Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Le fait d'être vide m'ennivre,mais je ne me sens pas pour autant légére...
Juste l'impression d'être lourde, toujours, de me traîner pour faire le moindre pas, d'être lourde pour les autres, d'être une handicapée de la vie.
Il y a des périodes où je me terre dans mon trou, sans que personne ne puisse m'en extirper, et c'est plus fort que moi. Le téléphone n'a pas arrêté, par flemme de regarder le numéro s'afficher, je l'ai juste balancé dans un coin, d'un excés de rage. Sa sonnerie est insupportable. Aller chercher le courrier, rentrer les poubelles, m'occupper de mon dossier d'inscription à la fac, aller au code, autant d'éléments qui me rappellent à la réalité. Je n'en ferai que la moitié, voire le quart, je le sais bien.
Je ne me suis toujours pas habillée, j'erre, juste.
Parfois je me pose à la fenêtre et j'ai l'impression qu'on dirait une grose dépressive et ça m'emmerde profondément, parceque non.
Je traine mes petits boulets derriére moi, j'essaie de me convaincre que je suis bien là, toute seule et que je peux faire ce que je veux. Comme quand on est gamin et que l'on rêve d'être seul à la maison. Mais je fais pas ce que je veux, je subis juste le vide, le mien et celui de l'espace, le mien grandissant, et emplissant l'espace.
Les pensées anesthésiées, je n'ai le courage de rien.
J'ai le regard qui s'obtine à pointer vers les mêmes objets, inlassablement. Je peux les regarder des heures durant, sans m'en rendre compte. Parceque l'énérgie n'est pas au rendez vous, que ma tension ne doit pas etre bien élevée, que je suis complétement vidée de tout.
Et je vois l'heure tourner, et ça me rend malade.
Se réveiller, à tout prix. Essuyer les flux lacrymaux et s'activer.