Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Se voir.
Regarder.
Toucher.
Non plus avec le plaisir, non plus avec la jouissance de sentir une nouvelle côte pointer, les hanches se dresser avec fierté, le coccyx s'exhibant comme un trophée, les poignets si fragiles, le cou gracile...
Non...
Se découvrir.
Sans le reflet menteur. Se voir en VRAI. Ouvrir les yeux sur la réalité. Se rendre compte.
Avouer que ce n'est pas une vache dans le reflet, plutot une marionette desarticulée, informe. Sans toute la beauté que j'avais imaginée dans cette silhouette. PLus rien n'est gracieux, rien n'est majestueux dans ce port de tête anguleux, rien n'est beau dans ces épaules aux clavicules criardes.
Où est la beauté sur la quelle je fantasmais? je l'ai dépassée il ya déja bien longtemps, sans m'en rendre compte. Parceque j'avais toujours faim de plus, plutot de moins en fin de compte. Toujours moins.
et aujourd'hui je suis moche.
A la quete de la perfection...mon cul oui...
Jamais je ne saurai juger si oui ou non je me conviens. Puisque jamais je ne pourrai m'aimer à juste titre, jamais, jamais je ne pourrai me contenter de ce que j'ai.
Qui a dit que l'on pourrait atteindre cette fameuse perfection tant désirée, et à quel prix?
Comment peut-on cultiver cet espoir illusoire, (et c'est un euphémisme), tout en sachant que cela sera sans f[aim], jamais?
Comme si on creusait sa propre tombe, mais que le trou ne nous conviendrait jamais, il faudrait toujours creuser, toujours, sans s'arreter, dans le noir, les éboulements, toujours recreuser, ne jamais s'arreter...sa propre tombe.
Merde.
Faut arreter tout ça.
Maintenant.