Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Merci d'avoir continué à m'envoyer des e mails, des pensées, des commentaires... de là où j'étais ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai relu mes derniers écrits, ça m'a fait mal de voir que je croyais encore à lz sortie alors que je n'ai revu le jour que début septembre...j'ai passé tout l'été là bas.
Ça à été violent. Mais il est vrai j'ai beaucoup appris. Sur moi, mon fonctionnement, mes comportements.J'y suis retournée dans d'autres conditions en novembre jusque debut decembre, je suis un peu navrée davoir laissé cet endroit à l'abandon. J'espèree y remédier en cette nouvelle année pour y écrire ce qu'on appelle en anglais "recovery". Ma guérison.
Je vous souhaiteà tous une joyeuse année, avec des rêves, des voyages, du fric, des projets à réaliser...
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EDIT:
Je profite d'avoir un peu de temps pour écrire.
Ca m'a démangée bien des fois d erevenir ici, mais je reprends à peine mon souffle. Déjà l'hospitalisation de cet été me paraît loin, et en même temps si proche. J'en ai chié si vous savez. Encore merci de continuer à penser à moi. Je me suis sentie tellement seule....L'été c'est vraiment quelque chose de diddicile pour moi. Le trouble borderline étant ce qu'il est, lorsque tout le monde part en vacances et me laisse à l'abandon, ça merde sévère.
Être en HDT de surcroît a été le plus difficile, mais ils sont obligés sinon je suis capable de signer une décharge à 2H du mat' juste pour aller me faire une ligne....et me retrouver à la rue avec toutes mes affaires ur le dos. Situation que j'ai déjà connue. J'avais l'air fine tiens, dehors, mon bagage sous le bras, pas de métro (c'est pas Paris ici), pas de caisse, la honte de téléphoner à quelqu'un en pleine nuit parce que j'ai pété mon câble...bref.
J'ai dû sortir vers debut septembre, à peu près. Je n'ai pas eu de vacances, ne suis pas partie, rien. Ils m'ont relâchée seulement quand ils étaient certains que mes grands parents étaient revenus (je vis chez eux).
J'ai continué par la suite à faire mes démarches pour monter ma boîte de comm', j'ai pu aller un peu au touquet vers novembre et j'y ai passé un super moment. C'était au top. Vraiment. Putain, je m'en souviendrai longtemps; il faisait un gros temps de merde mais il faisait encore chaud, j'ai couru sous la pluie, la jupe au vent, les bottes dans les flaques, et le rire aux lèvres. C'était bon. Je respirai. J'avais à nouveau de l'air.
4 Jours après, ma grand mère a fait un infarctus. J'ai alors appris à mes dépens que les personne squi me sont les plus chères au monde sont humaines et pas invincibles. Le fait qu'elle ait frôlé la mort m'a laissé entrevoir la mienne; il était convenu depuis le début que je devais mourir avant tout le monde. J'ai tellement peur de l'abandon que j'ai toujours voulu partir avant les autres pour ne pas vivre ces foutus départs.
Ma psy m'a dit : "Imaginez bien votre petite soeur vous sortir qu'elle décide de mourir avant vous, ça vous fait quoi?"
Vu comme ça, évidemment....
Cet évènement a entraîné foule de questionnements, de reflexions et de retournements de cervelle. J'ai recraqué, je suis repartie droit dans le mur et suis repartie sur le chemin de l'hosto. Petit à petit, j'ai repris confiance en la vie et on m'a laissé faire ce que je voulais la journée pour revenir le soir à l'hopitâl, histoire de me mettre en sécurité quand même et essayer de dormir un peu. Avant que ma grand mère revienne j'avais fini les papiers pour mon entreprise et j'étais pâtronne.
Elle est revenue. Je me partage entre les courses, l'intendance, la bouffe, l'hopital et le boulot. Mais je m'éclate. J'ai l'impression de servir à quelque chose, enfin. D'avoir une place. Et le boulot me permet de me réaliser....et aussi de faire la nique à pas mal de gens. Ces mêmes gens qui n'auraient pas parier un foutu kopec sur mon compte; me voilà chef d'entreprise dans ce que j'ai toujours voulu faire, et ça marche (:
Evidemment la plupart de mes soignants me disent qu'il me faut vivre ma vie. Que je ne peux pas me mettre sur l'autel du sacrifice. Et c'est vrai. Mais pour moi c'est toujours plus facile de fuire en avant, de m'occuper de la vie des autres plutôt que la mienne.
Evidemment beaucoup de choses me manquent dans ma vie à moi. J'aimerais ne plus être seule. J'aimerais qu'on puisse me prendre dans des bras. J'aimerais revoir mes amis. J'aimerais un peu de chaleur. J'aimerais ne plus avoir honte de moi. Avoir un peu confiance en moi. Je viens d'avoir 28 ans. Je me suis pris la claque de ma vie lorsque je fais le bilan. Ca fait 11 ans de psychiatrie. 13 de thérapie et de TCAs.
Mais une chose est sûre...malgré tout, même si je sais que le trouble borderline laisse des séquelles indélébiles....c'est différent à présent. J'ai pris conscience de plein de choses. Je peux anticiper les crises. Les comprendre, après coup. Décrypter.
Le truc c'est qu'on a l'impression que si on connaît les causes, tout va s'arrêter, mais c'est se fourvoyer. Une fois que les comportements sont installés...il faut tout déconstruire. Et ça prend du temps. Mais ça va venir.
Ne pas se décourager. Continuer d'avancer.