mes projets. Je ne sais plus.

Je ne sais plus.

Je suis devenue une inconnue.

Meme mon corps n'est pas mien.

Mon visage marqué, mon regard éteint.


Ca me rend triste de lire tous ces blogs où les filles n'aspirent qu'à la maigreur pour regagner un peu d'estime pour elles-même. Comme si la maigreur offrait la clé du paradis, comme si tout dépendait d'elle. Comme si être maigre c'ést être bien.Comme si le respect que l'on éprouve face à soi même dépend du poids qu'indique cette putain de balance. Vaste connerie...

Aujourd'hui toutes ces filles plus maigres les unes que les autres m'écorchent, m'agressent, elles sont de plus en plus nombreuses et ça me rend dingue. D'abord pour une raison pathologique, parceque je ne supporte pas de voir des filles plus maigres que moi, même si j'ai conscience que c'est absurde, mais aussi parcequ'elles courent à leur perte juste à cause de cette histoire d'image, de ces canons utopiques de la beauté que l'on nous balance sur papier glacé à tous les coins de rue. Je sais que ce n'est pas qu'à cause de ça, qu'il y a plusieurs anorexies, que chaque cas est unique. Mais si déja on pouvait changer cette image de la femme parfaite...Les gamines de 13 ans se rendraient moins malades. Quant aux autres il me semble que l'anorexie résulte plus d'un profond mal être que de la volonté de faire un régime. Enfin je sais que pour moi ça s'est passé comme ça et que je me foutais de ressembler aux mannequins cadavériques, je voulais juste me prouver à moi même que je pouvais être forte. Et l'anorexie existe depuis toujours, avant même que ces loques soient projettées sur le devant de la scène. Elle ne disparaitra peut être jamais...mais on peut limiter les dégâts j'en suis sûre.


Merci à vous. Un grand merci. Petites perles dans les yeux.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 10:00



Je suis retournée au CIAC en fin de semaine dernière. J'ai encore repris des cachets sans le vouloir, je perds le contrôle c'est insensé; je ne comprends plus. Donc il m'ont renvoyée là bas, et
même si j'ai réussi à pleurer tout ce que je pouvais, rien n'y a fait, il fallait me mettre en sécurité. Les larmes ont redoublé lorsqu'il a fallu l'anoncer à ma mère, parc
e que je me suis franchement sentie nulle, extrêmement nulle.
Ma mère a tapé un scandale parcequ'il était hors de question de me laisser là bas, parceque c'était sordide et qu'elle ne peut plus supporter de me voir en HP, ni de cotoyer les autres malades. Je crois que rien que de les voir ça la fout en l'air.

Contrairement à la dernière fois j'ai réussi à vider mon sac à une infirmière, en lui écrivant ce qui me travaillait [incapable de le dire oralement]. Elle a été vraiment bien. Elle m'a dit que c'était le passé. Que je devais oublier. Enfin pas oublier mais genre passer à autre chose. Je crois que  je me suis mise à hurler que personne n'était à ma place et que depuis que j'ai 17 ans je fais régulièrement des allers retours en HP et que ça fout en l'air. Il me semble qu'elle a pris ma main et l'a serré très fort et je me suis sentie bien. Prête pour partir là bas.J'y ai retrouvé de vieilles connaissances, toujours les mêmes qui reviennent faut croire. Comme moi.






Je suis sortie samedi, et j'ai passé un excellent week end -on est parti à la mer- et c'était carrément bon. Je m'épuise vite, c'est un peu handicapant mais j'en ai pris plein les yeux, et plein de palpitations dans mon coeur. Ca faisait un bail qu'on s'était pas retrouvés tous ensemble, je veux dire, avec mes 4 soeurs, ma mère et mon beau père. Je trouve qu'on forme une belle famille. Ils sont beaux. Jsuis fière ;p
Deux de mes soeurs, puis moi


Je repars aujourd'hui vers l'inconnu et ne sais pas ce qui m'attend...au foyer. A part manger, manger et manger. Me battre. Il ne faut pas que j 'oublie. Pas que je me laisse aller. Je n'ose pas écrire ici les pensées qui me traversent parfois...
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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 22:57
Je ne sais pas si c'est rééllement le moment d'écrire, je ne sais pas si mon état est le bon, tant pis, j'en ai besoin.
J'ai relu quelques trucs que j'avais noté auparavant. Des commentaires que j'ai relu encore et encore. "Tu es maigre". "Tu es choquante". "Photos pro-ana".
C'est moi oui.
Oui je choque. Mes propos sont comme ça, et je suis comme ça, violente. Pas avec les autres.Juste dans ma manière de voir les choses, et avec moi-même. Sans pitié. Je suis indulgente avec les autres, mais dans mon quotidien ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. Qu'importe, je m'en fous au fond. C'est mon fonctionnement et il ne changera pas. Quant à mes photos...je ne me cacherai pas derrière des mannequins décharnés.  Je préfere ne pas mentir. Assumer de mon propre corps. Je ne sais toujours pas si elles sont nocives pour les autres, l'esprit est tellement tordu parfois.
Bref.
Un peu sur les nerfs. J'invoquerai pour la millionième fois la fatigue.
Hier soir je suis sortie fêter un anniversaire. C'était génial. J'ai revu tout le monde. Bon esprit, fous rires. Monica s'était pliée en 12 pour le repas. Elle est colombienne, ses assiettes étaient pleines de couleurs, sérieux c'était beau. Ca donnait envie en tous les cas. Vers 4H la soirée s'est vidée, on était en petit comité, le noyau dur. J'ai dû voir une conversation qui ne m'a pas vraiment plue. Une sorte de "mise au point". Finalement je me suis prise au jeu et mon procès a eu lieu, toutes les questions sont sorties, en toute franchise. C'était bizarre, mais je crois que ce fut une bonne chose. Le fait d'entendre certaines questions, plutot pertinentes m'ont parfois mise mal à l'aise...parceque je ne savais pas quoi répondre. Parceque ce sont les mêmes que je me pose moi-même et qui m'encombrent. Mais j'ai eu envie d'être franche et puis, franchement, c'est loin, mais alors très loin d'être un tabou. Premièrement ça se voit, deuxièmement je ne nie pas, troisièmement, par expérience, je préfere partager avec eux. Et puis surtout, je préfere en rire.C'est plus simple, pour tout. Genre pour le repas, on m'a demandé cash ce que je voulais bouffer, elle m'a refilé des poivrons nature sans rien demander ni insister. J'apprécie. En vacances on a eu de nombreux fous rires. Je les ai toujours mis à l'aise avec ça, et c'estpeut être ce qui me rend plus "directe" sur ce blog, je n'ai pas l'habitude de prendre des pincettes avrai dire.
J'aurais voulu développer certains points mais je le ferai plus tard...
La conclusion est qu'il faut que je sorte de mon foyer, à tout prix.
Je ne peux pas rester indertermninament là bas. Ils ne peuvent pas me garder jusqu'à ce que je fasse 53 kilos. Ils ne peuvent pas me garder toute une vie en me gardant la tête sous l'eau, confinée avec d'autres malades. Il faut à un moment ou à un autre que je me relance dans la vie, j'ai choisi que ce moment serait très prochain. Evidemment, la réponse sera "contre avis médical" et évidemment il va falloir que je débatte, qu'ils organisent leur pseudo synthèses  avec tous les soignants qui me suivent. (vas y pour les réunir), des rdv et encore d'autres, ça m'angoisse d'avance. Enfin c'est pas vraiment ça, c'est surtout que ça va mettre du temps...c'est tellement long,j'en peux plus....
Je viens d'avoir ma mère au téléphone. Ils ne sont toujours pas rentrés. "Tu pèses combien" "C'est nul tu fais chier, t'as interet à bouffer". "Je t'aime".
Moi aussi.
Moi aussi...
Que lui répondre.





Destrez. Merci, merci à vous de l'attention que vous me portez.

Edit: Je sais que ces derniers temps j'ai tangué, maladroitement. Je me suis cassée la gueule en pleine ascension. J'ai un peu honte d'écrire. Je n'y arrive pas. Parceque j'a voulu donner tant d'espoir ces derniers temps que je m'en remets difficilement, pardonnez moi. Tout le monde s'épuise, moi aussi. Je n'ai jamais pensé que "ça" prendrait autant de temps, jamais. Je me surprends encore à penser à "avant", lorsque je me disais que je ne saurai jamais être anorexique, parceque j'étais bien trop gourmande. Hélas je me posais déja la question et le défi était déja en marche. Les bases étaient installées, les fondations aussi. J'avais déja engagé les procédures drastiques. Je me projettais déja en tant qu'anorexique. Inconsciemment bien sûr. Je n'ai jamais voulu ressembler à ces filles ravagées. Pourtant. Je n'imaginais pas ça comme ça. J'imaginais le contrôle et la gloire qu'il offrait. J'avais déja envie de me foutre en l'air, par quelque moyen que ce soit. Vous me demanderez pourquoi je n'ai pas été radicale, oh, j'ai bien essayé, mais ce n'est pas ça que je désirais. Non, c'était plus profond, plus béant. Il fallait que je prenne mon temps, que ce soit lent, que je paye de tout mon être ces fautes que je n'ai pas commises. Mais aprés tout c'était mon corps qui était en faute, et il fallait qu'il paye. J'emploie les raccourcis, mais c'est ce que je comprends aujourd'hui. Ce que je viens de comprendre. Aprés des années d'analyse, il faut bien que cela porte ses fruits.
Aujourd'hui, je voudrais faire machine arrière. Mais ça ne marche pas comme ça, mon Dieu non, ce serait tellement plus simple. Mes os sont déja en train de se détériorer. Mon épuisement se fait sentir. Ma respiration haletante. Bien sûr il y a toutes ces autres petites choses, les cheveux, les dents, les ongles, les règles aussi. Je sais que même si...un jour je guérissais...les dégâts seraient présents quand même. Mon vieillissement sera acceléré. Je ne sais pas si je pourrai avoir des enfants. Au delà de ça, je ne sais pas si je serai capable de partager la vie d'un homme. Je ne sais pas gérer l'affection ni l'amour que l'on peut me porter. J'ai du mal à comprendre que l'on me soutienne et que l'on ne me lâche pas, j'ai du mal à comprendre pouquoi tant de personnes sont à mes côtés, encore aujourd'hui. Pourquoi ils ne sont pas fatigués de me porter dans mon lit lorsque je tombe de fatigue et que je veux la vaincre à tout prix, en vain.
Le tout est d'accepter. D'ouvrir les yeux, de comprendre de bien vouloir faire l'effort de creuser. Et d'agir en fonction de ses désirs et ses envies. L'envie d'accomplir une vie, de pouvoir la partager avec les proches. Agir. Se bouger le cul pour que cela change. J'ai eu l'impression de remuer dans tous les sens, envers et contre tout, pleine d'optimisme. Et puis rien. Même pire.
Alors peut être que je m'y suis mal prise, mais bordel...? Je crois qu'il va falloir prendre de la distance avec tout "ça". Oublier, un peu. S'éloigner des centres de soins. S'éloigner des malades, mais aussi des soignants. J'y aurai bien sur encore recours, je ne me voile pas la face. 1 mois sans la psy et je pète les plombs, qu'importe ce qu'on pourra dire, dépendance ou non, j'en n'ai rien à foutre. C'est peut être le seul truc ou je me sens bien, envisagée comme un être humain et non comme une malade. Elle est un peu spéciale, c'est peut être parcequ'elle ne rentre pas dans les cases que je l'aime bien.Mais là, j'ai besoin qu'on arrête de me triturer la tête et remuer la merde.
Recommencer à travailler. Prendre un logement, seule. On m'a dit "colocation, ça vous conviendrait mieux". Mais non, ce n'est pas vrai. Pourquoi, parceque je suis une putain de personne à risques? Un colocataire n'est pas un garde-fou à ce que je sache. Je n'ai pas envie que l'on me voit déraper, inconsciente. Je n'ai pas envie que l'on me surprenne à me comporter comme un monstre. Ni qu'on me voit défoncée aux médocs, ni faire une crise de nerf, ni m'exploser les bras. Cela suppose que j'imagine que ça arrivera encore, mais je ne peux pas promettre maintenant que ça passera dans les mois qui viennent. Alors je pense à tout. Pour une fois si je pouvais être un peu prévoyante et ne pas emmener tout le monde dans mes combines tordues. Evidemment je ne peux pas être franche avec les médecins, ils vont me rire à la gueule si je leur confie mes craintes en les suppliant de les laisser me faire sortir. Mais je dois le faire, si ce n'est pas maintenant, tant que j'ai encore la force et la determination, ce sera jamais. Je sais que ça fait des semaines et des semaines que je radote, je sais. Je crois que j'ai besoin de l'écrire encore et encore, pour m'en convaincre et me donner le courage de les envoyer chier. Ce n'est pas si simple. Cela fait maintenant 17 mois que je suis hospitalisée. Je me suis embourbée dans un système de soins, de travaux thérapeutiques...plusieurs soignants sont à on écoute, plusieurs réferents me suivent. D'autres centres ont des dossiers d'admission en attente, notamment des centres de TCAs. Je ne crois pas cependant être une anorexique pure et dure, l'anorexie est "simplement" une complication, un symptôme, une conséquence.
Je ne me donne pas d'excuses, mais comprenez que c'est complexe.

Peut être avais-je besoin de me confier ce soir, trop plein de reflexions qui tournent en boucle. Je voulais simplement...enfin dire que je vous fais tourner un peu en bourrique, un coup en haut, l'autre en bas. J'en suis consciente. Mais ça ne suffit pas. Besoin d'un peu de temps. Je suis tremblante. Pardon. C'est que j'imagine aussi la famille, qui ne doit plus suivre, lassée. L'energie qu'elle me donne sans que je puisse la leur rendre. C'est un peu frustrant. Vraiment frustrant.

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 15:10
Les interrogations bourdonnent dans mon cerveau.
ça grésille, le disque est rayé, il saute, immanquablement.
Assaillie par les doutes, je ne peux en parler à personne.
Parce que tout le monde me dit "qu'il faudrait que je me soigne". Moi je n'ai pas envie d'entendre ça. Au delà du fait que je ne me considère pas comme malade, encore moins d'anorexique, j'aimerais qu'ils me disent qu'ils croient en moi, qu'ils m'encouragent à aller de l'avant et non plus de me recadrer dans cette image de malade, que j'ai pourtant entretenue et choyée.
J'ai besoin de passer à autre chose, d'entreprendre de nouveaux projets, de vivre. VIVRE en vrai. Pas dans la survie non.
Construire. Faire péter la muraille que j'ai construite, exploser le bunker que j'ai érigé pour m'y cacher, tout détruire, arracher, brûler ces pages noircies de ce mal-être, noircies par l'angoisse, l'horreur du quotidien. Parfois il y a des petites taches rouges dessus. Je relis et me remémore.
C'est une très mauvaise idée de faire ça et je le déconseille fortement.
La seule phrase qui me soit venue à l'esprit après la lecture forcenée de ces centaines de pages, c'est "ta vie c'est vraiment de la merde en fait".

Hier j'ai vu un reportage qui m'a foudroyée. Je n'en suis pas remise. Ces image tournent sans cesse dans ma tête. Je ferme les yeux et la revois se couvrir avec honte parce qu'elle déteste tellement son corps qu'elle veut le cacher à tout prix. Je la revois faire des efforts en vain. Je la revois pleurer à table parce qu'elle n'y arrive pas et qu'elle ne veut pas décevoir ses parents. Je la revois monter sur la balance, et taire son poids qui avoisine les 30 kilos. Je revois son visage marqué, buriné par les coups et la dénutrition. Je me remémore son sourire lorsqu'un coiffeur et une maquilleuse se sont occupé d'elle. Je l'ai trouvée tellement jolie. Touchante.
Alors j'ai pleuré. Tout ce que je pouvais. Je me suis sentie soulagée de savoir que mes parents étaient sortis et donc dans l'impossibilité de regarder l'emission. J'ai encore perdu. Je suis sur une pente raide. Tout ça m'emmerde. J'en ai marre d'entendre ou de lire des conneries.
J'ai perdu 2 kilos en 4 jours. C'est moi qui ai demandé à monter sur la balance. Je le savais que j'avais perdu, je le sentais, ça tirait horriblement dans les muscles. Cette fois ci je n'ai pas souri. Je me suis sentie nulle. Aller, pendant 3 secondes j'étais contente de ce résultat. Mais c'est un peu alarmant comme ils disent. Mais c'est normal puisque j'ai soigneusement vomi tous les repas qu'ils m'ont forcé à manger. Ils ne veulent pas comprendre que rien que de me mettre à table me demande beaucoup d'efforts, que si j'éclate en pleurant en plein milieu du repas c'est que l'échec me bouffe, c'est comme si tous les regards se pointaient sur mon assiette et qu'ils criaient tous en coeur "Mange!Mange!Mange!" et que je ne suis pas capable de le faire. Il y en a un qui m'a dit "Arrête de faire ta chochotte et viens t'asseoir à table", j'ai eu envie de crever. Comme si ce n'était qu'un putain de caprice. Je quitte  la table en claquant les portes, m'enferme dansles toilettesjusqu'à ce qu'un infirmier doive déverouiller la porte et me ramasser, noyée dans des larmes invisibles.
"On voit plus tes jambes. Alors ils t'ont pesée tu fais combien?"
"Et à St Vincent ils vont te forcer à manger ou pas?"
Nia nia nia.
Ils ressemblent à des vautours autour d'une charogne- en l'occurrence moi- à l'affût de n'importe quelle info qui concernerait mon poids, ma silhouette ou jsais pas quoi, genre on se nourrit du maheur des autres. Est ce que je demande des détails à Emmanuelle qui est bourrée de TOCs, à Andrée qui a les bras couverts de cicatrices de parts en parts, à Lakhdar combien il pèse et pourquoi il est  hyperphage et qu'on doit cadenasser la cuisine la nuit, pourquoi est ce que Philippe s'est defenestré, pourquoi Saddak est parano, pourquoi...On a tous notre bagage. Mais on n'est pas là pour s'enfoncer les uns et les autres. J'ai horreur de parler de moi (je le fais assez ici), mais des problèmes des autres aussi. On essaie de composer au jour le jour, de parler de l'extérieur, de la vie, merde, on n'a pas de compte à rendre. Et on a assez d'intervenants comme ça pour tenter de parler d'autres choses entre patients.
A table les infirmiers me guettent, le moindre coup de fourchette est compté, analysé, mesuré. Ce n'est peut être qu'une impression. J'y croyais au début, je me disais que c'était moi qui déconnais et que je me faisais des idées. Mais quand je lis tout ces papiers sur moi...non, tout est noté. Tout. Même lorsque j'essaie de vomir sans bruits, ils me captent, et c'est là, noir sur blanc, sous le doigt du médecin.

Je perds mon temps, beaucoup. Ce n'est pas que je le perds, mais plutot que je le gâche. Avec une energie assez extraordinaire.

J'ai eu l'habitude de grandir avec des grands, alors que j'étais toujours la moins agée. J'étais satisfaite de cette situation, parceque j'étais en avance. J'ai eu mon bac à 16 ans et demi. Fierté. Mon BTS à 18. Mais alors que j'aurais pu me lancer sur le marché de l'emploi j'ai preferé butiné à droite et à gauche dans plusieurs facs, le résultat étant toujours le même, l'echec. Alors aujourf'hui j'ai 22 ans et rien comme boulot, que dalle. A cause de mes hospitalisations je n'ai pas pu aller jusqu'au bout, j'ai tout saccagé, et cette année je n'ai même pas eu la force de me trainer aux examens. Il faut cesser. Essuyer les erreurs m'est difficile, d'autant plus que je ne peux le reprocher à personne d'autre que moi-même, inutile de trouver des excuses vaseuses. Le retour en arrière étant impossible, je me dis que si j'ai la moindre occasion, je fonce.
Et elle s'est présentée à moi.
J'ai ce petit boulot d'été qui m'attend, dans une boite de comm' visuelle (♥), puis un autre dans une boite de comm' visuelle aussi, mais en free lance. Et je crois que c'est une occasion à ne pas rater. Je pense au long terme. La premiére proposition, je l'accepte dans l'urgence parceque je n'ai plus un rond et que j'ai 800 euros de frais hospitaliers à payer, entre autres.
La seconde, j'aimerais donner le meilleur de moi-même et foncer. Je sais que cela peut aboutir à quelque chose, que cette boite est en plein essor et qu'il faut choper le truc avant qu'il ne me passe sous le nez et que je me tape une licence d'arts pla dans le vide. J'ai déja perdu assez de temps.

Je prépare ma sortie du foyer pour septembre, guérie ou non. J'avais une première idée sur une coloc' avec l'une de mes cousines mais vu son silence j'imagine que ça lui fait peur et qu'elle n'ose pas me le dire. Si j'avais été à sa place, j'aurais sûrement fait pareil. Accueillir une barje bourrée d'addictions ayant au compteur plusieurs hospis en Hp, ça fait peur, j'admets. Alors je remballe et me remets à la recherche. Il faut que je sorte.
Je n'arrêterai pas les soins, c'est certain, je ne crache pas dans la soupe, j'en ai eu besoin et j'en ai encore besoin. J'ai besoin de béquilles, besoin d'être entourée, besoin d'être soignée. Mais il faut que je sorte. Je suis rentrée au centre d'accueil et de crise de Lille le 23 mars 2007. Nous sommes le 28 juin 2008. Je suis en foyer hospitalier, psychiatrique. Cela fait plus d'un an. Je ne sais pas si vous imaginez, je veux dire, si on m'avait dit un jour que je passaerai plus d'un an en psychiatrie j'aurais éclaté de rire. Comme lorsqu'ils m'ont pesée la première fois. Parceque je n'y croyais pas. Je leur ai dit, determinée et sincére, que ce n'était pas possible, que la balance était en vrac. Puis j'ai commencé à trembler, mon coeur s'est emballé, je suis tombée, j'avais froid, très froid et je me suis mise à pleurer comme une gamine de 5 ans. C'était l'horreur. Je m'étais menti à un point...convaincue que j'étais dans la norme, convaincue que j'allais bien, et puis aprés tout, chacun ses problèmes, on en a tous.
Ma première angoisse fût liée à mon manque d'alcool. J'en étais malade. "Alcoolique". N'importe quoi. Il a fallu que j'admette. Alors j'ai pris le Valium, le Révia, les vitamines B1 et B6.  Et je l'ai fermée. La deuxième fût déclenchée par l'heure: midi. Ce qui signifie "repas" pour les autres. Ahah.

Je ne sais pas pourquoi j'écris tout ça. J'y pense tout le temps. Dans ma tête ça galope, ça hurle, c'est le bordel, le chaos ambiant m'épuise.

Je crois que je vais différer l'hospitalisation à St vincent pour les TCAs. J'ai peur qu'ils ne soient pas d'accord au foyer. Mais j'ai d'autres priorités. Au pire, ils me foutront dehors.
Le pire du pire serait une
HDT.
J'ai dit à Maman que je ne voulais pas y aller. Elle a levé les yeux au ciel, avant de me demander "et tu peux me dire ce que tu  as mangé aujourd'hui?"
J'ai voulu lui répondre que j'avais mangé 354 calories. Mais je me suis tue.

Je  ferme les yeux. Enfin. Enfin une trêve.

Anorchidea, en mode "positive attitude" ...envers et contre tout.



PS: Voila l'un de mes commentaires.

Je te lis depuis assez longtemps. Et suis attristée que tu ne te rendes pas compte qu'il y a des jeunes filles, ou moins jeunes d'ailleurs, qui pourraient te prendre pour modèle de maigreur.
je souhaite que tu ne retrouves jamais ta photo sur un de ces sites pro-ana, ça irait à l'encontre de ce que tu écris.
N'oublies pas que l'oeil s'accroche à l'image, pas au texte.

continues ta route Anorchidea, tu mérites de te sortir de tout ça, vraiment.
commentaire n° : 15 posté par : Une lectrice le: 25/06/2008 22:14:23
La lectrice ;) m'a remuée. Est ce que mes photos sont choquantes? Je ne me rends pas compte. Cela irait évidemment à l'encontre de mes opinions c'est certain, ça me chamboule. J'aimerais d'un côté montrer sa laideur, montrer comme c'est moche. Mais ça me sert aussi de repère.  Vous me direz, je n'ai pas à les mettre sur internet.
Je ne sais pas. Est ce que mon corps est maigre? Non je ne dis pas ça pour avoir des réponses du genre je vous prends pour des cons, non, sérieusement. Dîtes moi.Je ne me vois pas.


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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 18:23
Un grand merci pour vos encouragements...
C'est un peu difficile pour moi ces derniers temps...J'essaie de positiver, de noter les victoires et les efforts fournis. D'encourager.
Mais je...
C'est le bordel.
Je repense à l'hospitalisation prévue, il me reste quelques semaines avant d'être jettée dans la fosse. Je devrais me réjouir d'avoir cette chance, d'avoir cette main tendue, cette aide précieuse que l'on me tend. Mais j'ai peur, j'ai la trouille, j'angoisse.
D'abord parceque je vais me confronter de plein fouet à la  maladie et aux autres anorexiques. Soit dit en passant, je ne me considère toujours pas comme telle. Ce qui me met hyper mal à l'aise parceque j'ai l'impression de prendre la place de quelqu'un qui en aurait vraiment besoin.
Ensuite...j'ai peur de perdre. J'ai construit l'enfer de mes mains, mais c'est ma barrière de sécurité. Le vide, je l'entretiens, il me rassure, quand tout se casse la gueule je m'accroche à lui. Mon ventre vide, c'est l'euphorie et la satisfaction. Même si la petite voix me souffle que ce n'est pas vrai...Je m'accroche à ces chiffres, ces photos, ces repères qui m'apaisent. Si je perds ce truc, le contrôle, je vais être paumée...et cela va laisser un vide non plus satisfaisant mais angoissant; si je ne peux plus contrôler l'état de mon estomac...Il faut savoir que je ne pense qu'à ça toute la journée, et que tout tourne autour de ce putain de chiffre rouge qu'indique la balance. Ce chiffre conditionne TOUT. Cela fait partie de moi, ce mécanisme est en moi, ancré depuis de nombreuses années. J'ai peur de le perdre. J'ai peur de me perdre. Je sais que cela peut paraître très paradoxal et je suis gênée de l'écrire...
Je ne sais plus très bien ce qui est bien ou non, ce qui le serait ou non, ce qu'il faudrait ou non.
J'ai la tête douloureuse, des courbatures qui me lancinent.
Des fois je me dis que ce blog, j'aimerais qu'il soit positif, parceque je ne voudrais pas engendrer le découragement.
Mais j'ai beaucoup de mal, là. Je n'ai toujours pas officialisé mon hospitalisation. J'ai vraiment peur des réactions que cela va engendrer. J'ai peur d'être encore de trop, de mal faire, de décevoir.
Je me sens si petite d'un coup.
Je n'ai plus de forces. Je ne fais que peindre. Et sauter les repas. Eviter les autres. Je voudrais m'effacer complétement pour que l'on m'oublie. Juste un peu. Parcequ'après j'aurais peur que l'on m'abandonne.



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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 19:55
Puis j'y retourne, là, ce soir.
Je retourne avec eux.
Les patients qui m'entourent au quotidien, leurs souffrances et leurs maux, différents des miens. Mais putain, leur vie est foutue. La mienne reste à construire.
Le choix reste à faire, et il m'appartient. Oui.

J'étais en liberté cette semaine.
Mais la liberté ne me réussit pas. Parceque tout revient en pleine face. Le sevrage, foutu en l'air. Dans mon verre le liquide tant convoité est revenu me brûler l'oesophage. Dans mes poumons la douce fumée est venue se refaire une place. Un rail un café.
Parceque mademoiselle veut tenir debout, quand même un peu, hein.
Alors on fait ce qu'on peut.
Pas le courage de se retaper toute ces nuits blanches où les pensées lacérent les bras.
Enfin, c'est arrivé quand même.
Mais j'ai préferé me blottir dans ces paradis faciles. On n'a pas à réflechir, on y accéde simplement. Puis, on s'y sent bien.
Comme avant.
Et puis, toute seule, dans mon coin, sans personne pour réaliser la déchéance. Seule à seule. Entre moi et moi toutes ces substances qui nous séparent.
Pas si bien que ça le matin.
Un peu ce sentiment coupable, cette voix qui me souffle qu'il faudra bien grandir un jour. Ou alors, j'arrête tout et basta. Ce destin là me sourit, et il est tout tracé.


"Dix ans de cette vie ont suffi
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l'ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n'a plus d'importance
Elle part
Fin de l'histoire"

Accepter les mains tendues, celles qui me veulent du bien. Les autres, j'ai déja donné.
Se persuader que l'on PEUT changer le cours des choses. Que le destin n'a rien de fatal, suffit de se l'approprier. S'approprier sa propre vie. VIE. VIE. VIE. SA VIE .
Pardonnez, j'ai besoin de me l'écrire encore et encore. Parcequ'on a tous le droit de prendre sa place.
Le mode d'emploi? Pt'être bien que j'ai fini par le cramer...
Pas grave.
Je vois bien que les autres n'en ont pas besoin, qu'ils tracent, emmerdes ou non.
Alors, anorexie ou non, alcoolique ou non, sootée ou non, abimée ou non, brisée ou non, je peux.
M'enfin si je pouvais me délerster un peu...
Moi je crois qu'en étant moins ça ira mieux mais il y a eu erreur sur le lest.
Changer les données du cerveau.
Qui saute comme un disque rayé.

A part ça aujourd'hui j'ai fait 40 kilométres en vélo. [Très] contente. J'ai acheté des pompes pour courir aussi.
Essayer d'assainir de la bonne maniére. Peut être un peu d'excés dans l'épuisment mais c'est toujours moins nocifs que mes autres penchants.
Il est temps d'y aller.

Je prends en compte chaque mot que vous m'écrivez.
Chacun d'eux éveille en moi quelques reflexions, plutot constructives. Et même si je n'assimile pas tout, ça reste en tête.
Merci.
De prendre le temps.

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 14:15
J'ai l'impression que tellement de choses se sont passées depuis la dernière fois.
Je regrette de ne pas avoir tout écrit.
J'ai besoin de ces traces que je laisse un partout. Peut être pour me dire que  je suis encore vivante.
Je suis chez moi cette semaine, j'ai réussi à négocier une permission grâce à tous les ponts du mois de mai. J'ai réellement besoin de prendre du recul.

J'évite un maximum ma mére ainsi que mon beau père qui m'ont trouvé amaigrie. Que leur répondre? Je n'ai rien à répondre. Alors je me planque sous les couettes dans ma chambre d'hôpital, et je pleure tout ce que je peux, jusqu'à ce que mes yeux fassent mal, jusqu'à ce que mon sang batte les tempes. *là bas* est devenue une sorte de cachette pour m'échapper des situations que je n'arrive pas à gérer. Mon exit, ma sortie de secours.
J'éteins mon téléphone et voudrais m'en aller vivre sous terre.
Maman a trouvé plein de photos. De moi.
Elle a beaucoup pleuré et ne m'a rien dit. Jusqu'à ce que je découvre toutes ces feuilles remises en vrac dans mon bureau. Il y avait quelques textes aussi. Elle n'a pas eu le temps de tout ranger, se sentant moyennement fière de ce qu'elle venait de faire et abasourdie par ses trouvailles. J'ai compris tout de suite.
Je suis descendue pour la prendre dans mes bras.
Je lui ai promis qu'on allait s'en sortir, que c'était une mauvais passe.
Juste une mauvaise passe.
"Tu maigris à vue d'oeil"...là, j'ai eu envie de dire que j'étais en période restrictive et que la boulimie n'allait pas tarder à se pointer, mais je me suis retenue. Mon poids ne descend pas. Mais mes joues se creusent.
J'ai eu envie de lui dire de ne pas s'inquiéter, que ça ne valait pas le coup.

Je n'en vaux pas le coup Maman.
Promis.


                      "Vous êtes maigre"                        vous êtes anorexique

        " Vous êtes maigre"      vous êtes malade

          
                           "Vous êtes maigre"


                                                        Anorexie                     "Vous êtes maigre"

Vous vous faîtes vomir?                           

  vos bilans sanguins sont mauvais

Vous ne tiendrez pas
Vous avez besoin d'aide

Vomir                                                                                                                                   Disparaitre   
Vôtre taux de potassium est trop faible



"Vous êtes maigre"         vous êtes affaiblie
                                                                            "Vous êtes maigre"

                "Vous êtes maigre"
                        
                            
Vous êtes anémiée         "Vous êtes maigre"

"Vous êtes maigre"

"Vous êtes maigre"
"Vous êtes maigre"
"Vous êtes maigre"

"Vous êtes maigre"

                "Vous êtes maigre"


TAISEZ VOUS

TAISEZ VOuS je vous en prie
Stop
Stop
Stop
[Il faut les faire taire, tous]

#Ne Dîtes rien à personne
A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#
Ne Dîtes rien à personne

A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#
Ne Dîtes rien à personne
A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#
Ne Dîtes rien à personne
A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#
Ne Dîtes rien à personne
A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#
Ne Dîtes rien à personne
A personne
Il ne faut pas qu'ils sachent#


"Mais ils n'ont pas besoin qu'on leur dise mademoiselle"

_Je m'enfous. Veux pas qu'ils sachent.

"Ils savent déja"

"Vous êtes malade mademoiselle. Vous nécessitez des soins.
Un suivi psychiatrique."

_Vous me prenez pour une dingue alors, c'est ça hein?

"Vous avez des troubles du comportement anxieux massifs et autodestructeurs"
"Vous êtes affaiblie mademoiselle, vous avez besoin d'aide.
Vos bilans sanguins sont mauvais, cela devient dangereux"
"Mademoiselle, il faut..."

Chut.

Qu'est ce que ça va changer hein? Dites moi
Dîtes moi clairement si ça se soigne
Sinon...partez.
Partez!
Putain mais barrez-vous bordel...faut que je chiale, barrez vous s'il vous plait...partez...partez...
Laissez moi...
fatiguée...je veux me vautrer, m'affaler, hurler dans mon oreiller, barrez vous avant que la corde ne casse, avant que j'implose s'il vous plait, soyez gentils, barrez vous avant que je me foute la honte, que je me mette à  ressembler à une locque lacerée, que je me mette à genoux, avant que je ne me vomisse...partez...
Foutez moi la paix bordel de merde
Plus rien à vous dire...
J'en ai déja raconté tellement...
Je ne sais plus quoi dire, quoi raconter


Laissez moi m'endormir
Laissez moi croire que demain sera meilleur
Bercez moi d'illusions pour me donner le sourire
Embrassez moi, caressez moi, cajolez moi, consolez moi , réchauffez moi, rechargez mes batteries, donnez moi du sang frais, donnez donnez donnez...je prends tout, TOUT.

Soufflez moi dans le cou, enserrez ma gorge, mordez moi les lèvres, piquez moi les bras, que je me sente vivante, trainez moi, envolez moi, emmenez moi...
Ici j'étouffe, je crève, je suffoque!
L'odeur de l'hopital devient insupportable,
celle de la mort insoutenable
Enlevez moi, j'ai peur de devenir comme les autres
Guérissez moi, soignez moi
Ne me demandez plus mon avis, faîtes!

Aimez moi.
Fort.
Protégez moi. Enchaînez moi pour ne plus que je me fasse mal.
Bandez moi les bras, je ne veux plus voir ces cicatrices
Enlevez tous ces miroirs, cassez les, brisez les
Je ne veux plus me voir
.
S'il vous plaît.
Mettez moi une camisole que j'arrête de violenter *corps* qui est à l'agonie
*Je* est une dingue
*Corps* est presque mort
*Corps* est devenu terrain de *je*
Pas d'armistice en vue.
Peut être une trêve...




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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 19:55
Mon blog a deux ans.
ça me fait bizarre...je ne saurai pas l'abandonner, et si il disparaissait j'en deviendrais malde.


Me revoilà.
Pas grand chose à raconter ce soir.
Un peu trop de discussions qui font mal.
J'en ai marre de devoir m'étendre ici.
Je dis "devoir" parceque c'est un véritable besoin, venir écrire ici. Lire vos commentaires.
ça peut paraître con. Je m'en fous.
Vous me manquez. J'ai besoin de cet échange.
Mais c'est un peu diminuée que je vous livre ce soir ces mots.
Ce soir je suis seule chez moi, premiére fois depuis des mois et des mois. Depuis que je suis hospitalisée, un an. Parcequ'on n'a jamais voulu prendre de risque, connaissant mon état et mes angoisses. Alors ce soir, c'est la premiére.
Cette semaine j'avais programmé ma mort mais je suis encore là.
Raté.
Ou réussi j'en sais rien.
Peut être que c'est une bonne chose. J'ai remis beaucoup de choses en question, ma vision de la vie a changé, tout m'apparaît si dérisoire maintenant.
Prise de conscience. Brutale, mais sûrement nécessaire.
Je ne voulais pas que mes parents soient au courant.
Mais *ils* m'ont dit qu'ils devaient le faire. Les appeller. Les convoquer.Je suis restée prostrée le reste de la semaine en attendant que ça passe.
J'ai relu la lettre d'adieu que je leur avais écrite.
Je l'ai brulée.
Mes adieux ont fini en cendres, je les ai regardé se consummer les yeux brouillés.
Je me sens nue ce soir d'étaler tout ça ici." Catégorie Journal intime". Est ce que l'on peu qualifier d'intime un blog visible par tant de bloggueurs?

J'ai beaucoup de peine à écrire, j'ai maigri et...
Ne pas se laisser aller.
Rester debout, putain reste debout, relève toi et regarde autour de toi.
Regarde les autres.
Regarde la souffrance, autour.
Autour de ton nombril.

J'attends mon rdv, le 26 mars.
Savoir si j'integre le C.I.T.D en ambulatoire ou en hospi à temps complet. J'ai vraiment  pas envie d'y aller je vous jure. Même si c'est nécessaire à la guérison. Puis toujours la peur au ventre d'en croiser "d'autres". "Des vraies".

Si je ne l'integre pas, je reste dans mon unité actuelle, pour quelques mois encore. Et si je l'intégre...si jamais le médecin me trouvait une place, je me demande si je dirai oui ou non. Non, plutôt, je me demande si j'aurai le cran d'aller jusqu'au bout. Au bout du soin.
Si j'ai le cran de lâcher la maladie.
Me séparer d'elle.

J'ai peur de l'aprés. J'ai peur de retrouver "la norme". Puis de dépasser la norme et de passer de l'autre côté.

Pour l'instant mon avenir est instable, je ne sais plus si la psycho est une bonne idée, si je ne ferais pas mieux de suivre mes premiéres amours, l'art plastique. J'ai recommencé à peindre, timidement, mais ça a de la gueule...ça vient. Il faut être lucide, je n'aurai pas mon année. Alors, je fais une troisiéme premiére année de psycho ou je me lance avec mon BTS design de mode...je deteste avoir le cul entre deux chaises.

Envie de trouver un *lui* pour aimer.
Le chérir.
Peur de ne pas être à la hauteur, d'être maladroite, de ne pas savoir faire. Peur d'être emportée par l'émotion, moi qui veut contrôler à tout prix. Peur de montrer mon corps, peur d'être mise à nue, peur de ne pas être aimée. Peur de mes souvenirs de corps à corps froids et mécaniques, la vue brouillée par des larmes silencieuses.

Serai-je obligée de me torcher la gueule pour pouvoir envisager d'autres relations? C'est plus facile. Plus destructeur aussi.

pS: J'ai aimé vos réponses sur mon article concernant les pro-anas. Ce jour là j'avais la haine. Je n'ai pas fait de distinction entre les unes et les autres. Tellement plus complexe que ces quelques lignes que j'ai tapées la rage au ventre. C'est une maladie qui nous fait croire que l'on peut la dominer et l'apprivoiser. J'y ai pensé, ressassé. Me disant que si la guérison ne pouvait être compléte, on pourrait au moins cohabiter avec *elle* sans toute la violence que le combat de "la guérison à tout prix" engendre.

Prenez soin de vous.
Ravie de voir de nouveaux noms dans les commentaires.
Merci.



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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 13:28
undefinedJe ravale ma rage, ferme mon visage.
Le silence fait place.
 Mutisme persistant.
Je n'ai rien à dire. Ni même à écrire.
Tout est flou dans ma tête, les fils sont emmêlés et forment une grosse polotte pleine de noeuds. Comme
dans mon ventre.
Mes larmes sont séches, aussi sèches que ce coeur sans émotion qui bat dans ma poitrine.
 Un coeur froid et métallique.
Je voudrais m'envoler vers d'autres horizons, recommencer un ailleurs.
Mais, déplacer le probléme n'est pas une solution me direz vous. Je sais. mais j'ai  besoin de m'évader MAINTENANT. Là, tout de suite. Je crie sur tous les toits que je veux sortir.
Hé hé, comme si j'étais prête...
Je me mens comme je mens à tous les autres. Je sais bien que sortir maintenant serait  signer mon arrêt de mort.
Je le sais. Et pourtant.
Besoin de liberté, d'oxygéne, de gens aimants, rêveurs, vivants.
Pas de ces êtres désabusés qui n'attendent plus rien de la vie.
Je veux sortir, pour aller où?
J'ai l'impression d'avoir tout perdu, y compris  moi. Je me suis abandonnée sur le bord d'une route
sinueuse.
Je ferme les yeux et essaie d'oublier  mon corps et son image, je renie mon passé, je le vomis, je tire la chasse et me promets d'arrêter. De regarder droit devant. Cesser de me retourner en permanence.
Je ne veux plus de regrets qui me prennent en otage.
Je ne veux plus de ces souvenirs qui me rayent les bras rouges sang.
Je ne veux plus faire mal à *je*. Ni à *eux*.
La situation est cruellement froide, tellement réelle. On ne peut pas s'en échapper. Elle me rattrappe toujours, me retiens tandis que je me débats avant d'abdiquer. Céder. Me dire tant pis.

Tant pis, c'est ça.

Tant pis pour tout.
Pour eux, pour moi.

"Ne baisse pas les bras".Non, promis. Mais j'ai plus de forces, est-ce que vous l'entendez ça?
Je voudrais que l'on me prenne dans des bras chauds et que l'on me susurre que tout ça n'est pas grave.
Que tout ça n'a pas d'importance. Demain sera meilleur.

Je me vautre dans mes lamentations et j'en ai honte, si vous saviez. Mais suis obligée de le faire.
Sinon ça me fait du mal. Beaucoup. Aprés on doit recoudre, mettre des bandes.
Et puis la bande blanche finit toujours par dépasser du pull et tout le monde te demande ce que t'as foutu:" Ah, et de l'autre coté aussi?!"

Et puis je refuse de manger à table avec les autres (je ne peux plus les blairer, encore moins manger avec eux), et j'ai droit aux "ben c'est pas comme ça que tu vas grossir!".

Des fois je rumine tout haut sans m'en rendre compte aprés la pesée hebdomadaire qui me fout toujours en l'air, (quelque soit le poids) et là, c'est "Ah ouais t'as raison t'es carrément obése, fais gaffe, ha ha, et tu te trouves grosse? Ben putain y a rien à bouffer sur toi, c'est que de l'os!"

 Je trouve qu'il n'y a rien de pire que de se confronter à l'incompréhension des autres.
Solitude soudaine qui s'installe.
Je ne parle plus parceque je suis vide.
VIDE.
De l'air, du vent, que dalle.
Ma respiration s'accelére.
J'ai si honte.
Humiliée.
Gênée de n'être que moi même.
Je ne suis qu'humaine.
Pardon.
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Sinon je passe le week end chez mon pére, on revient de 2h de marches en pleine campagne...ça fait un bien fou :]
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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 11:02
undefinedJe suis rentrée avec joie hier, chez moi.
Retrouver *eux*.
Petite caresse pour mon coeur un peu trop agité ces derniers temps. Me fait peur ce con.
J'arrive un peu embrumée, un peu dans les vapes, mais ravie d'avoir pu prendre ces quelques jours. Je rentre Dimanche soir, une grosse semaine m'attend par la suite...je ne prefere pas y penser, trop de rendez vous décisifs .
Je stresse déja. Mais.  J'aimerais profiter de ces derniers jours au présent.
Alors me voila, un peu évaporée, un peu perdue j'avoue.
Les médicaments aidant.
Mon traitement a été réevalué , à la hausse, pour calmer les insomnies, qui ont été assez violentes.
Quelques nuits de ruminements, de bras blessés, de larmes. Etonnée dailleurs, d'arriver à pleurer.
Parceque je ne savais plus, me situer, entre deux eaux en permanence. Chuter, se relever, retrouver des motivations, des désirs à assouvir, de la curiosité et replonger dans les abymes d'un coup.
Je me mets à fond dans mes cours de psychologie, ramasse un peu les échecs parceque je n'ai aucune mémoire, ni concentration, mais j'imagine que cela se travaille et que si je persiste, il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas. Enfin j'espére. Je ne peux pas m'en plaindre auprès de l'équipe, qui m'avait déconseillé la reprise d'études. Mais si je ne m'étais pas inscrite, qu'est ce qui m'aurait fait tenir? Déja l'impression de ne servir à rien, alors me lever le matin sans aucun but...

Je pense aux miens et me dis que pour eux, il faut que je continue. Ils me portent tellement, je les épuise, suis obligée de leur mentir sur mon poids, le moral, les progrés, les analyses sanguines. Je ne sais pas si c'est bien, je ne sais pas trop quoi faire à vai dire, j'aurais tellement peur de les décevoir, de leur faire du mal. Alors je mens. Tant pis. Je préfére leur faire croire à un peu de lumière,une sortie possible...pas l'avenir que l'on me dessine. Pas le futur dont on me parle, pas cet horizon bouché par la maladie.
"Chez vous l'anorexie cache la forêt"
Sympa, vous visualisez le bordel? Chez moi l'anorexie n'est même pas le problème principal, c'est juste un symptôme associé à d'autres.
Je me comporte comme une toxico, et mes troubles anxieux raflent la mise, pour m'apaiser je n'ai rien trouvé de mieux que de me faire mal, comme si je me sentais vivante seulement dans ces moments de destruction.
Dailleurs c'est tout à fait ça.
Alors *ils* veulent que j'aille dans un centre (toujours le fameux CITD) pour traiter mon anorexie.
Et comme ça, je pourrais traiter les troubles anxieux et autres avec l'équipe du foyer où je me trouve en ce moment. [j'y vais le 26]
Enlever cette anorexie, l'enlever puis s'occupper des *vrais* problèmes.
Genre l'estime de soi et tout ce qui s'ensuit.

Mais tout ça n'est pas que négatif, j'ai eu les félicitations d'une infirmiére cette semaine, parceque je commence à coopérer. C'était pas trop tôt...Je commence un peu à comprendre, pas mettre en pratique mais comprendre les mécanismes de tout ce bordel qui m'envahit et qui empêchent l'aboutissement de plein de choses.
Alors plusieurs fois cette semaine je suis arrivée en pleurnichant au bureau, en pleine nuit. Parceque je ne trouve pas de solution
. Labyrhinthe sans issue. Je pleure de rage, je pleure parceque je suis bloquée que j'en ai marre et  parceque je suis fatiguée de tout ça, que je voudrais être une autre, que je voudrais faire autrement et que je n'y arrive pas, bordel de merde. Pas de solution. Je me cogne aux murs de ma folie, je tombe parfois parceque je n'ai plus de forces dans les jambes. Je me parle toute seule , m'insultant de tous les noms parceque cette ambivalence devient insupportable, en sortir puis me remettre la gueule dans la merde.

Bon, alors je reprend le positif, je commence à verbaliser mes ressentis et en parler  à l'équipe soignante. J'arrive dans un état pitoyable et tant pis pour la fierté, j'ai besoin d'aide.
Et puis aussi, j'ai revu mes potes, les meilleurs, ceux qui le sont pour toute la vie et quelle victoire.
Je les aime plus que tout, ils représentent tellement, sont tellement importants, moi sans eux n'est pas possible.

Je finirai sur cette note positive, et si mes mots transpirent les maux, la réalité est tout de même plus jolie que je ne la vois, je crois. J'espére.



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*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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