Je ne sais plus quoi écrire.
Encore un week end. Mouvementé.Festif mon cul.
La psychiatre a prévu une hospi pour moi, je la vois demain. J'appréhende ce qu'elle va me dire.
J'ai perdu du poids, parce que je vomis beaucoup ces derniers temps. Je ne dors pratiquement plus. Dois m'enfermer dans les toilettes de l'école pour pleurer ma chute. Je ne sais plus.
"On vous sent sur la corde Eugénie. Sur le fil. Mais vous avez tenu jusqu'à maintenant, vous avez fait le plus gros, grâce à votre volonté et vôtre determination. Vous êtes bien plus forte que vous semblez le croire.Vous allez vous en sortir".
C'est tout ce que j'ai envie d'entendre. Qu'on croit en moi. Qu'on me rassure.
Parce que là, vraiment. J'ai du mal à y croire. J'ai du mal à voir demain. J'ai l'impression que je vais crever tous les quarts d'heure. Que c'est la fin qui vient me chercher, enfin.
"Vous passez d'une anorexie tyrannique à un manque de contrôle total. Ca fait des années que vous bousillez vôtre corps, vous avez perdu des dents, vous vomissez, vous êtes anémique et votre foie ne supporte plus rien, ça ne vous fait pas réagir? Vous êtes épuisée, moralement, physiquement, et au lieu d'aller dormir vous prenez toutes ces merdes. On ne peut pas dissocier le corps de l'esprit, vous ne pouvez pas lui faire la guerre éternellement vous comprenez?"
Je comprends. Trop bien même. Mais la haine me consumme. Je lui en veux de me lâcher. Trahison amère. Et puis pourquoi, qu'est ce qu'il m'a fait putain? J'en sais rien. Juste que je le deteste. Il porte des traces invisibles d'un passé que je veux oublier pour toujours.
Et sourire. Pour ne pas flancher. Pour ne pas décevoir, inquièter, blesser. Sourire.
Je n'ose plus mettre de photo de moi.