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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 18:18

Cet espace me manque. Vous me manquez. Tout a commencé ici, et "déménager"...s'avère plus difficile qu'il n'y paraît. Déjà, parce que je sais que quelques personnes viennent jeter un oeil indiscret sur mes écrits que je censure en conséquence. Et que cet espace, ici, il est mien, me correspond, et correspond le mieux à ce que j'ai de plus intime en moi. Vos paroles, conseils, soutiens, encouragements, interrogations, me manquent. 

Les commentaires qui m'ont émue, touchée, interloquée, surprise, énervée, attendrie...me manquent. 

Je ne sais pas si j'y reviens définitivement, la bulle tumblr est autre, plus...imagée, moins textuelle. Moi, j'ai besoin des deux. Symboliser ce que je ressens par l'image, mais aussi l'écrit, qui est ma première priorité. Et puis mes attaches sont ici. Les gens que j'aime sont ici. 

J'avance. Petit à petit, mais j'avance. Après Berlaimont, où nombre d'entre vous m'ont écrit pendant cette post-cure de 4mois, j'ai passé l'été à travailler, en me défiant de ne pas pour une putain de fois de ma vie passer l'été à l'hopital, comme tous les ans. Je rentrais à peine de post-cure, les proches m'ont trouvée changée, les soignants aussi, quelque part, j'avais l'impression qu'on m'attendait un peu au tournant. Ne pas décevoir. Ne pas lacérer les espoirs. Alors, bon petit soldat, j'ai repris le chemin du boulot, à moitié dans les vapes, mais bien consciente que le travail est pour moi un pilier essentiel; j'aime ce que je fais. Mon boulot est apprécié, et me valorise, ce qui est assez gratifiant...et me redonne un peu de confiance en ce que je fais. Mon boulot, c'est un peu la seule preuve que j'ai de mes "capacités". J'ai réussi au moins un truc; je suis peut être une handicapée de la vie, j'ai peut être plus passé de temps dans les hôpitaux psychiatriques que sur les bancs de l'école, mais aujourd'hui, je suis payée pour faire ce que j'aime. Et ça, ça compte. Oui, j'ai du mal à me lever le matin, après m'être endormie à 4H du matin, il n'empêche, j'arrive avec le sourire au bureau. Et pendant que je regarde tous les gueules crispées dans le métro, je me dis que quelque part, je suis quand même chanceuse.

Quand je regarde les étoiles tatouées sur mon poignet droit, c'est un peu ça la signification. J'ai traversé de sacrées merdes, et il y en aura encore sur ma route. Mais j'ai de la chance. J'aurais pu mourir des centaines de fois, j'aurais pu avoir beaucoup plus e complications à cause de l'anorexie, j'aurais pu attraper le sida et quantit"s d'hépatites et autres MST, quant aux overdoses et comas éthyliques...je n'en parle pas. Ou alors j'ai le cul bordé de nouilles, ou alors j'ai un instinct de survie que je ne soupçonnais même pas. L'Homme est fait pour se battre. 

A la fin de l'été, début Septembre, l'héroïne m'a fait les yeux doux, à nouveau. Sûrement des personnes que j'ai croisées au mauvais endroit au mauvais moment. Au moment où déjà, je pensais à reprendre...et dans un lieu où, les petits sachets blancs affluent. J'ai craqué. Je me suis dit qu'après presque 6 mois d'abstinence, j'y avais bien le droit, un tout petit peu. Rien qu'une fois. Comme quand on recommence à maigrir, et qu'on est certaine que l'on va contrôler, hahaha, cela n'est que mensonge. et au fond, on le sait. Mais il est déjà trop tard lorsqu'on réalise les désastres. Les doses qui augmentent. D'abord on se pose des questions, et puis rapidement, on s'en fout, plus rien n'existe autour, sauf cette récompense qui nous attend sagement pour "fêter" solo la fin de journée. Quelle fête! tu parles. Au fur et à mesure qu'on augmente la dose, tout en recherchant les émois de la première fois, les descentes se font plus violentes. Heureusement, j'ai toujours une tonne et demie d'anxiolytiques dans ma boîte de pandore. J'ai commencé à avoir des problèmes. de comportement, déjà. Au travail, ensuite. Et puis mes fréquentations...coucheries, et autres problèmes liés à ce milieu, dont le fric, m'ont poussée droit dans le mur; j'ai décidé de partir en Rehab. Un peu moins glam' que celle des stars, en plein quartier de Roubaix (nord), ma première hospi hors psychiatrie. Le choc fut assez frontal. 

Le manque et les crampes, j'ai connu. C'est pas le pire, même si parfois on préférerait se pendre plutôt que de subir ce froid permanent, les crampes, le vide, les suées, les tremblements, les cernes, le manque, comme on l'a jamais ressenti. Les infirmiers qui veulent pas te filer d'anxyos en plus, ou qui attendent de voir "jusqu'où tu peux tenir" avant de te filer le sacro saint valium, la mère méthadone, et tout ce qui s'ensuit. On m'a dit "si vous vous scarifiez c'est dehors", je me suis scarifiée, pour voir ce que ça faisait, on m'a pas mise dehors. J'ai eu la peur de ma vie, parce que ma mère l'aurait pas supporté, je crois que je m'en serais pris une. 

J'ai pleuré, hurlé, pas bouffé pendant dix jours à part du thé, fait des malaises, mais j'en voulais. J'ai tout de même fini par signer une décharge. J'en pouvais plus. La promiscuité, la violence entre patients -imaginez 15 personnes réunies en manque- , l'enfermement, le règlement, je peux pas. Oppressée; je supporte pas bien l'enfermement en fait. Même, pas du tout. J'ai appelé ma mère, j'ai passé un contrat avec elle, et je me suis cassée. Heureuse.

Je suis peut être partie avant, mais je reprends rien. Finalement, ce que je prenais comme un échec était plutôt une réussite; je ne consomme plus, j'ai appris des choses...et j'ai pas pété tout le service comme une hystérique...comme je sais faire. C'est pour cette dernière raison que je suis partie. La peur de ne plus être moi, de faire une crise, et de tout péter. de me retourner contre les infirmiers, et tous ceux qui sont sur mon passage, de faire certains passages à l'acte dont j'ai le secret, et de devoir être transférée dans une unité psychiatrique contre mon gré. Il fallait que je protège mes arrières. Une signature sur ce putain de papier et c'était fini. Liberté chérie. 

Je revois toute mon équipe de soignantes, ma psychologue, la psychiatre du centre tox, la psychiatre du CMP...et je me sens encadrée. (Re)cadrée. Le trouble borderline a été redéfini en "trouble grave de la personnalité état limite côté F60.31", et surtout, confirmé. Je participerai à des études au cours du mois de janvier dans un service spécialisé, pour essayer de permettre de faire avancer les recherches et qui sait, tenter de trouver un traitement qui serait enfin adapté. Aujourd'hui, les laboratoires s'en tapent, le terme borderline est attribué à tout bout de champs, sauf que "les vrais", ils sont sur le bas côté. Alors, quand on m'a proposé de participer à l'étude, j'ai dit oui tout de suite. Peut être enfin l'occasion de poser une pierre à l'édifice. 

Aujourd'hui, je monte ma propre entreprise de communication en tant qu'infographiste, et je n'ai pas vraiment à me plaindre. Je sais que mes revenus seront aléatoires, que mon travail rejoint un peu l'artisanat et le statut d'artiste, mais je m'en fous. je fais ce que je veux. Des comptes à rendre, mais surtout à moi même. Je suis en pleines démarches, procédures et recherches de places en maison de jeunes travailleurs. J'ai décidé qu'il était temps pour moi de prendre un appart', tant pis pour les risques que cela comporte pour une personne comme moi...je sais que c'est à double tranchant, que soit j'apprends à me mettre des limites toute seule comme une grande....soit...ce sera grandeur et décadence -et culpabilité et ainsi de suite- à la clé. C'est précisément ce deuxième tranchant que mon équipe redoute; les foyers de jeunes travailleurs m'ont donc été conseillés avant de prendre une autonomie totale. A voir. Je cherche, on verra bien. 

En même temps, les échanges psys se font plus intensifs, peut être parce que j'y suis prête. A entendre, écouter, et accoucher de choses censurées depuis des dizaines d'années. C'est étrange d'écrire ça après plus de dix années de thérapie, mais j'ai l'impression que le "travail" commence maintenant. Il y a des choses qui piquent, des choses qu'on n'aimerait pas entendre, des choses qu'on préférerait ne pas voir sortir, mais il est temps aussi, peut être de trouner enfin la page et d'accepter ce passé que je rumine sans cesse et dans lequel je m'embourbe en permanence. Je pense au comportement que j'ai avec les hommes, et qui continue avec ardeur; la fébrilité qui précède le contact, l'excitation face à l'incertitude de ce qui va se passer, la vraie roulette russe, jouer avec le feu. Se mettre à nue, vulnérable, espèce de motivation mortifère, pour répéter sans cesse un scénario bien rôdé qui va à l'encontre même de ce que je suis au fond; moi qui fuis l'Amour et le toucher, mes mises en abîmes sont de plus en plus violentes. J'en suis à la fois excitée, et à la fois j'ai tellement peur, j'ai la gerbe, j'ai qu'une envie, c'est de me barrer en me courant, mais c'est comme si je ne me dirigeais plus, comme si j'étais prise en otage par une autre, comme si...non, ce n'est plus moi. Je ne sais même plus si c'est moi l'objet, ou Lui, que j'instrumentalise finalement comme un cutter, qui me lacérerait à la fois la chair et l'âme, au plus profond. Je l'utilise tel un instrument de torture abominable, et une fois la chose faite, j'ai envie de le crever, le piétiner, le violenter avec rage. Pire lorsqu'il me paye en drogue. 

Ma psy m'a déjà demandé si je me faisais payer, phrase qui m'a choquée, et à laquelle j'ai crié "bien sûr que non!" Elle m'a rétorqué, "et donner son corps en pâture en échange d'une dose...c'est quoi la différence?". Je sais pas. C'est pas pareil. Me faire payer, ce serait accepter cet acte. L'assumer. Ce serait donner de la valeur à mon corps. Il n'en a pas. Là n'est pas le but de l'échange corporel. Son seul but est de me punir. Ou de me confirmer que je ne sais faire que ça. Me trémousser. Allumer. Que je ne suis bonne qu'à ça. A vérifier que le mâle reste un mal.  Refuser toute marque de tendresse, d'affection, de complicité, caresse, respect. Je veux que ça aille vite. Le plus vite possible. Qu'on en finisse. C'est comme répéter mon viol à l'infini. Drôle de méthode pour m'en exorciser. Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Mais je ne sais pas enrayer le cercle.  Cela part d'une espèce de pulsion étrange, pleine de contradictions; un trop plein d'émotions, à la fois la colère, la rage, la frustration, la tristesse, le trop plein, la fatigue, la haine, il faut que ça sorte...les scarifications, si elles continuent, ne me suffisent plus; et ma boite de valium, si elle me tente, je ne peux pas me l'enfiler au risque que mes grands parents me retrouvent inerte; alors je sors. Et quand je sors...je vadrouille jusqu'à ce qu'il y ait "contact". N'importe quoi, pourvu que j'en reparte sans plus savoir comment je m'appelle. 

Comme si la douleur était mon seul moyen de trouver l'apaisement, la sérénité, la paix. Un certain soulagement s'installe au prix de la violence. C'est ça. Blanc ou noir. Tout (trop) ou rien. Grosse ou maigre. Surexcitée ou mélancolique. Je rêve de trouver l'équilibre; et en même temps, j'ai tellement peur d'y perdre au passage mon identité. Mais aujourd'hui, je suis quoi...pute? Toxico? Anorexique? Alcoolo? Boulimique? Hystérique? Bipolaire? Être borderline, c'est tout ça en même temps. C'est la peur du vide et le désir compulsif de le remplir avec n'importe quoi, pourvu que le vide intérieur soit plus supportable. C'est avoir peur de l'abandon et donc essayer de séduire le monde entier pour qu'il nous aime et ne nous laisse jamais. Mais à la fois, comme on ne sait ni recevoir l'amour, ni le donner correctement, les rapports sociaux restent obscurs. Instables. C'est être dépendant à tout. A la douleur, au vide, au trop plein, au monde, à la solitude, au regard de l'autre, à plein de substances...

Aujourd'hui je reste lucide. Je me fous que certains puissent rester sceptique sur ce diagnostic. Je me fous que certains pensent que ce mot est un fourre tout; peut être est-il mal employé pour certains, tout ce que je sais c'est que j'ai passé batterie de tests pour le confirmer. Aujourd'hui, ce terme a été plus étudié, élaboré, réfléchi. On le connaît un peu plus. Je suis handicapée à 60%. Ça ne m'empêche pas de vivre. Ça ne m'empêche pas de rire aux éclats. Ou de pleurer toutes les larmes de mon corps. Mais je suis debout. Je vis. Peut être que ça fait un peu mal, mais je suis là. Je respire. Et apprends aussi à relativiser, prendre du recul par rapport à la psychiatrie, arrêter de me plonger dans des centaines de livres pour y trouver des réponses, pour apprendre à ressentir. 

Quels sont mes envies, mes désirs, mes goûts? Qui suis-je? J'en sais rien. Que dalle. Je n'ai fait que jouer les rôles que l'ont m'a attribué, au fil des années. Je n'ai fait que censurer la notion de plaisir; alors les envies et les désirs, qu'est ce que j'en sais? Je sais même pas ce que j'aime manger...

Mais ça s'apprend. Se connaître est important. Lorsqu'on se connaît, on apprend à ressentir les signaux, ou d'un passage à vide, ou d'une meilleure période. On peut prévenir. Ne pas attendre de se retrouver la gueule aux urgences en train de baver les centaines d'anxyos qu'on a ingurgités en pleine crise; voilà exactement où j'en suis. J'arrête de me rejeter, pour essayer de m'apprivoiser. Il me reste du chemin. Mais peut être ai-je fait le plus gros. Et si je suis encore debout aujourd'hui, c'est peut être que j'ai encore des choses à faire par ici. Alors...

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 03:20

 

 

 

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Bonjour à vous tous...

Je suis toujours hospitalisée au centre Robert SChuman, à Berlaimont, et y suis très bien lottie. Activités diversifiées, infirmières agréables, une psy avec qui àa passe. En revanche, il y a aussi ce réglement intérieur contre lequel je me bats pour ne pas le défier, et me mettre les limites toutes seules, ce qui est déjà un exercice périlleux. 

Moi qui revenaient de toucher le fond avec ma pote l'héro, coco and co, il a fallu que j'arrête tout d'un coup et c'est âs facile tous les jours.

 

Ensuite, évidemment, j'y ai trouvé...un compagnon de plus, avec qui je suis bien mais...je ne sais plus faire la distinction entre l'aventure qui dure et l'amourette de passage depuis ma mésaventure avec Julien. Et puis je suis toujours aussi bloquée, et puis en décembre il y a eu un autre ex qui m'a fait énormément de mal, et j'avoue que j'aimerais parfois envoyer ce faire foutre cet autre homme comme j'aimerais aussi l'étreindre, un peu compliqué. 

 

Et surtout, on sait tous qu'il est fortement déconseillé d'avoir une relation avec un autre patient. Et puis ici, c'est pas les petites pathologies hein, c'est schizophrénie and co, même si la clinique n'accepte que les personnes stabilisées...on se trouve quand même en milieu protégé, que va-t-il en être quand on en sortira?

Lui me parait si solide, à la fois morcelé mais dur, determiné, son regard dans le mien me fait parfois peur, tant il est sur d'avoir trouvé le diamant qu'il recherchait depuis toujours /en l'occurance moi/, sauf que moi  je sais pertinament, et je m'en veux d'être aussi faaliste, que cette hospi ne sera pas la dernière.

Alors, je me laisse aller à vivre au jour le jour, je me suis remise aus sport intensément...............

 

 

.......et conrtôler ma bouffe. Au moins ça. Controler UN truc. Je vous rasssure, l'IMC reste correct 

ce qui me chagrine en même temps que cela me sauve de l'exclusion du centre, mais surtout de l'échec de l'objectif que je m'étais promis d'atteindre; sortir, oui, mais vivante.

 

 

 

Je suis sacrément génée de ne pas vous répondre à vous tous, qui venez grapiller les quelques nouvelles que je donne, alors que ça me touche tellement...je n'ai pas beaucoup de temps, sauf peut être demain. Je vous aime.

Un grand MERCI.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 13:52

Faut dire que j'ai eu une sale période. 

J'ai passé mon anniversaire à l'hosto, puis noel, puis le nouvel an aussi, pour voir ce que ça faisait. de bouffer dans des barquettes pendant que les autres sont entre eux, au chaud. Quoi que, j'y ai bien trouvé mon compte, j'ai horreur de ces fêtes. Seulement, j'aurais aimé que pour mon anniversaire, ils lévent la case visites interdites. 

Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que plus je suis frustrée plus je suis violente, plus je me bourre de coup, de griffes, roulée en boule, en manque, en manque de tout, de chaleur humaine, de blanche, de tout. Le froid dans les os et les muscles crispés j'ai mordu plus d'une fois mon oreiller pour hurler en silence, en chienne vaincue.

 

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Je suis sortie mi février je crois. Je ne sais plus trop. J'ai fait des démarches pour aller en post cure, non pas pour me sevrer, le sevrage se fait de lui même, vu le coin paumé où je me trouve à présent, mais pour arrêter la casse, les scarifs, reprendre contact avec moi et trouver des solutions. Des solutions pour arrêter de vouloir me buter toutes les trois minutes. Arrêter de construire des scénarios perfectibles de mort. Entre mon entrée ici, au post cure, et ma sortie à l'hosto, j'ai peint, j'ai peint comme une tarée, parce qu'il fallait que ça sorte, que je la gerbe cette rage, j'ai fait une boulimie de carnets, de pages noircies, d'acrylique et de magazines lacérés. Il fallait. 

Et puis je suis partie. J'ai été acceptée au centre Robert Schuman, à Berlaimont. Autant vous dire que je me trouve dans le trou du cul du monde. Peu importe. Il fallait que je m'éloigne. Mauvaises fréquentations. Prendre l'air. Me remettre au sport, ce que je fais avec dévouement.  Faire des photos, dessiner, faire des rencontres. D'autres âmes n peine, toutes décidées à remonter la pente. 

J'ai décidé que je me laisserai pas faire par un état limite de merde. Alors...P1020814.JPG

 

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et tout est bien qui finit bien hahahaha!

 

 

A tous ceux qui se sont inquietés. Merci. Je veux dire....merci d'avoir continué à penser à moi, et de ne pas avoir simplement fermé la denêtre en voyant qu'il n'y avait pas de  news. Cette hospi a été dure, pas plus que la dernière, celle de cet été, mais différentente, plus acide, plus...terrifiante. Plus dure. Pas de droit de visites. Contentions, courrier surveillé, communications téléphoniques contrôlées. Je pense que mon corps s'en souvient encore. Les marques. Témoins. J'ai pas forcément envie de développer....juste, aujourd'hui, je fais ma route dans cette nouvelle clinique et on verra pour le reste. Mes troubles de la personalité se sont amplifiés, peut être qu'eux, spécialisés dans ce type de "pathologies" sauront m'aider.

J'essaierai de reprendre régulièrement mon blog. J'ai le net ici ;)

 

Je vous embrasse tous du fond de mon coeur; sincèrement.

Et encore Merci. Merci merci merci.

 

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 15:39

Il m'a laissée et il faut bien que je l'accepte. Son silence n'a jamais été aussi pesant. J'y pense tous les jours. En trifouillant mes affaires, les billets de train me retombent toujours les pieds; impossible de les jeter. Les photos que je ne veux plus voir mais qui me narguent. Celleq que j'aimerais déchirer, jusqu'à les regarder brûler vives dans  la poubelle. Mais les flammes s'éteignent avec les larmes et je les remets toujours à leur place. Jusqu'au prochain matin où, pour me faire un peu plus mal, j'irai chercher ma dose de souffrance. 

Plius je nous regarde et plus les questions bataillent en moi. Qui l'a séduit? Mon histoire, ma souffrance ou moi? La maladie, ses stygmates ou moi? A-t-il esperé redonner du plaisir à la pauvre fille qui n'en avait plus? A-t-il voulu sauver la pauvre fille violée, pour se soigner lui même? Que voulait-il en moi? Voulait-il tester son savoir de médecin sur mon mal-être? Ou simplement puiser en moi ses propres réponses? Qui a-t-il aimé? La malade, ou moi? Qui étais-je à ses yeux...un cas clinique, ou Eugénie?

Des questions qui n'auront jamais de réponses. Mais maintenant, je reste avec mes incertitudes, incapable de savoir si on m'aime pour ce que je suis. Ou ce que je suis parfois, sur un fil, éprouvée par les spasmes d'une passion qui m'érafle. Qui voulait-il voir en moi, que projettait il en moi? Etais-je son amoureuse, ou la preuve qu'il était fait pour ça, soigner les êtres en mal de vie? Peut-on alors m'aimer pour moi, est-ce que si j'abandonne la souffrance, me remarquera-t-on encore? 

Avec lui je n'étais pas un monstre. Rien ne l'étonnait, ni ma méthadone, ni mes cicatrices, ni mon refus au plaisir, ni l'histoire de mon corps. Pas de monstre à l'horizon. 

Qui sera à nouveau capable de réagir de cette manière, de ne pas donner d'importance à ce qui m'étouffe en permanence? Qui pourra accepter ces comportements dont je suis l'esclave? Qui pourra survivre à mes changements d'humeur, mes angoisses, et l'envie dévorante de tout vivre à fond, sans concession? Quoi qu'en soit le prix à payer. Il en était capable. Mais lui aussi, a finalement fini par abdiquer. 

Sans explication. Du jour au lendemain. Le silence. Pesant de l'absence. Il a disparu comme il est apparu. Aussi rapidement. Il est parti sans rien laisser. Juste quelques empreintes, des images volées, des souvenirs qui s'effaceront dans quelques temps. Et alors il aura disparu à jamais. 

Moi qui ait appris à apprivoiser le vide toutes ces années, moi qui l'ai rempli de toutes les manières possibles, celui-là, celui du coeur, je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment on remplit une absence. Je ne sais pas comment on rempli la place que l'autre laisse. 

Sans explications. Sans mots. Sans rien. Rien. Juste...les jours qui s'additionnent les uns aux autres, sans sa voix. Sans ses mots. Sans lui. 

Je ne sais toujours pas si je suis aimable. Je suis abandonnable, ça je le sais, à présent.tumblrl4x02kfgib1qb2rp0.jpg

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:00

Est ce que le suicide est une marque de lâcheté  ou de courage, j'ai toujours pas élucidé le dilemme. Voyez vous, ça me trotte sérieusement dans la tête ces derniers temps, et en même temps putain, j'ai pas vraiment envie de me foutre en l'air mais...arf. Jsais pas. Jsais plus. Ce qui est bien, ou pas. Et puis la question se pose-t-elle vraiment....? Pourtant elle tourne en boucle, auto reverse de merde, j'en peux plus, j'en dors plus et pour tout dire j'en bouffe plus rien non plus. J'ai des cernes de long en large, pire qu'un panda travesti jvous jure, sans compter les yeux comme des balles de ping pong tellement que j'en chiale.

Faudrait peut être aussi que je sorte de l'hosto, histoire de cotoyer des gens un peu plus heureux, voire de carrément vivre ma vie hors des murs de la folie humaine. Histoire de voir comment ça fait d'être libre à nouveau. Je crois que j'aviserai après. Enfin je sais pas.

Sinon je me suis remise à lire aussi, du genre "de l'inconvénient d'être né" de Cioran (lui il me fait vraiment sourire des fois), et aussi 37°2 le matin pour la folie de Betty qui me colle à la peau....même un peu de trop je trouve ces derniers temps, m'enfin j'espère quand même que jvais pas finir par m'arracher les yeux. Aussi une forme de vie d'Amélie Nothomb (parce que ça parle beaucoup de bouffe et que quand j'en parle j'en consomme pas) et un essai de psychopathologie (parce que j'en ai plein le cul qu'on me taise ce que j'ai bordel de merde; mais je doute trouver la solution toute seule, ce serait un peu trop facile sinon de faire des diagnostics à tire larigot quand même), bref, tout ça en même temps comme ça je peux choisir, et je lis toute la nuit avec les pupilles complètement dilattées, ça me donne l'air d'une dingue. Faut dire que j'aime ça je crois.

J'ai pas grand chose à dire vous voyez bien. Mais je m'en sors parait il même si je suis extrêmement dure avec moi même. Déjà, toutes mes démarches judiciaires sont bouclées. Et ça c'était pas vraiment une partie de plaisir. Jcrois que je suis fière, un peu. Et j'espère, j'espère de tout mon coeur que les victimes parleront, encore et encore, pour que ce genre de truc se passe de moins en moins...et que ces connards se sentent moins tranquilles. Bientôt je serai debout (si je me flingue pas), et j'irai militer contre les violences faites aux femmes, parce que si lui passe sa vie à me sourire comme un con dans mes pires cauchemars, en attendant j'ai pris dix ans de survie forcée dans la gueule, d'auto destruction d'une jeunesse envolée -sans vouloir faire pleurer dans les chaumières-. Je crois que c'est une raison assez valable pour pas me foutre en l'air. Putain, comme j'en peux plus d'être parasitée comme ça en permanence.

Sinon jpense aussi arrêter e me foutre les bras en charpie et de continuer à écrire, rassembler toutes mes notes, et en faire un truc. Je sais pas encore quoi, ou si ça peut intéresser quelqu'un, mais je préfère penser que mon histoire puisse servir plutôt que de m'être foutue en l'air gratos. Jsais pas, genre un témoignage ou un truc comme ça.

Et puis après je passerai à la téloche et j'en serais réduite à la pauvre fille qui a survécu mouarf mouarf mouarf.

Sur ces bonnes paroles j'arrête mon délire et vous souhaite une excellente fin de journée mes amis.

Le cynisme commence à me les briser ;). Même que je fais rire les infirmiers et que les entretiens se finissent toujours par "bah voilà vous avez retrouvé votre humour...vous êtes une sacrée quand même".

Ben merci, si en plus je devais chialer sur mon sort, on s'en sortirait moyen jcrois...rire, c'est peut être ce qui me retient à la vie. Rire, toujours, même dans l'obscurité, on s'en fout puisqu'on n'a plus rien à perdre, alors rions.

 

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[by bonbona6dule sur DA]

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:38

Je les regarde tous, en train d'attendre leurs putains de barquettes en plastiques, les uns derrière les autres.

Et puis je me dis que je les connais tous. Il y a ceux de toujours. Ceux qui resteront à vie. Ceux qui viennent ponctuellement. Ceux dont ce n'est pas la place. Ceux qui sont en transition. Ceux qui ne passent pas par la case départ et qui passent directement aux soins intensifs. Je leur passe la weed dans le petit écart de la porte. Mais je les connais tous.

Et on est tous là, à attendre. A attendre que le futur soit mieux que "ça". Que maintenant. Parcequ'on a qu'une envie c'est de crever, rien que de penser que la vie c'est  "ça". Parce que si c'est le cas, ouais, vaut mieux aller se pendre avec son drap tranquillou dans sa chambre.

Mais surtout, le fin mot de l'histoire, c'est...que je les connais tous, et que si je les connais tous, c'est qu'on y revient tous, tôt ou tard. L'hopital psychiatrique. T'y rentres, tu sais pas quand tu sors. Et quand t'en sors enfin, bordel de merde, il t'agrippe à nouveau. Encore. Encore. Encore.

Depuis mes 17 ans. Je me souviens de la première infirmière. "Mais, qui vous envoie ici...enfin....vous savez ou vous êtes?Vous avez 17 ans c'est bien ça?"

Et mon sourire de connasse. Mon sourire victorieux. Celui qui veut dire "ouais, et je viens faire mes preuves".

L'hopital psychiatrique, c'est ma deuxième maison. Mais j'en veux plus. Bientôt jvais devoir payer l'ISF pour une bicoque qui me fait gerber, et ça c'est juste pas possible.

Le truc c'est que je ne vois pas pourquoi MOI je serais plus forte qu'eux tous. Pourquoi moi j'arrêterais d'y revenir et pas eux. C'est ça le truc.

Je fume. Refume. Me déchire les neurones ou ce qui m'en reste. Quand tu ne peux pas aller chercher la drogue, elle vient à toi. La conclusion c'est que je ne sais pas encore dire non. Mais rien à foutre, parce que au moins, ça m'empêche de penser. Ce que personne ne comprend c'est que les reviviscences de mon viol  sont juste insupportables. Les coups de pompe dans le ventre, encore, encore, encore.  Son souffle haletant, bestial.

J'ai été un vrai tyran avec mon corps. Pendant 10 ans, je lui ai interdi de ressentir quoi que ce soit. Pas d'émotions. Pas de sensations. Je te donne en pâture, mais tu fermes ta gueule. Je me défonce la race, mais t'as pas interêt à me lâcher. Je me fais gerber à vide, mais ne tombe pas dans les pommes. tu fais monnaie d'échange, mais t''es qu'un corps. Tu vaux rien. RIEN.

Personne ne peut se rendre compte à quel point mes mécanismes sont vieux, ancrés, et tellement destructeurs qu'il faut que je m'en sépare, je suis d'accord, mais c'est si long. Si long. Est-ce possible, d'agir autrement? Je ne sais pas comment les gens font. Je ne sais pas.

Ce que je sais moi, c'est que j'éventre les canettes pour me les enfoncer dans la chair.

Ce que je sais, c'est que je rachète le traitement des autres pour me défoncer avec.

ce que je sais...c'est que je ne sais pas ce que c'est la vie. Je ne sais pas. J'ai tellement peur de ne pas savoir...tellement peur. J'ai mal au ventre. Je voudrais des bras. Tendres. Qu'on me caresse les cheveux.

J'ai pris des ciseaux tout à l'heure. Coupé à tout va. Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas ça. Je ne suis pas vraiment folle. Pas vraiment saine non plus.

 

J'ai juste la trouille.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 12:32

L'anorexie, les cachetons, la drogue, les sorties en pleine nuit toute seule, les scarifs, la baise, les vomissements, les mensonges, les conduites à risques, moi.....

Trouver des techniques de plus en plus pointues qui permettent de se foutre en l'air lentement mais sûrement. Se détruire sournoisement, douloureusement, soigneusement. Maquiller le tout sous un sourire étincelant. Entretenir ses cernes, exposer ses joues creuses et magnifier les pupilles éclatées. S'étonner en riant des ses mains outrageusement bleuies. Les veines qui sortent, les clavicules indécentes et les hanches comme des haches dressées vers les autres. La barrière entre soi-même et le monde. Celle qu'on a érigé à coup de restrictions, avec une discipline de fer, sourire aux lèvres. Rire des bleus sur les fesses, la colonne vertebrale, les bras, les jambes. Le moindre coup est marqué pendant des semaines, comme pour bien montrer qu'il n'y a plus une seule parcelle de graisse qui protège des agressions extérieures. S'évanouir plusieurs fois par jour en riant, parce que ce n''est pas grave. Non c'est pas grave, bien sûr que non, parce que c'est juste jouissif, orgasmique, c'est la récompense suprême! Et la nuit, sentir son estomac se crisper, se tordre, hurler son vide...Avoir froid jusqu'aux os, jusqu'au coeur...les émotions sont gelées, le coeur devient pierre, et plus rien n'existe plus que la destruction...Nous ne sommes plus que machiavéliques sous cette peau diaphane, on ressemble à de petits anges fragiles, mais nous ne sommes que le diable maquillé en vierge effarouchée.

 

Sachez que tout cela m'a pris beaucoup de temps...Exactement 11 années. 11 années où ma vie n'était vouée qu'à ma mort. Mais il fallait qu'elle soit spectaculaire, il fallait qu'elle soit un chef d'oeuvre. Qu'on se dise qu'avant de succomber, j'ai agonisé, souffert, hurlé en silence...Que je cachais bien mon jeu, que personne n'avait rien vu et que j'étais morte après des années de guerre froide, d'un combat brûlant, avec des armes plus violentes que l'atomique, plus perfides que la trahison.

J'avais préparé mon enterrement avec les plus belles symphonies, et j'aurais voulu qu'en dispersant mes cendres on y voit mon âme se libérer, comme si ma mort n'était qu'en fait que ma naissance...Je voulais qu'on se dise que je n'avais pas le choix, et que cette mort, ce n'était que ma liberté retrouvée.

 

Mais voilà, j'ai abndonné. J'ai changé d'avis.

Et me trouve confrontée au  vide que laisse l'obsession de la destruction. J'étais la destruction. J'étais la mort. Je faisais corps avec elle...et depuis mon divorce, je ne ressens que le vide.

J'ai retrouvé le moi d'avant...sauf que je l'ai abandonné lors de mes 13 ans...A 13 ans, on n'est rien, on est en jachère. Et aujourd'hui j'ai 24 ans, un corps vieilli par les vices et la pathologie, et les yeux d'une gosse de 13 ans. Comprenez que je vis des jours un peu déstabilisants. Je me rends compte à quel point la maladie me prenait tout, absolument tout...Si je ne me nourrissais pas, j'ignorais comme l'anorexie, elle, est gourmande. Elle a tout bouffé. Ne m'a pas laissé de miettes...sauf peut être quelques écrits faméliques qui me rappellent comme j'ai pu mentir, aux autres, mais surtout à moi même. Comment j'ai pu croire toutes ces années qu je n'étais pas malade et pourtant m'entêter à tricher lors des pesées, des repas, des "temps-morts" durant lesquels je ne faisais que descendre et monter les escaliers jusqu'à ce que je m'évanouisse? Et j'y croyais, dur comme fer. Je le criais sur les toits que je n'étais pas malade, moi madame. Les autres, si, suffisait de les regarder pour le savoir qu'elles étaient en train de crever, mais moi, bien qur que non, quelle idée!

 

Si le vide est si important aujourd'hui, c'est évidemment parce que j'ai abandonné toutes ces conduites, et que j'ai bien abandonné la mort. Ce qui explique donc cette "angoisse classique" comme l'a qualifiée la psychomotricienne. Aujourd'hui, je ne me demande plus "est ce que je vais m'en sortir", mais "comment on fait pour être heureux", ce qui change tout.

Je crois que j'ai tellement idéalisé le moment où je pourrais travailler comme les autres, apprendre, mener une vie presque stable, qu'aujourd'hui, alors que je possède ce que j'ai si longtemps rêvé....je ne m'en trouve pas comblée. Et au lieu de me dire, putain de merde, j'ai réussi, j'en reviens pas d'avoir eu cette force...j'ai cette faculté de toujours me faire mal en me disant que ce n'est que normal, pas si extraordinaire que ça.

 

Mais c'est aussi et surtout que j'attends beaucoup de la vie. Parce que j'ai retrouvé cette gourmandise...que je suis une vraie bouffeuse, une vraie bouffeuse de Vie.

Et que si je me trouve destabilisée, c'est que tout ça est nouveau pour moi. Le nouveau, ça angoisse, c'est comme ça. Pas que pour moi, pour tout le monde. Mais si je me laisse un peu de temps pour m'adapter, trouver de nouveaux repères...La vie l'aura bien niquée cette grosse pute de pulsion de mort. Elle aura repris ses droits, et moi les miens par la même occasion.

 

Alors je veux toujours que ma mort soit un chef d'oeuvre....mais parce que ma vie l'aura été aussi.

 


 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 22:42

Après ma confession , il fallait que je referme ma boîte de Pandore, car d'autres projets s'échaffaudaient, des projets dans lesquels mon investissement ne doit pas se mesurer, et les questions existentielles se tairent un petit peu. Ou complètement. Contre toute attente, je n'ai pas dû me forcer. Elles ont disparu dans un nouveau souffle d'euphorie.

A nouveau la vie dans les veines. Les paupières closes des dessins se forment et les rêves eux même sont productifs, l'imagination fertile des bons jours. J'aime quand le moindre détail se transforme en histoire, et que la moindre image me donne une multitude d'idées. Un semis d'herbes folles. Mon jardin anglais. J'y ai mis des camélias et de l'amour en cage, il y a un peu de liseron mais je ne m'échine plus à désherber. Et finalement, il se trouve que j'aime ses fleurs.

Je sais qu'un jour, il aura tout envahi, que mon hibiscus ne pourra plus respirer et que dans un accès de fureur j'arracherai tout, le bon comme le mauvais comme une damnée...mais pour l'instant, l'harmonie est si belle.

Les couleurs chaudes mais douces. Mes mains ont moins froid et mon sourire moins figé. J'oserai même dire que j'ai les yeux pétillants. Sans gêne. Comme j'affirme aujourd'hui, que je vais bien. Très bien même.

 

J'ai été embauchée pour 2 ans. J'avais envie de dire "enchaînée", mais cela me semble un peu péjoratif. Et puis à l'époque, il n'y avait rien de concret, pas même l'esquisse d'un bureau en vue. Aujourd'hui, je traîne les pieds dans un loft immense, et enchaîne les clics en buvant du thé vert de Chine. Et quand je dis "embauchée", je n'ai pas vraiment l'impression que l'on m'a mis des menottes. Plutôt celle d'être une chanceuse. Être payée pour faire quelque chose qui me plaît, au fond, s'en plaindre me paraît un peu erroné.  Je suis donc une personne qui va, tous les matins, dessiner, photographier et travailler l'image. En écoutant de la musique, et en souriant niaisement. Il y a des matins où je n'aurai pas envie d'y aller, des journées de merde et des nausées quand les délais ne seront pas respectés. Peut être. N'empêche que je suis une chanceuse.

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 19:40

J'ai dit à Maman que j'allais bientôt mourir. Que je ne le voulais pas forcément mais que ça allait arriver. Comme une évidence. C'est venu à moi puis ça s'est imposé, doucement, puis brutalement. Qu'il n'y avait pas vraiment de raison, mais que mon moral avait chuté d'un coup, sans crier gare. Et que pour mettre fin à tout "ça",il n'y avait que la mort. Une mort douce, j'entends, parce que faut pas trop m'en demander quand même. Avec un peu d'humour je lui ai glissé que malencontreusement, c'était la fête des mères, et que je ne voulais quand même pas lui pourrir sa fête pour le restant de ses jours. Et puis, faut dire qu'on a perdu des êtres chers cette année, trop, et ça tombe mal. En plus si je me jette par la fenêtre, mon grand père va criser, lui qui est obsedé par la propreté de son trottoir...Si je mets du sang sur le parquet de ma chambre ça va tâcher à vie...Enfin de toutes manières, si je me fous en l'air là bas, c'est quand même pas le top. Si je me fous en l'air chez ma mère, c'est pas sympa, surtout pour mes soeurs. Reste dehors, mais dehors y a toujours quelqu'un pour appeller le samu alors que t'es en train d'agoniser on sait où. (Il m'est arrivé d'errer durant des kilomètres en délirant l'estomac plein à craquer de psychotropes en tous genres). Bref, vous l'aurez compris, c'était pas pour ce week end.

J'ai préferé expliqué tout ça simplement. Donc à 11H ce matin, je disais à ma mère que je ne savais pas si je voulais mourir parce que j'en avais ras le cul de vivre, ou si je voulais mourir parce que mon moral s'était fait la malle à cause de cette putain de maladie mentale. Elle m'a dit que j'y allais fort quand même, "non mais tu te rends compte, c'est comme si tu me demandais de te conseiller sur la corde ou sur les veines, on rit mais c'est quand même pas très drôle". C'est toujours mieux que de dramatiser me direz vous. Et puis c'est plus facile comme ça.

Pour me laisser une chance, on a décidé qu'il fallait que je consulte quelqu'un. Donc, direction les urgences psychiatriques.Déja, quand je me présente, l'infirmier éclate de rire et me dit, "oui oui non mais je sais qui vous êtes quand même!" Bref.

"Alors, qu'est ce qui vous amène?

Oh, c'est ma mère qui s'inquiète, ce matin je lui ai dit que j'allais mourir, alors elle a voulu que je vienne vous voir...

_Ah, et ça vous étonne?

_Noooon, bien sûr que non mais, enfin voilà quoi. Donc, non, plus sérieusement j'ai peur. ca fait une semains que je me contrôle, mais un jour je ne saurai pas le faire, et je crains vraiment de péter un câble et de me tuer vous comprenez? Il n'y a pas de cause réelle, pas d'évenements particulier, mais mon moral a chuté brutalement et c'est insupportable...

_Je ne comprends pas, pas de déception, pas de dispute, pas de...

_Non, mais moi je vous préviens, je vais pas toute ma vie osciller entre des hauts et des bas, vous imaginez putain moi je suis crevée merde, on croit qu'on guérit et en fait c'est juste un sursis???Putain, ça fait 10 ans maintenant, 10 ans! On va bien, et tout d'un coup, bam! Comme ça. Et puis y a pas que moi, j'entraîne les autres aussi, même si je fais tout pour que personne ne voie rien. Tout le monde y croit, tout le monde s'apaise, et puis non, finalement, c'est pas la bonne...J'ai pas envie de jouer toute ma vie. Je préfère tirer ma révèrence maintenant.

_Vous en êtes où côté drogue? Vous savez la drogue, je suis d'accord avec vous, c'est bon. La redescente, un peu moins. Mais alors quand on l'arrête, c'est horrible. Vous vous sentez vide hein? Faut dire qu'avant vous aviez la drogue, les cachets, vos 36kg. Vos cheeeers 36kg. Et tout ça, c'est fini. Et vous...et vous, vous êtes perdue. Il y a un côté très positif, c'est que vous avez arrêté de vous droguer.  Et surtout, vous ne prenez plus de psychotropes, vous vous rendez compte du pas? Vous vous souvenez que ça em rendait malade de lire vos ordonnances avec toutes ces intéractions possibles, les crises de tétanie que ça entraînait avec la codéine, etc? Pour les 36 kg, vous les pleurez, mais rassurez vous, je ne pense pas non plus que vous en ayez pris 10 non plus, là, vous éxagérez je trouve. Le jour où vous ne vous trouverz plus en danger vital, là vous aurez passé un cap.

Bon, ce qui me fait peur, c'est que pour vous faire changer d'avis, faut vraiment se lever de bonne heure avec vous. Et que vous êtes réellement intransigeante avec vous. Que je sais pertinament que vous gardez une boite de pychotropes chez vous et qu'ensuite, quand vous avez décidé de faire quelquechose ous le faîtes. Hors, je ne peux que constater que vous êtes dans un état d'anxieté extrême, maintenant, qu'est ce que vous attendez de moi? Je vous propose de m'appeller demain. Pour me dire comment vous allez. Ensuite, je veux, mais vraiment, que vous veniez déposer vôtre "trésor" (ma boite de cachetons) comme vous dîtes, mais mortel, quand même, ici.

_[Vous auriez du voir ma tête].Non, alors ça, non. Vous comprenez, si ça va pas, hop, je me sers dedans et plus de problèmes.

_Moi je préfèrerais que quand vous soyez en situation de crise, hop, vous veniez au cmp. Donc, hop, vous venez tout déposer dans la semaine.Si demain vous ne m'avez pas appelé à 12H, je prends les devants et vous envoie une ambulance. Mais rendez vous compte que vous vous projettez dans un avenir qui n'existe pas. A demain, je vous fais un courrier pour l'ordonnance de méthadone"

Lasse de toujours me battre, j'ai abdiqué. Bref, on augmente la méthadone. Je n'ai plus qu'à réflechir à une hospi. Mais je suis rassurée d'avoir une explication. Vraiment. Tout ça est donc indépendant de ma volonté.

Reste plus qu'à attendre que ça passe. Et de faire taire cette salope de garce de voix. Elle est tenace. Et ma boite, sur ma table de nuit. Et ma boite...connasse.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 19:02

[J. Anouilh]

 

     Il y a des choses qui boulversent, qui chamboulent tout, sans qu'on sache pourquoi. Qui effacent tout pour nous tendre une toile vierge. Tout recommencer.

Des paroles qui sont entendues, des mots qui caressent et des gestes qui veulent dire bien plus. Des regards.

Je ne sais pas trop expliquer pourquoi. Et n'ai pas l'envie de détailler, parce que ce sont des choses que je voudrais  garder pour moi. Des choses tristes, d'autres plus légères en peu de temps. Mais en tout cas, elles comptent. Elles comptent tellement que, j'ai la drôle d'impression d'avoir tant changé depuis. Pourtant je reste la même.

Tout me paraît tellement plus simple. Toute cette joie de vivre, ces sourires spontanés, ce plaisir nouveau. Le partage, les rires.

J'ai recommencé à peindre, aussi. Prends des photos de tout et de rien. N'ai plus rien à dire à la psy.

Je vais bien, je crois. Vraiment, je veux dire. Ah, oui, et ça fait 4 mois que je ne prends plus aucun médicament, sauf la méthadone bien sûr. Contente.

*Ils* sont contents de moi aussi. C'est la première fois en 24 ans que je l'entends. Je pensais que ça me ferait plus d'effet. Mais en fait, non. Parce qu'en fait, c'est pour moi que je le fais. Et qu'ils soient contents de moi, ou non, au fond...ça n'a pas beaucoup d'importance.

Je me suis remise au sport. Vais à la piscine, MOI!!! Hahaha.

J'ai croisé ma psychiatre à un enterrement aussi. Il s'avère que je viens de découvrir qu'elle fait maintenant partie de ma famille. Eloignée, mais, génial, aux réunions elle sera présente. J'aurais voulu disparaître sous terre. Surtout au moment ou elle m'a fait la bise. Et surtout au moment où, rassurée qu'elle soit enfin partie, je l'ai retrouvée au repas qui suivait. Bref. De toutes manières, on avait fini, elle et moi. Depuis qu'elle ma jettée à l'autre débile que je deteste. D'ailleurs,est ce que ça vaut le coup de suivre une thérapie avec un psychiatre que l'on hait? Arrêter alors? Crois pas que ce soit la solution. Vais essayer de repêcher l'ancienne qui m'avait abandonnée parce que j'étais trop défoncée pour poursuivre. Ce que je lui en avais voulu aussi putain.

Plus que 2 semaines de stage. J'angoisse pas encore à l'idée de devoir reposer mes fesses cagneuses sur les bancs de l'école, mais ça viendra en temps voulu.

Comme j'ai décidé de vivre pleinement le moment présent, je n'y pense pas encore. Donc, ce soir, tout va bien. J'ai juste à penser au tatouage que je vais me faire bientôt. Pas trop mal pour un dimanche soir...

 

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*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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