Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
"Je ne sais pas si je suis vraiment heureuse pour de bon ou si ce n'est qu'une (longue) passade.
Quoi, parce que t'as peur d'aller bien c'est ça? T'as peur qu'on s'occuppe plus de toi?
T'es qu'une pauvre petite victime complaisante égoïste et manipulatrice derrière tes airs de pas y toucher.
Y a pire que moi. Ils réussissent, et moi aussi j'y arriverai.
Tu me fais rire, tu voulais peut être oublier qui tu étais vraiment...tu pourras jamais changer. Pute un jour, pute toujours.
Tu es immonde très chère.
Tu vaux quelque chose, enlève toi la merde de tes yeux!
Arrête de penser à toi, si tu pensais à autre chose qu'à ton nombril t'aurais moins le temps d'aller mal. Aller mal, c'est du luxe.
Pourquoi tu baisses les bras, tu dis pas que tu es toujours à fond dans ce que tu entreprends 50 fois par jours par hasard?
T'as tout pour être heureuse!
T'as voulu devenir quelqu'un d'autre. Mais tu seras toujours toi même. Résultat, bommerang dans la gueule, dégout total de ta personne, c'était couru d'avance.
Je ne comprends pas que tu veuilles faire une croix sur ce que tu es, ce qui t'as forgée, ce qui était ta survie alors que tu dis sans cesse que tu ne changerais ton histoire pour rien au monde. Putain t'en as jamais marre d'être une contradiction ambulante?
Tu sais pas ce que tu veux, parce qu'après toutes ces années tu es ce que les autres veulent que tu sois. Normal que ça claque ma grande.
Je veux les faire taire. Je veux qu'elles se taisent, toutes, autant qu'elles sont. Jamais eu autant l'impression d'être aussi multiple. Avec des ravins entre chacune d'entre elles. Elles sont trop, nous sommes trop et mon corps et décidemment trop petit trop grand je ne sais pas, et je ne sais plus et peut être même que je n'ai pas envie de savoir. En parlant de lui je le déteste, je le hais autant que moi même, je lui crache dessus, lui et sa nouvelle connerie de rebellion.
Mon
sieur est fatigué de moi peut être...ah oui. Fatigué de mes excès. Connard, on n'avait pas dit de faire ça maintenant. Tu devais maigrir comme à toutes les rentrées. Et me laisser me bourrer de codéine comme d'habitude sans faire cette allergie de merde. Et oui, je suis allergique à la codeine, comme ça, d'un coup, pouf. A cause de lui je me suis mise à ressembler à un monstre écarlate et boursouflé, en train d'enfler à vue d'oeil. Résultat urgences dès le premier jour et tout un paragraphe de citations dont je me serais bien passée du genre "ne vous trouvez pas de pretexte pour retomber dans une addiction que vous connaissez déjà", merci au revoir et bonne continuation Mâdâme. Et le célèbre "prenez soin de vous et vous pouvez revenir si ça ne va pas", oui-merci-j'essairai-mais-ne-vous-inquiètez-pas-merci-tout-va-bien-c'est-juste-enfin-c'est-pas-grave-merci. Donc, 3 merci en une phrase et une honte colossale mêlée à une rage indicible qui ronge tous les organes comme de l'acide chlorhydrique. Contre moi, contre elles, contre nous, et lui. La fine équipe! Hahaha, mais quelle blague.
En attendant, ce soir, j'ai une invitation. Avec des promesses de carte bleue pour discipliner la poudre et les billets qui vont avec. Je n'ai pas dit non, je n'ai pas dit non plus d'accord mais s'il vous plait je suis là donc, j'ai juste dit oui.
Et poussé un grand soupir. Et maintenant, au delà de la crise de nerfs face à ma garde-robe toujours aussi pauvre, je me demande vraiment, mais vraiment à quoi m'attendre, ce soir.