Je vais bien. Je crois. J'ai vu mes amis cette semaine. Ma famille aussi. Un bon week end. Qui se soldera par mon entrée à l'hôpital aujourd'hui. Je me suis torchée la gueule avant, histoire de passer du bon temps avant la prison. Je devrais pas dire ça, mais faut être clair. Et réaliste. Une prison pleine de singlés. Dont je fais désormais partie.
Hier ma mére a organisé un pique-nique géant, table ouverte à tous. On a commencé à 13h, fini à 4h. On m'a répété une bonne quinzaine de fois que j'étais belle. Que j'avais l'air mieux. Que je pouvais "prendre" parceque je serai encore mieux. Qu'il le fallait même.
Mes potes sont venus et m'ont fait hyper plaisir. J'ai appris que ma mère leur avait balancé le morceau pour les urgences la semaine dernière. Moi je n'avais rien dit et n'avais pas la volonté de le faire, question de crédibilité; je ne peux pas leur répéter 50 fois que je veux sortir alors que je roule en ambulance deux jours aprés. Honte, froid, blanc. "Ah, vous savez alors".
J'ai refusé pour la sonde. Mais je peux changer d'avis. Seulement, avoir un corps étranger en moi qui de surcroît me bourre l'estomac m'est difficilement acceptable. Alors je vais manger. Je vais grossir.
Et puis voila.
Je me sens un peu seule, là tout de suite. Un peu envie de fondre en larmes. Parcequ'en réalité je suis complétement paumée.