Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
"C'est pour ça que ça fait plusieurs semaines que je m'évertue à vous déresponsabiliser. Vous n'êtes pas responsable. Vous savez bien que la culpabilité est stérile, mais bon, soit, puisqu'elle vient toquer à votre porte...acordons lui un peu de temps...Donc, je répète, aviez vous le choix?"
Ça ne va pas.
Je ne sais pas trop où le dire, le hurler, le gerber, le crier, le murmurer.
Alors je viens m'épandre ici.
Ça ne va pas. Pas très bien. Pas du tout.
Pas la boîte. Pas ce soir. Ne pas l'ouvrir.
Arriver à demain, merci.
Pas l'habitude, tant pis. Fallait que je le communique quelque part. Des fois que ça atténuerait l'angoisse. Sait-on jamais.
"Vous savez qu'actuellement vous avez besoin de forces. Alors là, vous allez devoir combattre, les armes en moins. Vous le savez bien. Ca commence toujours par là. Se priver de sommeil. La suite, on la connaît. Est ce qu'on ne pourrait pas, pour une fois, se défaire des vieilles habitudes? Réflechissez à ma proposition. Je vous conseille vivement de reprendre contact avec vôtre réferent."
Oui. Oui je veux. Les vieilles habitudes. Elles m'ont attrappées, ce soir. Je voulais attendre un peu avant d'appeller. Attendre quoi, hein?
"Vous fonctionnez toujours dans l'urgence?
_Disons que je suis plus productive, mais je suppose que beaucoup de gens fonctionnent comme ça...moi je repousse, je repousse jusqu'à n'en plus pouvoir.
_ J'avais remarqué. C'est bien cette seconde partie qui me fait peur."
J'ai mal au fond de moi.
Tellement prévisible. Tellement. J'aurais du le sentir venir. Conne.
Se taire, toujours. Mais quelle connerie putain. Autant Se censurer en entier.