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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 13:33
Je prefere vous le dire tout de suite, cet article est un peu brouilon,mes pensées sont confuses...alors voila le résultat...

La vie je veux l'empoigner, je veux la prendre à pleines mains, je veux m'agripper à elle et lui murmurer
de m'emmener avec Elle. Là bas. Sa chaleur  m'enveloppe, sa douceur apaise mes nuits. J'ai décidé qu'elle serait désormais mon alliée. Drapeau blanc, le combat a assez duré. Je lui ai fermé la porte depuis trop d'années, et à force je ne sais même plus pourquoi je la méprise à ce point. A ce moment là où j'aurais voulu faire disparaitre Corps. A jamais. A ce point de non-retour  où, blasée, ma carapace s'était épaissie et les émotions m'avaient abandonnée. Descendre,sans s'arrêter, toujours plus loin, toujours plus bas. Faire le dos rond et ignorer tout ce qui pouvait me toucher de près ou de loin. Ne plus pleurer. Ne plus parler. Ne plus bouffer. Ne plus rire. Juste froide, neutre,morte. M
achine au coeur métallique. Toutes ces années où j'ai pensé qu'en disparaissant chaque fois un peu plus, je me sentirais vivante, sentir l'estomac me tirailler me rendait animée, sentir les courbatures me tenait éveillée, sentir l'épuisement m'envahir me stimulait.
Je ne sais plus pourquoi je parle de ça. Peut être pour soulager ma cervelle de toutes ces pensées parasites, ces trucs qui surchargent mon âme. Lâcher du lest. Enfin. Baisser la garde, ranger les crocs. Je me rends compte à quel point la santé mentale peut nous embarquer dans des chemins tordus. En ce moment je me heurte à la réalité, je me cogne, j'ai mal. Un peu. Là, tout au fond,là où il y a ce coeur malade. Dans ma tête.
Cela faisait des mois et des mois que je devais appeler un mec pour travailler dans sa boite (celle dont je parle depuis trois mille ans, cf: you see it's not the wings that make the angel just have to move the bats out of your head ), mes parents m"ont mis la pression pour que je le fasse me soutenant qu'il fallait, bordel de merde, avancer.
Le truc c'est que la dernière fois que j'ai vu ce gars, il était open pour me faire bosser, mais 2 jours après je partais à St Vincent pour cette saloperie d'anorexie, et je n'ai pas eu tellement le choix. J'ai été vraiment déçue de ne pas pouvoir honorer sa proposition, et humiliée de devoir le rappeler pour lui dire que c'était mort. Pas très pro hein. Mais il a compris et n'a pas fait de commentaire "de toutes manières je m'en doutais hum". "Rappelle moi vers septembre si tu veux". On est au mois de janvier, et et j'étais tellement angoissée à l'idée de le planter une deuxième fois que jusqu'à ce matin je n'avais jamais composé son numéro de téléphone.
"_Mais t'as peur de quoi, dis le, t'as peur, c'est quoi ton problème?
_J'ai peur de pas être à la hauteur
_Mais attends mais il le sait où t'en es sinon il ne t'aurait rien proposé!
_Ouais mais attends je vais être à la ramasse, ça fait 4 ans que j'ai pas touché à Photoshop...
_Non mais tu te fous de ma gueule, putain,mais t'es une fille intelligente, t'as vu ton parcours scolaire? Merde, tu sais ce que tu vaux quand même non, putain mais prends confiance en toi c'est pas compliqué! T'es pas plus conne qu'une autre et il sait parfaitement où t'en es, crois moi, il sait ce qu'il fait.A moins que tu veuilles continuer ta petite vie de merde...Tu trouves pas que t'as vraiment une vie de merde?Et arrête de pleurer tu me fatigues. Comment ça se fait que tu crois pas en toi comme ça, à ce point là, non mais c'est grave hein jte jure. Et ça avance a
vec tous tes psys? Moi je trouve qu'il n'y a aucun changement, tu pourrais rester 10 ans là bas qu'il n'y aurait aucun progrès si ça tombe. Enfin c'est peut être ce qui te convient après tout, d'être enfermée avec des débiles dans l'errance.[...]!

Ça faisait des mois qu'ils me tannaient avec cet appel, je crois qu'ils imaginent qu'en me répétant 50 fois les choses, j'agirais,grâce à eux. Sauf que tout ce qu'ils me balancent à la gueule, je le sais déja. L'hopital, la vie de merde, l'oisiveté assassine. Pas besoin qu'on me gueule dessus pour après me dire, "tu vois, on a toujours besoin d'être derrère toi". Ben ouais, pour sûr. Genre. C'est peut être orgueilleux et j'en ai rien à foutre, mais mon parcours je ne le dois qu'à moi et personne d'autre. Et même si je me suis cassé la gueule, j'ai savouré ces années d'indépendances compl
ètes, ce temps là où je n'avais pas de compte à rendre, où je gagnais ma vie et où je pouvais regarder des séries débiles jusque 4h du matin en clopant comme une timbrée. Je ne devais rien à personne. Et à partir de 16 piges, j'étais totalement autonome. La maladie avait déja frappé, et je crois que c'est l'un des trucs qui m'a motivée à ne plus vouloir peser pour personne, j'ai revêtu mon costume de super woman et me suis bercée d'illusions en enchainant les petits boulots. Bref. Alors leurs petits "heureusement qu'on est là sinon tu ferais que dalle" ou "de toutes manières t'en es incapable" bien singlants...je leur laisse. On s'en tape. C'est leur manière à eux de m'aider, de me faire réagir et je le sais. Mais parfois...la maladresse fait mal.

Je voulais juste écrire que j'ai un entretien lundi et que ça m'émoustille ;) J'en ai parlé au foyer qui n'y voit pas d'opposition . et comme on n'a pas le droit de gagner du fric quand on est hospitalisé, ils m'ont proposé de cherc
her avec moi un petit studio et de faire un accompagnement exterieur. Et là, Coeur a tambouriné dans ma poitrine et mes yeux se sont mis à perler, inondant mon sourire béat.
Suivi extérieur, ça veut dire SORTIE. SoRtiE SOrTIE sORTIE SORTie wouhou...Palpitations. On ne s'emballe pas. Mais je sais avec certitude que mon entretien,lundi, portera ses fruits. Il m'a dit qu'il verrait en fonction de mes capacités, que je ne devais pas m'attendre à monts et merveille, mais que je bosserai sûr. Ce qui rapproche considérablement la sortie:D
Je suis hystérique aujourd'hui. Je regrette de n'avoir plus assez de forces pour laisser déborder ma joie comme je devrais le faire, c'est dans ces moments là que je deteste cette maladie de merde.

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot ;)







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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 16:45
La fin de week end se fait sentir doucement. La rentrée au foyer approche et l'angoisse monte. Je me suis décidée à jetter tous les cachets que j'avais soigneusement entassé, à divers endroits. Je suis sûre que j'ai zappé la moitié de mes cachettes, mais le plus gros est au fond du sac poubelle. J'ai peur, tant qu'ils sont là, d'aller les repêcher. J'ai peur, aussi, de reprendre ceux que j'ai emmené chez ma mére, cachés dans mes chaussettes. C'est pour "au cas où". Ca me rassure encore et de ce point de vue je n'ai pas vraiment avancé...C'est toujours plus facile pour moi de donner vie à mes pulsions plutôt que d'aller tout verbaliser aux infirmiers. Et puis il y a des choses qui restent en travers de la gorge, sans que je puisse les articuler oralement.
Je suis vraiment fatiguée, ne décourage pas mais paye ce dernier épisode. C'est trop lourd, je n'y arrive pas. Je ne veux pas m'arrêter en chemin, je ne veux pas être fataliste, je ne veux pas désesperer. Mais...Putain. Putain de merde.
[On s'en sort un jour.]
 Même la psychiatre m'a dit qu'un jour je n'aurai plus toutes ces pulsions morbides,qu'un jour je n'aurai plus envie de crever toutes les 3 minutes pour rien.Qu'un jour je ne serai plus en colère, ou que je l'exprimerai différemment. Qu'un jour je me sentirai aimable et capable de retourner cet amour.Qu'un jour je me laisserai caresser, câliner, toucher. Qu'un jour j'arriverai à manger devant les autres sans cette putain de honte qui gâche tout.Qu'un jour je ne serai plus celle qui ne mange pas mais boit comme un trou, en jurant comme un charretier. Qu'un jour j'arrêterai de me défoncer pour tenir. Qu'un jour je pourrai même me mettre en débardeur.Qu'un jour je pourrai balancer les cachets, les lames et l'alcool, sans flipper parce que je ne sais pas comment faire autrement. Qu'un jour je me détacherai de tout ça et me rendrai compte que "ça" n'est pas moi.
Ce sont de belles promesses. Elles me font rêver, et la liste est longue. Très longue. Notamment pour ma relation aux autres. A mes proches, ma famille comme mes amis. Tout ça est très compliqué pour l'instant et la thérapie familiale me trotte dans la tête plus que je ne l'avais prévu, mais je reste persuadée que c'est utile.
J'ai fait le bilan sur mon lit d'hôpital, aux urgences. J'ai compté les années. Compté les allers retours en ambulance. Compté les fois où je me suis cassée la gueule parcequ'à moitié morte de faim. Mais c'est vraiment pas constructif, à part pleurer sur moi, ça ne fait rien d'autre. Alors il faut que je ferme les yeux, fasse comme si tout était normal? Une infirmière m'a soutenu qu'on pouvait faire page blanche, je n'y crois pas une seconde. Je crois que j'ai crié en disant qu'être envoyée dans un HP à 16 ans, ça ne s'oublie pas vraiment. Il y a des images qui ne nous quittent plus, des scènes violentes, des cris. Des visages burinés par la folie. Des regards hagards, vides, tristes, agressifs, noirs. Des pilules de toutes les couleurs, des traffics de cachetons, de bouffe. Tout ça ça reste, quoi qu'on dise. Et puis d'autres trucs aussi, dans les experiences de la vie pas toujours heureuses. Ca, ça concerne tout le monde, on a chacun notre lot de cesseroles à traîner, pas plus moi qu'une autre et je le sais. Mais j'ai envie de croire que l'on peut faire avec, et qu'un jour j'aurai une vie moins bordelique. J'ai envie d'y croire, fort.
Je m'en vais préparer mon sac.

Je vous remercie, encore et encore.

A chaque permission, venir faire un saut ici en quelques clics me réchauffe.
C'est stimulant, bien plus qu'on ne le pense.




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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 14:14

Les sourires continuent

Quelques centaines de grammes se sont accrochés à mes cuisses

Mes vêtements ne sont plus noirs

Mes cernes s'estompent

L'energie est constructive et non plus voué à la destruction massive.

J'ouvre les yeux, démêlent les noeuds petit à petit, c'est perturbant.

Perturbant de se prendre tout ça en pleine face et de comprendre tout à coup les "pourquoi ?"

Constater que tout était devant mes yeux et pourtant je n'ai rien vu venir...

Entendre, écouter, accepter.

Prendre du recul.

Remonter loin dans le passé, démontrer froidement que par a+b je n'aurais pas pu échapper à la maladie; il y a des cicatrices qui restent béantes.

Parce que déja petite, je n'avais pas de limites.

Parce que mes parents étaient trop occuppés à se bouffer la gueule.

Je fuyais dans mon monde, et dans cette obsession de la perfection qui est née bien avant tous ces dérapages.

Les causes sont multiples,  comme les symptômes que je déploie.


Mastiquer, avaler, digérer.

J'ai encore besoin d'un peu de temps, mais je ne perds pas le soleil de vue.

C'est comme si je redécouvrais ma vie, une vie que j'ai abandonné il ya longtemps. Je suis une inconnue. C'est quand même incroyable.


Et puis j'ai eu des félicitations, des encouragements, des mains tendues, des bisous, des massages, des câlins, des mots doux, de l'écoute,de la compréhension. Et plein d'autres trucs aussi. Le soutien. La force, les rires.


Je ne rejette plus systématiquement l'aide que l'on m'apporte.Quand on me touche ou m'effleure je ne saute plus au plafond.Quand on me serre fort je me love dans les bras. Quand on me pose des questions je ne mens plus. (Quelques omissions volontaires...)Je réalise et j'avoue que seule je ne pourrais pas guérir. Impossible.

Comment j'ai pu passer 8 années à me dire que je saurai le faire alors que j'étais tétanisée chaque fois qu'on évoquait mes difficultés psychiques. Braquée, sur la défensive, évasive, utopiste, agressive, la discussion n'avait pas sa place dans mon monde. Pas en ce qui me concernait en tous les cas.

La toute puissance nous perd.

Et si on n'arrête pas de  jouer les superwomans, on meurt.

C'est simple.

J'ai choisi.


Aujourd'hui tout me semble si différent si vous saviez...

Je vais bien. Et je n'en ai pas honte.    


                                                      



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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 23:12

Je me sens…C’est étrange ces nouvelles sensations qui bousculent mon esprit. Je ne sais plus très bien où j’en suis, entre la détermination qui m’anime et les déceptions au quotidien, celles  qui me rappellent combien mon corps est abîmé…c’est dur, je suis crevée, ballottée sans cesse entre les extrêmes que j’ai du mal à gérer. La bonne humeur du matin, le sourire, les yeux qui pétillent.

Et puis le reste. Les kilos qui peinent à revenir, la fatigue engendrée par les repas trop périlleux, les nuits qui restent blanches, l’écriture patte de mouche, les mots qui s’emmêlent aux maux, les dents pourries et la peau terne, les cheveux paillasse, l’estomac trop douloureux pour « garder ». J’en passe.

On minimise les méfaits de l’anorexie, putain, si j’avais su dans quoi je m’embarquais. Je crois que le pire c’est que justement, que je savais, au fond. Mais j’ai fait l’autruche en me disant que tout « ça » allait passer, que je n’étais pas malade puisque j’étais debout, qu’ils dramatisaient pour rien, et que mon cas n’était que franchement pas grave.  Je me rappelle qu’un jour j’ai même pensé, que l’anorexie était une maladie noble et que jamais je ne pourrai jouir de ce corps tout puissant, gourmande comme je l’étais. Je voyais en l’anorexie un profond respect pour ces petites créatures si frêles et si fortes à la fois, admirative de tant de discipline et de rigueur. Ces esprits libres, purs esprits spirituels. C’est ça que je cherchais, il me semble. Je trouvais ça beau. J’ai honte quand j’y pense. C’était l’élévation de l’esprit qui m’impressionnait. Puis ça m’est passé.

Finalement, aujourd’hui l’anorexie n’est pour moi qu’un symptôme de troubles anxieux massifs, qui se traduisent par toutes ces addictions destructrices.  J’ai fini par tomber là dedans, quelle ironie. Même si ce n’est pas la pathologie principale qui me parasite, (je ne suis pas anorexique mentale mais anorexique tout court), les conséquences sont bien là…et c’est flippant.

L’anorexie a commencé pour moi à cause d’un défi à la con, un challenge personnel débile. Pendant mes études d’arts appliqués, le rythme était hard, les délais trop courts, alors j’ai commencé à sauter mes repas, qui ne représentaient qu’une perte de temps. Je ne mangeais que le soir, contrainte à rester à table. Et un jour, je me suis dit que si je savais sauter 2 repas sur 3, je pourrais en sauter 3. Et j’ai réussi. J’ai relevé le défi. Et puis quand je me défonçais, j’étais perchée plus vite à jeun.  J’oubliais de manger. L’image que j’avais de moi-même a sérieusement commencé à se détériorer .Alcool, drogues, cachetons sont devenus mon quotidien. J’étais en l’air tout le temps, je ne ressemblais plus à rien, je ne ressentais rien, c’était le vide intersidéral. Et je me suis noyée dans le néant.

A ce jour je compte 4 hospitalisations longue durée en HP, et même si j’avance…le chemin est long et je crains toujours la rechute. Mon diagnostic a évolué vers un état borderline.

J’aimerais, en connaissance de causes, aider d’autres malades. Une fois que je serai guérie…

Dans un futur proche je l’espère. Je me sens actuellement trop proche de la maladie et rien que le fait de croiser d’autres filles plus minces me rend dingue, quant aux anorexiques, elles me glacent le sang et c’est gênée que je détourne le regard. L’impression de croiser la mort au coin de la rue est insupportable, j’évite les yeux, m’attarde parfois sur ces petites jambes qui n’ont plus l’air de rien et j’ai envie d’hurler à en perdre le souffle. Peut être parce que cet effet miroir est inacceptable, peut être parce que je n’admets pas, ou que je ne me rends pas compte. J’en sais rien, tout ce que je sais c’est qu’il y a trop de corps décharnés qui déambulent au pas de course, semblant flotter au dessus de la foule.

Ca me donne froid. Et puis ça fait mal, là, dans ma poitrine.

Je ne veux plus de cette maladie, je la gerbe, je la lacère, je la hais.

Alors il faut la tuer. L’exterminer, la défoncer, l’anéantir, la piétiner, l’immoler.

Je m’y emploie à plein temps. « Ils » me félicitent pour mes progrès, ça donne de la force quand on croit en vous. Je commence à croire en moi aussi. Et puis je suis en train de bosser sur l’image de mon corps que je m’évertuais à cacher ; aujourd’hui je n’ai plus besoin de toutes ces couches de fringues informes version grunge. Ca n’a l’air de rien mais il m’était impossible de me mettre en jeans, non, fallait que je sorte mes bons vieux baggys troués ou mes longs gilets cache-cul. Là, je m’habille tranquille et je n’ai plus peur que l’on puisse apercevoir mes grosses cuisses. Je m’émancipe doucement du regard des autres et ça fait du bien, je respire. Je ne vais pas dire que j’emmerde le monde entier et ce qu’il peut penser de moi (bien que j’imagine qu’il a autre chose à foutre plutôt que d’épier mes pseudos- kilos superflus), mais je m’en fous au fond. J’ouvre les yeux, découvre un reflet que j’apprivoise et qui commence à me plaire.

Alléluia. Je m’enivre. C’est délicieux.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 12:31

C’ést un peu dépitée que je viens écrire ici. Je viens d’avoir un rdv avec Mme L. (la chef des chefs), et chacune de mes demandes se sont soldées par un « non » radical. Entre autres, je demandais à avoir 2 nuits chez moi par semaine, à manger du côté des appartements thérapeutiques que j’ai pu intégrer, et à prendre mon traitement de 22h en chambre. Ce sont des petites choses, en apparence, mais ça compte. J’ai réussi à négocier pour le traitement, à condition d’accepter la fouille hebdomadaire de ma chambre. Pour les perm’, les prolonger n’est pas du tout au programme. Et pour les repas, manger seule restera un rêve pendant longtemps. Je ronge mon frein, je me sens beaucoup mieux et voudrais tout tout de suite, trop vite sûrement. Mais je suis impatiente, persuadée que tout est bientôt fini, j’ai soif de vie, j’ai envie de m’y jeter ventre à terre. J’ai seulement peur de reconnaître la pseudo toute puissance qui m’habite. L’euphorie éphémère. Celle qui précède la chute, sans vouloir être pessimiste.

Pour l’instant je plane, je souris pour de vrai et j’arrive à manger un peu plus, même si ça reste insuffisant. Et puis je peins aussi. Pas toujours très contente de moi ; je n’arrive pas toujours au résultat escompté et ça a le don de m’énerver, mais je crée, j’enfante quelques toiles que je m’oblige à colorer. La nuit, le jour. C’est devenu nécessaire à ma guérison.

Je vais avoir un accompagnement afin d’étouffer les pensées soit disant « suicidaires », avec un infirmier que je deteste profondément et je crois que c’est réciproque. Parceque ma conduite est dangereusement autodestructrice, qu’il y  a des risques et blablabla.

_Oui mais quand je prends des cachets c’est pas suicidaire, c’est juste pour me calmer. Ce ne sont pas des T.S.

_Figurez vous que j’ai accueilli un patient hier qui voulait lui aussi se calmer avec un cocktail dont je ne vous détaillerai pas les ingrédients, simples médicaments en vente libre, mais il a eu de graves problèmes cardiovasculaires ; sans le savoir il a ingéré une solution létale. Vous savez que ça peut vous conduire à la mort, vous le savez tout au fond. Vous savez que vôtre conduite est profondément auto-destructrice.

C’est alors qu’elle m’a anoncé cette putain de restriction d’oxygène en limitant les permissions, mais surtout, le clou du spectacle, c’est la fouille. Dans MON espace, mon MOI intime, c’est horrible.

"_ Après tout je l’ai bien cherché.

_Non, vous n’avez rien cherché du tout, vous avez fait ce que vous pouviez…"

Ouaip, on dira ce qu'on veut, c'est quand même de ma faute, si je ne m'étais pas enfilé tous ces cachets on en serait pas là aujourd'hui entre nous. ca sert à rien de faire des "et si..." et "si j'avais fait ça" etc. J'en tiens une couche. Pas de regrets, c'est juste dommage que cela se passe comme ça, que l'on doive m'enfermer pour me foutre en sécurité de moi même. J'ai quand même du mal à avaler le "vous êtes suicidaire". Je ne veux pas mourir. 

Je pensais que tout serait plus facile, qu'il suffirait d'avoir la volonté pour voler de mes propres ailes, mais le chemin est plus long que prévu, plus sinueux aussi.

Je garde malgré tout l'envie d'y aller. Je veux. Mais au foyer, ils n'oublient pas les erreurs qui sont d'un passé trop proche et me voient encore en difficulté. Moi, j'ai l'impression que...enfin ça va quoi. J'aimerais qu'ils me suivent mais ils ne se mouillent pas et restent sceptiques, je ne savais pas que je dégageais une image...aussi négative et inquiétante. Je ne  sais pas, je me disais que ce n'était pas si grave. Que ça ne méritait pas toutes ces attentions, j'ai toujours trouvé qu'ils dramatisaient éxagérement. Ou peut être est ce moi qui minimisait, j'en sais rien tout ce que je sais c'est que maintenant je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience, et ça s'anonce long. Je sens que la route sera difficile, mais j'ai envie d'y croire.

Et puis votre  présence me rassure. Il  y a une voix tout au fond, qui me dit...et si je guéris...les gens vont me lâcher. On a quelque part l'impression que l'orsque on ira mieux...les gens ne s'inquièteront plus...et que l'abandon est envisageable.

Alors qu'en fait je suis portée par les autres depuis que le sourire m'a gagné, et c'est hyper stimulant. La maladie fausse tout et je suis impressionée par notre capacité à tout déformer,ces fausses idées qui nous habitent.


Merci.

Et puis courage!

 


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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 10:44
Je vais merveilleusement bien.
En vrai.
J'ai même recommencé à peindre, ça , ça compte énormément.
Je me suis mis en tête qu'il fallait que je sorte de ce foyer, alors je m'investis à fond dans le projet avec l'aide des éducs, et ça me rend complétement euphorique, energique et enthousiaste, putain que c'est bon....Pas de dérapage incontrôlé, mis à part la fumette.
Je me lève avec le sourire le matin et me protège des autres, de leurs états d'âmes douloureux et depressifs et ne me laisse pas embraquer dans leurs passé sinueux.  Question de survie.
J'écoute de la musique, peint le jour comme de nuit, je marche, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Pas pour maigrir ou dépenser mes malheureuses calories, mais pour prendre l'air, sortir.
Et je tente de réintegrer les protéines, mais on y va mollo hein, faut pas pousser ;
)
J
'essaie de manger, mais ça me fatigue beaucoup, je ne sais pas si c'est à cause du manque d'activité de mon estomac ou le fait que je ressasse sans cesse le nombre de calories que j'ai ingéré. (Les ruminations ça me crève :p) Dans ma tête ça galope, dans  un rythme effrené. Et puis il y a cette barrière que m'impose ce corps. Ca me rend dingue. Frustrée de ne pas pouvoir faire ce que je veux. En colère contre ce corps qui me joue des tours, disons que c'est sa manière à lui de me tirer la sonnette d'alarme. Alors je ronge mon frein et prend le temps de me reposer, de toutes manières en fait j'ai pas le choix...Mais j'apprends à prendre ces temps de pause sans culpabiliser, et puis surtout, même s'il me rend folle, à écouter mon corps. Finalement, c'est plutôt agréable.

Je regrette de ne pas avoir le temps pour vous répondre, mais je vous remercie pour toutes ces petites attentions, vos mots, vos encouragements.

Mes permissions sont de plus en plus restreintes, je vais devoir espacer mes passages sur la toile.
..ça ne m'enchante pas, mais je me plie aux règles, pour une fois.






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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:05


J'ai un peu peur.
Un peu peur parceque j'avais oublié que c'était une maladie. Je veux dire, une vraie maladie. J'ai du mal à faire sans. Je ne me suis jamais autorisée à admettre que moi j'étais malade. Comme les autres filles. Je croyais qu'il suffirait de me reprendre en main et de briser tous ces shémas de défense que j'avais érigés. Mais ça ne marche pas, pas comme je l'avais imaginé en tous les cas. Il ne suffit pas de. Je prends des photos de corps régulièrement, pour voir. Je n'ose même pas les mettre ici, elles sont trop dures. Mon image est trop agressive, trop violente. Et j'ai vu. J'ai constaté la déchéance, sans comprendre comment nos yeux peuvent autant nous tromper. Comme l'esprit humain est tordu, vicieux, menteur. J'ai recalculé l'IMC, relu les bilans sanguins et les rapports qui ont été rédigés tout au long de mon hospitalisation. J'ai lu, lu, et relu, encore, jusqu'à ce que les larmes me submergent. Parceque voila, j'ai compris. Compris que je suis allée trop loin, que j'ai démontré à tous ma pseudo puissance contre moi même, ma volonté ma determination, et qu'il était temps de revenir dans le droit chemin, avec les autres. Le chemin du commun des mortels. Moi aussi je suis mortelle. Pas surpuissante. C'est étrange de se dire que ces années de destruction, ces années de non-vie vont me coûter plus tard. Ces années où j'ai cru que ce n'était rien, ou si peu. Aujourd'hui, on tire l'alarme. Ils m'ont dit que les permissions étaient écourtées et limitées tant que je ne serais pas assez en forme(s). Parcequ'ils ne peuvent pas regarder ce corps disloqué sans agir, sans me confronter à la réalité. Alors ils ont pris le temps de m'expliquer. Pour la millième fois peut être, mais là, j'ai écouté en vrai. Entendu le message. Les dégâts médicaux, moraux aussi. Cette ambivalence qui m'habite en permanence, et ce manque de contrôle qui se traduit par une impulsivité hors limites.
En thérapie familiale, la fois dernière, j'ai entendu des trucs hypers durs, genre ma mére qui dit "mince elle s'est ratée", ou mon pére qui parle de moi comme si j'étais coupable de plein de choses. Le psy s'est alarmé en me regardant, "mais enfin vous ne dîtes rien?!". Je ne réagis plus, j'ai tellement encaissé, rien ne me touche plus. J'en viens même à leur donner raison, et puis je sais que ce c'est leur façon de parler, que ces sujets ont été débattus une paire de fois avant cette thérapie.
"On sait qu'entre les séances, il y a des passages à l'acte violents, que les allers retours au CIAC ont été fréquents ces derniers temps, et qu'Eugénie ne parle pas mais agit. Et elle y va à fond".
Il n'a pas tort. Lorsqu'il m'a demandé ce que je ressentais dans ces moments d'angoisse profonde, je lui ai dit, rien, je ne ressens rien. C'est un automatisme. Je me sens mal, ça m'enerve, donc je me calme comme je peux. Que ce soit des cachets, de l'alcool, des lames, des abdos, je prends, sans refléchir. C'est juste qu'il faut régler ce problème, ce que je fais à ma manière. Pragmatique et efficace. Dangereux aussi. "Risqué".
 "_Pourquoi vous mettez vous en péril en permanence?
  _Pour me sentir vivante."
Aussi simple que ça.
Je commence à m'ouvrir, à réevaluer la situation, à penser de manière objective. Mais ce n'est pas évident, on s'en prend quand même plein la gueule...je crois que c'est néanmoins primordial et nécessaire...

Et puis,en paralléle, on parle de mes projets futurs, avec les éducs et ça c'est vraiment positif. De penser à demain, de préparer, sans avoir peur. D'être capable de se projetter dans l'avenir. D'avoir envie de voir plus loin, d'agir, d'avancer. C'est ce qui me retient je crois. Ce qui me donne envie de reprendre des forces pour faire ce que je veux, ce que je désire, ce dont je rêve. C'est du bonheur en barre. je m'active dans tous les sens comme je sais si bien faire, mais de manière plus structurée, et même les éducs ont été surpris et m'ont félicitée, bien que je me sois faite engueulé parceque je me suis octroyée certaines libertés sans en avoir parlé, genre pour l'inscription à l'ANPE, la mission locale...mais moi je suis très satisfaite de ce travail et de ces initiatives que je n'aurais pas pu avoir il y a quelques semaines, parceque j'en étais tout simplement incapable, paralysée, empetrée dans la douleur.
Alors  je me relève, et fonce. Peut être que je ferai d'autres allers retours au centre d'accueil et de crise, peut être que je perdrai encore des kilos, peut être que je verserai encore des larmes, et alors...Pour l'instant je suis en haut, alors je profite. Je commence à connaître mon fonctionnement, instable certes, mais je pense qu'il faut s'apprivoiser et savoir faire avec. J'ai conscience que oui, il y aura encore des moments tout en bas, mais c'est moi et c'est comme ça.
Pour l'instant je reste positive et optimiste. C'est plus constructif :).
Bien à vous.


Ps: si les images vous semblent choquantes, faites m'en part...
Ps bis: c'est mon 200° article :p

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 09:48
Voila, mon rdv a eu lieu hier...Je suis tombée sur une personne sympathique, même si elle m'a bien fait comprendre que si il y avait entrave au réglement la sortie serait assez rapide. J'ai été prise de cours, je n'étais pas prête lors du rendez-vous, j'étais ailleurs, je ne sais pas où...Mais depuis mon refus au CITD et l'accumulation de toutes ces choses décourageantes, j'ai un peu de mal à y croire, alors je n'avais rien préparé. Je suis arrivée en touriste, heureusement qu'un infirmier m'a accompagnée. Puis j'ai entendu "hospitalisation". Aprés que ce mot soit sorti, il résonnait sans cesse dans ma tête, je ne savais plus si finalement j'en avais envie ou non, et puis aprés elle m'a dit "dans 15 jours / 3 semaines, ça vous va?" J'ai bredouillé un oui maladroit sans articuler.
"OUi."
Un petit mot de 3 lettres qui me sauvera peut être, même si je sais que tout ne se résoudra pas en un battement de cils. Mais. Je crois que c'est une nécessité et non plus un choix. J'ai pu croiser quelques regards hagards, tristes et fatigués. Je ne sais pas si j'aurai la force. "Ici on n'est pas là pour vous voir maigrir. Vous perdez un kilo c'est la sortie". Ok, no problem...Petite réference au concours de la maigreur entre les anorexiques.
J'étais morte de trouille à l'idée de l'anoncer à mes parents. Une claque de plus, ils n'en peuvent plus, je ne les épargne pas les pauvres...Mais je crois qu'ils comprennent. Je ne l'ai pas encore dit à mon père, j'ai un peu peur de sa réaction, lui ne souhaite qu'une chose c'est que je me sorte de tout ce bordel de médecins, d'infirmiers et de psys en tout genre...Ce que je comprends parfaitement, j'imagine que si l'un de mes enfants était hospitalisé plus d'un an en secteur psychiatrique j'en serais malade...

J'ai peur.
Mais je crois que c'est bien. Il me semble.
Je ne m'en sors pas toute seule.

J'ai continué à peindre, j'aime bien. Vivement que je puisse les mettre dans mon album.

Merci pour tous vos mots.
Je n'ai pas le temps de répondre à chacun, mais vous êtes justes, fins et encourageants, délicats. Je vous en remercie.
C'est important pour moi...on dirait pas, mais si.


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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 10:51
# Vendredi 6 juin

Nous voila arrivés à la permission,j'ai l'impression de l'avoir attendue une eternité...le temps m'a paru si long...sans pause.
Je suis fatiguée mais animée tout de même, j'ai hâte d'aller voir mon papa et de l'aider pour les travaux de la maison. Je veux qu'il s'y sente bien et que son environnement lui plaise, puis comme j'aime la déco...cest un plaisir.
A l'hôpital ils m'ont aussi passé une commande pour la salle de vie, j'ai trouvé ça chouette. Et au C.M.P ils m'ont proposé d'exposer mais bon, je doute que les patients fassent gaffe aux peintures dans la salle d'attente. Genre moi, quand j'attends ma psy je compte tous les carreaux du carrelage. Faut que je me concentre sinon  je laisse place au stress et j'ai l'air d'une bête de foire^^.
J'ai tant attendu ce week end, pour avoir le temps d'écrire , de lire, de peindre, de jardiner -si le temps le permets merci- ,de prendre des photos...de bouger, d'aller voir des gens.
Même si je me sens plutôt bien je sais que la bête me guette, et que je m'enfermerai volontiers chez mon pére, en proie au mutisme et aux obsessions.

#Lundi 9 juin

J'ai passé un excellent week end, seule avec mon père. Ce fut bref mais intense...on est allé voir un championnat de moto cross à la mer, j'ai pris des centaines de photos, des coups de soleil aussi :). Et volé des instants de pur plaisir.
"Je suis sur que ça te ferait du bien de manger une bonne fois pour toutes".
Si tu savais Papa...ça m'arrive parfois de manger une bonne fois pour toutes. Et ça finit aux chiottes. Hocquetant difficilement pour tout éliminer, les larmes brûlant mes joues.
Je rentre demain matin à l'hôpital. J'ai un rdv important avec la psychiatre en chef; d'une part pour tenter de baisser mon traitement qui commence à me peser sérieusement  et d'autre part pour lui dire que manger avec les  autres patients m'angoisse de plus en plus. Les remarques fusent et je n'ai plus épaules assez solides pour répondre sans me braquer...ça me fait  juste mal, ça me renvoie mes difficultés en pleine gueule et je n'ai qu'une envie c'est de foutre en l'air mon assiette et de me barrer très loin. Ce qui n'est que fuir, une fois de plus, je sais. Je sais aussi que si je prends l'habitude de manger seule voire de sauter le repas, j'aurai de plus en plus de mal à faire des efforts et rester à table.
Si vous saviez comme j'en ai marre de parler de bouffe.
Ma psy m'a dit, "pourquoi ça vous angoisse autant de manger avec d'autres personnes? Si je pouvais je viendrais manger avec vous pour voir comment ça se passe". Cela fait 3 ans qu'elle me suit. Ou 4, je ne sais plus. Je sais qu'elle viole parfois l'éthique pour me rassurer, et qu'elle veut que je me sorte de ce trou à rats. Ces entretiens sont hyper importants pour moi, pour mon évolution...et puis j'apprécie l'attention qu'elle me porte, et la tendresse qu'elle met dans son discours de thérapeute.
La psychiatre m'a dit qu'elle avait s'était permis des choses que nimporte quel soignant ne peut pas faire. Réference à sa main posée sur ma cuisse, un sourire rassurant pour me dire, "faites nous confiance, s'il vous plait. Laissez nous vous soigner, il le faut. Regardez moi ces cuisses de poulet! Vous  allez tomber si vous continuez à vous braquer. Sérieusement." Ce jour là elle s'était mise à mes côtés, et non derriére son imposant bureau. Je me suis sentie bizarre....j'ai du mal à recevoir des marques de tendresse, mais j'avais tellement besoin de me sentir soutenue...j'ai apprécié son geste.
Et puis. Je sais que je recherche des mamans partout. J'ai toujours cherché cette relation de protection, de sécurité, forte et sincére. Que ce soit avec mes profs, avec les médecins, mes employeurs. Ce qui ne m'a pas toujours aidé et parfois vraiment posé problème; on ne mélange pas boulot et les trucs perso, ça n'a pas sa place...je ne peux pas m'en empêcher.

J'ai tellement peur que l'on me laisse, qu'on se lasse de moi et qu'on m'abandonne. J'ai besoin d'un filet de sécurité, j'ai besoin qu'on me porte de l'attention, que l'on me tienne la main. J'ai beau faire la rebelle derrière mes mots crus et mon attitude caracterielle...Aimez moi!

J'ai entrepris de nouvelles peintures, recommence à m'interesser aux diverses expos, dévore une multitude de magazines tous plus interessants les uns que les autres. Me remets à parler. A sourire. A m'habiller avec d'autres couleurs que le noir et le kaki. Penser à l'avenir le sourire aux lévres et une nouvelle confiance.

Je commence à apprécier, aimer, m'exposer au plaisir.
A m'accorder des choses agréables et non nocives.
Quelques problèmes d'ordre ethyillique persistent, mais. Le soleil est là.
Et je m'en délecte.

Je crois que l'on peut s'en sortir.
Peut être pas complétement. Mais (re)découvrir la vie avec une certaine exaltation, redonner à la passion sa place, au plaisir son intensité...c'est déja beaucoup. Et ça change tout. C'est un discours banal et qui n'accorchera pas forcément, je ne détiens pas la clé, mais c'est rééllement ce que je ressens.

Courage...et merci.

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 10:52
Je n'ai pas beaucoup d'inspiration je l'avoue.
Mais la semaine s'est plutôt bien passée, même si elle a commencé par un enterrement...Mais nous avons réussi à en faire quelque chose de joyeux. La sortie de l'église s'est faite sous le soleil, et en plein sur la place du marché, je crois qu'elle aurait aimé.
J'ai revu mes cousins, la famille. Cela m'a fait beaucoup de bien, et leurs attentions à mon égard m'ont touchée. Prise par cet élan d'encouragements, je me suis dit, aller putain fonce.
Bon, le soufflé est un peu retombé...mais bon.
J'ai appelé l'hopital St Vincent de Lille pour les TCAs, j'ai obtenu un rdv le 18 juin. Je suis morte de trouille...mais ça me laisse un bon mois pour me préparer psychologiquement. J'ai dû expliquer ma situation au mec du secretariat -adorable en passant- , qui m'a dit de ne plus perdre de poids sinon je n'aurai pas de rdv...il y a encore de la place pour une hospi. "Parcequ'à ce stade...".
Je ne veux plus des hôpitaux.
Je voudrais la vie.
J'ai dit à la psy que de toutes manières je n'y arriverai pas, donc qu'il fallait accepter que ce soit comme ça et vivre avec. C'est vrai, ça fait 8 ans que ça dure, je commence à desespérer. Alors pourquoi se pourrir la vie en essayant tous les jours de bouffer 3 petits pois en plus et de déchanter parcequ'on n'y arrive pas? A quoi ça sert tout ce temps perdu dans les hôpitaux, aux urgences, en HP, tous les bilans sanguins, les pesées, les entretiens psys...?
Elle m'a dit que j'étais fataliste. Que de vivre avec "ça" n'est pas possible, parceque ça occupe trop d'espace. Elle m'a promis que l'on pouvait en guérir...Pas qu'un jour on se réveille guérie, mais déja, retrouver le plaisir. Les envies. Retrouver confiance en soi. Accepter d'être une femme. Cesser l'hyper contrôle,  quelque soit le domaine. Accepter l'échec. Accepter d'être aimée. Accepter les gestes affectifs sur l'épaule. Partager un repas avec des potes ou la famille. Ne pas toujours tout rapporter à ce putain de chiffre.
Elle m'en a encore cité des dizaines d'autres.
J'ai eu envie de la croire. Elle m'a dit, non mais vous vous imaginez le calvaire qui vous attend si rien ne change? Plus de vie sociale, la santé qui disparait, et les enfants, vous en voulez des enfants? Vous allez continuer à vous cacher toute votre vie, mentir en permanence, vivre seule?
J'ai eu envie de pleurer et de lui dire merci.
Merci de me contrer, mais surtout, surtout...me dire qu'il y a une porte de sortie.
J'adore ma psy.

J'ai commencé à envoyer des dossiers dans les universités, inutile de dire que mes exams de juin seront un vrai fiasco, mais tant pis. J'ai repris un dossier en psycho. En arts plastiques aussi :)
Parceque ça me titille de trop. Parceque créer est tellement bon...
Et puis j'ai des potes qui décrochent de leurs études actuelles pour partir en arts pla aussi. On vient tous de l'ESAAT (ecole supérieure des arts appliqués et textiles, à Roubaix), puis on a tous fait notre chemin.
Et en parlant je m'aperçois qu'ils crèvent d'envie de retremper leurs doigts dans la peinture, et que finalement, on aurait mieux fait de retourner à nos premiéres amours. Contente que l'on se retrouve. Ravie même.
Je prépare doucement ma sortie de l'hôpital, kilos repris ou non, et cherche un nouveau logement...même si une foule de questions hurle au fond de mon âme...est ce que je suis prête à vivre seule? Est ce que j'en suis capable? Un appart ou une résidence universitaire?
En fait, en parlant avec l'une de mes cousines je me suis aperçue qu'elle cherchait un colloc'. Je me suis longuement demandé si ccela était dans mes cordes. La collocation. Peut être que pour redémarrer c'est mieux. Je ne sais pas. Et puis aprés j'ai bu beaucoup. Alors je ne sais plus ce que je lui ai raconté.
Mais pour revenir à la collocation, c'est avec honte que j'ai immédiatement pensé à mes repas. Comment je vais faire? Va falloir qu'on mange ensemble. Et si je faisais des crises? Et si on s'engueulait à cause des TCAs?
Ce sont les premiéres pensées qui m'ont envahie. Je me suis rendue compte à quel point la gangréne me pourrissait de plus en plus.

Vendredi j'avais un RDV avec mon père et la psychiatre. Mais "il n'avait pas le temps, trop de travail". "On se voit déja le 28, c'est assez".
Oui papa. J'ai dû aller m'excuser au près de la psychiatre, gênée.
A l'entendre il semblerait travailler plus que tout le monde. Il n'a jamais le temps de rien. Je lui ai demandé si je pouvais venir le voir, il ne m'a jamais rappelée. C'est un peu dur à encaisser. Il n'est venu qu'une seule fois au foyer, je ne lui demande pas beaucoup. Et puis même, j'en ai rien à foutre. Moi ce que je veux c'est le voir, ou même l'apercevoir. J'ai besoin de lui.
C'est pour ça que la thérapie familiale, c'est bien , mais je sais que c'est pesant pour lui. Que ça le fait chier. On m'a dit qu'il ne fallait pas que je sois déçue, sinon je le serai toute ma vie. Alors il faut faire comme si ça ne m'atteignait pas. Il faut m'en détacher, admettre que ce sera toujours comme ça. Et ne pas lui en vouloir. Je ne lui en veux pas. C'est  aussi sa façon de se protéger de tout ça ... Il a lui aussi traversé un épisode sombre lors de son divorce. Je l'ai ramassé à la petite cuiller. C'est peut être ça qui me donne un gout de rancoeur. De l'avoir surveillé, chouchouté, écouté, raisonné, conseillé...présente quoi. Je sais que la thérapie familiale n'est pas chose facile, on sait qu'on y va tous pour se remettre en question, s'écouter, se dire des choses.
Je n'attendais pas de retour. Peut être un peu d'attention...
Putain ça me fait mal.
Il y a des choses plus graves.

Le soleil pointe le bout de son nez...envie d'aller me poser dans le jardin et de gambader nue sur la pelouse :p Non, je n'irai pas jusque là, les voisins pourraient avoir peur. Drôle de corps qu'est le mien.

Maman m'a rapporté plein de magazines d'arts..."comme ça tu pourras te décider"...je l'aime . Fort, d'un amour sans limites. Trop? Je m'en fous.





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*anorchidea*

  • : [La pÂleur mOntre JusQu'où le cOrps PeUt cOmprendRe l'âMe]
  • : Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
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