Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Mon Dieu. Comment vous dire.
J'ai donc énormément de monde à mes côtés, donc. Beaucoup beaucoup. Hey, mais vous me foutez la pression dis donc...
Non, je ris.
Mais merci. Merci infiniment.
J'attends toujours des nouvelles du comissariat qui ne me rappelle pas et je commence à m'inventer des conneries du genre ma parole ne vaut rien, ils ne m'ont pas cru et bla bla bla et du fil sur les bras, et des larmes, et des cris.
Parceque j'ai un mal de chien dans les tripes.
"Vous avez mal à l'endroit du trauma".
L'endroit du trauma, c'est mes tripes, c'est ma dignité, c'est ma fémiinté, c'est ma jeunesse, c'est mon insouciance, c'est mes viscères, c'est...mon putain d'utérus qu'on a piétiné. Quand elle a dit le mot "utérus". J'ai cru m'évanouir. C'est étrange comme cet organe ne fait surtout pas partie de mon corps. C'est étrange comme je le nie si fort pour ne plus qu'il existe. Et voilà qu'il me fait mal, comme pour me gueuler dessus "j'existe putain de merde tu vas l'entendre ça!?"
Comme si mon corps, mon corps que j'ai fait taire pendant 10 putain d'années, prenait sa revanche. Me montre qu'il est là, qu'il a eu mal, à l'extérieur, à l'intérieur, partout, et que moi je l'ai abandonné sous les coups. Et puis après je l'ai encore fait taire. Et puis aussi j'ai voulu qu'il meurt. Pour qu'il ne parle plus jamais. Mais aujourd'hui, il ne parle pas, il hurle comme un demeuré. Je suis obligée de me balader avec une bouillotte sur le bas ventre en permancence tellement j'ai mal à en crever, agonie animale.
"Il y a beaucoup de tension à cet endroit hein?""vous savez à quoi ça sert la tension? A se battre, à tenir. Ecoutez là. Ne la niez pas. Prenez en soin, parceque c'est votre arme au combat".
Aujourd'hui c'est mon corps qui veut me montrer la route, et ma tête qui ne veut pas. Mon crorps qiu me dit qu'il s'est passé quelque chose de grave, mais que ma tête ne veut pas regarder, ni voir, ni entendre, ni accepter, ni rien.Donc,chaque fois que je nie, BAM, un javelot dans le bas ventre. Et tant que je n'aurais pas fait la paix entre les deux, tant que l'harmonie ne sera pas là...
Patience. Patience.
J'ai fait des progrès énormes vous savez. Il paraitrait. J'ai bien envie d'y croire.
Me lâchez pas, pas encore...soyez encore là, un peu, s'il vous plait.
MERCI.
je n'ai pas le temps de vous répondre à tous, je vole quelques instants mais...je suis gênée, j'aimerais tant. Patience, encore celle là. Elle commence à faire chier à la fin elle!