Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
J'ai 5 ans.
5 ans de pleurnicheries, d'ironie, de colère, de coups de gueule, de cynisme, de sincérité, d'encouragements, d'échange, de surprise, de rechute, d'évolution, et encore d'autres choses. Plein d'autres choses.
Des commentaires qui m'ont touchée, chamboulée, enragée. (Pas beaucoup). Aucun que j'ai censuré. C'est peut être de la chance. D'avoir des lecteurs fins et intelligents, qui ne sont pas là pour emmerder le monde gratuitement. C'est surtout cette notion de gratuité qui m'amuse, je me demande toujours "qu'est ce que ça leur apporte à eux, leur cul vissé sur leur bon vieux fauteuil rustique, de tout foutre en l'air avec un venin déjà périmé?" Bref, puisqu'il n'y en n'a pas ici, n'en parlons pas.
Il y a déjà certaines personnes qui se sont indignées face à certains commentaires. Mais pour la plupart ce sont ceux-ci qui me bousculent et me font grandir, pas par la méthode douce, j'entends bien, mais parfois, un coup de pied au cul...je suis capable de me le prendre. [si, évidemment, c'est constructif]. D'autres sont là pour déstabiliser, voir ce qu'on a dans le bide...mouais, ça j'y réponds parfois, mais l'envie de me justifier n'est pas vraiment mon fort. J'ai pas de compte à rendre.
A personne.
Mon blog n'a pas la prétention de détenir la vérité, de divulguer la science infuse, ni d'être un exemple de guérison ou je ne sais quoi. Tout ce que je sais, c'est que ça fait 11 années maintenant que je me bats comme une damnée pour avoir le droit à la vie (avec moi même, mais jvous préviens, jsuis une sacrée putain d'ennemie que je peux même pas flinguer, c'est là toute la difficulté voyez), et que mon double se bat avec autant d'acharnement pour me foutre en l'air. Mais...au bout de toutes ces années, à force de se cracher à la gueule, je lui trouve du charme à cette grande brune haha...et de son côté, je pense qu'elle commence à apprécier ma hargne aussi, vu qu'elle me laisse un peu plus tranquille. En bref, on se tape un peu moins sur la gueule globalement.
Donc, peut être...peut être que ce blog finira son quinquennat en beauté en cédant la place à d'autres priorités comme la peinture (au passage, prochaine expo vers le 6 avril pour les lillois ;) ), le dessin (mes carnets dégueulent), la photo (acquisition prochaine d'un reflex), et peut être aussi des amourettes. Ben ouais, c'est qu'après 11 ans de vie en solo, s'rait peut être temps de caser l'orchidée.
En parlant d'orchidée, mon préfixe me dérange salement, [ano]rchidea, fut un temps où ça me collait à la peau j'avoue, mais là...je cherche un nouveau pseudo, vous avoue. Ce sera mon pseudo d'artiste! J'adore par exemple le sens du mot [raptus], mais alors question sonorité merci, plus moche tu meurs! Viennent après inspi[red] (j'ai les tifs rouges), BreatHe (les gens vont pas savoir prononcer), ynoulia qui fut le mien durant des années reste ma signature, mais ce qui me dérange profondément c'est qu'en tapant ynoulia sur gogole, on arrive sur mes dures années sur des forums x et y et j'ai pas très envie que ça colle à mes peintures et à ma nouvelle vie. J'ai envie de faire un truc avec "acid", ou rassembler des mots au sens opposé; vu que le paradoxe est un peu mon grand ami. Fée brile j'adore, mais on fait pas dans l'innovation. Si vous avez des idées jsuis preneuse. Défi 2011 :D
Moi jtrouve que 5 ans c'est pas mal pour un blog, et je peux vous dire qu'il a grandi avec vous, dans ma manière d'écrire, de décortiquer, d'analyser...quand je me relis au tout début, j'étais en pleine puberté haha, me voilà femme. Certains sont restés, d'autres auraient peut être voulu que je reste au statut pleurnicherie pour se rouler dedans. Vous savez ces personnes qui se nourrissent et entretiennent le malheur des autres, aller, on en a tous dans notre entourage. Bon, he bien celles-ci m'ont quittée et sont allés voir ailleurs ce qui se passait sur le mur des lamentations. J'ai donc grandi, mon blog a évolué, et mes lecteurs aussi. En somme que du positif, sans aucun "mais". Et c'est pas plus mal.
Je sors de l'hôpital quant à moi samedi. Jamais une hospitalisation n'aura été aussi constructive, les soignants n'en reviennent eux même pas et n'en attendaient pas tant, parait que je suis une fille surprenante (ouf, me dire que je suis prévisible est un coup de poignard dans le dos), avec des ressources assez extraordinaire (s'raient pas un peu lèche-cul sur les bords ceux-la...), en bref, j'ai avancé sur tellement de plans à la fois, ouvert tellement de dossier en même temps que tout cela me paraît confus et je ne sais même pas sur quoi j'ai avancé, je pense que je m'en rendrai compte dans la pratique, dehors. Mais pour les ssoignants, ils ont même craint que je n'avance trop vite, ce qui aurait pu être déstabilisant (ça l'a été, ça l'est toujours, mais ça passera); en bref, je pense qu'ils vont aller se bourrer la gueule au champagne lors de ma sortie. Sérieux, jcrois qu'on a fait du bon boulot. Sartek.
Bien à vous,

L'Orchidée.