C'est horrible ce besoin frénétique d'écrire pour ne rien dire.
Sûrement parce que le compte à rebours est lancé, mon sac est prêt pour le retour à l'hosto.
Je ne peux pas dire que je ne suis pas contente, une partie de moi est quand même rassurée...J'ai du mal à me l'avouer mais c'est vrai. Je ne sais pas prendre soin de moi, c'est un fait. Là bas on m'y oblige, et j'ai beau faire la gueule et ne pas me laisser faire, je crois que c'est une chance. Dernièrement je me suis rendue compte que si ma psy n'avait pas appellé les urgences l'année dernière, je ne serais certainement plus là, sans vouloir en rajouter. C'est même certain, vu la fréquence à laquelle je pense à la fin. ça peut paraître froid de l'écrire ainsi sans aucune émotion, je ne sais pas. Cela fait partie de mon quotidien, avant que je ne me dise que je ne suis qu'une sale égoïste.
Chez mon père j'ai fait plein de choses en deux jours, ça m'a fait vraiment du bien de m'activer ainsi, je suis crevée mais ça fait du bien aussi de s'épuiser, de ne penser qu'au moment présent sans penser à toutes ces choses qui m'emplissent la tête. Je me suis sentie faible aujourd'hui ça m'a vraiment agacée ce corps qui n'en fait qu'à sa tête, m'empêchant d'en disposer comme je voudrais le faire. Je me sens de plus en plus en contradiction avec lui, en bras de fer tout le temps...sauf que ce n'est plus un jeu, mais une véritable lutte sans merci. Je ne le supporte plus, ni sa vue ni sa faiblesse, et il y a une véritable séparation entre ce corps et mon esprit. Je ne m'en rends compte qu'en l'écrivant, comme si je n'avais pas encore réalisé que l'âme est indissociable du corps. Et pourtant c'est un sabotage de plusieurs années. Parfois je me dis que cette lucidité qu'ont les anorexiques est è erronée, comment peut-on se mentir avec cette force, comment peut-on se détester à ce point et chercher à détruire cette enveloppe de chair qui est nôtre, et aimer se voir disparaître à petit feu, je dirais même savourer...cette ambivalence qui nous habite, insupportable pour les autres, spectateurs impuissants de cette destruction massive, mais aussi pour nous, sans cesse tiraillé(e)s entre les extrêmes. C'est avec une violence inouïe que je maltraite parfois mon corps, dans mes excès de folie pathologique. Ce n'est qu'en contemplant les marques que je me rends compte que ce n'est peut être pas tout fait normal. Je crois être pleinement consciente, et en fait je ne suis qu'aveuglée par ce manque de discernement.
Aller, je fume une cigarette, retourne chez ma mère pour m'assurer que lamaison est nickel pour leur retour, que mes petites soeurs vont bien, et j'y vais. Je suis un peu morcelée parceque mon père aimerait que je reste plus longtemps et que je ne peux pas le satisfaire.
Merci pour vos encouragements, vos conseils pour les migraines (je crois que je vais demander direct au médecin et arrêter de faire ma fière), vôtre gentillesse.
Je n'oserais pas citer de nom de peur d'en oublier, mais...
ça me touche beaucoup. C'est con, certains diront que ce n'est que virtuel. Mais faut croire que ça a plus d'importance. Et puis sinon je n'aurais pas cette envie d'écrire.
A bientôt...Je m