Je n'ai pas le temps d'écrire des masses. Vôtre soutien m'apporte vraiment beaucoup et la semaine internet me manque, même si , objectivement, c'est surement mieux comme ça. C'est la seule fenêtre que j'ouvre sur le monde, avant de rabattre les volets.
Je me suis coupée du monde.
Volontairement, ou non. Mes amis sont à mes côtés et me suivent depuis tellement d'année que j'en suis admirative, et presque gênée. Je suis devenue sauvage, ne supporte plus la compagnie des autres. Je ne veux plus les entendre, je ne veux plus de leurs paroles qui m'écorchent la chair un peu plus chaque fois. Les" tu pourrais manger quand même" sont très mal venus. De la part des patients, c'est assez agaçant. Qu'est ce qu'ils en ont à foutre de me voir avaler 3 petits pois de plus, hein?
J'ai peur de l'avenir, peur de demain. Mais il faut que j'avance, coûte que coûte, cette situation ne me plaît pas, dailleurs je l'exècre. Je voudrais me piétiner, me foutre des tartes, me faire mal, pour me sentir vivante. Parcequ'il n'y a que comme ça que je me sens animée par la vie. Et seulement dans ces moments là où je suis forte, assez pour faire bouger les choses et me mettre un coup de pied au cul. Dommage que cela concorde avec le mode restriction absolue.
J'ai un entretien d'embauche lundi pour un ptit job d'été.
Mais on m'a froidement rappelée que dans deux semaines je serai alitée dans le pays des fées evanescentes, tristes et pleines de cicatrices. Moi je ne veux pas, je ne veux plus, je ne veux plus y aller.
Je veux retrouver ma vie.
Juste ma vie.
Mais.
Il y a toujours ce putain de "MAIS".
Il serait objectivement plus raisonnable d'aller à l'hopital.
Raisonnable.
Je crois que je vais y aller, et ne pas lâcher le morceau. Au pire, je la differerai. J'ai besoin de tune pour mes vacances, pour payer les frais de l'hospi, pour remplir mon découvert et arrêter de devoir faire la morte quand le banquier m'appelle. Alors je me dis que travailler me ferait certainement du bien, parceque me retrouver en milieu ordinaire ne peut qu'être positif. Et en plus, ça m'enlèverait une angoisse massive quant à ce découvert sans fond qui m'empêche d'aller retirer ne serait-ce que 10 euros.
Je ne sais pas choisir. Alors je crois que je vais faire les deux.
J'ai peur qu'ils m'obligent à y aller. J'ai peur de ne pas avoir le choix. J'ai peur de dire "non" parceque je serai mise à la porte, faute de contrat non respecté. J'ai signé un deal au début de l'hospi. Si je dérape, je sors. J'ai la tête enserrée dans un étau puissant.
Mais malgrè ces petits points abscurs...je vais bien.
Je me sens bien, vraiment. Mis à part les angoisses, franchement, j'arbore le sourire avec fierté.^^