Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Dans mon cas. Je veux dire, de se faire sauter le couvercle. J'en sais que dalle. Mais on s'en fout. J'arrive à enculer ler mouches assez brillament ces derniers temps, de la branlette intelectuelle de mauvaise qualité. du genre parasitée tout le temps par des idées de merde, de surcroît stériles.
Ils trouvent pas de foutus cachets qui arrêtent ça, la tachypsychie. Alors toutes les nuits s'enchaînent avec les yeux rivés au plafond avec la cervelle brulante. Jvais vous dire, j'en ai marre. En vrai. Jsuis crevée, lessivée, vidée.
Et paradoxalement...je m'en sors. Jm'en sors jvous dis! Je sors de l'hopital bientôt, avec un carnet de croquis qui déborde d'encre noire bavante, et des mots dans tous les sens. Des séries de carnets plein. De phrases, d'extraits, de remarques, de lyrics, des trucs. Des trucs qu'il faut fixer pour éviter que ça papillonne en bourdonnant désagréablement dans mon esprit.
Des sensations en plus. Des émotions, des vraies. Pas les demis trucs que je ressentais avant, des vraies émotions. Genre, la colère, l'agressivité, la tristesse. Ce sont pas des trucs très sympas, mais n'empêche que je connaissais pas. La colère contre mon agresseur, la colère contre mes parents, la colère contre ce bordel de monde qui tourne pas rond. L'agressivité qui éclate ensuite, parce que tout ça, tout mon parcours, ces 25 ans que j'ai, et que je vis pas, ça commence à me foutre en l'air. Le réglement, les règles, les gens qui se retirent pas les doigts du derche, les mous, ceux qui veulent pas comprendre, entendre, ouvrir les yeux parce que soit disant c'est trop dur, mais et MOI bordel??? J'endure rien moi par hasard? Si ça c'est pas lâche, si ça c'est pas LÂCHE, alors je sais pas ce que ce mot signifie.
Ma mère veut rien comprendre. Que dalle. Elle a fermé les écoutilles, et c'est bien hermétique. Comme si elle voulait pas admettre que j'étais malade. Mais je suis malade. J'ai une maladie.Borderline. Type 40.3, mais ça je sais pas trop ce que ça veut dire. Je ais des recherches, mais j'y pige pas grand chose, et surtout, ça me fait beaucoup de mal. Beaucoup. Là vient la tristesse, celle que je m'interdisais de ressentir, celle que j'avais pas le droit d'éprouver, parce que pleurer sur mon sort n'est pas dans mes cordes. Pas parce que je suis forte, courageuse ou je sais pas quel autre truc qui me valoriserait. Mais non. C'était du déni, rien de plus. Jvoulais pas voir. Ce qui m'interessait, c'était de m'enfoncer plutôt. Jusqu'au cou, jusqu'à ce que ma tête n'apparaisse plus à la surface, jusqu'à ce que je creuse des tranchées qui vont jusqu'au fond du gouffre. Donc là où je voulais en venir, c'était que je ressentais.
Et le nouveau, parce que ça parait pas grand chose, c'est que ces trucs là, ces émotions, je les ressens dans mon corps. Je le sens, ça me parcourt, comme des spasmes. C'est encore assez étrange. Pour quelqu'un qui était dans l'hypercontrôle tout le temps, c'est bizarre.Enfin ce qui est bozarre, c'est surtout que Corps entre en jeu! Je savais même pas qu'on devait ressentir avec lui... Je crois que j'aime bien, au fond. Extérioriser ma colère, et tous les envoyer chier, ceux qui n'ont rien à foutre sur mon chemin, ceux qui m'emmerdent and co. Y en a un sacré paquet quand j'y pense. Je me fais penser à pac man qui se réveillerait après 25 ans, et qui bouffe tout sur son passage, aucune chance à l'adversaire. Jcrois que je suis en vie.