Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Excusez moi de mon absence...
Besoin de temps.
J'ai fini mon intérim à la biliothéque, et cela me manque déja. J'ai beaucoup aimé ce boulot, malgrés les quelques tensions qu'il y eu, et encore, cela s'est arrangé.
Pour clore le sujet, la responsable nous a invité au resto vendredi midi, nous étions à trois, les autres devant assurer la biblio. Lorsque j'ai eu fini ma salade sans assaisonnement, elle y a jetté un oeil et m'a jetté franco "tu manges rien toi dis donc! Tu serais pas anorexique par hasard?". Elle m'a prise au
dépourvu jvous raconte pas lol. C'étais si franc, spontané et bienveillant en même temps [cela pourrait paraitre indélicat mais ça ne m'est pas apparu comme tel], que j'ai répondu du tac au tac. dans les grandes lignes et sobrement, évidemment, mais en même temps jpouvais pas tellement mentir. Ca m'a fait du bien. De cesser les sous entendus. Elle m'a dit qu'elle trouvait ça respectable; de n'avoir jamais étalé cela sur le tapis,et d'avoir fait le double de boulot alors qu'il n'y avait pas de carburant. "ça, c'est fait". C'est dit, on passe à autre chose.
Je vous passe le passage ou l'autre dit "oh moi des fois j'aimerais bien etre ano, je perdrai des kilos". de ma part elle a eu droit à un rictus nerveux, tandis que la responsable l'a engueulée ferme. [Na!]
La responsable m'apprendra par la suite que sa fille a exactement mon âge. Elle est en chaise roulante. Ca lui fait mal de me voir me détruire alors qu'à la base j'ai la santé. Qu'elle ne peut pas comprendre, mais elle respecte. J'avais besoin de ce moment en tre elle et moi. Je sais pas pourquoi. Un moment ou on pourrait mettre les choses au clair. Elle méritait quelques explications. et je la respecte, c'est une femme bien.
***
Maintenant...les choses sérieuses:
Une question :
Qu'est ce qui , selon toi, pourrait te faire guérir?
Laure, j'avoue que ta question m'a "emmerdée" pendant des heures et des heures. Je m'suis dit "hey, qu'est ce que t'es en train de foutre bordel?!". Ca m'a remis à ma place. J'étais en train de me complaire. Au bout d'un moment, soit on assume, point. Soit on se donne les moyens de s'en sortir. Aujourd'hui je paye l'épuisement accumulé de ces derniers mois. J'ai bossé et déployé toutes mes forces pour faire un boulot correct et respectable, j'ai couru comme une singléé, battu mes records d'endurance, enduré des nuits d'insomnie avec le ventre vide. Aujourd'hui j'ai pas bossé, le résultat c'est que mis à part pour me déplacer jusq'à l'ordi, jsuis restée au chaud dans mon lit, en train de pleurer sans raison. Je dois retourner bosser au musée demain, et sans rire, pour la premiére fois, je crois que je vais devoir appeller pour y aller plus tard, quitte à aller voir le médecin [pour que je pense à ça c'est vraiment que...]Mais faut se l'avouer, tant que j'ai un rythme ça va, dès que je relache, je me rends compte que j'ai pas de force, j'ai plus de force. J'ai mal au dos, des crampes toutes les trois minutes tout le le long des cuisses, des mollets, les trapézes durs comme du béton et merde putain...je me suis encore laissée berner. Je suis en pic. PLutot en chute. Chute libre. Impossible de marcher sans tituber. Au boulot je peux le cacher, toute seule chez moi la vérité est là. Je rappelle mes psys. Tanpis.