Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Je suis triste, je n'arrive pas à pleurer, cela me ferait tellement de bien pourtant. Larmes séches. Elles me brûlent les yeux, aveuglée par la honte et la douleur.
La mort.
Encore. J'imagine. Fin liberatrice. Elle m'obsède. J'ai envie de boire, de me droguer jusqu'à l'apaisement final. Marcher sur du coton. Caressée, enveloppée, consolée dans cet amas de douceur.
Mais non. Je suis là, vais fêter mes un an d'hospitalisation. Triste sort. Je ne vois plus la sortie. Au secours. Dorlotez moi, chouchoutez moi, consolez moi, emmenez moi, je veux sortir d'ici, oublier ces endroits qui me rappellent la maladie, la folie, la souffrance. Tuez moi si ça vous chante, si vous m'aimez alors faites le. Moi, je ne peux pas, je n'en ai pas le courage...Aidez moi. Affronter n'est plus possible, je m'essoufle, m'épuise dans ce bras de fer avec la vie, me perds dans la spirale sans fin, me cogne aux murs de ma folie.
Suicidez moi!"
Voila mon etat d'esprit de la semaine. Un peu en bas. Et puis un peu moins sur la balance aussi. Quelques centaines de grammes, rien et pourtant quelle importance ils ont à mes yeux. Aujourd'hui le moral est au beau fixe et j'ai obtenu la permission du week end, je suis chez ma mére, j'ai retrouvé mes soeurs, le bordel de la maison, le linge partout, les chaussettes dépareillées et des paillettes partout, entre les déguisements de princesse. Je les aime, fort.
J'ai attendu ce moment pendant 15 jours. Je me suis bourrée de cachetons pour m'anesthésier.
Et aujourd'hui, on y est enfin et le bien être s'installe....hmmmm
C'est bon.
Je m'en délecte, délicieuse euphorie.
Même ephémére, c'est si bon. J'aimerais arrêter le temps et cristalliser cette sensation si douce.
Et à la fois, j'aimerais m'effondrer dans des bras aimants, parceque l'espoir s'étiole petit à petit.

Je ne veux pas que ce post soit pathétique, je pose juste les choses en essayant de les digérer , de comprendre. Besoin d'écrire pour pouvoir relire. Décortiquer, disséquer. Experimenter, tout est bon, rien à perdre de toutes maniéres.
J'aimerais dire à ma mére que je l'aime plus que tout, et que jamais je n'ai voulu tout ça. Je voudrais lui souffler que si je ne mange pas ce n'est pas grave, qu'il faut me laisser avec ça. Que ça ne lui fasse pas de peine, c'est pas la peine. Peut-être fataliste, mais je préfére de loin la franchise.
Je ne perds pas la rage qui m'envahit quand dans ces moments de faiblesse je tombe, je garde la niaque et déploie toutes mes petites forces pour me relever. Avec la force du mental on dira, parceque je ne compte plus sur le physique.
Mais je vais.
ça tient, bringueballante mais debout ; ]