Le pardon ne pouvant s'envisager, seule une vengeance violente, une décharge de tout ce qu'il y a de mauvais, malsain, au plus profond du subconscient, pourrait permettre de ne plus penser aux noirs souvenirs qui gangrènent ma chair me rendant chaque jours un peu plus malade. Mes pieds s'enlisent, mon esprit les suit. Je me perds. L'anorexie fait partie de ma vie depuis trop lontemps.
Comme je l'ai dit je suis allée chez mon Papa hier.
J'ai d'abord raté tous mes trains.[Il habite dans un bled complétment pommé] Evidemment, chez lui, y a genre 4 trains par jour à tout casser.
Mais entetée comme je suis, j'avais décidé que j'y allais, alors je devais y aller. J'ai pris le train de 22h10, qui
s'arretait dans une ville voisine. A 3/4 d'heure à pieds de chez lui. Je descendais alors sur le quai à 22h45, determinée comme pas deux. Puis j'ai reflechi. Comportement irraisonné. Tandis qu'il pleuvait des trombes, les larmes me rpotegeaient des phares aveuglants. J'ai essayé de l'appeller toute la journée, la veille aussi. Jamais il ne m'appelle pour prendre de nouvelles, me raconter comment ça se passe là-bas. Il memanque horriblement, ça me prend aux tripes, et lui, nada. Je me sens mal de penser ça. Il a ses problémes aussi. Une femme qui le trompe, une belle mére qui le harcéle, un divorce en stand by, un banquier envahissant et 3 fils. Ca prend de la place, évidemment.
L'impression d'être transparente. Me battre toute seule. Dans la rue l'hystérie commence,les tremblements deviennent litteralement des spasmes. [à ce moment précis, mes pensées divergent brusquement vers le nombre de calories dépensées lors d'une crise d'angoisse].
Je me sens seule. Mes parents sont dans le sud, impossible de parler à ma mére de "ça". Que tout le monde autour de moi vit sa vie, que je suis là pour aider, pour faire rire et écouter, et que personne ne se demande si ça va. Juste, si je vais bien bordel. J'ai une famille aimante, y a pas de problémes,et c'est aussi de ma faute. J'évite tellement de parler de tout ça, que tout le monde s'y est habitué. E.est anorexique, point. Comme si c'était definitif, avec fatalisme, voila, dans leur tête c'st bloqué sur "anorexique".Impression d'avoir été rangée soigneusement,avec une belle étiquette, et qu'aujourd'hui j'essaie toute seule de la décoller. Si l'on en revient à mon pére, je l'écoute plus que je ne lui parle. Mon pére est depressif à cause d'*elle*. Avant il était fort.. Se fait malmener psychologiquement par elle que j'ai appris à haïr de tout mon être. Il l'"aime". J'ai envie de l'étrangler quand il me dit ça. Il sait qu'il faut partir. Qu'elle est dingue. Qu'elle est hystérique et mythomane. Qu'unjour elle a decidé de maigrir juste pour me faire chier. Juste par défi, me faire culpabiliser. M'a demandé comment je me faisais vomir. Salope.
Je sais que tout ça le travaille. Mais.
Mais je n'existe plus. M'efface. Nos conversations ne portent que sur *elle*. *M'effacer pour elle*.
Sa situation nous a rapprochés. Mais j'ai disparu avec. J'aimerai qu'il joue son role de pére, juste, me prendre dans ses bras. Que je sente sa présence à mes cotés, son soutien. Comme deux êtres fiers que nous sommes, les sentiments sont étouffés. Mais si moi je les étouffe, je les avorte, j'ai l'impression que Lui ne voit juste pas ce que j'essaie de gueuler. Je me sens mal. Mal, au fond. Dans ma tête. 
Quand je suis [enfin] arrivée chez eux, les yeux essuyés d'un revers, sourire. J'ai souri bêtement et les ai écoutés me raconter leurs vacances. La bête triturait mes tripes entre 2 phrases bateaux que je lançais. *Sentiment d'irréel*. Être assise à la table de personnes qui font "comme si tout allait bien". Hypocrisie malsaine. S e u l e.
Je craque parceque je suis fragile et que je voudrais etre trop solide. Parceque je suis pas une éponge. Parcequ'on attend de moi, et ça plus mes propres exigences ça fait beaucoup. Parceque je veux être psy et que je pourrai jamais exercer, personne n'y croit. Parceque j'ai 20 ans et une vie de vieille depressive frustrée. Parceque j'ai l'impression que le vide me poursuit. ParceQue je tomberai jamais amoureuse. ParceQue j'ai encore des images de viols dans la tete la nuit. Parceque j'ai envide fumer et que j'ai rien à fumer. J'ai envie aussi de me prendre des millions de cahets et que j'ai rien pour me calmer.
*Peut-être juste aussi que je suis fatiguée et que j'ai besoin de vacances.*
Il est clair que dans ces moments là mon miroir est source d'angoisses profondes. Géniteur d'images déformées, ma
vue est troublée. Une séance photo mal[scéne] en est sortie. NON, mes jambes ne se touchent pas. Pourtant je les vois...ta gueule!
Conscience amére de devenir dingue. Prefererait être inconsciente. Plaisir futil.
Ne s'occupper que de l'image que l'on renvoie aux autres me parait bien creux. Surtout si c'est l'objet principal de l'existence.
Photo apaisement/ Peur./ Apaisement. Au fond de moi ça gueule. La raison et la maladie hurlent crescendo. Oui mais moi j'ai qu'un corps, qu'une seule tête, une seule âme, et c'est pas fait pour la colloc'...on aurait dû le stipuler dans le bail.
Et pourquoi hier me paraissait si bon? D'un jour à l'autre l'extrême.
M'en vais ranger la maison ainsi que mon esprit.
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*Envie de rapprocher mon rdv. Confirmation que oui c'est une bonne idée. C'est un besoin*