Et l'automate s'en est allée au boulot comme tous les matins.
Ni sentiments ni âme. Un corps, juste. Geste mécaniques, sourires en chaîne. Comme pour montrer que l'on peut être normale malgrés cette apparence inhumaine. Est ce que j'ai l'air autant inhumaine que dans leur regard? Mon miroir me dit tous le jours le contraire, appuyant même sur mes contours avantageux. Dans ma tête. Dans mes putains de yeux qui me mentent, chaque jour un peu plus. Chaque jour un peu plus de vertige, chaque jour un peu plus d'entrain malsain dans les courbatures. POrter des livres par dizaines,des cartons pleins, oui regardez moi tous, regardez la force que j'ai bande d'incapables..;regardez bien comme je suis forte, admirez moi bande de feignasses...Regardez moi pavaner jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la mort s'il le faut, je m'engraisse chaque jour d'un peu plus de cette fierté devastatrice, de cette euphorie malqaine qui me parcourt tous les muscles fermes et travaillés chaque jour.
Sauver les apparences.
Avoir envie d'être considérée, juste. Mais démontrer que je suis capable de bien plus. démontrer que je peux tenir des défis insensés, inutiles et débiles. En être fiére. Ridiculement et pathologiquement fiére. Je ne m'emploie même plus à faire bonne figure le midi. Je bois mon bouillon avec dignité, sans mot. Je m'emploie à le savourer avec une certaine jouissance lorsque je regarde leurs assiettes, à elles. empiffrez vous si ça vous chante, moi j'ai choisi d'être majestueuse.
Puis j'ai l'air d'une loque dans toute sa splendeur.
Mes émotions sont parties avec ma graisse, j'ai lutté corps et âme pour la faire dégager, elle qui me dégoutait tant. Il y a toujours des résidus, qui ne dureront pas me souffle une toute petite voix, chaque fois que j'esssaie. Chaque fois que j'essaie de me débarrasser de ce surplus d'orgueil, ce surplus de mal-être, cette douleur qui suinte tout au fond, la blessure béante que j'entretiens chaque jour pour qu'elle ne se referme jamais. Qaund mes yeux se ferment, épuisés, des visions cauchemardesques m'envahissent, j'en profite juste pour ne pas dormir, jamais relâcher, fumer comme un pompier, penser, encore, encore, avec les neurones épuisés, juste centrés sur ce moment de ma vie, pas des plus glorieux. Me convaincre que je ne suis qu'une grosse merde, et en vouloir toujours plus,encore. Me prouver que non, je suis plus forte que mes "détracteurs". Que si mon corps a été baffoué, je serai plus forte. Que si l'on a violé mon corps, mon âme serait toujours intacte. Mais non.
Erreur. L'âme ne peut pas se dissocier du corps petite conne. Fallait y penser avant de te "donner".
Ne jamais relâcher.Jamais. Pas de repos pour toi qui ne le mérites pas, âme impure, si sale...
Se nettoyer tout le temps. Purifie ton corps âme impure.
Lave-le de toute impureté.
Lave le de toi-même, lave le de tout sentiment, se toute émotion, de toute vie.
Oublie toi avec ne pense qu'a cet objectif de pureté que tu ne pourras jamais atteindre...
Idéal, je me suis livrée à toi toute entiére, mais ne suis jamais assez à la hauteur, faudra-t-il que j'en créve?
Je ne sais plus. Je ne sais pas si j'ai déja su un jour. Le temps d'y réfléchir me voila perdue.
Heureusement que la nicotine et la caféine sont là. Mes seuls intêrets.
Me suis perdue dans le vide immense que j'ai crée.